Re: a propos d'un travail thérapeutique avec enfts qui parlent peu
Publié : 09 sept. 2009 10:42
Bon je répète que je ne fais pas de la propagande, vous le ressentez comme tel peut-être du fait de la véhémence de mes propos. Mais souvenez vous qu'au début du 20è siècle, quelques médecins comme Pasteur expliquaient aux médecins qu'ils fallait qu'ils se lavent les mains... On leur riait au nez, les prenant pour des fous, on les croyait pas...
Vous pouvez évidemment penser ce que vous voulez de votre pratique et de celles des autres. Mais vous devez savoir que la « psychothérapie institutionnelle » telle que vous la décrivez, le reste du monde l’a abandonné depuis longtemps, constatant son inefficacité ; c’est même de là que vient le programme TEACCH :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Teacch
(lire « historique)
Clo, pour réagir à ce que vous décrivez des enfants que vous avez en charge, voici ce que j’en pense.
Déjà vous dites : « parfois c'est sans réponse (dans ce cas, je signale aux autres que X ne souhaite pas pour le moment s'exprimer). » Vous faites erreur : ce n’est pas que l’enfant ne souhaite pas s’exprimer, c’est qu’il en est incapable, parce qu’il ne comprend absolument rien à ce que vous attendez de lui, ou qu’il n’a pas acquis la communication. C’est en cela que la psychothérapie institutionnelle est inefficace : elle part du postulat que l’enfant NE VEUT PAS parler, et elle pense qu’en lui fournissant comme vous dites « un cadre dans lequel il peut s’exprimer librement » ça va finir par venir (au passage : ça sous-entend que chez lui, à la maison, le cadre n’est pas propice ? Quelle piètre opinion avez-vous donc des parents ???).
En réalité, l’autisme est un handicap de communication (entre autres) et l’enfant NE PEUT PAS s’exprimer ; il faut donc lui en donner les moyens, ce que s’emploient à faire les programmes comme le TEACCH ou l’ABA.
Pour les enfants qui se réfugient dans leurs stéréotypies la problématique est du même ordre. Du fait qu’ils n’ont pas acquis les outils pour communiquer, ils ne comprennent tout simplement pas ce que vous attendez d’eux, ou ce que font leurs camarades de groupe. Ca les angoisse, et la stéréotypie est le moyen pour eux de se réfugier dans une activité connue, maitrisée, et donc qui les rassure.
Vous dites pour finir : « lorsque je sors les boites de playmobiles et que je me met dans le jeu en prenant les personnages, demandant 'qui c'est" est ce qu'il est gentil, méchant, triste... bien souvent ils ne répondent pas et délaissent les playmobiles. » C’est une des caractéristiques de l’autisme : une imagination pauvre (c’est en cela qu’on les distingue des psychoses, qui comprennent des délires ou hallucinations, d’ailleurs) et l’absence du jeu de « faire semblant ». Ca se travaille, justement, mais il faut d’abord qu’ils aient acquis des compétences de base.
Précisément au sujet de la reconnaissance des émotions : vous leur demandez si le playmobil est triste, gentil, méchant. Or ces personnages ont une expression figée et uniforme… De leur point de vue, vous leur demandez d’extrapoler en imagination une situation dans laquelle ce personnage tiendrait un role de gentil ou de méchant, serait triste : à ce stade ils en sont incapables. Dans une prise en charge éducative, on montre à l’enfant des dessins stylisés ou des photos de visage avec des expressions très tranchées : triste, content, en colère, apeuré, par exemple. Pour déjà APPRENDRE à l’enfant à RECONNAITRE ces émotions chez les autres, afin de communiquer correctement.
Quant au jeu de faire semblant, il s’apprend assez laborieusement, en « jouant » avec l’enfant des scénarios simples, parfois à l’aide d’une planche de dessins pour donner le déroulement de l’histoire ; peu à peu l’enfant va se familiariser avec le concept, et proposer des variantes ou des ajouts, qu’on va récompenser avec des félicitations par exemple afin de l’encourager à continuer. Mais ce type de travail ne peut se faire qu’avec un adulte pour 1 ou 2 enfants maximum.
Pour conclure et répondre à Jasmine : vous dites « apprendre à un enfant à faire des choses c'est bien mais ne pas lui permettre d'évacuer sa souffrance et ce qu'il a à dire ça ne sert à rien!! »
Vous êtes là encore dans un préjugé erroné sur l’autisme. L’autisme et les TEDs ne sont pas des réactions à des traumatismes. Ce sont des handicaps de communication et de sens social, qui font que la personne ne comprend pas ce qu’on lui veut. Comme un petit enfant français qu’on abandonnerait dans une rue de Tokyo : il voit des gens avec des expressions bizarres, qui font des sons bizarres qui n’évoquent rien pour lui, il ne sait pas dire qu’il a faim, froid, peur… C’est très angoissant. Apprenez lui à communiquer, il sera moins angoissé, et il aura de plus les moyens d’exprimer et donc d’évacuer son angoisse. Moyens qu’il n’a pas tant qu’on ne lui a pas permis de les acquérir…
Vous pouvez évidemment penser ce que vous voulez de votre pratique et de celles des autres. Mais vous devez savoir que la « psychothérapie institutionnelle » telle que vous la décrivez, le reste du monde l’a abandonné depuis longtemps, constatant son inefficacité ; c’est même de là que vient le programme TEACCH :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Teacch
(lire « historique)
Clo, pour réagir à ce que vous décrivez des enfants que vous avez en charge, voici ce que j’en pense.
Déjà vous dites : « parfois c'est sans réponse (dans ce cas, je signale aux autres que X ne souhaite pas pour le moment s'exprimer). » Vous faites erreur : ce n’est pas que l’enfant ne souhaite pas s’exprimer, c’est qu’il en est incapable, parce qu’il ne comprend absolument rien à ce que vous attendez de lui, ou qu’il n’a pas acquis la communication. C’est en cela que la psychothérapie institutionnelle est inefficace : elle part du postulat que l’enfant NE VEUT PAS parler, et elle pense qu’en lui fournissant comme vous dites « un cadre dans lequel il peut s’exprimer librement » ça va finir par venir (au passage : ça sous-entend que chez lui, à la maison, le cadre n’est pas propice ? Quelle piètre opinion avez-vous donc des parents ???).
En réalité, l’autisme est un handicap de communication (entre autres) et l’enfant NE PEUT PAS s’exprimer ; il faut donc lui en donner les moyens, ce que s’emploient à faire les programmes comme le TEACCH ou l’ABA.
Pour les enfants qui se réfugient dans leurs stéréotypies la problématique est du même ordre. Du fait qu’ils n’ont pas acquis les outils pour communiquer, ils ne comprennent tout simplement pas ce que vous attendez d’eux, ou ce que font leurs camarades de groupe. Ca les angoisse, et la stéréotypie est le moyen pour eux de se réfugier dans une activité connue, maitrisée, et donc qui les rassure.
Vous dites pour finir : « lorsque je sors les boites de playmobiles et que je me met dans le jeu en prenant les personnages, demandant 'qui c'est" est ce qu'il est gentil, méchant, triste... bien souvent ils ne répondent pas et délaissent les playmobiles. » C’est une des caractéristiques de l’autisme : une imagination pauvre (c’est en cela qu’on les distingue des psychoses, qui comprennent des délires ou hallucinations, d’ailleurs) et l’absence du jeu de « faire semblant ». Ca se travaille, justement, mais il faut d’abord qu’ils aient acquis des compétences de base.
Précisément au sujet de la reconnaissance des émotions : vous leur demandez si le playmobil est triste, gentil, méchant. Or ces personnages ont une expression figée et uniforme… De leur point de vue, vous leur demandez d’extrapoler en imagination une situation dans laquelle ce personnage tiendrait un role de gentil ou de méchant, serait triste : à ce stade ils en sont incapables. Dans une prise en charge éducative, on montre à l’enfant des dessins stylisés ou des photos de visage avec des expressions très tranchées : triste, content, en colère, apeuré, par exemple. Pour déjà APPRENDRE à l’enfant à RECONNAITRE ces émotions chez les autres, afin de communiquer correctement.
Quant au jeu de faire semblant, il s’apprend assez laborieusement, en « jouant » avec l’enfant des scénarios simples, parfois à l’aide d’une planche de dessins pour donner le déroulement de l’histoire ; peu à peu l’enfant va se familiariser avec le concept, et proposer des variantes ou des ajouts, qu’on va récompenser avec des félicitations par exemple afin de l’encourager à continuer. Mais ce type de travail ne peut se faire qu’avec un adulte pour 1 ou 2 enfants maximum.
Pour conclure et répondre à Jasmine : vous dites « apprendre à un enfant à faire des choses c'est bien mais ne pas lui permettre d'évacuer sa souffrance et ce qu'il a à dire ça ne sert à rien!! »
Vous êtes là encore dans un préjugé erroné sur l’autisme. L’autisme et les TEDs ne sont pas des réactions à des traumatismes. Ce sont des handicaps de communication et de sens social, qui font que la personne ne comprend pas ce qu’on lui veut. Comme un petit enfant français qu’on abandonnerait dans une rue de Tokyo : il voit des gens avec des expressions bizarres, qui font des sons bizarres qui n’évoquent rien pour lui, il ne sait pas dire qu’il a faim, froid, peur… C’est très angoissant. Apprenez lui à communiquer, il sera moins angoissé, et il aura de plus les moyens d’exprimer et donc d’évacuer son angoisse. Moyens qu’il n’a pas tant qu’on ne lui a pas permis de les acquérir…