Re: Accueil d'un enft dont la mère est en grande souffrance
Publié : 30 janv. 2007 21:48
Bonsoir,
Merci à toutes de vos messages de soutien, ca fait du bien...
Je reviens vous donner des infos supplémentaires.
J'ai parlé à ma directrice de cette situation qui nous avait émeu puis de la possibilité de rencontrer du personnel médical suivant cette maman et enfin de l'intervention d'un professionnel pour soutenir l'équipe.
Alors pour ce qui est d'essayer de comprendre comment accompagner cette famille, il semble évident pour les personnes avec lesquelles je travaille (directrice et éducatrices du RAM de notre pole petite enfance) que ce serait s'immiscer dans la vie privée de ces parents; que nous n'avons pas à interagir avec le secteur médical, que c'est un enfant comme un autre et qu'il faut préserver cet environnement dit sain pour chaque membre de la famille.
Je ne sais pas si je suis claire...
Quant à l'analyse de la pratique, oui, c'est une bonne idée mais il faut attendre que la hiérarchie en prenne la décision (association gérée comme une entreprise!)
Enfin, si la maman était présente vendredi à la crèche, c'est parce que suite à son mal-être (isolement, menace de se suicider...), son concubin l'a fait sortir contre avis médical de l'hopital.
Donc, le projet du pole mère-enfant est abandonné pour l'instant.
L'enfant et ses parents habitent donc chez les parents de la mère ponctuellement. En effet, le père travaille et la mère était ainsi auprès de ses parents qui s'étaient occupés de son fils pendant son hospitalisation.
Je tiens à signaler, si cela peut avoir une importance à vos yeux de travailleurs sociaux, qu'il ne s'agit pas d'une famille en difficulté financière. La souffrance semble réellement et uniquement psychique; je n'ai pas assez approfondi le sujet pour évoquer des problématiques particulières mais il ne semble pas que la détresse de cette maman soit cause de problèmes sociaux.
La maman est depuis hier hospitalisée en clinique privée et le père assure les périodes d'adaptation de son fils entre ses entretiens professionnels.
Pour vous répondre, c'est le papa qui a souhaité cet accueil en crèche; la garde par ses beaux parents était trop lourde à porter pour lui (ce que m'a rapporté ma directrice après entretien avec celui-ci). Il aurait d'ailleurs espérer que l'adaptation soit plus rapide...
Il a également dit à la directrice que son fils va bien, qu'il n'a pas suivi spécifique, que nous n'avons pas à nous inquiéter, qu'il nous signalera toute évolution.
Biensûr cet homme est honnête, il se démène avec tous ces paramètres du mieux qu'il peut, il nous a apporté tout ce dont on a besoin à la crèche pour son fils d'une manière très attentionnée (paquet de couches, boite de lait, biberon, sérum phy, ordonnance antithermique...)
Il m'a expliqué ce matin que la réaction de sa compagne vendredi soir était "bon signe" pour lui: "elle se rend compte de ce qui se passe, il faut qu'elle comprenne que la vie continue, que la vie recommence, qu'elle va y arriver malgré..." et il s'est détourné trop ému pour continuer sa phrase.
Cette souffrance n'est pas acceptable pour tout être humain, je pense. L'événement qui s'annonce comme si heureux tournant à ce point à la douleur me bouleverse.
Je ne veux surtout pas susciter de polémique sur ce forum, je cherche du soutien. Des réponses, je ne sais pas s'il en existe; mais vos interrogations m'ont déjà permis de m'informer, de me questionner sur mon positionnement et mon rôle... Merci!
Ma directrice qui a travaillé plusieurs années en service de réanimation néonatale ne prend pas cette situation du meme point de vue que moi. Elle m'a dit "être habituée à cette souffrance", avoir fait des stages dans le service psychiatrique où la mère a été placée au début ("c'est un horrible lieu où des personnes psychotiques cotoient des personnes comme cette maman en dépression..."). Moi je n'en sais rien si c'est si terrible que cela mais je ne sais rien de ces souffrances, je me trouve, les auxiliaires aussi face à l'inconnu.
Peut-on laisser un enfant évoluer en crèche sans se soucier des difficultés que ses parents rencontrent?
Je ne comprends pas...
Quand on sait les conséquences que ces "carences" peuvent avoir sur un bébé...
Merci à toutes de vos messages de soutien, ca fait du bien...
Je reviens vous donner des infos supplémentaires.
J'ai parlé à ma directrice de cette situation qui nous avait émeu puis de la possibilité de rencontrer du personnel médical suivant cette maman et enfin de l'intervention d'un professionnel pour soutenir l'équipe.
Alors pour ce qui est d'essayer de comprendre comment accompagner cette famille, il semble évident pour les personnes avec lesquelles je travaille (directrice et éducatrices du RAM de notre pole petite enfance) que ce serait s'immiscer dans la vie privée de ces parents; que nous n'avons pas à interagir avec le secteur médical, que c'est un enfant comme un autre et qu'il faut préserver cet environnement dit sain pour chaque membre de la famille.
Je ne sais pas si je suis claire...
Quant à l'analyse de la pratique, oui, c'est une bonne idée mais il faut attendre que la hiérarchie en prenne la décision (association gérée comme une entreprise!)
Enfin, si la maman était présente vendredi à la crèche, c'est parce que suite à son mal-être (isolement, menace de se suicider...), son concubin l'a fait sortir contre avis médical de l'hopital.
Donc, le projet du pole mère-enfant est abandonné pour l'instant.
L'enfant et ses parents habitent donc chez les parents de la mère ponctuellement. En effet, le père travaille et la mère était ainsi auprès de ses parents qui s'étaient occupés de son fils pendant son hospitalisation.
Je tiens à signaler, si cela peut avoir une importance à vos yeux de travailleurs sociaux, qu'il ne s'agit pas d'une famille en difficulté financière. La souffrance semble réellement et uniquement psychique; je n'ai pas assez approfondi le sujet pour évoquer des problématiques particulières mais il ne semble pas que la détresse de cette maman soit cause de problèmes sociaux.
La maman est depuis hier hospitalisée en clinique privée et le père assure les périodes d'adaptation de son fils entre ses entretiens professionnels.
Pour vous répondre, c'est le papa qui a souhaité cet accueil en crèche; la garde par ses beaux parents était trop lourde à porter pour lui (ce que m'a rapporté ma directrice après entretien avec celui-ci). Il aurait d'ailleurs espérer que l'adaptation soit plus rapide...
Il a également dit à la directrice que son fils va bien, qu'il n'a pas suivi spécifique, que nous n'avons pas à nous inquiéter, qu'il nous signalera toute évolution.
Biensûr cet homme est honnête, il se démène avec tous ces paramètres du mieux qu'il peut, il nous a apporté tout ce dont on a besoin à la crèche pour son fils d'une manière très attentionnée (paquet de couches, boite de lait, biberon, sérum phy, ordonnance antithermique...)
Il m'a expliqué ce matin que la réaction de sa compagne vendredi soir était "bon signe" pour lui: "elle se rend compte de ce qui se passe, il faut qu'elle comprenne que la vie continue, que la vie recommence, qu'elle va y arriver malgré..." et il s'est détourné trop ému pour continuer sa phrase.
Cette souffrance n'est pas acceptable pour tout être humain, je pense. L'événement qui s'annonce comme si heureux tournant à ce point à la douleur me bouleverse.
Je ne veux surtout pas susciter de polémique sur ce forum, je cherche du soutien. Des réponses, je ne sais pas s'il en existe; mais vos interrogations m'ont déjà permis de m'informer, de me questionner sur mon positionnement et mon rôle... Merci!
Ma directrice qui a travaillé plusieurs années en service de réanimation néonatale ne prend pas cette situation du meme point de vue que moi. Elle m'a dit "être habituée à cette souffrance", avoir fait des stages dans le service psychiatrique où la mère a été placée au début ("c'est un horrible lieu où des personnes psychotiques cotoient des personnes comme cette maman en dépression..."). Moi je n'en sais rien si c'est si terrible que cela mais je ne sais rien de ces souffrances, je me trouve, les auxiliaires aussi face à l'inconnu.
Peut-on laisser un enfant évoluer en crèche sans se soucier des difficultés que ses parents rencontrent?
Je ne comprends pas...
Quand on sait les conséquences que ces "carences" peuvent avoir sur un bébé...