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Re: droit à l'intimité et pudeur...
Publié : 29 août 2009 17:11
par zorra
Il faudrait peut-être sortir de l'impasse.je réfléchis.Qu'est ce que la pudeur.Moi, je me suis retrouvée toute nue devant un médecin qu'alors ce n'était pas prévu.j'aurai pu me choquer car il n'avait pas frappé à la porte Moi, ce qui m'a paru le plus important dans notre échange, , c'est son regard.
Il m'a regardé comme si j'étais habillée et c'est pour moi, cela aussi le respect de la pudeur de l'autre.
On peut se sentir nue tout en étant désabillée car celui qui nous regarde à le regard déshabilleur.
En gros, il faudrait définir pudeur et bien la différencier de gêne.
Re: droit à l'intimité et pudeur...
Publié : 30 août 2009 14:52
par wilve
en lisant le post de nyx, j'ai envie de réagir qui est l'institutionnel, c'est bien toutes les personnes présentes , alors fermez les yeux c'est accepter cette maltraitance
se cacher derrière des pas le temps, je suis noté ma hiérarchie a dit... c'est accepter
les personnes qui se disent choquées sont celles qui réagissent, et n'acceptent pas...
Re: droit à l'intimité et pudeur...
Publié : 30 août 2009 18:59
par Nyx
L'institutionnel ce n'est pas les personnes mais les moyens et la manière dont la structure est gérée .
Le soignant n'est qu'une interface (une main d'œuvre) .
Je n'ai pas dit qu'il fallait accepter quoique se soit mais qu'il y a aussi une fatalité à accepter qu'on fait des actes avec ce que l'institution octroie .
Je rejoins le post de "zorra" quand elle disait que tout dépend de la manière dont le soignant agit dans une situation "pudique" .
C'est ce que j'ai toujours essayé de faire quelque soit le sexe dont j'avais a accompagner dans les actes quotidiens et intime .
Une ES ne peut pas évaluer ce genre de problème .Il y a confusion des genres et chacun à sa fonction .
L'ES peut participer à la vie du jeune en l'aidant à faire sa toilette et je devine pour en avoir déjà vu les effets ,l'horreur de l'étudiant ES qui se rend compte qu'il est largué devant cette personne nu à l'hôpital qui attend une aide quelconque mais c'est le pain quotidien des soignants .
D'ailleurs c'est ce qui m'a fait choisir la formation ASS .
Après personne ne l'empêche de signaler telle ou telle situation elle en a le droit si cela bouscule ces convictions .
Je ne défends pas le corps soignant puisque j'ai tout fait pour en sortir vu les dysfonctionnements que j'ai pu moi même constater mais il faut parfois relativiser .
Re: droit à l'intimité et pudeur...
Publié : 30 août 2009 22:04
par Dinarea
Bonsoir à tous,
Très interéssant tous ces échanges!!!
Je suis maman d'un jeune polyhandicapé de 18 ans dans quelques jours.
Je voudrais d'abord dire que j'ai été surprise et en même temps ravie du message de Christelle.
En qualité de maman, j'attends des instituts qu'ils respectent un minimum nos enfants et la pudeur et le respect de la personne en font partie.
Pour répondre à Nyx, je tiens à préciser que si nos enfants sont pris en charge dans des instituts en internat ou en externat, c'est aussi pour que l'on puisse avoir une activité professionnelle comme vous. La seule différence c'est que vous avez choisi votre profession alors que nous, nous subissons le polyhandicap de nos enfants.
Ce n'est pas parce que nos enfants sont dans des structures que NOUS les abandonnons. Il ne faudrait pas faire d'amalgame.
Un dernier mot, merci à Christelle de se préoccuper du bien être de nos enfants et continuez ainsi. C'est grâce à des gens comme vous que les mentalité changent par contre faites attention car vous allez en déranger un certains nombres qui n'hésiteront pas à vous mettre des batons dans les roues.
La réaction de NYX me semble confirmer que dans ces métiers difficiles aux contact d'une population aussi complexe, mieux vaut arreter avant de banaliser et oublier ce qui vous à conduit à faire ce métier.
Sans réelles convictions profondes et personnelles, on ne fait pas ce métier très longtemps : c'est trop dur.
N'oubliez jamais que nous, parents, nous battons très souvents pour que nos enfants soient respecter comme n'importe qu'elle autre être humain.
Bonne soirée à toutes et tous
Re: droit à l'intimité et pudeur...
Publié : 31 août 2009 08:40
par Christelle
Je vois que le sujet fait parler et je suis ravie de constater que chacun a un avis bien tranché sur la question... Merci à tous pour vos éclairages!
Mon objectif n'est pas de changer le monde et encore moins les gens. Je souhaite juste faire se questionner mon équipe sur un sujet jamais encore abordé dans l'hôpital. Et c'est bien gênant d'ailleur : de voir qu'une notion telle que l'intimité est ignorée et que les actes médicaux et corporels quotidiens sont banalisés et déshumanisés... Nous avons emmené nos patients à la plage tout les jours durant tout l'été. Et il est vrai, Nyx, que j'ai été confronté à l'effroi de de devoir changer et doucher mes patients au retour de la plage. Je t'assure que ça n'a pas été simple et je reconnais que c'est tout un métier. Mais je peux t'assurer que peu importe ta formation initiale,la manière, la technique et les moyens que tu utilise pour ces soins, ce qui compte c'est toute la dimension que tu y met autour... Dans mon travail avec les personnes polyhandicapées, j'utilise des activités en rapport avec le corps comme la méthode Snoezelen, et je peux t'assurer que certains patients ont vraiment beaucoup de mal à accepter qu'on les touche. Alors je n'ose imaginer comment ça se passe au moment de la toilette, lorsque la personne est confrontée au manque de délicatesse du personnel! Parce que c'est de ça dont il est question : je ne remet pas en cause les compétences du personnel soigant, loin de là, je dis juste que le respect que tu octroie à une personne ne dépend pas des moyens financiers dont dispose la structure ni même de ce que la hiérarchie nous "laisse faire" ou pas. Le respect de l'intimité est plus qu'un droit (loi 2002-2), c'est une obligation et une nécessité : que l'on agisse ou pas pour changer les choses, ce qui compte c'est d'en prendre conscience. Or c'est loin d'être le cas pour tout le monde.
Ca me désole, mais commetu le dis, ça n'est pas à moi de changer les mentalité. Cependant, si je peux les titiller ne serait-ce qu'un peu, ça ne fera de mal à personne!
Re: droit à l'intimité et pudeur...
Publié : 31 août 2009 09:57
par Nyx
Dinarea c'est vrai que je me suis fourvoyé dans des généralités mais vous vous doutez que j'ai fais plusieurs institutions où justement il y avait des polyhandicapés,physique ou mental (débile profond ) .
Attention je n'ai pas dit que j'allais devenir maltraitant ni que je l'étais mais que je n'étais pas reconnu dans mon travail qui comme vous le signifié était très dur .J'ai la vingtaine et j'ai aussi des ambitions professionnelle .Reprendre des études ASS c'est aussi avoir plus d'autonomie et avoir plus de poids dans le destin de ceux que je vais accompagner un moment donné peut être difficile dans leur vie .
Je ne sais pas si les familles avaient l'impression qu'on vampirisait leurs enfants mais elles ne venaient que très rarement .
Christelle est étudiante et n'est pas encore ES .C'est facile pour vous de l'envoyer au casse pipe .
Quand vous dîtes que ce métier je l'ai choisit je ne peux que répondre que "oui" .Par contre détrompez vous ,je n'ai pas choisi ce métier pour que les familles exercent leurs métiers mais pour le bien être d'une seule personne le patient qui a besoin d'un service .Les familles doivent s'impliquer avec le soignant dans le devenir de leurs enfants .
Cet essoufflement que j'ai ressentis ce n'est pas dû qu'à l'institution et son manque de soutient mais cela provenait aussi des familles qui deviennent de plus en plus procédurière pour un rien (Je ne parle pas du cas de christelle).Au final le personnel se braque .
Est ce vraiment le travail de Christelle de se plaindre que cet enfant est parqué dans ses conditions sur son lit de mort .Je vous répondrai que c'est déjà bien qu'elle l'ai remarqué mais que fait la famille .
Vous me dîtes que vous ne l'avez pas choisi cet enfant mais il vous reste quand même le choix de vous investir ou non dans sa vie .
Re: droit à l'intimité et pudeur...
Publié : 31 août 2009 10:10
par FrAnck
RE.
"ça n'est pas à moi de changer les mentalité." à bon... Et c'est à qui alors?
Alors, oui, c'est ambitieux de vouloir changer les personnes avec qui tu travaillent surtout lorsqu'elles sont là depuis longtemps et donc (souvent) ancrées dans une routine mortuaire, mais on ne te demande pas de les attaquer de front. Ta position de stagiaire (et donc de nouvel élément) ne te permet absolument pas ça. Mais comme je le disais plus haut, c'est avec les outils que tu as qu'il faut initier le changement. Et les seuls outils que tu as sont : ton questionnement, le retour que tu fera de ce stage une fois fini et pourquoi, à l'issu un signalement de cette institution comme certains te l'on sugéré...
Pousser les gens au questionnement à travers tes paroles ET tes actes (ce n'est pas parce que l'Institué fonctionne comme ça que tu doit faire comme ça, de plus, tes actes pourront servir de support à la discution avec l'équipe) est, à mon avis, le seul outil valable que tu ai à ta disposition.
Cordialement
PS : Merci à Dinarea pour son avis précieux de mère! Cela donne une autre impulsion au débat entre professionnel. (qui, pour le pratiquer très régulièrement, tourne souvent vite en rond!)