Bonjour a toutes et a tous.
Lisez bien cela!!!
Réforme syndicale : remise en marche d'un vieux paquebot.
Le paysage social français est en plein bouleversement, en pleine recomposition. Il faut dire que cela faisait 50 ans que rien ne s'était passé de ce côté là. Ce mois-ci, les partenaires sociaux se sont mis d'accord sur une position commune sur une réforme de la représentativité, un accord qui sera signé par la CGT (c'est à souligner, vu le peu d'accords nationaux que la confédération a signé dans sa longue carrière) et par la CFDT ; cet accord est toutefois refusé par FO, la CFTC, la CFE-CGC car le texte va remettre en cause leur chasse gardée qui est également leur vache à lait.
Ce texte va libérer le paysage syndical de son carcan : les confédérations s'étaient vu conférer « une présomption irréfragable de représentativité » qui leur accordait des avantages exorbitants. Sans avoir à prouver leur représentativité, les cinq centrales retenues par l'arrêté du 31 mars 1966 - la CGT, CFDT, FO, CFTC et, pour le personnel encadrant , la CFE-CGC - pouvaient être les interlocuteurs de l'Etat et du patronat et elles n'avaient pas besoin d'avoir le moindre syndiqué dans une entreprise pour présenter des candidats dès le permier tour des élections professionnelles et négocier des accords qui s'appliquent à tous. La position commune consacre la disparition de cette présomption irréfragable de représentativité : les syndicats devront désormais prouver, tous les quatre ans, leur représentativité à tous les niveaux - entreprise, branche professionnelle et national interprofessionnel - selon 7 critères dont celui de l'audience (10% des suffrages dans les entreprises au premier tour des élections professionnelles, 8% dans les branches et au niveau interprofessionnel). Le texte prévoit également qu'un accord ne pourrait pas être validé sans la signature d'un ou plusieurs syndicats représentants au moins 30% du personnel, ce qui constitue un premier pas vers l'accord majoritaire et enfin, des accords pourraient être conclus des élus non syndiqués.
Désormais, il faudra avoir des adhérents et une audience dans toutes les parties du monde du travail pour être considéré comme représentatif et pouvoir peser dans les accords. Terminé les syndicats composés principalement de fonctionnaires, de cheminots, de gaziers et autres travailleurs du service public, qui n'étaient plus que des lobbys du service public et du « toujours plus d'Etat » mais qui négociaient pour tous les salariés et leur imposaient une idéologie antilibérale et des relations conflictuelles avec le patronat bien à l'abri dans leur statut du fonctionnaire. (Depuis plus de quarante ans, les cinq larrons prospéraient alors qu'ils ne représentaient plus qu'eux-mêmes : en 2005, selon le ministère du Travail, le taux de syndicalisation était de 8,1 %, dont 5 % dans le secteur privé !)
C'est également la fin probable de l'émiettement syndical avec une probable concentration des centrales vu les critères d'audience assez élevés retenus. Cet émiettement avait quelque chose de malsain, avec une répartition fictive des rôles dans la grande comédie que sont les relations sociales en France : à la CFDT et à la CFTC de signer des accords et contenter la partie réformatrice des salariés, à la CGT de jouer l'opposition systématique dans une pseudo lutte des classes pour contenter les nostalgiques des temps anciens et canaliser les protestataires jusqu'auboutistes (même si ces dernières années, la CGT a été débordée par SUD), à FO d'être le point médian du système et enfin à la CGC de prendre en compte le point de vue des cadres. Un grand jeu de rôle pour que chacun y trouve son compte.
Les grandes man?uvres syndicales ont d'ailleurs commencé pour faire face à ce changement majeur qui favorise des syndicats forts. L'UNSA et la CGC envisagent de se marier purement et simplement, la CFTC et FO cherchent un moyen de continuer à exister en s'associant avec d'autres partenaires. Seules la CFDT et la CGT sont des organisations suffisamment puissantes pour rester autonomes même si elles auront un gros travail de clarification de leur positionnement à effectuer.
Les fondements du bouleversement du dialogue social avaient été posés avec la loi de janvier 2007 qui permet aux partenaires sociaux de déroger à la loi et d'éditer eux-mêmes la norme sociale. Encore faut-il que les syndicats soient représentatifs et que les accords légitimes : ce sera chose faite lorsque ce texte entrant en application. Cet accord sur la représentativité syndicale est quand même symbolique : c'est la première fois que le pouvoir politique fait le choix de miser sur la responsabilité des partenaires sociaux pour faire avancer le pays et leur témoigne ainsi une véritable confiance. C'est également la première fois que le pouvoir politique accepte de s'affaiblir volontairement en permettant aux partenaires sociaux dès lors qu'ils sont représentatifs et majoritaires de déroger à la loi, qui était pourtant l'outil privilégié de tous les gouvernements, quel qu'ils soient. Le contrat plutôt que la loi, un pari plus qu'osé et assez paradoxal de la part d'un Président qui est accusé de mettre l'Etat et le pays à sa botte, de tuer tout débat démocratique.
Avec cette réforme, on peut espérer d'autres réformes bien plus importantes et surtout bien plus « utiles » au redressement de notre pays. A commencer par celle de la fonction publique dont le livre blanc a été rendu ces jours-ci. Maintenant que l'UNSA, alliée à la CGC, sera représentative, le gouvernement aura plus d'un partenaire (la CFDT historiquement) pour proposer et négocier une réforme d'envergure. En attendant que d'autres réformes viennent mais surtout que des accords dérogeant à la loi (celle des 35 heures en priorité mais pas seulement) soient signés pour redonner du dynamisme à notre pays.
Ce processus de responsabilisation des syndicats et par là-même de tous les salariés pourrait être le début du renouveau tant la responsabilisation peut être porteuse de progrès social et économique. Le processus sera complètement terminé et réussi lorsque l'Etat pourra se désengager des organismes paritaires et même de la Sécurité Sociale (après avoir transféré au budget de l'Etat les politiques qui ont rien à faire dans le budget de la Sécurité Sociale c'est-à-dire toutes les politiques de solidarité comme la branche famille, la CMU, les maladies lourdes...). La Sécurité Sociale redeviendrait alors ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être : un contrat d'assurance pour les salariés financés et gérés par les parties prenantes, les salariés et les employeurs. Et non pas un outil budgétaire permettant au gouvernement d'être généreux avec l'argent des entreprises et des travailleurs tout en épargnant le budget de l'Etat de cette générosité. Les syndicats (réformés et réformistes) et le patronat (réformé également) géreraient alors cette assurance comme ils l'entendent dans le meilleur intérêt de chacun et qui sait dans 2ème temps, la concurrence pourrait aussi être introduite dans ce secteur avec la liberté de chacun de s'assurer où il le voudrait. Vision quelque peu idéaliste, j'en conviens, mais qui marche dans les pays qui l'ont mise en place et nous permettrait de sortir du fameux « trou » de la Sécu...
Cette réforme de la représentativité syndicale est une grande victoire pour le Président et pour tous ceux qui veulent réformer ce pays. Au grand dam des socialistes qui ne peuvent pas s'opposer à de telles réformes et qui regrettent que ce soit un Président de droite (surtout après qu'ils aient BofSuper
Réforme syndicale : remise en marche d'un vieux paquebot
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488054661.jpgLe paysage social français est en plein bouleversement, en pleine recomposition. Il faut dire que cela faisait 50 ans que rien ne s'était passé de ce côté là. Ce mois-ci, les partenaires sociaux se sont mis d'accord sur une position commune sur une réforme de la représentativité, un accord qui sera signé par la CGT (c'est à souligner, vu le peu d'accords nationaux que la confédération a signé dans sa longue carrière) et par la CFDT ; cet accord est toutefois refusé par FO, la CFTC, la CFE-CGC car le texte va remettre en cause leur chasse gardée qui est également leur vache à lait.
Ce texte va libérer le paysage syndical de son carcan : les confédérations s'étaient vu conférer « une présomption irréfragable de représentativité » qui leur accordait des avantages exorbitants. Sans avoir à prouver leur représentativité, les cinq centrales retenues par l'arrêté du 31 mars 1966 - la CGT, CFDT, FO, CFTC et, pour le personnel encadrant , la CFE-CGC - pouvaient être les interlocuteurs de l'Etat et du patronat et elles n'avaient pas besoin d'avoir le moindre syndiqué dans une entreprise pour présenter des candidats dès le permier tour des élections professionnelles et négocier des accords qui s'appliquent à tous. La position commune consacre la disparition de cette présomption irréfragable de représentativité : les syndicats devront désormais prouver, tous les quatre ans, leur représentativité à tous les niveaux - entreprise, branche professionnelle et national interprofessionnel - selon 7 critères dont celui de l'audience (10% des suffrages dans les entreprises au premier tour des élections professionnelles, 8% dans les branches et au niveau interprofessionnel). Le texte prévoit également qu'un accord ne pourrait pas être validé sans la signature d'un ou plusieurs syndicats représentants au moins 30% du personnel, ce qui constitue un premier pas vers l'accord majoritaire et enfin, des accords pourraient être conclus des élus non syndiqués.
Désormais, il faudra avoir des adhérents et une audience dans toutes les parties du monde du travail pour être considéré comme représentatif et pouvoir peser dans les accords. Terminé les syndicats composés principalement de fonctionnaires, de cheminots, de gaziers et autres travailleurs du service public, qui n'étaient plus que des lobbys du service public et du « toujours plus d'Etat » mais qui négociaient pour tous les salariés et leur imposaient une idéologie antilibérale et des relations conflictuelles avec le patronat bien à l'abri dans leur statut du fonctionnaire. (Depuis plus de quarante ans, les cinq larrons prospéraient alors qu'ils ne représentaient plus qu'eux-mêmes : en 2005, selon le ministère du Travail, le taux de syndicalisation était de 8,1 %, dont 5 % dans le secteur privé !)
C'est également la fin probable de l'émiettement syndical avec une probable concentration des centrales vu les critères d'audience assez élevés retenus. Cet émiettement avait quelque chose de malsain, avec une répartition fictive des rôles dans la grande comédie que sont les relations sociales en France : à la CFDT et à la CFTC de signer des accords et contenter la partie réformatrice des salariés, à la CGT de jouer l'opposition systématique dans une pseudo lutte des classes pour contenter les nostalgiques des temps anciens et canaliser les protestataires jusqu'auboutistes (même si ces dernières années, la CGT a été débordée par SUD), à FO d'être le point médian du système et enfin à la CGC de prendre en compte le point de vue des cadres. Un grand jeu de rôle pour que chacun y trouve son compte.
Les grandes man?uvres syndicales ont d'ailleurs commencé pour faire face à ce changement majeur qui favorise des syndicats forts. L'UNSA et la CGC envisagent de se marier purement et simplement, la CFTC et FO cherchent un moyen de continuer à exister en s'associant avec d'autres partenaires. Seules la CFDT et la CGT sont des organisations suffisamment puissantes pour rester autonomes même si elles auront un gros travail de clarification de leur positionnement à effectuer.
Les fondements du bouleversement du dialogue social avaient été posés avec la loi de janvier 2007 qui permet aux partenaires sociaux de déroger à la loi et d'éditer eux-mêmes la norme sociale. Encore faut-il que les syndicats soient représentatifs et que les accords légitimes : ce sera chose faite lorsque ce texte entrant en application. Cet accord sur la représentativité syndicale est quand même symbolique : c'est la première fois que le pouvoir politique fait le choix de miser sur la responsabilité des partenaires sociaux pour faire avancer le pays et leur témoigne ainsi une véritable confiance. C'est également la première fois que le pouvoir politique accepte de s'affaiblir volontairement en permettant aux partenaires sociaux dès lors qu'ils sont représentatifs et majoritaires de déroger à la loi, qui était pourtant l'outil privilégié de tous les gouvernements, quel qu'ils soient. Le contrat plutôt que la loi, un pari plus qu'osé et assez paradoxal de la part d'un Président qui est accusé de mettre l'Etat et le pays à sa botte, de tuer tout débat démocratique.
Avec cette réforme, on peut espérer d'autres réformes bien plus importantes et surtout bien plus « utiles » au redressement de notre pays. A commencer par celle de la fonction publique dont le livre blanc a été rendu ces jours-ci. Maintenant que l'UNSA, alliée à la CGC, sera représentative, le gouvernement aura plus d'un partenaire (la CFDT historiquement) pour proposer et négocier une réforme d'envergure. En attendant que d'autres réformes viennent mais surtout que des accords dérogeant à la loi (celle des 35 heures en priorité mais pas seulement) soient signés pour redonner du dynamisme à notre pays.
Ce processus de responsabilisation des syndicats et par là-même de tous les salariés pourrait être le début du renouveau tant la responsabilisation peut être porteuse de progrès social et économique. Le processus sera complètement terminé et réussi lorsque l'Etat pourra se désengager des organismes paritaires et même de la Sécurité Sociale (après avoir transféré au budget de l'Etat les politiques qui ont rien à faire dans le budget de la Sécurité Sociale c'est-à-dire toutes les politiques de solidarité comme la branche famille, la CMU, les maladies lourdes...). La Sécurité Sociale redeviendrait alors ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être : un contrat d'assurance pour les salariés financés et gérés par les parties prenantes, les salariés et les employeurs. Et non pas un outil budgétaire permettant au gouvernement d'être généreux avec l'argent des entreprises et des travailleurs tout en épargnant le budget de l'Etat de cette générosité. Les syndicats (réformés et réformistes) et le patronat (réformé également) géreraient alors cette assurance comme ils l'entendent dans le meilleur intérêt de chacun et qui sait dans 2ème temps, la concurrence pourrait aussi être introduite dans ce secteur avec la liberté de chacun de s'assurer où il le voudrait. Vision quelque peu idéaliste, j'en conviens, mais qui marche dans les pays qui l'ont mise en place et nous permettrait de sortir du fameux « trou » de la Sécu...
Cette réforme de la représentativité syndicale est une grande victoire pour le Président et pour tous ceux qui veulent réformer ce pays. Au grand dam des socialistes qui ne peuvent pas s'opposer à de telles réformes et qui regrettent que ce soit un Président de droite (surtout après qu'ils aient tant décrié comme un nouveau despote) qui fasse plus pour les syndicats, le dialogue social et le recul de l'intervention de la loi à tout bout de champ, qu'eux-mêmes. Mais également au grand dam de la droite car ces réformes sont risquées et ne porteront leurs fruits que sur les prochaines années (ce n'est d'ailleurs probablement pas la droite qui en tirera bénéfice, ni même le Président) et les courbes des sondages ne vont pas remonter pour autant, tout de suite. Mais bon, c'est le prix à payer pour être un véritable réformateur. C'est la remise en route d'une vieille machine rouillée, comme si on essayait de faire prendre de la vitesse à un paquebot immobilisé pendant des années ; cela demande un peu de temps.
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http://lolik.hautetfort.com/archive/2008/04/21/reforme BofSuper
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488054661.jpgLe paysage social français est en plein bouleversement, en pleine recomposition. Il faut dire que cela faisait 50 ans que rien ne s'était passé de ce côté là. Ce mois-ci, les partenaires sociaux se sont mis d'accord sur une position commune sur une réforme de la représentativité, un accord qui sera signé par la CGT (c'est à souligner, vu le peu d'accords nationaux que la confédération a signé dans sa longue carrière) et par la CFDT ; cet accord est toutefois refusé par FO, la CFTC, la CFE-CGC car le texte va remettre en cause leur chasse gardée qui est également leur vache à lait.
Ce texte va libérer le paysage syndical de son carcan : les confédérations s'étaient vu conférer « une présomption irréfragable de représentativité » qui leur accordait des avantages exorbitants. Sans avoir à prouver leur représentativité, les cinq centrales retenues par l'arrêté du 31 mars 1966 - la CGT, CFDT, FO, CFTC et, pour le personnel encadrant , la CFE-CGC - pouvaient être les interlocuteurs de l'Etat et du patronat et elles n'avaient pas besoin d'avoir le moindre syndiqué dans une entreprise pour présenter des candidats dès le permier tour des élections professionnelles et négocier des accords qui s'appliquent à tous. La position commune consacre la disparition de cette présomption irréfragable de représentativité : les syndicats devront désormais prouver, tous les quatre ans, leur représentativité à tous les niveaux - entreprise, branche professionnelle et national interprofessionnel - selon 7 critères dont celui de l'audience (10% des suffrages dans les entreprises au premier tour des élections professionnelles, 8% dans les branches et au niveau interprofessionnel). Le texte prévoit également qu'un accord ne pourrait pas être validé sans la signature d'un ou plusieurs syndicats représentants au moins 30% du personnel, ce qui constitue un premier pas vers l'accord majoritaire et enfin, des accords pourraient être conclus des élus non syndiqués.
Désormais, il faudra avoir des adhérents et une audience dans toutes les parties du monde du travail pour être considéré comme représentatif et pouvoir peser dans les accords. Terminé les syndicats composés principalement de fonctionnaires, de cheminots, de gaziers et autres travailleurs du service public, qui n'étaient plus que des lobbys du service public et du « toujours plus d'Etat » mais qui négociaient pour tous les salariés et leur imposaient une idéologie antilibérale et des relations conflictuelles avec le patronat bien à l'abri dans leur statut du fonctionnaire. (Depuis plus de quarante ans, les cinq larrons prospéraient alors qu'ils ne représentaient plus qu'eux-mêmes : en 2005, selon le ministère du Travail, le taux de syndicalisation était de 8,1 %, dont 5 % dans le secteur privé !)
C'est également la fin probable de l'émiettement syndical avec une probable concentration des centrales vu les critères d'audience assez élevés retenus. Cet émiettement avait quelque chose de malsain, avec une répartition fictive des rôles dans la grande comédie que sont les relations sociales en France : à la CFDT et à la CFTC de signer des accords et contenter la partie réformatrice des salariés, à la CGT de jouer l'opposition systématique dans une pseudo lutte des classes pour contenter les nostalgiques des temps anciens et canaliser les protestataires jusqu'auboutistes (même si ces dernières années, la CGT a été débordée par SUD), à FO d'être le point médian du système et enfin à la CGC de prendre en compte le point de vue des cadres. Un grand jeu de rôle pour que chacun y trouve son compte.
Les grandes man?uvres syndicales ont d'ailleurs commencé pour faire face à ce changement majeur qui favorise des syndicats forts. L'UNSA et la CGC envisagent de se marier purement et simplement, la CFTC et FO cherchent un moyen de continuer à exister en s'associant avec d'autres partenaires. Seules la CFDT et la CGT sont des organisations suffisamment puissantes pour rester autonomes même si elles auront un gros travail de clarification de leur positionnement à effectuer.
Les fondements du bouleversement du dialogue social avaient été posés avec la loi de janvier 2007 qui permet aux partenaires sociaux de déroger à la loi et d'éditer eux-mêmes la norme sociale. Encore faut-il que les syndicats soient représentatifs et que les accords légitimes : ce sera chose faite lorsque ce texte entrant en application. Cet accord sur la représentativité syndicale est quand même symbolique : c'est la première fois que le pouvoir politique fait le choix de miser sur la responsabilité des partenaires sociaux pour faire avancer le pays et leur témoigne ainsi une véritable confiance. C'est également la première fois que le pouvoir politique accepte de s'affaiblir volontairement en permettant aux partenaires sociaux dès lors qu'ils sont représentatifs et majoritaires de déroger à la loi, qui était pourtant l'outil privilégié de tous les gouvernements, quel qu'ils soient. Le contrat plutôt que la loi, un pari plus qu'osé et assez paradoxal de la part d'un Président qui est accusé de mettre l'Etat et le pays à sa botte, de tuer tout débat démocratique.
Avec cette réforme, on peut espérer d'autres réformes bien plus importantes et surtout bien plus « utiles » au redressement de notre pays. A commencer par celle de la fonction publique dont le livre blanc a été rendu ces jours-ci. Maintenant que l'UNSA, alliée à la CGC, sera représentative, le gouvernement aura plus d'un partenaire (la CFDT historiquement) pour proposer et négocier une réforme d'envergure. En attendant que d'autres réformes viennent mais surtout que des accords dérogeant à la loi (celle des 35 heures en priorité mais pas seulement) soient signés pour redonner du dynamisme à notre pays.
Ce processus de responsabilisation des syndicats et par là-même de tous les salariés pourrait être le début du renouveau tant la responsabilisation peut être porteuse de progrès social et économique. Le processus sera complètement terminé et réussi lorsque l'Etat pourra se désengager des organismes paritaires et même de la Sécurité Sociale (après avoir transféré au budget de l'Etat les politiques qui ont rien à faire dans le budget de la Sécurité Sociale c'est-à-dire toutes les politiques de solidarité comme la branche famille, la CMU, les maladies lourdes...). La Sécurité Sociale redeviendrait alors ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être : un contrat d'assurance pour les salariés financés et gérés par les parties prenantes, les salariés et les employeurs. Et non pas un outil budgétaire permettant au gouvernement d'être généreux avec l'argent des entreprises et des travailleurs tout en épargnant le budget de l'Etat de cette générosité. Les syndicats (réformés et réformistes) et le patronat (réformé également) géreraient alors cette assurance comme ils l'entendent dans le meilleur intérêt de chacun et qui sait dans 2ème temps, la concurrence pourrait aussi être introduite dans ce secteur avec la liberté de chacun de s'assurer où il le voudrait. Vision quelque peu idéaliste, j'en conviens, mais qui marche dans les pays qui l'ont mise en place et nous permettrait de sortir du fameux « trou » de la Sécu...
Cette réforme de la représentativité syndicale est une grande victoire pour le Président et pour tous ceux qui veulent réformer ce pays. Au grand dam des socialistes qui ne peuvent pas s'opposer à de telles réformes et qui regrettent que ce soit un Président de droite (surtout après qu'ils aient tant décrié comme un nouveau despote) qui fasse plus pour les syndicats, le dialogue social et le recul de l'intervention de la loi à tout bout de champ, qu'eux-mêmes. Mais également au grand dam de la droite car ces réformes sont risquées et ne porteront leurs fruits que sur les prochaines années (ce n'est d'ailleurs probablement pas la droite qui en tirera bénéfice, ni même le Président) et les courbes des sondages ne vont pas remonter pour autant, tout de suite. Mais bon, c'est le prix à payer pour être un véritable réformateur. C'est la remise en route d'une vieille machine rouillée, comme si on essayait de faire prendre de la vitesse à un paquebot immobilisé pendant des années ; cela demande un peu de temps.
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http://lolik.hautetfort.com/archive/200 ... uebot.html.
Source site (come4news).
Bye l'anar.