Pour ceux qui sont intéressés voiçi le sujet que j'ai eu pour l'écrit d'éduc spé à angers le 19/02 :
Le monde politique s'est fermé peu à peu sur soi, sur ses rivalités internes, ses problèmes
et ses enjeux propres.Comme les grands tribuns, les
hommes politiques capables de comprendre et d'expri-
mer les attentes et les revendications de leurs électeurs
se font de plus en plus rares, et ils sont loin d'être au
premier plan dans leurs formations. Les futurs diri-
geants se désignent dans les débats de télévision ou les
conclaves d'appareil. Les gouvernants sont prisonniers
d'un entourage rassurant de jeunes technocrates qui
ignorent souvent à peu près tout de la vie quotidienne
de leurs concitoyens et à qui rien ne vient rappeler leur
ignorance. Les journalistes, soumis aux contraintes que
font peser sur eux les pressions ou les censures des
pouvoirs internes et externes, et surtout la concurrence,
donc l'urgence, qui n'a jamais favorisé la réflexion.,
proposent souvent, sur les problèmes les plus brûlants,
des descriptions et des analyses hâtives, et souvent
imprudentes; et l'effet qu'ils produisent, dans l'univers
intellectuel autant que dans l'univers politique,
est d'autant plus pernicieux, parfois, qu'ils sont en
mesure de se faire valoir mutuellement et de contrôler
la circulation des discours concurrents, comme ceux de
la science sociale. Restent les intellectuels, dont on déplore le silence. Or il en est qui ne cessent de parler, souvent " trop tôt ", sur l'immigration, sur la politique du logement, sur les relations de travail, sur la bureaucratie, sur le monde politique, mais pour dire des choses que l'on ne veut pas entendre, et dans leur langage, que l'on n'entend pas. On aime mieux, en définitive, prêter l'oreille, à tout hasard, et non sans quelque mépris, à ceux qui parlent à tort et à travers, sans s'inquiéter outre mesure des effets que peuvent produire des propos mal pensés sur des questions mal posées.
Et pourtant tous les signes sont là de tous les malaises qui, faute de trouver leur expression légitime dans le monde politique, se reconnaissent parfois dans les délires de la xénophobie et du racisme. Malaises inexprimés et souvent inexprimables, que les organisations politiques, qui ne disposent pour les penser que de la catégorie vieillotte du " social ", ne peuvent ni percevoir ni, à plus forte raison, assumer. Elles ne pourraient le faire qu'à condition d'élargir la vision étriquée du " politique " qu'elles ont héritée du passé et d'y inscrire non seulement toutes les revendications insoupçonnées qui ont été portées sur la place publique par les mouvements écologiques, antiracistes ou féministes (entre autres), mais aussi toutes les attentes et les espérances diffuses qui, parce qu'elles touchent souvent à l'idée que les gens se font de leur identité et de leur dignité, semblent ressortir à l'ordre du privé, donc être légitimement exclues des débats politiques.
Une politique réellement démocratique doit se donner les moyens d'échapper à l'alternative de l'arrogance technocratique qui prétend faire le bonheur des hommes malgré eux et de la démission démagogique qui accepte telle quelle la sanction de la demande, qu'elle se manifeste à travers les enquêtes de marché, les scores de l'audimat ou les cotes de popularité. Les progrès de la " technologie sociale " sont tels en effet que l'on connaît trop bien, en un sens, la demande apparente, actuelle ou facile à actualiser. Mais si la science sociale peut rappeler les limites d'une technique qui, comme le sondage, simple moyen au service de toutes les fins possibles, risque de devenir l'instrument aveugle d'une forme rationalisée de démagogie, elle ne peut, à elle seule, combattre l'inclination des hommes politiques à donner satisfaction à la demande superficielle pour s'assurer le succès, faisant de la politique une forme à peine déguisée de marketing.
1. Dégager les idées principales du texte.
2. Bourdieu énonce par ailleurs : "si le monde social m'est supportable, c'est que je peux m'indigner."
Et vous ? Qu'es-ce qui vous indigne ?
Connaissances sociales :
1. Qu'es-ce que la loi DALO ? Pourquoi cette loi a-t-elle été mise en place ?
2. En quoi les ROMS ont-ils défrayés la chronique au cours de l'été 2010 ?
3. Qu'es-ce que l'addiction ? Quelles en sont les principales formes ?
4. Qu'es-ce que l'agenda 21 ?
5. Pourquoi parle-t-on du médiator ?
VoilÃ
