je suis en 2e année d' une formation de Moniteur-Educateur, j' ai effectué mon premier stage en ITEP, lieux où le point
commun entre les jours est qu' il ne ressemble pas, mon deuxième stage va se dérouler en MECS, je souhaiterais rédiger
ma note dactylographiée sur une réflexion autour..., le sujet n' est pas encore très bien formalisé mais, educateurs,
institutions, travaillons nous vraiment à notre disparition ? j' entends par là, que ce soit le contact avec l' extérieur,
les ateliers de professionnalisation, accompagnement sur les groupes, les projets personnalisés manquant d' ambition
ou irréalistes, des fonctionnements institutionnels parfois hors réalité, psychologues complaisants ...
brefs travaillons-nous, accompagnons-nous des jeunes vers la citoyenneté, l' autonomie ou bien participons à la pérénité
de la machine . quand je parle de "travailler à notre disparition", dans le contact
direct avec les usagers, leurs "problématiques", leurs "troubles" ne serviraient-ils pas parfois d' excuse à la médiocrité
de nos exigeances, par exigeance n'y voyait une dérive autoritaire mais plutot un souci de bienveillance éclairée,
les aspects scolaires et professionnels de par leur faible niveau d' exigence ne maintiendraient-ils pas "nos" jeunes dans la
dépence aux services sociaux et dans un "sinistre" déterminisme, par exemple, l' entrée dans un ESAT n' est pas un echec,
par exigeance je ne dis pas non plus réussite sociale, mais que nos pratiques, nos règles, nos attentes soit en phase avec
la réalité des fonctionnements de la société. Les passages à l' acte laissés sans conséquences,
certaines lois non respectées dans les institutions (la liste est longue), des jeunes de quinze dans des classes niveau CE1,
des ateliers avec des pauses plus longues que le temps de travail, etc ...
donc de par ces fonctionnements et pratiques hors réalité certains d' entre nous, ne maintienent-ils pas les usagers
dans leurs difficultés sociales et/ou comportementales ?
Si ces réflexions vous évoquent des situations, des livres, des remarques je suis intéressé .
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Notre disparition ...
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Thieu
Re: Notre disparition ...
Très intéressant ton sujet. Tu mets les pieds dans le plat au moins. En effet, les éducateurs sont sensés travailler à leur propre fin et pourtant... Comme tu me dis la liste est longue des actions éducatives qui ne mènent à pas grand chose. J'ai un passé de 7 ans en MECS et j'ai sensiblement les mêmes observations que toi. Cependant, crois-tu que ce soit conscient? Je ne veux pas faire de psychanalyse de comptoir mais crois tu que ce soit aussi simple pôur un iindividu de se dire qu'il doit travailler à sa propre disparition? Je pense que c'est très difficile à mettre en place.
Par contre j'aimerais bien savoir d'où sort cette histoire de travailler à sa propre disparition. J'en ai entendu parler une fois je ne sais plus où ni par qui ni dans quel contexte mais je me pose régulièrement la question.
Par contre j'aimerais bien savoir d'où sort cette histoire de travailler à sa propre disparition. J'en ai entendu parler une fois je ne sais plus où ni par qui ni dans quel contexte mais je me pose régulièrement la question.
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Yann
Re: Notre disparition ...
Tout d' abord merci de ta réponse, j' ai mis du temps a répondre car j' ai commencé mon stage ( MECS)et puis il y a déja quelques écrits qui pointent le bout de leur nez. Pour te répondre, je pense pas que cela soit conscient du moins au sens d' une forme de "maltraitrance" ( laisser les jeunes dans l' assistanat ou dans des fonctionnements hors réalité chantage affectif, activités délirantes genre karting, jet ski, center parc) volontaire évidement mais comment se fait il qu' une fois sur le terrain avec toutes les responsabilités envers autrui que cela implique le leitmotiv ne soit pas d' ouvrir vers une vie sociale, du taf, de la curiosité, du libre arbitre, du sens des responsabilités, je reviendrai mais là il est tard et je dors debout ... mais si tu lis n 'hésite pas a répondre
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L.
Re: Notre disparition ...
Bonjour,
je ne suis pas éduc spé mais CESF, et suis inbterpellée par ton message... Effectivement cette expresion, selon laquelle nous travaillons à notre propre perte, ne m'est pas inconnue, par contre je n'arrive plus à me souvenir de sa source...
Je boce depuis qqs mois dans un CHRS, et suis bcp interpellée par la façon de travailler de certains de mes collègues (et oui, plus facile de voir les défauts des autres que les siens, malheureusement...)qui sont dans cette structure depuis pls années.
Ils s'occupent encore d'anciens résidents de la structure, sortis depuis plusieurs années : font leur décla mensuelle ASSEDIC, leur décla d'impots, envoie des courriers administratifs pour eux... Quasiment impossible d'ailleurs de distinguer ses résidents de ceux actuellement pris en charge....
Dans ce cas très précis, je le met en lien avec l'un des services où bocent ces collègues, qui impliquent qu'ils reviennent sur un service plus ancien où ils n'ont pas envie de retourner... Créer cette relation de dépendance leur permet, je pense, de maintenir artificiellement ce service, et donc de ne pas disparaitre...
je ne suis pas éduc spé mais CESF, et suis inbterpellée par ton message... Effectivement cette expresion, selon laquelle nous travaillons à notre propre perte, ne m'est pas inconnue, par contre je n'arrive plus à me souvenir de sa source...
Je boce depuis qqs mois dans un CHRS, et suis bcp interpellée par la façon de travailler de certains de mes collègues (et oui, plus facile de voir les défauts des autres que les siens, malheureusement...)qui sont dans cette structure depuis pls années.
Ils s'occupent encore d'anciens résidents de la structure, sortis depuis plusieurs années : font leur décla mensuelle ASSEDIC, leur décla d'impots, envoie des courriers administratifs pour eux... Quasiment impossible d'ailleurs de distinguer ses résidents de ceux actuellement pris en charge....
Dans ce cas très précis, je le met en lien avec l'un des services où bocent ces collègues, qui impliquent qu'ils reviennent sur un service plus ancien où ils n'ont pas envie de retourner... Créer cette relation de dépendance leur permet, je pense, de maintenir artificiellement ce service, et donc de ne pas disparaitre...