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tess

Re: Entre

Message non lu par tess » 30 juin 2005 14:51

j'ai tout lu, tout...presque..
je suis abasourdie par cette sensibilité, un être étrange, captivant, intriguant, avec une âme, torturé peut être mais certainement beaucoup moins malade que pleins d'autres qui ne se posent aucune question.. voilà comment je vous perçoit.
Tellement de gens parlent pour rien dire, s'écoutent parler en se foutant littéralement des autres. Remarquez au moins ceux là ne souffrent pas, je parle de la souffrance intérieure, lorsqu'on pense trop, celle qui fait vraiment mal et qui s'installe longtemps..
A bientôt peut être et bonne chance pour vos projets, qu'ils aboutissent.
tess

Rosalie

Re: Entre parts.

Message non lu par Rosalie » 30 juin 2005 18:20

Bonjour theD,

je suis heureuse d'avoir de tes nouvelles via cet extraordinaire plage d'échanges et de soutien. Je te souhaite plein de bonnes choses pour l'avenir...
A bientôt et Bien à toi

Rosalie membre active du CAFS (Comité des Accros au Forum Social) ;)

TheD

Re: Entre

Message non lu par TheD » 30 juin 2005 21:20

Bonjour, je reconnais mon addiction à quelques forums. En même temps, je ne parviens pas à me limiter aux échanges par Email. Beaucoup de mal à nouer des liens quelqu'ils soient. Alors, ma façon à moi de trouver des relations, c'est d'écrire quelques réflexions. J'ai du mal à tenir la distance, et à la fois à tenir la proximité. J'ai déjà écarté Karen que j'ai vu 7 fois (5 en entretien), la psy que j'ai vu une fois avec qui j'ai échangé du courrier, et me faire à l'idée de revoir cette agréable personne responsable de circonscription commence à me peser sérieusement. Et pourtant... j'aurais voulu poursuivre avec Karen, avec la psy aussi dont c'est la seule personne qui m'a donné un conseil qui je dois dire m'a apporté au delà de mon enfermement. Mais j'ai eu ce tort d'aimer Karen et ce mal de tout interrompre avec la psy. Je connais mes sources, bien entendu. J'ai voulu mourir, et me suis désagrégé peu à peu. Aujourd'hui et surtout, oui, depuis un an, depuis que j'ai rencontré Mme A, la psy, c'est ce désir en moi de vivre qui brûle et provoque une apparente maladresse dans ma façon d'aborder les choses, pour le peu que je les aborde. Alors je parais "étrange"... bein oui... dans ma reconstruction mentale je me fais ma propre opinion du monde et j'ai détrui en moi toutes les idées reçues, toutes les emprises qui nous conditionnent. Ce n'est pas par incapacité que je ne parle pas à la place de ma mère pour dire ce qu'elle en penserait. C'est par éthique personnelle, autant je ne VEUX PAS dire ce que dirait quelqu'un d'autre à ma place parce que ce sera une façon de saisir ma façon d'aborder ma peception de cet autre, autant je peux tout à fait dire ce que ma mère "a dit"... mais pas ce qu'elle "dirait"... nuance importante ! Et qui donne l'impression que j'éprouve des difficultés à me mettre "à la place de"... mais j'en suis capable sinon je n'écrirai pas de scénarii et je serai bien enquiquiné psychologiquement. Simplement, c'est un état d'esprit que j'ai dépassé et pas seulement pour cela ! Je n'arrive pas à dire, à exprimer tout ça... à cause de l'arrêt brutal et trop fréquent de mon allocution. C'est simple, je ne suis plus habitué à parler et quotidiennement je vis dans un mutisme assez important. Surtout il y a plus d'un an... alors j'écris ici, voilà.

TheD

Re: Entre

Message non lu par TheD » 03 juil. 2005 21:51

"torturé peut être mais certainement beaucoup moins malade que pleins d'autres qui ne se posent aucune question.. voilà comment je vous perçoit."

Bonjour, je vous remercie pour ces mots qui me donnent une attention particulière. Personnellement, je ne me sens plus (pour simplifier) attaché à des représentations de masses. "Les autres" n'existe plus. Je suis conscient de "l'autre" évidemment. Des êtres uniques communs. Bien sûr, j'entends très bien chaque mot et le discours qui tente à me "délier" du monde comme pour me rendre "unique", comme chaque particule l'est dans l'univers. Bah c'est un état d'esprit que j'ai entamé depuis déjà bien longtemps ce qui ne m'a pas empêché "d'éponger" la souffrance qui à la base n'était pas mienne. Oh puis je ne tiens pas à entrer dans plus de détail pour l'instant. Ce qui me heurte pour le moment c'est "ce que je vois", soit que l'on veuille m'intégrer de nouvelles croyances sans pour autant chercher une réflexion commune.

Les choses sont trop lentes, au contraire, horriblement lentes et comment faire comprendre tant et tant !

Enfin, je me considère (à nouveau) "commun"... ce qui n'est pas faux, ce qui marque le désir non pas de "faire parti", de "trouver ma place parmi", mais "d'être". "Unique être commun" devient alors pour moi une nouvelle piste de réflexions. C'est à la fois une unification de soi dans la communion avec les autres, ou bien la communication de son unicité "dans et avec" le monde qui est le reflet puisque je suis partisant du fait que l'action est constitué de phénomènes "réactifs" qui dépendent à la fois de notre "état" et de "l'environnement" au sens large. Bref, la phénoménologie dont il est intéressant d'approfondir. Certes ma compréhension est "vulgaire". L'une des applications simples, je crois, pour comprendre la phénoménologie est "le jeu de la vie".

Il apparait que c'est de "cela" (entre autres) que je souffrais depuis jeune bambin sans pouvoir mettre des mots plus justes sur mes réflexions alors (sans doute tout autant) "cavaleuses"... en psychiatrie l'inconscient est considéré je crois comme "négatif".

Je parviens donc à mieux saisir mes troubles d'enfants. Aujourd'hui, je possède toujours certaines obsessions dont une malheureusement "physique", il s'agit sans doute du refoulement de mes idées de suicide, mon "geste" est me semble t il lié à la mort elle même. Inutile de vous faire part ici de ce détail qui est une forme d'auto mutilation, mais non dangereuse pour moi même, ni pour les autres.

A propos de mon élant pour KAren on peut dire tout et son contraire. Je ne souhaite pas entrer dans la définition de la passion amoureuse. Je suis amoureux, et le fait de vouloir un peu lui parler en dehors de son travail fut pour moi une tentative de "venir au monde", de trouver un échange. Je ne voulais pas lui dire mes sentiments, je sentais dans son regard cette crainte de m'entendre le lui en parler lors de cette rencontre inopportune devant son lieu de travail, j'ai fini par lui dire bien machinalement.

"Le désir comporte une double négativité, une épreuve du manque et un mouvement vers la suppression de l'extériorité de l'objet manquant" nous dit je crois Hégel.

Je recoupe cela avec ce brin d'histoire, effectivment ce désir en moi non pas de vivre une relation amoureuse avec Karen (je suis quand même lucide sur la question, je sais très bien à quoi m'en tenir) mais de "trouver le dialogue", je voulais supprimer l'extériorité soit créer une véritable relation entre Karen et moi même. Peu importe la nature de cette relation, idéalement amoureuse mais une simple correspondance était pour moi déjà beaucoup.

Au final, un regret quand même. Celui de n'avoir pu gérer mes émotions pour accepter son accompagnement au CMP comme elle me le proposait. On aurait pu un peu parler, j'en aurais été très heureux.

Elle pensait que j'avais peur d'elle, elle n'imagineait pas tout ce qu'elle me naissait.

bulledété

Re: Entre

Message non lu par bulledété » 04 juil. 2005 12:12

bonjour thierry, j'ai cru comprendre que tu avais dit tes sentiments à Karen ? Elle en a eu peur ? tu sais je me mets à sa place,moi qui suis AS, si un de mes usagers vient à me dire qu'il est amoureux de moi, ça complique vraiment les choses tu comprends ? et puis malgré tout elle a certainement une image altérée de toi, car tu es son "usager", quelquefois on a du mal à ne pas restreindre l'"usager" ( que je deteste ce mot ) qu'à sa demande d'aide, et on oublie de le considérer dans sa globalité, comme son semblable être humain avec ses doutes, ses failles, ses bobos, ses ressemblances et sa diversité....
Si on en arrive là c'est qu'on est mauvais dans sa pratique professionnelle, mais quelquefois on est tellement débordé que ça peut arriver...peut être ne voit elle de toi que les "troubles" qu'elle a pu déceler, et ça lui fait sans doute un peu peur ?

Je te souhaite plein de bonnes choses.

TheD

Re: Entre

Message non lu par TheD » 04 juil. 2005 18:58

Bonjour Bulledété,

Oui en effet... troublé.

Avec le recul, il y a pleins de choses que je n'ai pu "faire passer". Notamment lorsqu'elle me croyait "peureux". Hors je n'ai plus grande peur de quiconque, ça dépasse la peur elle même. Mais bien sûr, lorsqu'une personne se met à courir après lui avoir exprimer ses sentiments, je suppose que ce n'est pas tant la "peur", mais plutôt "la sécurité" qui lui a donné à s'éclipser. Je me suis alors dis qu'elle est très loin de me saisir, que tout ce qui est marqué sur ses papiers, c'est du vent... troublant.

J'ignore quelle est sa fonction, pas AS, "chargée de mission R.M.I" mais je m'en outrepasse. Elle aurait été responsable de circonscription que cela aurait été la même révélation dans mon coeur. Je n'ai pas peur des autres, j'ai peur de l'idée de la peur qu'ils se font de moi. J'ai peur de faire peur... ridicule mais c'est depuis que Karen a couru lorsque je lui ai dis être amoureux d'elle. Je me suis apperçu qu'elle se montait un peu la tête. Elle me disait elle même "vous n'avez pas confiance en vous"... et c'est en disparaissant qu'elle croit me donner confiance en moi ??? Désolé mais moi je n'ai plus confiance aux autres. Dans le passé, je n'ai jamais agi ainsi pour la bonne raison que je n'ai vécu aucune histoire amoureuse et n'ai jamais importuné une jeune fille ou une femme de mes épanchements amoureux. Karen est ma "non histoire d'adulte". J'avoue avoir souffert d'être "rejeté" et donc je me planque derrière "le monstre"...

Ce visage que tu peux visualiser en copiant/collant ce lien :

http://img79.echo.cx/img79/4808/gogol16bo.gif

C'est mon vrai visage "retouché", bien sûr c'est fictif mais voilà ce que je perçois de moi même lorsque je me sens rejeté.

Par le passé on me réduisait à ma laideur.

Je me suis identifié à cette laideur tout comme aujourd'hui je m'identifie de plus en plus à la schizophrénie (il faut que j'en parle mais je m'en détache de plus en plus de cette identification, je sais que j'ai vécu des phases intenses mais dernièrement ça va) mais ça ne tient pas debout, en effet je retrouve mon corps, mes émotions, je ne suis plus "détaché" même si certaines circonstances me sont défavorables.

Suis je condamné à ne jamais être aimé des personnes qui m'aspirent à vivre ? Pourquoi suis je attiré par des personnes "distantes" ? Je me sens pourtant si proche. En tout cas, je l'ai dis de voix à Karen, "je ne sais plus faire semblant"... ça signifiait que la société "impressionne, s'apparente, amalgame, etc..." j'ai vécu le plus mauvais côté du "réel". Mes troubles d'aujourd'hui s'expliquent, tout du moins je peux l'expliquer. Aujourd'hui, je suis d'accord, c'est "moi seul" puisque je suis seul avec moi même. Il n'empêche, Karen fut pour moi une très belle rencontre que je n'ai pu vivre dans une forme plus authentique. Comment l'oublier ? Sortir de mon amour pour elle ? Il est vrai qu'en la rencontrant, je n'avais parlé à une femme d'environ mon âge depuis bien le lycée... Est ce la seule raison ? Non, il m'en faut beaucoup pour me toucher, elle s'était dés le premier sourire, son être me souriait, et riait en moi.

Comprenez que cela va à l'encontre même de mes croyances, celles de m'attendrir pour une personne que je connais bien. Mais "connaître" pour moi possède désormais d'autres sens, elle a prit sens en moi. On peut vivre longtemps en croyant être aimé d'une personne, je préfère alors moi même préter attention à ce qu'une rencontre me lance.

" on oublie de le considérer dans sa globalité, comme son semblable être humain avec ses doutes, ses failles, ses bobos, ses ressemblances et sa diversité...."

Tu sais ça c'est le beau discours... tu crois qu'avec un conseil général sous couvert de la CLI qui veut économiser en raclant du rmiste pense comme ça ? Je me dis seulement que "par chance" les gens professionnels qui m'entourent et remplacent Karen (mais elle est inclue malgré tout pour moi elle fait toujours partie de "l'équipe qui m'entoure" malgré son absence) exercent avec une écoute plus ouverte.

Evidemment, le temps, la masse, on bricole et rafistole mais il est dit qu'en soi nous possédons "notre propre médecin". Soit, c'est pour cela que je suivrais "mon intime conviction" de ne prendre aucun neuroleptique comme on veut me faire prendre. Je me dis que lorsqu'un psychiatre qui vous rencontre pour la première fois demande non à vous même directement si vous êtes sous tutelle, c'est que vous devez renvoyer une image effectivement "erronée". De plus, ces derniers temps je retrouve mes rêves, alors pas question de les irradier !

Merci pour tes mots. Aujourd'hui, je pense très fort à Karen qui peut être pense à moi en ce jour particulier,

elle serait la seule à y penser.

TheD

Entre choix

Message non lu par TheD » 05 juil. 2005 06:26

"car tu es son "usager""

Je ne suis pas son usager (plus). De plus, je ne me suis jamais considéré comme son usager. "Son", pour moi personne ne se possède. Que croit elle savoir de moi ? Uniquement ce qu'elle veut bien m'attribuer. En tout malheur, nous n'avons pas assez parlé. Surtout moi, j'aurais voulu trop lui dire beaucoup de choses, à elle, pas à une psy. Sans la "charger" non plus. Mais elle le sentait très bien, je suis certain qu'elle ressentait de moi beaucoup de choses.

"Son usager", peut être, mais elle n'avait pas le choix. Concours de circonstances.

Tu sais le choix est une construction d'esprit qui supplante le réel... et parfois ce réel l'emporte et nous laisse choire, comme il s'est justement passé ce 04 juillet 2005. Une anecdote inutile à révéler ici, mais je suis las d'être réduit à un objet que l'on teste. Forcément, on ne maîtrise rien et pas plus que moi. Il y a des influences qui dépassent la raison et ce qui nous semble être arbitraire, même si bien entendu il faut y croire pour avancer.

Thierry.

TheD

Entre mots et remords.

Message non lu par TheD » 05 juil. 2005 07:51

"pas à une psy"

Ce n'est pas écrit péjorativement, au contraire c'est un métier indispensable, une vue nécessaire. La dernière psychologue rencontrée fut une personne très attentive à mes sens, sans doute et ce malgré son occupation. Je n'ai pu poursuivre dans une présence plus vécue. Il ne faudrait pas que mes regrets finissent par mourir dans le remord. Simplement pour dire que je souhaitais trouver "une personne" un peu plus proche (à propos de Karen). Et même lorsque j'aurais pu un moment lui parler, lorsqu'elle m'a offert cette possibilité, je n'ai pu le faire. Pourquoi je n'ai pas pu lui parler ? Pourquoi ces blocages ? L'essentiel se passe dans mon esprit et pourtant c'est issu de mon corps. Oui, je suis un peu trop excessif, excédant certainement et plus encore.

---
Cette femme fleur, une âme si douce,
bouche mes lèvres sur elle.
une pétale brise ma lame à vagues,
couche mes rèves purs d'elle.

D'autres parts secellent mon heure à tous,
touche mes peines pour elle.
D'eux du bord dur à lier des algues,
douche mes thèmes mûrs d'elle.
---

Thierry.

TheD

Re: Entre

Message non lu par TheD » 05 juil. 2005 08:11

Ce petit poème, Je le corrige :

---
Cette femme fleur, une âme si douce,
bouche mes lèvres sur elle.
Une pétale brise, ma lame à vagues,
et couche mes rèves purs d'elle.

D'autres parts scellent, mon heure à tous,
et touchent mes peines pour elle.
Eux du bord dur à lier d'algues,
douchent mes thèmes mûrs d'elle.
---

A ses lèvres qui me bouchent.

Les mots...

---
Mots sans toi,

Mon existence sème le doute quant à la tienne. Ta forme m'est apparue par multiple dans le cours de la vie. Echappée, toujours, la rencontre inaccessible et pourtant croire en toi, c'est te faire rare. Cette absence qui me donne un peu plus à vivre parce que je ne me leurre pas. La vie personnifie les êtres pour qu'ils soient ce fruit, prêt à être cueilli un jour où l'amour le permet, autorise cet intervale, ce qui nait entre les êtres. Parfois, mon coeur me joue des tours et mes yeux se laissent éblouir. La passion chez moi est bien présente et se mouvoie dans l'âme pour toucher une autre fleur. Mots sans destinée puisque ici je ne te cherche pas. Mots sans toi.

TheD

Re: Entre

Message non lu par TheD » 06 juil. 2005 04:58

Non, c'est impossible. Il doit y avoir erreur. Je ne puis sonder la seule pensée de la revoir ce jeudi 07 juillet à 15 H. Une erreur du secrétariat, assurément. Pourtant, j'aimerais la revoir vraiment mais que dire ? Je ne saurais me tenir, je ne pourrais que l'aimer de mots de trop. Karen, si tu me lis, sache que ta seule présence me rend complètement muet de l'essentiel. Je suis capable de mener ma vie sans doute, mais ta présence me rend trop attentif à toi. Je ne saurais m'en tenir à l'entretien, tu seras obligée de l'interrompre de toi même tant je pourrais m'emporter en silence dans tes yeux sombres, éclatant de toi. Tu es une femme athypique, je te ressens vivre, ça défie ce qu'on veut bien se voiler à me dire que c'est pathologique. Ca me fait bien rire tant l'être aimé devient forcément l'objet d'un désir. C'est trop puissant en moi, trop présent. Mais je suis à peu près certain qu'il s'agit d'une erreur nominative.

Tu sais, je refuserais le AAH. C'est trop facile, c'est me méconnaître. Ce n'est pas l'argent qui me tient, je m'en bouffone d'avoir plus qu'un RMI. Tu me crois fou, le psychiatre lui même me croit schizo. Je sais, peut être ne possèdes tu pas le temps... le temps... je m'en temponne de tout ça. En fait non, mais par moment, j'aimerais ne plus exister.

Tu sais, il y a environ 3 ans, peu avant mon inscription au RMI, mon frère s'est pendu. Il a fait une TS comme on dit. Bien entendu les pompiers sont arrivés, l'ont emmené à l'hôpital, et puis il est ressorti quelques temps après. Oh, bien évidemment mon "malaise" ne vient pas de là. Ces "crises" sont chacune, séparément, surmontables.

J'aimerais te parler un peu de mon frère. Il ne m'en voudra pas de parler de lui anonymement. Il ignore que j'écris ici. C'est un jeune de 22 ans. Il ne possède juste que le BEPC. Sa vie est athypique, autant ne pas trop en écrire ici. Il connut l'hôpital une bonne partie de sa vie. Il rencontra beaucoup de heurts. Il n'était pas compris. Son allergie alimentaire (la majorité des aliments) fut découverte à ses 14 ans. Mes parents étaient avant suspectés de tout jusqu'à la pédophilie. C'était pour moi non évident, dés mes 19 ans, je voulais partir de chez moi, trouver une formation ailleurs, tu comprends. J'étais présent pour mon frère. Il pesait 19 kilos à 13 ans. Mon père "refusait la maladie" (en général). Il ne se connaissait pas lui même et ne cherchait guère à connaître les autres, ses proches. Ce n'est pas un jugement de ma part, j'espère que non. J'en parle, j'ai besoin d'en parler.

Mon frère compensait beaucoup en apprenant lui même des tas de choses. Pourtant, il n'a pu poursuivre sa première année de BEP. Il a du "fuir" de tout cursus scolaire. Cela s'était achevé par sa TS.

Pourtant, depuis ses 3 dernières années, il tient le bon bout. Il a 22 ans, pèse 38 kilos (c'est sa maladie et les difficultés physiques) mais va super bien dans sa tête. Il ne possède pour ainsi dire aucun diplome mais nous ignorons et il ignore lui même son niveau. Ce qui est certain est le fait qu'il n'arrête pas. Il passera prochainement (en octobre 2005) un VAE dans son domaine dont cette validation correspond au dipome universitaire bac+2... il n'y a malheureusement pas plus haut dans ce VAE car son niveau est plus élevé. Il faut le connaître, vraiment. Karen, tu le verrais, tu comprendrais, tu recevrais en toi bien des réponses. Il est ma Lumière, c'est un génie. Un grand créateur, un mathématicien, je ne saurais te décrire quel phénomène il est. Je l'écris ici comme ça, je ne dis jamais ces choses là, je me tais toujours. Mais je n'en peux plus, je n'en peux plus de ne pas exprimer certaines choses qui sont pour moi loin d'être présomptueux. Je ne sais pas si mon frère verra comme moi (dans un an) ses 30 ans. Et j'ai mal. C'est tout.

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