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Embaucher ou pas ?

Publié : 23 févr. 2005 11:46
par Marine
Salut Nadège,

Je n'ai jamais écrit ce message pour me faire embaucher : je ne suis toujours pas sur le marché de l'emploi, je passe mon DE en décembre.

Mais en ce qui concerne mes qualités professionnelles, en quoi le message que j'ai laissé te permet de les apprécier ? Une simple observation et son interprétation ne permettent pas de juger les capacités professionnelles, humaines, relationnelles, ou de compréhension d'une situation, d'une personne, comme de comprendre ce qu'il se passe pour un enfant, dans sa globalité. Moi, j'ai simplement partager avec vous ce que j'ai pu comprendre de ce qu'il s'est passé à un moment précis de la vie de cet enfant.

Et au lieu de juger si directement, l'avantage et le garde-fou du travail en équipe, ce que permet notre profession, c'est justement de pouvoir confronter plusieurs observations, plusieurs niveaux de compréhension. Donc donne-nous ton interprétation, ta compréhesion, pour qu'on puisse avancer dans la connaissance de l'enfant. C'est un lieu d'échange où chacun prend la parole, quand il le semble nécessaire. Si tu l'as prise suite à mon intervention, vas-y, vas plus, loin, je t'écoute, on t'écoute !

Embaucher ou pas ?

Publié : 23 févr. 2005 11:58
par Marine
Salut FB !

En tout cas, merci pour tes encouragements ! C'est vrai, je trouve aussi qu'on a vite fait de cataloguer un enfant juste d'après une simple observation. Si on n'est pas là pour lui garantir à cet enfant le droit à l'erreur, le droit à explorer, tout ce qui lui est nécessaire pour grandir, évoluer, changer, on va vite jouer le jeu de Benisti qui nous demande de signaler et ficher toute difficulté d'un enfant ! (il parle dans son rapport de "secret partagé" avec le maire, et donc les services de police, en ce qui concerne les enfants d'origine étrangère ne sachant pas parler correctement le français, et donc ayant plus de chance que les autres qd'évoleur vers la délinquance ... no comment)

En tout cas, tout ce que je sais, à propos de l'enfant que j'ai observé, c'est qu'elle ne l'a fait que deux fois dans la structure, jamais avec sa mère. Ca fait déjà 5 mois que c'est arrivé. Et depuis les vacances de Noël, moment où elle a pu se retrouver avec sa mère, se sentir entourée, elle est propre.

La diversité des réactions face à cette situation

Publié : 23 févr. 2005 12:30
par Marine
Salut Laura,

Je ne sais quoi te dire quant à ta question. D'abord, je ne sais pas si la diversité de ces réactions est professionnelle, ou plutôt humaine.

Le rapport à la propreté (comme les différents rapports que l'on peut entretenir avec l'autorité, l'alimentation ...), ça nous renvoie à quelque chose de très personnel : comment on l'a vécu, nous, enfant ? Comment on le considère en tant qu'adulte, voire en tant que parent ? C'est avec toute ces conceptions, je pense, qu'en tant qu'individu, on doit travailler.

En prendre conscience, d'abord, c'est un premier pas (tiens, c'est vrai, je ne supporte pas voir un enfant pleurer quand sa maman s'en va ! ou encore : non, un enfant doit finir son assiette. est-ce que je pense que ça peut entraver son développement ?). Ca permet déjà de prendre de la distance face à ses ressentis et de se dire que peut-être, on est en train de projeter ses affects sur l'enfant. Et donc de le regarder lui, de peut-être mieux cerner ce que l'enfant vit réellement. (Ok, il pleure au moment de la séparation. Déjà, c'est bon signe : il a fait la différence entre lui et son parent, il fait la différence entre les différents êtres qui l'entourent. C'est lui reconnaître le droit d'être triste, que c'est normal de se sentir triste à ce moment. Mais encore ? Est-ce qu'il se calme vite, et comment ? A-t-il besoin de l'adulte ou d'ête seul ? Ca permet déjà de ne pas se précipiter pour le prendre dans ses bras, s'il préfère se débrouiller seul ! Utilise-t-il son doudou ? Est-ce que ça l'empêche de jouer pendant l'absence de ses parents ? etc ...)

Et le partager avec l'équipe permet de travailler dessus, voire de passer le relais quand on sent qu'on n'est plus "profesionnelle". Et quand on observe un professionel, comme tu l'as fait, qui n'a pas pris ce recul nécessaire à la compréhension de l'enfant, de ce qu'il vit en ce moment, c'est aussi s'autoriser à le lui dire. Lui expliquer ton point de vue, ce que tu as compris, essayer de replacer l'enfant au centre de la conversation, et pas de ce qu'il FAUT qu'il fasse ou acquierre. Qu'il faut se montrer compréhensif envers cet enfant, lui montrer qu'on a compris que ça l'intéressait, le questionnait, qu'il avait pris conscience de quelque chose.

Mais que le gronder, ça ne sert à rien : à son âge, ça peut engendrer de la culpabilité : j'ai fait quelque chose qui rend furieux l'adulte dont je dépends. Et un sentiment de dépendance : je ne peux pas faire seul, j'ai besoin de l'adulte pour me dire ce que je peux faire. Et de doute dans ses capacités.

Par contre, oui, il faut lui dire que ce n'est pas quelque chose qu'il peut faire et lui proposer des matières à manipuler "socialement acceptables", avec lesquelles il pourra jouer, mettre en scène ce qui le préoccupe.

Lui dire que ça "pue", peut-être pas dans ces termes, ni sur ce ton, mais dans l'absolu, ça ne me gêne pas ! Ne pas mentir à l'enfant, pour lui permettre de comprendre que ce n'est pas lui qu'on rejette, mais ses selles. L'enfant est capable de comprendre, à condition qu'on le lui dise, que nous aussi, on a des ressentis, une vie "intérieure". Si on ne le fait pas, on donne l'image de robots !!

Voilà comment je vois les choses ... A discuter, donc, car notre travail de réflexion ne s'arrête jamais !