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Re: Procès d'angers, qu'en pensez-vous ?
Publié : 04 mai 2005 17:51
par Willow
C'est effectivement un sujet très sensible qui a suscité de vives réactions...Au delà du drame humain et de la misère dans ce qu'elle a de plus abject, le procès d'Angers a mis en évidence le cloisonnement des services du secteur social, l'absence de communication entre les différents organes tant sur le plan vertical qu'horizontal.
Par ailleurs, elle a mis en lumière le manque criant de coopération entre les services judiciaires et les travailleurs sociaux. Peut-on dénoncer la décentralisation pour expliquer ce phénomène?
Re: Procès d'angers, qu'en pensez-vous ?
Publié : 04 mai 2005 18:14
par nath
Je ne suis pas sure que l'on puisse incriminer la décentralisation dans ce domaine.
D'après ce que je sais, les familles étaient suivies par divers services pour d'autres problèmes que ceux qui passent en justice aujourd'hui.
Les travailleurs sociaux n'ont pas "repéré" les faits d'abus. Pouvaient-ils le faire ?
Je pense que seuls les travailleurs sociaux peuvent répondre à la lumière des faits révélés aujourd'hui mais je pense qu'on ne peut leur demander d'être "devins" non plus.
Certaines carences qu'ils avaient relevées avaient fait l'objet de signalement. On ne peut pas signaler ce que l'on ne sait pas et l'on ne peut pas imaginer une collaboration social-justice qui aboutirait à une suspicion systématique des familles ayant des difficultés éducatives ou autres.
Alors je ne sais pas si l'on peut parler de cloisonnement des service et de non coopération social-justice.
Pour info, il y a eu beaucoup de réactions de la part des professionnels concernant ce qui s'est passé à Angers, consultables, par exemple sur le site de l'ANAS ou sur OASIS.
Re: Procès d'angers, qu'en pensez-vous ?
Publié : 07 mai 2005 13:43
par philippe gaberan
merci nath de nous réorienter vers ANAS et OASIS et je me retrouve bien dans tes propos. Il me semble qu'il ne faudrait pas que l'affaire d'Angers serve à entretenir les suspicions sur la qualité du travail effectué par nos collègues et, au-delà, sur la qualité en général du travail effectué par les travailleurs sociaux. Bien sûr que notre travail est perfectible mais nous méritons mieux des des critiques perpétuelles.
Ce qu'il y a d'intéressant, dans ce procès, c'est qu'il souligne la "non toute-puissance" des travailleurs sociaux. S'engager dans l'illusion d'une maîtrise totale et du tout savoir c'est tomber dans un rôle policier, dans une société policée et totalitaire selon le modèle de 1984 de Georges Orwell ou du Meilleur des mondes de Aldous Huxley. Deux beaux romans à relire par les temps qui courent.