Bonjour,
Comme ce métier fonctionne beaucoup sur des bases "humaines" le feeling le ressenti est je pense tres important. Je voulais savoir quel place lui accordez-vous dans votre fonction ? et également si tout le coté "théorie" ne bouffe pas un ptit peu justement ce ressenti direct et brut ?
J'espere que ma question vous parait clair, je trouve cela tres interessant de connaitres vos avis et pratiques la dessus.
Merci à vous
CHristine
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Le feeling a t-il un place dans le role de l'éduc ?
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Leelou
Re: Le feeling a t-il un place dans le role de l'éduc ?
En formation, on te dira qu'il faut laisser tes affects de côté, afin qu'ils n'interfèrent pas dans ton observation et ton analyse des situations. Ils te demanderont d'observer le fait brut, de l'analyser, d'explorer les solutions.
Mais sur le terrain, ce n'est pas aussi mécanique, car on n'est pas des robots, les éducs aussi ont leur personnalité, leur part de vécu et leurs émotions. La théorie voudrait qu'ils restent à la porte en entrant dans l'institution, mais c'est évidemmment impossible à 100 %. En fait c'est important de le faire et de mettre ses affects à distance, en particulier lorsque la situation à laquelle on a affaire peut nous toucher ou nous faire écho dans notre vie personnelle. Mais parfois nous réagissons par rapport à nos ressentis, c'est humain et pas forcément déroutant pour les personnes accueillies.
Maintenant, le mot "feeling" me gêne un peu plus que celui de ressenti, car il me fait penser à une avancée en aveugle, alors qu'un ressenti peut être contrôlé.
Cela peut aussi avoir ses mauvais côtés : lorsqu'une situation nous fait trop écho personnellement (exemple que j'ai connu : une personne instituée est atteinte d'une maladie grave, et un proche de l'éduc référent a la même maladie), il vaut mieux parfois passer le relais.
Et puis un autre mauvais côté de l'écoute trop importante de son propre ressenti, c'est ensuite de proposer une analyse erronée, parasitée par ce ressenti. Donc il faut savoir faire la part des choses, savoir à quel moment laisser ce ressenti s'exprimer sans que ce soit nocif pour la personne. D'ailleurs ça pourrait même lui être profitable : pourquoi parfois ne pas parler de soi et des liens avec sa propre vie, de donner des exemples pour faire passer une idée aux personnes qu'on encadre ? Ca peut permettre deux choses : faire comprendre par le concret permet de simplifier les choses, et montrer que d'autres vivent des choses similaires ("hé, mon éduc il a connu ça pour untel dans sa famille ! et le gars s'en est sorti !") peuvent mener à la résilience... Je parle de cas comme par exemple la maladie, l'inceste, les violences, l'alcoolisme, etc...
Attention toutefois à ne pas se laisser déborder par ça, et garder la distance afin de ne pas trop s'impliquer d'un point de vue personnel et de ne pas en souffrir...
Voilà, je suis un peu sortie du sujet, mais je pense que ce n'est pas grave, ça élargira encore le débat...
Mais sur le terrain, ce n'est pas aussi mécanique, car on n'est pas des robots, les éducs aussi ont leur personnalité, leur part de vécu et leurs émotions. La théorie voudrait qu'ils restent à la porte en entrant dans l'institution, mais c'est évidemmment impossible à 100 %. En fait c'est important de le faire et de mettre ses affects à distance, en particulier lorsque la situation à laquelle on a affaire peut nous toucher ou nous faire écho dans notre vie personnelle. Mais parfois nous réagissons par rapport à nos ressentis, c'est humain et pas forcément déroutant pour les personnes accueillies.
Maintenant, le mot "feeling" me gêne un peu plus que celui de ressenti, car il me fait penser à une avancée en aveugle, alors qu'un ressenti peut être contrôlé.
Cela peut aussi avoir ses mauvais côtés : lorsqu'une situation nous fait trop écho personnellement (exemple que j'ai connu : une personne instituée est atteinte d'une maladie grave, et un proche de l'éduc référent a la même maladie), il vaut mieux parfois passer le relais.
Et puis un autre mauvais côté de l'écoute trop importante de son propre ressenti, c'est ensuite de proposer une analyse erronée, parasitée par ce ressenti. Donc il faut savoir faire la part des choses, savoir à quel moment laisser ce ressenti s'exprimer sans que ce soit nocif pour la personne. D'ailleurs ça pourrait même lui être profitable : pourquoi parfois ne pas parler de soi et des liens avec sa propre vie, de donner des exemples pour faire passer une idée aux personnes qu'on encadre ? Ca peut permettre deux choses : faire comprendre par le concret permet de simplifier les choses, et montrer que d'autres vivent des choses similaires ("hé, mon éduc il a connu ça pour untel dans sa famille ! et le gars s'en est sorti !") peuvent mener à la résilience... Je parle de cas comme par exemple la maladie, l'inceste, les violences, l'alcoolisme, etc...
Attention toutefois à ne pas se laisser déborder par ça, et garder la distance afin de ne pas trop s'impliquer d'un point de vue personnel et de ne pas en souffrir...
Voilà, je suis un peu sortie du sujet, mais je pense que ce n'est pas grave, ça élargira encore le débat...
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maud
Re: Le feeling a t-il un place dans le role de l'éduc ?
En formation, on te dit de laisser tes affects de côté. Et c'est vrai qu'il faut travailler en équipe sur tes ressentis. Mais il faut aussi éviter de se laisser emprionner dans des théories, sinon on finit par analyser toutes les situations selon les mêmes schémas et on passe à côté de la subtilité des problématiques...
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christine
Re: Le feeling a t-il un place dans le role de l'éduc ?
BOnjour
Merci pour vos réponses mais elles sont peu nombreuses malheureusement, je pensais que c'etait important cette notion de feeling dans le travail d'un éduc, je continue de le penser. J'aimerai vraiment avoir de nombreux avis la dessus.
Je vous en remercie par avance
Christine
Merci pour vos réponses mais elles sont peu nombreuses malheureusement, je pensais que c'etait important cette notion de feeling dans le travail d'un éduc, je continue de le penser. J'aimerai vraiment avoir de nombreux avis la dessus.
Je vous en remercie par avance
Christine
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matt
Re: Le feeling a t-il un place dans le role de l'éduc ?
Attends encore un peu et tu devrais avoir d'autres réponses. En ce qui me concerne, je n'apporterais rien de nouveau en disant que si il faut tenir compte de son ressenti d'une situation ou autres, les apports théoriques sont là pour t'aider à faire la part des choses, entre tes affects personnels et la réalité de la situation. Il faut peut être plus chercher une méthodologie qui te permette d'analyser ton ressenti à travers des observations plus neutres et des apports thériques pour t'aiguiller dans ton choix d'intervention. Je sais pas si je me suis bien fait comprendre en tout cas bon courage pour la suite.