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Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 21 mai 2015 09:22
par Limule
J'ai évolué dans un univers typiquement féminin , antérieurement j'étais AVS diplômé d'état pour un ccas à domicile puis agent de soin en EHPAD , discrimination de la part des usagers à domicile en ma qualité d'homme mais pas en EHPAD...Mais ces secteurs ne connaissent pas le chômage...
C'est vrai que je vois beaucoup de témoignages d'ASS au chômage et qui galèrent ...J'en viens à me demander si c'est une bonne idée de rentrer en formation...3 ans c'est pas rien, si c'est pour me retrouver au chômage...
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 21 mai 2015 12:02
par Joachim
Limule, je lis tes messages qui décrivent tous tes interrogations et tes doutes quant au métier d'AS.
Si tu hésites encore, alors tourne toi vers le métier d'éducateur, car rares sont ceux qui font le chemin Educ vers AS. En revanche j'ai déjà une bonne dizaine d'exemples d'AS masculins qui font une VAE ou qui repartent en formation pour être Educ.
Certes, le marché du travail est saturé, mais notre identité masculine est trop peu souvent un atout. Et oui, quand elle l'est, c'est particulièrement remarquable et plaisant. Mais dans la majorité des cas, ça ne sera pas le cas.
L'école où j'ai effectuée ma formation proposait une passerelle à la fin de la première année pour rattraper la formation d'Educ (moyennant quelques menus efforts). Peut-être pourrais-tu bénéficier de la même chose ?
Comprenez bien que la profession d'assistant de service social est en péril, et comme toute profession vouée à disparaître, ou se transformer, les professionnels opposent une certaine résistance au changement, et à toute forme de diversification des pratiques, des méthodes, mais aussi des façons d'être.
Il se trouve qu'il s'agit d'une profession féminine, presque exclusivement jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Donc un homme peut tout à fait ressentir cette résistance comme agissant contre son identité sexuelle, contre sa façon d'être et sa qualité d'homme.
Les assistantes sociales, pour éprouver ce sentiment d'appartenance, et pour qu'il soit effectif, ont tendance à se conforter dans des schémas malheureusement assez rigides, peu perméables. Ce sont des stratégies qui bien heureusement ne sont pas adoptées par toutes, ni forcément mis en oeuvre systématiquement, mais elles existent et nous y sommes forcément confrontés à un moment ou à un autre.
La différence avec les éducateur tient selon moi à la moindre remise en question de leur métier d'une part, et à l'absence de codes spécifiquement féminins ou masculins. La solidarité chez les éduc s'établit sur autre chose, sur des pratiques communes, sur le versant de l'humour, de la décontraction, sur la mise à distance des évènements extrêmes par la surenchère, et encore une fois, l'humour.
Talent qui est d'ailleurs bien plus rare chez les AS, ou alors s'exprime à travers cette identité de genre. On le voit d'ailleurs dans le peu de matériel qui circule sur Internet à ce sujet. Les tentatives de valorisation de l'Assistant social à travers l'humour nous montre toujours une femme soignée, en tailleur, active, débordant d'énergie, mais "proooofondement" épuisée, qui a besoin de partager avec ses copines l'agacement que lui provoque l'usager #2579.
Pensez-vous que les détails sur sa tenue, les soins qu'elle apporte à son apparence, son maintien, soit tout à fait triviaux ?
En réalité ils sont encore, dans les représentations intra-professionnelles, des éléments objectifs de reconnaissance et d'évaluation. Les femmes ont investi la profession d'AS avec l'ensemble des caractéristiques (que l'on voudra bien appeler préjugés) que la société leur prête, et qu'elles s'approprient majoritairement.
Tout ça pour dire Limule, que le métier d'Educateur te donnera beaucoup plus de satisfaction que le métier d'AS si tu es encore hésitant. Si ton hésitation porte sur les débouchés, il n'y a pas photo, trouver un poste d'éducateur est beaucoup plus simple également.
Néanmoins, je ne te dirai pas non plus, comme à ASSH, d'abandonner cette idée. Le changement c'est pas maintenant, mais ça commence tout de suite. Plus il y aura d'hommes dans la profession, et plus cette identité professionnelle de genre sera mise à mal, et plus nos publics bénéficieront d'une pluralité de savoir-être avec lesquels composer.
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 21 mai 2015 14:07
par Limule
Et toi Joachim aujourd'hui tu exerces en tant qu'ASS ?
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 21 mai 2015 14:13
par AS de base
Merci pour cette analyse fournie Joachim,intéressante et pertinente...
Mais je ne peux pas être d'accord.
Le métier d'AS par de loin, de très loin. Les représentations sur notre job viennent forcément de quelque part, oui. On pourrait disserter des heures sur son origine (bourgeoise, bien dans le rang, voire post régime de Vichy,...). Au passage je suggère de feuilleter les écrits de Jeannine VERDES LEROUX avec un œil critique pour ceux que ça branche.
Oui, nous avons un héritage. Non, il n'est pas folichon. Mais si, je pense qu'on a fait du chemin. L'autocritique est maintenant inscrit dans nos gènes professionnels.
Joachim, soit tu te trompes de 30 ans (je ne veux pas jeter la pierre aux anciens, mais avant c'était juste "différent"), soit tu ne connais que des AS conservateurs(trices). Parce que quand tu écris au sujet des éduc' ceci: "La solidarité chez les éduc s'établit sur autre chose, sur des pratiques communes, sur le versant de l'humour, de la décontraction, sur la mise à distance des évènements extrêmes par la surenchère, et encore une fois, l'humour", eh ben je m'y reconnais. Pourtant, je me sens avant tout AS et non éducateur.
Réponse forcément trop courte, faut retourner bosser. C'est le genre de sujet a aborder de préférence autour d'une mousse!
a la revoyure
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 21 mai 2015 15:32
par Joachim
Une proposition tout à fait honnête ! Un verre à la main on a toujours l'analyse plus légère (comme la mousse!)
Je comprends tout à fait que tu ne sois pas d'accord, à vrai dire il m'arrive également de ne pas être d'accord avec moi-même lorsque j'extrapole un peu facilement.
Néanmoins, je ne crois pas être si loin d'une certaine forme de réalité. Pas forcément celle qui a court partout, mais celle que l'on observe le plus souvent.
C'est-à-dire que je serai bien curieux de rencontrer des hommes AS qui soient intégrés dans leur service, avec des femmes AS, sans avoir de places particulières, de traitement de faveur, ou de tâches exclusives.
Une question parmi d'autres :
Est-il fréquent de constater que certains hommes AS dans des services de type Service social départemental ou hospitalier, soient amenés à, ou fassent plus souvent le choix de faire des VAD, des accompagnements socio-éducatifs, de s'investir avec les personnes au delà de la médiation générée par les documents ?
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 21 mai 2015 19:39
par Limule
La plupart des étudiants(tes) disent que c'est la galère de trouver des stages , que des personnes arrêtent leur formation faute d'avoir trouvé un stage...et qu'évidemment les centres de formation n'évoquent pas non plus les difficultés de s'insérer professionnellement puisqu'ils manquent d'élèves dans leurs promos...
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 22 mai 2015 18:35
par assh
Salut "AS de base"!
Merci pour ton post qui reboost un peu. Cela va faire seulement un an que je suis diplômé. Mais au bout de 350 candidatures pour quelques réponses négatives...on finit par lâcher, c'est normal. Je me sens même naïf de continuer à postuler à des offres ou envoyer des candidatures spontanées. J'en veux beaucoup à certains directeurs d'établissement qui, relayés par les médias il y'a quelques années, disaient que les CDI tombaient du ciel après le DEASS. Quel mensonge..
J'aime mon métier plus que tout. Je suis (j'étais surtout) ultra motivé pour m'impliqué à 100% dans mon travail. Mais le milieu du social m'exaspère. Trop naïf, j'ai cru que c'était un milieu solidaire (etc...) ou je serais épanouis. Mais les RH sont des RH et mettre un pied dans le monde du travail dans le social (et tout son réseau) est plus qu'un parcours du combattant à l'heure actuelle. Les nouveaux diplômés arrivent bientôt sur le marché du travail, alors je préfère me réorienter car là c'est vraiment foutu pour espérer trouver quelque chose. La dure loi du marché de l'emploi !
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 22 mai 2015 21:42
par Limule
assh en même temps ça fait qu'un an. Lâche pas
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 23 mai 2015 09:39
par Limule
Sinon réoriente toi vers Educ...Je suis en pleine réflexion à ce sujet, admis en formation ASS je vais tout de même appeler Lundi afin de savoir si j'ai le droit de passer les sélections Educs de Juin....
Re: L'univers exclusivement féminin en formation ASS
Publié : 27 mai 2015 09:43
par AS de base
Aujourd'hui, AS ou ES c'est un peu la même galère pour le boulot. Quitte à changer d'orientation, autant le faire pour des raisons de fonds et non à cause du marché de l'emploi.
Les directions de centres de formation n'avaient pas tort. Je parle volontairement au passé. Diplômé depuis maintenant 8 ans, j'avais trois propositions d'embauche avant même de passer les épreuves... A l'époque, les collectivités territoriales embauchait beaucoup en CDD long (6mois). Une fois son trou fait, les contrats sont renouvelés, on passe le concours et on se retrouve fonctionnaire (youpi). Mais ça c'était avant!
Il y a deux ans, j'ai du changer de région. J'ai mis 6 mois à trouver. C'est rien finalement, d'autant qu'en connaissant une très bonne stabilité, on exclut tout ce qui est CDD, mi temps,... Au final, deux propositions de CDI pour une quinzaine de candidatures. Le ratio reste tout à fait confort. Ce n'est rien également au regard de ta recherche ASSH.
Même si on ne peut pas comparer nos deux cas de figure, trouver du taf reste possible. Est - tu en mesure de changer de région? Est - tu en mesure d'accepter une série de petits contrats entre coupés de périodes de chômage? Ca rentre aussi dans la balance.
Tu aimes ton métier, tu vas trouver!
Au sujet de la naiveté, je n'irais jusque là... Il y a juste deux - trois fondamentaux à maitriser:
- aux chiottes les idéaux: nous sommes des salariés, "de la main d'oeuvre"", donc des pions pour les RH.
- les recrutements objectifs et impartiaux n'existent pas (parfois j'en ai fait les frais, parfois ça m'a bien aidé). Il faut le savoir. On a tendance à privilégier les anciens stagiaires, les salariés déjà en poste qui cumulent les contrats parce qu'ils sont déjà formés. Parfois même, des annonces sont "bidons". Exemple pour simplifier: 1 AS arrive en fin de CDD, obligation légale pour l'employeur de relancer une campagne de recrutement. S'il est "humain", il va garder le salarié en fin de contrat. Il verra les autres candidats pour du beurre...
- Face au marché de l'emploi, on est tous pareils, c'est notre nature. Si on est en recherche de TAF, on ne va pas refiler des tuyaux aux autres. TS ou pas TS, ES ou AS,...
Le courage et la patience paient toujours.