Re: congés à l'ASE
Publié : 25 janv. 2009 18:14
Je suis au Service Enfance sur un secteur du département du rhône.
J'y suis depuis 8 mois. J'ai fait mon stage long dans le même service mais sur un autre secteur.
Mon travail est très varié, je fais aussi bien du suivi d'enfants confiés à l'ASE que des mesures d'aide éducative à domicile et un peu d'enquête pour les agréments adoption.
Je m'organise comme je veux dans mon boulot, je cale mes journées au rythme des rendez-vous. le travail partenarial est extrêmement intéressant. j'ai rencontrer un tas de personnes extras qui permet de faire du bon boulot auprès des familles.
J'aime travailler autour du lien dans la relation éducative donc de ce côté, il y a à faire!
J'aime mon travail, intervenir auprès des parents, faire le lien, etc... mais au bout de 8 mois, je me pose des questions quant à mon avenir au CG...
Tout d'abord, nous sommes bien seuls...nous sommes deux travailleurs sociaux au Service Enfance de mon secteur et même si j'adore ma collègue, elle a bien assez à faire de son côté et il y a de nombreuses journées où l'on se voit pas. De plus, nous sommes en alternances pour les congés donc pas mal de temps ou l'une ou l'autre est seule au service...Cependant ma collègue est un repère pour moi et on peut prendre le temps de discuter.
Et puis, le soir quand on remballe et ben personne pour faire le relais et prendre la suite...j'ai travaillé en maison d'enfants et de ce côté là c'est vraiment différent. Je partais relativement sereine du boulot, quelqu'un avait pris le relais. Là quand vous partez, ben y a pas d'autre travailleur social. Les gens se débrouillent bien sans nous hein, c'est pas ce que je veux dire mais du coup on s'autorise moins à couper, les situations me restent très souvent en tête, j'en rêve quasi toutes les nuits, c'est très étonnant!
Ma direction n'est pas très "soutenante", je me sens très seule dans les situations avec l'impression de porter une responsabilité, un pouvoir décisionnel que je me refuse à avoir. Cela est difficilement compatible avec un travail éducatif de qualité...
Ma direction part du principe que ce n'est pas son rôle de "prendre soin " des travailleurs sociaux donc vous voyez un peu le truc....mais comme je suis un peu teigne, je râle, je râle...c'est pas toujours entendu mais bon.
Je suis monté au créneau pour dire que c'était inadmissible que nous n'ayons pas de supervision, cela a eu l'air d'être entendu et un cahier des charges est en cours au siège pour en mettre en place prochainement...à voir.
Enfin, je suis dans une période où j'ai de plus en plus de mal à éponger la violence qui se dégage parfois dans la relation avec les parents. Les parents qui sont atteints de troubles psychiatriques sont nombreux dans le cas d'enfants confiés à l'ASE et ils vivent généralement très mal le placement. Qui est en première ligne pour se recevoir toute cette violence? C'est bibi!!! Et il y a parfois des soirs où j'ai bien besoin d'un grand moment pour évacuer tout ça....
De plus, nous avons un rôle un peu "central" dans le sens où nous centralisons les injonctions du juges, les revendications des parents et des établissements, bref une position d'intermédiaire où l'on a toujours le cul entre deux chaises à essayer de répondre tant bien que mal aux différentes demandes. Angoissant parfois...
Enfin, je fais des heures pas possibles à finir tard le soir, à ne pas pouvoir récupérer mes heures...je dépense une énergie dingue toute la journée, je me rends disponible aux autres mais et moi? Le soir, le WE, plus d'énergie, plus le courage. Juste l'envie de me reposer et de dormir pour être en forme et disponible pour la semaine suivante...
Ca me pose question car je ne veux pas que mon travail prenne toute la place dans ma vie. J'ai pleins d'envies mais actuellement pas assez d'énergie hélas...
Je finirai en disant que ce travail est vraiment passionnant mais très éprouvant. Je pense qu'il faut être déjà bien armé pour tenir le choc. Du haut de mes 23 ans, je me demande si je n'ai pas mis la barre un peu trop haut...
Et puis, nous manquons cruellement de moyens. Comment faire du travail de qualité lorsqu'on a 35 gamins à suivre (et encore, je en suis pas dans le pire je pense). Mais c'est déjà trop! Un manque de respect pour nous, pour les parents, les enfants.
Alors que notre métier soit difficile, je l'accepte et le conçoit mais qu'on soit seul pour affronter des situations désastreuses, faut pas s'étonner qu'on puisse faire parfois des boulettes...
Ah et puis une anecdote pour illustrer...pas plus tard que vendredi, j'ai couru toute la journée, audience qui s'est mal passé, des calendriers de sorties à faire pour les vacances, d'inombrables coups de fils...j'étais toute speed, je pars un peu en retard pour un rendez-vous l'aprem...j'étais tellement dans l'excitation, la peur d'être en retard, la tête pleine de choses à faire que j'ai voulu griller le feu orange à un carrefour...pas la voiture devant moi qui s'est arrêtée..gros carton, ma voiture est défoncée sur l'avant.
Je n'en fais pas un drame, je suis couverte par le CG pour les accidents sur mes trajets pro donc ma voiture (perso) sera réparé mais c'est juste pour dire que ouais, c'est vraiment pas évident tous les jours...
Voilà pour mon ressenti...
J'y suis depuis 8 mois. J'ai fait mon stage long dans le même service mais sur un autre secteur.
Mon travail est très varié, je fais aussi bien du suivi d'enfants confiés à l'ASE que des mesures d'aide éducative à domicile et un peu d'enquête pour les agréments adoption.
Je m'organise comme je veux dans mon boulot, je cale mes journées au rythme des rendez-vous. le travail partenarial est extrêmement intéressant. j'ai rencontrer un tas de personnes extras qui permet de faire du bon boulot auprès des familles.
J'aime travailler autour du lien dans la relation éducative donc de ce côté, il y a à faire!
J'aime mon travail, intervenir auprès des parents, faire le lien, etc... mais au bout de 8 mois, je me pose des questions quant à mon avenir au CG...
Tout d'abord, nous sommes bien seuls...nous sommes deux travailleurs sociaux au Service Enfance de mon secteur et même si j'adore ma collègue, elle a bien assez à faire de son côté et il y a de nombreuses journées où l'on se voit pas. De plus, nous sommes en alternances pour les congés donc pas mal de temps ou l'une ou l'autre est seule au service...Cependant ma collègue est un repère pour moi et on peut prendre le temps de discuter.
Et puis, le soir quand on remballe et ben personne pour faire le relais et prendre la suite...j'ai travaillé en maison d'enfants et de ce côté là c'est vraiment différent. Je partais relativement sereine du boulot, quelqu'un avait pris le relais. Là quand vous partez, ben y a pas d'autre travailleur social. Les gens se débrouillent bien sans nous hein, c'est pas ce que je veux dire mais du coup on s'autorise moins à couper, les situations me restent très souvent en tête, j'en rêve quasi toutes les nuits, c'est très étonnant!
Ma direction n'est pas très "soutenante", je me sens très seule dans les situations avec l'impression de porter une responsabilité, un pouvoir décisionnel que je me refuse à avoir. Cela est difficilement compatible avec un travail éducatif de qualité...
Ma direction part du principe que ce n'est pas son rôle de "prendre soin " des travailleurs sociaux donc vous voyez un peu le truc....mais comme je suis un peu teigne, je râle, je râle...c'est pas toujours entendu mais bon.
Je suis monté au créneau pour dire que c'était inadmissible que nous n'ayons pas de supervision, cela a eu l'air d'être entendu et un cahier des charges est en cours au siège pour en mettre en place prochainement...à voir.
Enfin, je suis dans une période où j'ai de plus en plus de mal à éponger la violence qui se dégage parfois dans la relation avec les parents. Les parents qui sont atteints de troubles psychiatriques sont nombreux dans le cas d'enfants confiés à l'ASE et ils vivent généralement très mal le placement. Qui est en première ligne pour se recevoir toute cette violence? C'est bibi!!! Et il y a parfois des soirs où j'ai bien besoin d'un grand moment pour évacuer tout ça....
De plus, nous avons un rôle un peu "central" dans le sens où nous centralisons les injonctions du juges, les revendications des parents et des établissements, bref une position d'intermédiaire où l'on a toujours le cul entre deux chaises à essayer de répondre tant bien que mal aux différentes demandes. Angoissant parfois...
Enfin, je fais des heures pas possibles à finir tard le soir, à ne pas pouvoir récupérer mes heures...je dépense une énergie dingue toute la journée, je me rends disponible aux autres mais et moi? Le soir, le WE, plus d'énergie, plus le courage. Juste l'envie de me reposer et de dormir pour être en forme et disponible pour la semaine suivante...
Ca me pose question car je ne veux pas que mon travail prenne toute la place dans ma vie. J'ai pleins d'envies mais actuellement pas assez d'énergie hélas...
Je finirai en disant que ce travail est vraiment passionnant mais très éprouvant. Je pense qu'il faut être déjà bien armé pour tenir le choc. Du haut de mes 23 ans, je me demande si je n'ai pas mis la barre un peu trop haut...
Et puis, nous manquons cruellement de moyens. Comment faire du travail de qualité lorsqu'on a 35 gamins à suivre (et encore, je en suis pas dans le pire je pense). Mais c'est déjà trop! Un manque de respect pour nous, pour les parents, les enfants.
Alors que notre métier soit difficile, je l'accepte et le conçoit mais qu'on soit seul pour affronter des situations désastreuses, faut pas s'étonner qu'on puisse faire parfois des boulettes...
Ah et puis une anecdote pour illustrer...pas plus tard que vendredi, j'ai couru toute la journée, audience qui s'est mal passé, des calendriers de sorties à faire pour les vacances, d'inombrables coups de fils...j'étais toute speed, je pars un peu en retard pour un rendez-vous l'aprem...j'étais tellement dans l'excitation, la peur d'être en retard, la tête pleine de choses à faire que j'ai voulu griller le feu orange à un carrefour...pas la voiture devant moi qui s'est arrêtée..gros carton, ma voiture est défoncée sur l'avant.
Je n'en fais pas un drame, je suis couverte par le CG pour les accidents sur mes trajets pro donc ma voiture (perso) sera réparé mais c'est juste pour dire que ouais, c'est vraiment pas évident tous les jours...
Voilà pour mon ressenti...