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Re: juste 5 mois et déjà dans le doute

Publié : 23 oct. 2008 18:47
par nina
Bonjour,
Je comprends ton malaise,moi je bosse dans le médico-social depuis 20 ans ,et je dois dire que je ne m'y retrouve plus.Depuis plusieurs mois je suis au chômage suite à une démission,parce que j'en avais assez de travailler dans un foyer d'hébergement ou la maltraitance faisait partie du quotidien;et que je ne pouvais pas cautionner ce système.
Et le directeur dans cette histoire,et bien rien à foutre,encore un gestionnaire qui avait débarqué dans le médico-social,pour aller se faire mousser dans les réunion du conseil général,et qui n'avait aucun scrupule,aucun engagement.
Alors ,j'ai monté un dossier de maltraitance avec l'organisme ALMA,qui devait être transmis à la DASS,et j'attends !!!Il me semble que nous les éducateurs devrions aussi nous bouger,et faire de la résistance ,aux nouvelles données:et je te mets dans une grille,et je te range dans une case,
et les chartes de qualités,et toutes ces conneries qui font,qu'on aura bientôt perdu le sens de notre travail ,qui est avant tout un travail proche de l'humain.
Bon courage,et pourtant j'adore mon metier.
Nina

Re: juste 5 mois et déjà dans le doute

Publié : 25 oct. 2008 22:01
par lolote
salut nina! merci pour cette réponse. je suis contente de voir qu'il y a des pro qui se bougent. je te rejoins tout à fait dans tes constats. je me pose des questions mais je suis assez engagée. il faut des gens comme toi et moi. meme si tu t'épuises et surtout que tu fais ce taf depuis 20 ans. après les limites se posent vite. ce qui me fait du bien c'est de dire mais aussi d'écrire. après pour moi c'est facile car je n'engage que moi donc cel m'octroie une certaine liberté. je crois que ce qui compte le plus c'est déjà de dire les problémes; les dysfonctionnements... courage à toi. baisse pas les bras... l'éthique...

Re: juste 5 mois et déjà dans le doute

Publié : 26 oct. 2008 22:56
par Vaness
C'est aussi ce que je me sui dit jsuqu'a ce que je tombe dans LA bonne equipe; dans LA bonne strcuture pour moi...
celle qui correspond à mes valeurs, mes convictions, ma maniere de voir ce fabuleux metier...
et aujourd'hui, j'ai fait le deuil du changement totale de tout ce qui me revoltait auparavant et j'essai de faire de mon mieux dans mon ptit coin...

courage ça viendra...

Re: juste dans le doute et déjà 5 mois

Publié : 27 oct. 2008 09:43
par eviltween

Avé,

Primo, il ne faudrait pas confondre les convictions qui sont de l'ordre de la pensée et la "réalité" du terrain qui elle appartient aux perceptions. Les premières fonctionnent comme un moteur qui permet d'avancer (ou du moins de le croire, car cela agit comme une croyance ou à la rigueur comme un ensemble d'opinions).
La seconde (et j'emploie volontairement le singulier) s'apparente bien plus à l'illusion de vouloir faire concorder sa lecture du monde (avec en outre le souhait de pouvoir y intervenir pour y produire de salutaires modifications), de ce fait généfralement la lecture que l'on se fait du monde est individuelle donc tendant à un retour sur soi.

Bien sur je schématise (afin de réduire une pensée complexe), or c'est là que je me trompe je ne devrais pas réduire la complexité à une équation simple: la réalité par essence est complexe et multiple (d'autant de regards que compose l'humanité) et suivant certains elle est même "heureusement" inacessible (car la réalité c'est l'horreur de l'abime des impossibles!).

Deusio, nos limites personnelles ne sont pas celles de l'équipe, de la structure, du réseau, ou encore de la société. L'éduc n'est qu'au bout de la chaine et comme dans tout système hiérarchisé (le propre de notre société), on ne lui demande surtout pas de réfléchir et plus encore de ne pas l'ouvrir (et pourtant on la renifle la réalité sociale, on en a plei les mirettes mais on nous demande de travailler à l'aveuglette): contient et tait-toi!
Cest donc que c'est la société qui génére les inégalités, même qui les favorise (parce que la misère est utile comme outil de contrôle) et au final "l'éducatueur" n'est que l'agent ultime de maintient (qu'en ironisant j'appelle la "Paix sociale"). Le plus incroyable dans cette histoire c'est que le militantisme des professionnel ne veut pas faire exploser cette société à la base injuste (puisque fondé sur un système de domination) mais espère juste y introduire de la légalité. Parfoix on ferait mieux de réclammer l'égalité!

Quel éduc peut décemment croire que son impact sur le monde va lui permettre de changer quoi que ce soit?
En toute honnéteté intellectuelle, je suis forcé de me reconnaitre totalement incompétent dans la matière surtout si j'oeuvre seul.

[petit aparté](sauf à faire exploser les sociétés de crédit, est-ce que la seule solution humaine et intéligente dans cette crise finacière morale ne serait pas celle prônée par Tyler Durden et son plan Chaos?).
Helas je n'ai pas le courage de plastiquer ces immondes tours qui sont loin d'offir une image digne de l'humain.

Pourtant, je continue de professer (malgres cette incohérence éthique, sauf à penser que je veux mon confort) Hé bien non je continue à bosser pas seulement pour obtenir une rémunération vitale (du moins c'est ce que l'on m'a fait enregistrer: de la nécéssité d'un salaire et c'est là ou je suis lâche de ne pas regarder ailleurs et autrement).
Je continue de travailler parce qu'en terme de satisfactions j'obtiens sans doute plus de plaisir que de déplaisir (question salaire je m'estime largement sous-payé comme disait Coluche). J'ai trouvé une place convenable, dans une équipe, dans une boite avec un public et des outils me permettant d'exprimer mon identité éducative
Peut-être est-ce là la solution pour éviter d'être dans un juste et étrangement honnète malaise.

Un autre auteur, Stirner, évoque la malhonnèteté des personnes qui sous couvert d'un altruisme prononcé ne font qu'alimenter leur égo. De là à dire que nous entrons dans cette profession avec les pires raisons il n'y a qu'un pas que je franchi allegrement. Je m'autorise à l'écrire (et plus le penser) no pas provoc', non par fatalisme mais essentiellement parce que je m'apperçois de mes limites. Je ne cause pas des limites institutionnelles (fondamentalement déprimantes), j'ignore les limites liées aux formations (pour lesquelles militantisme est synonyme de sédition donc à proscrire durant les années d'école, ensuite faut voir...), non en vérité je me moque epérdument de ces limites extérieures derrières lesquelles nous pourrions nous cacher pour masquer la réalité: le poison est en chacun de nous!
Nous, éducatrices et éducateurs plein de bonne volonté, mus par un professionnalisme rigoureux, animés d'une éthique humaniste et parfoix militants jusqu'en dehors de nos espaces de travail (c'est dire quand même de la foi en l'éducation). Nous éduquants ne voyons pas un choix (fait il y a longtemps) plus loin que le bout de notre nez. En l'ocurence ce choix vise l'impossible éducatif.

Chaque jour niveau frustration j'atteinds des sommets entre ce que je voudrais (tant pour l'autre que pour moi) et chaque lendemain je repars à la charge... A moins d'être sérieusement débile je devrais arréter, ne serait-ce que par ce que la fatigue agit. Mais non au pire deux jours de repos je réclamme (et sans doute parce que l'on me reconnait comme professionnel ils me sont accordés sans discuter) et je reprend mon chemin (de croix).
Je n'ai pas vocation au sacrifice pour autant, je pense, je fais seulement ce pourquoi je suis capable en dépit de la logique et des empèchements majeurs.
Quelle logique? Quels empèchements? Tous ceux que je découvre chaque jours qu'ils viennent du dehors comme du dedans (et il faut bien reconnaitre que certains de l'exterieur ont de moins en mois d'impact par rapport à ceux endogènes).
Je poursuis mon travail malgrés tous les impossibles, ou plus exactement parce que je peux mettre un nom sur chaque impossible que je découvre: j'ais pris conscience d'un choix de métier, et chaque difficulté que j'apréhende lorsque que j'arrive à la faire emmerger ne fait que renforcer ma compréhension de ce choix.
Il me semble que le problème principal n'est pas tant d'accepter un choix (d'autant qu'il a été vraissemblablement fait il y a bien longtemps) mais plutôt de le comprendre.
Car la liberté nait du savoir, c'est parce que je sais que je peux agir et avoir l'illusion du libre arbitre et à nouveau me questionner sur mes choix (le juste doute) et comprendre et recommencer.

Cela semble évident peut être? Mais en réalité c'est tout le contraire, car à chaque question il n'y a pas une réponse facile ou exacte ou simple. Parfois seule la question revêt une importance capitale, car elle permet de faire apparaitre un choix résolu, mais ce dernier n'offre pas la satisfaction ou la convenance escomptée. Là commence alors le doute inquiétant celui qui ronge et convainct des pires angoisses (dans ces cas là je conseille toujours l'aide d'une personne tiers, la consultation).

Je lutte plus contre mes propres défaillances, mes propres atteintes à mon égo que réellement contre les murs d'une socièté qui se rétréssissent un peu plus chaque jours. Et ce qui m'aide c'est de faire partager ma compréhension de mon monde avec d'autres qui remmettent en questions/causes mes opinions et me renvoient ainsi non plus à une pensée neutre et idéale mais à mes choix (et c'est essentiel que de viser "l'harmonie").

eviltween "le savoir c'est la liberté" Kurt Welliberg

Re: juste 5 mois et déjà dans le doute

Publié : 27 oct. 2008 13:20
par Lili
Diplomée depuis juin 2007 je suis actuellement dans le doute aussi... Après quelques remplacements en foyer j'ai pu trouvé une place en cdi au sein d'un service qui devait ouvrir... Heureuse d'avoir assez rapidement un cdi, je suis maintenant bien déçus car le service n'est toujours pas ouvert (et n'est pas encore pret d'ouvrir..)!! le temps se fait long avec une place en CMP en attendant avec des missions pa claires du tout (voire meme pas de missions..) un public 'adolescent quasi absent... bref des longues heures à attendre que le temps passe... que faire?? attendre l'ouverture du service, changer de poste et risquer de tomber une autre fois sur un poste "pourri", rester et me dégouter du métier d'éducatrice.??? bref je ne sais plus.... courage à nous alors!!!

Re: juste 5 mois et déjà dans le doute

Publié : 27 oct. 2008 19:39
par lolote
salut eviltween. je ne dois pas etre sufisament intelligente pour comprendre le sens général de ce que tu as voulu dire. a chaud comme ca je retiens le tiers c'est à dire un pro pour aller parler. ok dans l'absolu c'est pa lui qui m'aidera à résoudre mes impossibles interventions dites éducatives. je retiens la différence entre les convictions qui finalement relèvent du privé, de l'intime, et la réalité qui relève plus du public toutefois soumis à l'interprétation, à mon filtre, à mon cadre de référence... enfin concrétement je ne saisis pas le sens de ton post. merci de m'expliquer

Re: juste 5 mois et déjà dans le doute

Publié : 27 oct. 2008 22:43
par cecile
salut a tous,

je me reconnais beaucoup dans tout ce qui est decrit et j'avoue que je me fatigue un peu a travailler dans des instituts où tout peut etre mis en difficulte pour une petite chose...
j'ai vecu quatre experiences desastreuses qui m'ont fait doute et meme detruite professionnellement ...

mais aujourd'hui voila, on est devenu educ pour quoi ?????? parce que .... parce qu'on voulait passer quelque chose non?????

alors passons le ... on ne peut pas douter de notre utilite, on n'a pas le droit mais en meme temps c'est ca aussi notre force...
on ne travail pas pour que notre metier survive mais plutot pour qu'il meurt.
alors vous voulez voir disparaitre quoi : votre metier ou le doute???
soyez force de proposition ... on vous met des baton dans les roues , trouve un autre moyen, passer a travers mais si vous doutez maintenant qu'est ce que ce sera dans 10 ans ...
oui c'est la merde dans laquelle on se baigne tous les jours mais en meme temps , il y a tellement de belles choses qui arrivent...
bref y a de l'espoir et de la vie quand on s'y met tous ...
alors parlez du doute avec tes collegues , tes superieurs mais surtout ne pas se taire au risque de passer pour un con (mais mieu vaut ca que de ne laisser aucun doute a ce sujet)....
ton sujet me retourne et m'interroge mais moi je ne veux pas laisser la place au doute, je l'utilise comme tremplin a ma reflexion quotidienne....
bon courage