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le placement en MECS

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manou

Re: le placement en MECS

Message non lu par manou » 23 nov. 2007 11:57

je sui d'accord quan tu di ke c'est un acte de déconstruction de la famille, concrètement et dans les faits,effectivement l'enfant est placé, donc déplacé de sa famille d'origine, il se trouve séparé de celle-ci.mais il me semble que l'on ne peut pas se contenter de dire cela, car le placement implique obligatoirement des changements,la famille est bouleversée dans son mode de fonctionnement.
je suis également d'accord avec sansan quand el di k'avan tou un placement a pour objectif de protéger l'enfant, il vient se positionner comme tiers dans une situation où l'enfant ne peut tout comprendre et tou saisir face aux dysfonctionnements familiaux, d'autant plus quand il y a des phénomènes concrets de violence ( maltraitance physique, psychologique...) ou des phénomènes qui peuvent le mettre en danger( alcoolisme par exemple) , mais il existe évidemment une multitude de raisons qui peuvent conduire a un placement.
Enfin, lorsque tu di, soso ke l'éducateur en mecs est un gendarme, je n'utiliserais pas ce terme là, mais cette question est interessante, je me l'étai posée plusieurs fois quan j'etai en stage, par exemple lors du temps des repas :
j'avais pu remarquer que lors de ces moments où nous étions tous ensemble ( 11 enfants, 2 educs), les remarqurs concernant les attitudes des enfants à table ("tiens toi bien", "parle moins fort"), pouvaient souvent prendre le pas sur le dialogue à proprement dit il s'agit alors de toujours rester vigilant pour que ce côté là ne vienne pas prendre tout la place dans la relation adulte/enfant.
Cela étant il fait aussi partie du rôle de l'éducateur pour, entre autre, permettre a l'enfant de rester ancré dans la réalité.
Et puis oui il arrive parfois ke des punitions tombent mais a nous de leur donner un véritable sens, afin qu'elle soit constructive pour l'enfant, ou en tout cas de nous interroger sur le sens ke l'enfant lui donne.

Franck

Re: le placement en MECS

Message non lu par Franck » 23 nov. 2007 12:47

Quelque soit la durée, n'est ce pas une violence que de les obliger à vivre en groupe ?

Christophe

Re: le placement en MECS

Message non lu par Christophe » 24 nov. 2007 00:04

Bonsoir,

Oui Franck, dans un sens, le placement peut etre vu/vecu/analysé comme etant "une forme" de violence, tout depend de ce que l'on y met derriere.

Toujours est il que la question de base est:

pensez vous que le placement soit positif pour l'enfant

Oui, je le pense, comme d'autres ici l'ont exprimé. Si il y a placement, ce n'est pas pour le plaisir ou par le fait du hasard. C'est qu'il y a disfonctionnement de la cellule familiale, carences educatives, etc.

De fait, le placement est positif.


est ce que le placement de courte durée permet à l'enfant de se reconstruire psychologiquement, de réduire sa souffrance psychique et les difficultés d'apprentissages scolaires pour un placement de courtes durée?

Qu'est ce qu'une courte durée? Il y a plusieurs type d'accueils temporaires, decoulant de differentes mesures repondant au besoin à des cas d'urgence (signalement>proc>placement) comme par exemple dans le cadre d'une AEA

Je prends l'exemple d'un enfant, Bernard. Il vit chez ses parents, avec son frere ainé qui est psychotique et dont le handicap est nié par le pere.

La mere, le pere le petit frere, ici Bernard, subissent les violences quasi quotidiennes du frere ainé. Bernard subit les violences physiques et morales du pere quand celui ci n'est pas carrement absent des jours durant du domicile familial.

Bref, un cas malheureusement courant.

Un signalement est fait concernant Bernard. Procedure type, il arrive en MECS, pour, dans un premier temps, une courte durée pour x et y raisons.

La solution la "moins pire" à defaut d'etre LA solution n'est elle pas le placement, temporaire, de "courte durée"? (qui reste à definir dans ta question)

Ca ne lui permet evidemment pas une reconstruction, quelle qu'elle soit d'ailleurs. A titre perso, je me mefie grandement de ce genre de vocabulaire... comme si on pouvait reconstruire les trous ou les degats que la vie t'a fait... on apprend à nommer les fantomes, les difficultés là ou elles sont, à verbaliser ce qui est acté, mais certainement pas rattraper le passé pour combler des trous.

Isabelle

Re: le placement en MECS

Message non lu par Isabelle » 27 nov. 2007 17:43

Je suis en stage de première année dans un CDEF, sur un groupe d'enfants de 4 à 12 ans. Il est spécilisé dans l'accueil d'urgence. Sept enfants sur neuf sont destinés à être orienté en famille d'accueil. Il est préférable d'écourter au maximum le placement en foyer. Jean Cartry est un éduc spé qui a travaillé dans ces institutions. Il a décidé de créer une famille d'accueil avec sa femme, justement suite aux constats qu'il a fait des "problématiques" constatés sur ces lieux. Plus particulièrement le trop grand nombre d'éducateurs sur les groupes. Un enfant a besoin d'un référent paternel et maternel, d'une tabilité et beaucoup d'attention. Hors, en foyer, chaque jours, les enfants me demandent qui fait la matinée de demain, ou l'après-midi, ou plus important pour eux, la nuit ! Bref, je ne sais pas si je me suis bien exprimée. Il n'est pas facile non plus de leur accorder des temps seul avec l'adulte. En tout cas, demande toi ce qu'il y a de "positif" à être placé en famille d'accueil, la différence avec l'institution.
Pour ce qui est de se reconstruire, je ne suis pas sûre que même 3 ou 4 années suffisent ! mettons nous deux secondes à leur places... ils devront accepter de vivre avec leur passé, le plus souvent séparés de leur parents.
Pour ceux que ça intéresse, "petites chroniques d'une famille d'accueil" de Jean Cartry. Il relate son quotidien avec les enfants. Autre livre que je trouve passionant "la violence impensable- inceste et maltraitance" de Frédérique Gruyer, Martine Fadier-Nisse et Dr Pierre Sabourin aux édition Nathan. C'est ma tutrice de stage qui me l'a prêté, il est vraiment bien.

sansan

Re: le placement en MECS

Message non lu par sansan » 27 nov. 2007 22:46

Obliger les enfants à vivre en collectivité est une violence qu'on leur fait...Je partage ce point de vue, mais, il me semble que cette décision est lourdement pesée et que si elle est prise c'est que la situation familiale est une violence tout autant destructrice...
Alors, l'idéal serait de placer tous les enfants dans une famille d'accueil, pour leurs éviter la violence de la collectivité!!!
Sauf que, de part mon expérience, peu d'entre-eux sont prêts à faire un tel deuil d'un cocon familial sécurisant et structurant...le leur imposer serait une autre forme de violences. Peu de parents adhérent à de tel projet de placement pour leurs enfants, il prend un caractère presque définitif dans la mémoire collective, associé à une adoption...Le projet pourrait être un cuisant échec....
Et puis la réalité aussi, c'est que le cout de tel placement est bien plus élevé qu'un prix de journée en MECS...Cela me désole, mais c'est le monde dans lequel on vit...
En réalité, les enfants qui arrivent en MECS sont ceux dont on pense qu'ils auront les armes pour s'épanouir dans cette collectivité (grande fratrie par exemple) et ceux aussi dont on pense que le placement ne prendra pas un caractère définitif...
Pour moi un placement est positif, puisqu'il protège...de là à dire que l'enfant s'y épanouit, je maintient que tout dépend de son tempérament résiliant...c'est le seul facteur en fin de placement...mais cela est aussi vrai, si il était resté à son domicile...

une fois encore ce n'est qu'un simple avis...
bonne continuation!

rose

Re: le placement en MECS

Message non lu par rose » 30 nov. 2007 11:09

slt a tous,
ap une semaine d'absence, je vois que le débat a avançé.....
le placement peut être considéré comme une autre violence, tt le monde connait la violence institutionnelle. alors effectivement cela pose question on retire un enfant de sa famille pour le protéger, et il va se retrouver confronter à une autre forme de violence de par la vie en collectivité (vol, conflit avec d'autres jeunes, sentiment d'injustice....et bien d'autre forme)
le placement en FA peut être vécu comme une violence, en efffet les jeunes peuvent vivre ce placement comme un conflit de loyauté envers leurs parents et le ressentir comme une violence...
a plus

stef

Re: le placement en MECS

Message non lu par stef » 30 nov. 2007 11:46

enfin, on parles des prix de journée.
je pense que le trauma. serai moins improtant si dans les M.E.C.S. on utiliserai plus la fameuse loi de 2002 et l'enfant, les parents seraient "associé" au procesus d'orientation .
que l'on prenne les parents pour partenaire, et pas comme adversaire les jugement de valeur que j'ai pu entendre ici et là en synthèse ASE "oui monsieur est tyranique ... madame est ..."
basta, et puis une fois de plus la réalité capitaliste qui rentre dans le sociale, bientôt on va se demander si "tel profil est rentable" et on ne va plus se demander si la stucture peu apporter quelque chose à l'enfant, au jeune qu'elle accueil ....

sansan

Re: le placement en MECS

Message non lu par sansan » 30 nov. 2007 23:41

Coucou!!
Oui Steph nous vivons dans une réalité capitaliste...bienvenu(e)!!! Bien sur elle interfère dans le monde du social!! Qui pait le prix de journée en MECS: le contribuable! Alors bien sur j'adhère pas!! Je peux cracher dans la soupe si je veux, quand je suis seule chez moi, parce que dans la réalité, le même contribuable me permet de remplir mon frigo!!

Les parents partenaires? Je ne les ai personnellement jamais identifiés autrement...

Mais comment les aider à m'identifier comme partenaire, compte tenu de tout ce qui nous sépare..: cultures, coutumes, originess, valeurs, capacités de compréhension, représentations...?

soso

Re: le placement en MECS

Message non lu par soso » 01 déc. 2007 12:32

sansan tu parle du prix de journée en mecs mais qu'est ce que cela signifie stp, il prend quoi en compte?
pour ma part les parents sont considérés de plus en plus comme des partenaires surtout si on prend en compte le travail avec les tisf ou en aemo. les parents sont tjs sollicité car ils ont tjs l'autorité parentale et ce sont eux qui signent les papiers pour soins ou les sorties par exemple.

c'est quoi une AEA svp?

sansan

Re: le placement en MECS

Message non lu par sansan » 02 déc. 2007 01:06

bonsoir soso!
Le prix de journée est la somme versée par l'ASE (conseil général) à une MECS pour la prise en charge d'un enfant...il varie d'une MECS à l'autre, dans la mienne il est à peu prés de 250 euros par jour. C'est la somme que touche mon directeur pour payer les employés (psy, éduc, agent d'entretien..), entretenir les locaux, organiser les transferts, est compris l'argent de poche de l'enfant et sa véture, frais médicaux....
Dans une MAS, le prix de journée peut aller jusqu'à 2500 euros journée!!! (matériel médical...).

Je partage ton opinion quand tu dis que les parents sont des partenaires, peu rares sont ceux qui n'ont plus d'autorité parentale, leur signature et donc un minimum de coopérations sont nécessaires pour l'épanouissement de l'enfant!!

J'ignore ce qu'est une AEA, peut-être sous une autre appélation...mais là je ne vois pas!

A bientôt!!

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