Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

la gifle

La communauté des travailleurs sociaux se retrouvent sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
philippe gaberan

Re: la gifle

Message non lu par philippe gaberan » 20 mai 2005 19:38

nini, ce serait bien que tu reviennes vite nous donner des précisions, sinon, comme le fait remarquer Pierre de Lune, nous ne pouvons pas débattre. Tu dis : "le salarié a été dénoncé..." Par qui? Cette gifle était-elle un é-nième acte de violence commis par le salarié? Dans ce cas, comme le dit DD, une collègue directrice que je salue au passage, la procédure à suivre est interne : ce salarié, s'il est violent, est passible d'avertissements voir sanctionnable pour une "faute grave". Il s'agit de l'application simple du droit du travail. Tandis que pour aller devant un tribunal, l'association doit porter plainte contre son salarié et se porter partie civile. Je ne vois pas l'intérêt d'une telle procédure, sauf à vouloir sciemment démolir la personne. Dans ce cas, je crains effectivement que l'institution soit maltraitante. Quant à une gifle, croyez-moi, nul professionnel n'est à l'abri d'en donner une : par légitime défense! Sans doute. Mais aussi par perte de sans froid ! A 22 heures et alors que vous avez passé toute la soirée à calmer les esprits, seul à cause d'un manque de personnel que les mômes sont fort capables de renifler, allez répondre calmement à un gamin de douze ans qui vous crache à la figure! N'avons nous pas assez progressé dans la pratique de nos métiers et dans la réflexion sur celle-ci pour que, si dans une institution, l'un de nos collègue en vienne à recourir à un passage à l'acte ou à une saction physique, cela puisse être parlé autour d'une table de réunion, d'une part, et avec la personne frappée, d'autre part.
De plus, ne focalisons pas sur la gifle et la "violence physique"! Quand un collègue, lui-même fumeur et incapable de se passer de sa cigarette, inflige comme punition "une privation de cigarette", je me suis toujours demandé et je lui ai toujours demandé comment il pouvait être en accord avec lui-même et avec l'acte posé?

TheD

Re: la gifle

Message non lu par TheD » 20 mai 2005 20:26

Effectivement, une personne qui possède des troubles psychiques "violente" ne doit pas recevoir de la violence, bien au contraire. Complexe, mais je pense que l'éducateur ne doit pas répondre physiquement, sauf s'il est atteint et dans une mesure moindre. Mais je suis très mal placé pour parler de ça, et de mon mot le contexte se situe en rapport avec les personnes handicapées. Par exemple, je trouve inadmissible et inhumain que des personnes autistes soient giflées, et pourtant c'est bien ce que m'a témoigné un stagiaire, qui se sentait prit à la gorge. D'ailleurs, si cette personne passe dans le coin, on avant parlé sous mirc, je l'invite grandement à s'exprimer ici, sous un autre topic.

C'est en voulant sauver sa chemise souvent qu'on supporte l'intolérable (dans certaines situations).

En tout cas je saisis mieux les nuances apportées par Philippe.

Bonne soirée.

nini

Re: la gifle

Message non lu par nini » 20 mai 2005 21:12

bonsoir et merci de vos réponses....Pour repondre a PHILIPPE c est un stagiaire qui a dénoncé le salarié...Personnellement j avais travaillé avec cette personne et je n ai pas constaté d acte violent ...Malheureusement nous n en parlons pas ... Je précice que certains de nos résidents peuvent etre violent....J ai eu cette collegue au telephone elle pleure constamment ...Donc conmme je l ai dis je ne juge pas je me pose des questions....C est vrai que nous avons de plus en plus de travail et sommes moins disponible pour les residents qui sont très demandeurs.... dommage qu on ne puisse en parler MERCI encore NINI :ID:

Pierre de Lune

Re: la gifle

Message non lu par Pierre de Lune » 20 mai 2005 21:18

bonsoir,
Cela a eu le mérite de lancer un "débat" ce post là.... Nous pouvons déjà constater que chacun d'entre nous intervient en tant que professionnel, mais aussi avec son histoire, son vécu, son rapport à l'Autre, sa manière de communiquer, ses limites...etc... Difficile de prendre du recul parfois....
Heureusement que beaucoup d'institutions proposent des moyens de travail pour nous y aider, sans parler des collègues avec qui nous pouvons échanger en cas de difficultés normalement...
Mais pour échanger, il faut pouvoir avoir "la place" de le faire, c'est à dire ne pas être avec des individus qui bien avant d'avoir entendu et aider à la réflexion sur un tel acte, se posent déjà en "juge souverain" (du style: "qu'on lui tranche la tête"!!!!)
Autant de personnes, autant de manières différentes de réagir (et d'agir....!)....
Mais il faut toujours garder à l'esprit que nous ne sommes à l'abri de rien en effet, comme le rappelle Ph.Gaberan...
Restons humble... Ne nous positionnons pas en juge, ce n'est pas notre place...
Pour ma part, je travaille avec des ados déficients et à problématiques sociales et familiales.... un constat peut se faire sur ce que je vois au quotidien, la violence dont ils font preuve est le seul moyen de "communiquer" qu'il leur reste dans ces moments là... La violence est souvent un symptôme...dont il faut trouver la cause... Cela est valable aussi dans les "débordements" des "adultes"...
Si l'acte se reproduit, cela interroge réellement(voir peut "déranger")... Maintenant, pour une gifle isolée, il faut se remettre en cause, certes, mais peut-être pas dramatiser?... évidemment, je ne parle pas d'un abus de pouvoir et d'autoritarisme... L'exemple choisit par Ph.Gaberan est assez parlant me semble-t'il...
Mais je le répète, afin qu'il n'y ait aucun malentendu, je ne cautionne absolument pas les violences institutionnelles, sous quelques formes que ce soient....les coups font mal, mais certains mots sont parfois aussi blessants, et peuvent marquer à vie...
Finalement, dans notre fonction, être humain peut être une force réelle pour accompagner l'Autre, mais hélas aussi être humain à son lot de faiblesses.... A nous d'en avoir conscience et de composer avec...
Moi j'vou l'dit, on fait pas un métier facile tous les jours... ;) :)
Bon courage à tous...

Pierre de Lune

Re: la gifle

Message non lu par Pierre de Lune » 20 mai 2005 22:05

Re-bonsoir
Tu sais TheD, je veux bien être éducatrice, réfléchir à la portée de mes actes, penser et agir.... Mais y a des limites, et je t'assure que travailler avec des ados déficients et ou handicapés, ben ce n'est pas si simple que tu le sous-entend lorsque tu dis: "Effectivement, une personne qui possède des troubles psychiques "violente" ne doit pas recevoir de la violence, bien au contraire. Complexe, mais je pense que l'éducateur ne doit pas répondre physiquement, sauf s'il est atteint et dans une mesure moindre. "...
Depuis quelques semaines, le climat est très tendu.... je sépare les bagarres autant que possible, pour éviter qu'ils ne se blessent trop... Je prends des "coups perdus"... Je t'assure que si un ado veut me démolir la tête, je ne compte pas me laisser faire... Je ne suis pas payée pour...et cela ne rentre pas dans mes fonctions...j'ai mes limites... Alors les protéger, oui, les canaliser, oui, les accompagner, oui...et tant d'autres choses encore,oui... D'ailleurs, c'est étrange les jeunes nous disent souvent que nous n'avons pas le droit de les taper, mais pensent que nous ne pouvons pas porter plainte non plus, et donc, qu'ils peuvent se permettre de nous "refaire le portrait" sans crainte, puisqu'un éduc ne rétorque pas comme un individu X de la société... Et bien non! certes, nous évitons la violence comme retour autant que possible, mais nous ne sommes pas ni en-dessus, ni en-dessous des autres, de la loi...
A nous de travailler avec eux sur ce symptôme qu'est la violence, et aussi les aider à avancer par rapport à cela pour pouvoir intégrer la société (pour ceux qui l'ont pour projet)...

Quoiqu'il en soit, mon travail me passionne toujours autant, je m'enrichis de jours en jours... Mais pour autant, je ne souhaite pas être un réceptacle passif de la violence...D'ailleurs, qui le pourrait? ni avoir une attitude "moindre" face à de tels agissements (entre eux et/ou envers nous), car est-ce que cela les aiderait?

PS: un petit merci à la vie, car jusqu'à ce jour, je n'ai jamais eu à user d'une violence physique... pourvu que ça dure...

Pierre de lune

Re: la gifle

Message non lu par Pierre de lune » 20 mai 2005 22:19

Dans notre métier, nous ne maîtrisons pas tout et loin de là... avec toutes les difficultés mais aussi toutes les belles choses que cela suppose... A nous d'en faire quelque chose...

TheD

Re: la gifle

Message non lu par TheD » 21 mai 2005 15:05

Pour moi, il est question seulement de :

gifle.

Et pas d'autres gestes de violence. Donc pas de débordements "brutaux" mais bien d'un acte singlant produit par des personnes professionnelles qui exercent une relative toute puissance sur des personnes handicapées incapables de se défendre. Il existe une maison dans ma région ou une responsable exerce sa toute puissance en réalisant des "jeux" de types mettre une personne autiste derrière un bureau pour recevoir d'éventuels nouveaux stagières. J'espère que depuis, le stagiaire qui m'a écrit cela a pu se sortir de son réel mal être pour poser des actes plus concrets. Pas simple... mais il faut que ça bouge et que les stagiaires si besoin est, mettent un bon coup dans la fourmilière lorsque la dignité humaine n'existe pas dans certains lieux !

C'est de cela que je parle.
Le reste, j'entends très bien, et plus, je comprends. Je saisis bien le fait que vos métiers sont très... difficiles et ça demande un sacré sang froid.

Pour répondre, dans le cadre d'un environnement violent, il me semble vital que conserver son autonomie personnelle, soit le droit de se défendre et de commettre un acte de défense qui utilise une violence. Je n'imagine pas les choses autrement que de conserver sa légitime défense ! Je ne suis pas professionnel, je suis ignorant de vos pratiques, mais j'imagine bien dans ces dynamiques de groupe "les tensions" qui surgissent et souvent animent les êtres malgré eux...

Bon courage.

Stéphane

Re: la gifle

Message non lu par Stéphane » 24 mai 2005 11:45

Bonjour,

La réaction de passer via un Tribunal me semble très révélateur d'un grand malaise dans l'institution.C'est une réaction très étonnante, comme cela l'a déjà été souligné...

Nini a écrit
[...]Malheureusement nous n en parlons pas [....]dommage qu on ne puisse en parler MERCI encore NINI

Si j'ai bien compris, vous n'abordez pas ce problème (cet acte) dans l'équipe?

Quels en sont les raisons à ton avis?

Stéphane

nini

Re: la gifle

Message non lu par nini » 24 mai 2005 20:41

bonsoir STEPHANE.....c est dommage oui car moi j ai besoin d en parler et heureusement que j ai internet......J ai limpression que c est tabou chez nous comme d autres sugets....En réunion il ne faut pas dire ce qui ne va pas sinon notre direction se fache ....Alors on ne dit presque plus rien... De peur aussi de la colère de la direction.....C EST DIFFICILE .... nini :?:

philippe gaberan

Re: la gifle

Message non lu par philippe gaberan » 25 mai 2005 22:54

Je crois qu'il est bon d'avoir ouvert ici ce débat sur la "gifle". La sanction physique (une giffle) ou la sanction morale (une privation de cigarettes) de même que le passage à l'acte violent sont effectivement des sujets "tabou" dans les institutions. Et le tabou "c'est une manière de ne pas parler de "ça" (au sens freudien) ou de ne pas parler de la "chose" mais pour, justement et de façon paradoxale, en parler tout le temps et mal. C'est à dire que, effectivement, au lieu de se mettre autour d'une table et de causer entre professionnels capables de se dire les situations problèmes sans pour autant juger et démolire les personnes, au lieu de former une équipe responsable et solidaire, et bien la violence court comme un bruit de couloir, suinte dans les attitudes, est récupérée de façon perverse pour cliver les équipes et les individus.
Le tabou c'est faire mine de croire que si ça n'est pas parlé alors ça n'existe pas.
Alors merci à nini d'avoir ouvert de débat. Et si tu es en lien avec ta collègue, je lui conseillerai de se faire aider par un thérapeute... Il n'y a pas de honte à cela. Ca coûte de l'argent c'est vrai mais c'est terriblement utile pour la santé. Je suis certain alors que, avec cette aide, elle comprendra non pas pourquoi ce qui lui arrive n'est pas de sa faute, car cela elle le sait sans doute déjà, mais pourquoi ça lui fait si mal au point de ne pas trouver la force de se défendre. Car elle doit se défendre.

Répondre