Bonjour, je vous remercie. Je m'apprête à écrire à Karen, j'espère le plus simplement possible écrire ce qui sera lu comme une information. Il me faudra bien me contrôler pour ne pas vriller vers une écriture trop personnelle, tant j'aimerais l'être.
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J'aimerais ouvrir un échange, ici, une suite de textes qui s'est écrite du 22 avril 2005 au 23 mai 2005. Espérant la lecture de Karen, un peu comme pour un échange.
Ici je n'ai laissé que ma répartie...
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L'être pour toi.
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Se plaindre sans cesse au niveau des futilités quotidiennes, ce n'est pas non plus ma façon d'aborder la vie. De nombreuses paroles sont dépassées. Par contre, j'ai du me lamenter. Mais je t'écris à propos de la nécessaire lamentation, celle qui produit un effet catharsique pour accuser le coup des maux devenus indéfinissables. Je ne sais toujours pas s'il faut suivre la voie de la chimio ou bien se lamenter dans le but d'expier ce mal trop encombrant. Je sais que l'une et l'autre voie peuvent faire autant de bien que de mal. Je m'accorde encore la voie naturelle...
Par ce fait, je trouve le métier de la psychologie intéressant, plein de sens mais à la fois, cela me renvoie toujours à cet esprit formel, recadrant. De mon expérience, je sais que l'esprit ne possède aucune limite, le cavalier fou peut galoper une éternité à la recherche des bordures, mais elles n'existent pas. Je dois marquer mon propre territoire, devenir mon propre père. Ce que je regrette toujours, c'est la réduction de sa personne à l'image du gars qui cherche la confrontation avec l'institution, ce qui n'est pas le cas. Au contraire, j'ai découvert deux personnes dans ce cheminement laborieux, qui font simplement leur travail et ne doivent pas me comprendre véritablement. Deux personnes à mes yeux intéressantes, différentes, peut être simplement elles mêmes. Et sur ce Reims Web, une poignée de personnes qui m'insufflent un air frais. Se contenter d'être soi même, tout un travail à produire pour se dépasser ensuite !
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Les "directions profondes", ce joli terme que tu emploies me renvoie aux convictions. Tu me sembles être une personne de convictions et cela se lit, notamment dans le sujet à propos de la constitution européenne. La pureté, au fond je ne sais pas ce que c'est. C'est un mot qui me met mal à l'aise car en plusieurs époques la pureté a fait de trop nombreuses victimes, car considérées comme la souillure de l'humanité.
Mais je te lis avec compréhension, puisqu'une partie de moi même cherche aussi au delà "des monts" un air frais et durable. Sans oublier qui je suis, sans me prendre pour quelqu'un d'autre. Obstination, persévérance, de mon oeil il s'agirait alors d'obsessions. Mais de la "bonne obsession", celle qui permet à nos passions de perdurer, de brûler notre âme avec justesse et douceur dans le fil de notre quotidienneté. Cette vie n'est pas née pour seulement souffrir. Le pire nous appartient, mais pour te rejoindre le meilleur n'est pas à rejeter non plus.
Le sentiment que le mot "citoyenneté" est accessoire dans notre modernité. Du sens à retrouver, ça reviendra probablement en surface. Je pressens que les médias omniprésents et pensants imposer "leurs biens" vont engendrer une lassitude massive du sencé consommateur et produira à nouveau un retour dans une réalité commune où le chacun pour soi prendra un autre sens. Pour que chacun soit pour soi, il faut ne pas oublier l'autre. La prochaine claque sociétale dans la gueule le fera comprendre. De mon côté, j'apprends à me tolérer...
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Merci pour ta précision, ta perspicacité me ravit. De mon mot, je suis d'avantage opiniâtre, bribes d'obsessions en effet. Le tout, c'est de mettre le doigt sur chaque parcelle de soi même, les bonnes comme les mauvaises, les reconnaitre. Et d'avancer vers une connaissance plus juste. Voyager au delà de nos propres bastions. Avancer vers l'Autre, déployer ses racines. Même si la conscience collective est une interface en chaque esprit, selon moi.
Personnellement, je peux me casser la figure dans l'avenir, mais les conséquences intérieures seront minimes. Nulles attentes dans l'avoir. Par contre, être ce que l'on fait, ça prend une dimension plus vécue. Sans vivre son avenir dans une illusion présente. Combien de personnes aujourd'hui "travaillent pour demain", ou bien pour sa retraite, et oublient leur jeunesse présente. A l'inverse, j'ai l'impression d'avoir vécu ma vieillesse. Et proche de la trentaine, je revois le petit gamin qui avait faim au point de se perdre dans le grand rythme vombrissant du véhicule humain. Oui, il y avait ce petit enfant qui voulait dépasser les frontières...
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J'ose espérer attendre encore. C'est un problème chez moi, trop attentiste et certainement à la recherche de la rencontre inaccessible. D'avantage ouvert à la surprise, mais dans le même instant piégé dans la fibre de mes émotions. Je refuse de toucher terre. Probable que mes maladresses soient entendues par la bonne personne. Plus jeune, je m'interrogeais sur la destinée des êtres. Aujourd'hui, je ne pense plus que l'on soit pour quelqu'un ; qu'une personne soit présente pour nous. Ca signifierait croire en sa moitié. De mon regard s'animent des éclats d'entièretés. Parfois, quelques éclats me blaissent. Comme ce soleil autour de son cou et les pétales noires qui descendent de son altitude jusqu'au sol. Entre deux "l'une" attracte ma solitude...
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La personnification de soi, c'est l'apprentissage à mes sens d'une longue dialectique entre soi et le miroir du monde. Le tout, c'est de se considérer assez pour aller plus loin. Il m'a semblé la re-connaître, mais l'évidence porte à voir le sens unique. A moins qu'elle soit 1 / patiente, 2 / seule, 3 / assez folle (pour ne pas uniquement se camper sur l'avis des autres)... difficile d'ignorer certains silences. Et... facile d'être trop bête !
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Citation:
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savoir vivre son émotion sans en être prisonnier ou apeuré par le regard de l'autre, c'est la force d'une relation.
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C'est significatif de mon état qui vascille d'une façon assez bipolaire. Tu parles de la peur, c'est justement ce qui ressortait. Sans doute parce que de tels sentiments ne sont pas réellement justifiables (convenables, pour préciser). Pourtant, elle est réelle, et je l'ai vu telle qu'elle est. Instants magiques, que je ne pouvais briser dans l'aveu. De visu, je me suis tu. De voeu nu, je me suis tué...
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Je fais attention à ne pas alimenter celui qui souffre, par de telles paroles.
Mais, j'apprécie la juste mesure, pas simplement avec toi. En ce moment les gens avec moi sont particulièrement "justes" sans venir se brûler avec moi. Il y a une juste distance que je commence à apprécier même si le véritable amour produit un véritable manque.
J'aimerais reconstruire un désir plus authentique, dans la vie, aller au bout de mes pensées donc agir. Mais dernièrement, j'ai vraiment mis le bronx et la personne que j'apprécie tant, je dois la porter à fuir
Pourtant, je ne lui veux que du bien
Mais, en même temps, je me condamne à perpete
Tu sais,
je me suis rendu transparent...
j'ai désiré, mais je ne me suis jamais senti désiré,
Je culpabilise parce que j'ai autre chose à faire, je crains de n'exister qu'à travers ce que j'ai à faire, affaire, uniquement...
C'est angoissant de se dire "je l'ai laissé passer", et je n'existe qu'à travers ce que je fais... qu'on apprécie ou pas, la n'est pas le problème. Simplement un vide indescriptible qui me rend... comment dire... capricieux même si j'aimerais un peu de tendresse, et en donner aussi.
Non, je suis épris par quelqu'un, mais la vie jusqu'alors ne m'a pas préparé à cela. Surtout, les circonstances ne s'y prêtent pas. Satanées convenances !
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Quelques impressions.
Sur le désir authentique, je partage puisque c'est ce que je ressens. Pour le moment, nul mot vraiment ne peut partager cela. Il me faut digérer encore et dernièrement j'ai vécu une lourde indigestion dans mes affects, un débordement démesuré qui me porte encore à me déterminer. Je cherche à saisir ma personnalité encore et ma nature devenue me fait un peu peur... je suis habité des meilleures intentions, évidemment, mais en lisant certaines choses un peu plus "clinique", je me vois plutôt dans "la psychose affective dans la relation à soi-même", pour être précis. Je n'ai pas grand mots à cacher de moi même d'une part, et d'autres parts ce n'est pas certifié cliniquement puisque je n'ai entamé nul suivi pour l'heure. Cependant, je tente de lire "à l'envers" ce qui m'anime en essayant "d'écrire à l'endroit" ce qui en découle. Bien sûr, c'est invalide et ça ne peut être que foireux, j'en suis conscient
Etre deux n'est pas facile, si tu le dis. Ma volonté ultime n'est pas forcément de vivre à deux, mais de naître deux. Le troisième, vrai je n'y avais songé, mais longtemps retourné la question et pesé de multiples réponses, pour ne reproduire certaines erreurs. Personnellement, je ne sais si la personne dont je suis amoureux actuellement est "mère", mais bon je me fais du mal. Loin d'être quoi que ce soit, loin d'être un ami amoureux, loin d'être qui que ce soit pour elle, je crois. C'est là, mon doigt posé sur une persistance de ma part. D'une nature assez obsessionnelle et ruminante, avec tentative de dépassement dans la recherche du "meilleur", pour éviter de me tasser au pire.
Donc, je me dis "anormal", en marge d'un comportement souhaitable et plus respectable en société. Cependant, en sa présence (dont la dernière fois remonte à 5 mois) et bien simplement je ne suis que "plaisir" d'être avec elle, d'où l'émergence d'un véritable désir et cette satanée souffrance de ne pouvoir nous accorder du temps pour aller rencontrer ce qui nous a rendu ces moments agréables, mais formels. Aujourd'hui, de toute façon ça ne sert plus trop à rien de retourner son absence dans tous les sens, c'est tué dans l'oeuf, je me voulais le plus sincère possible mais je n'ai pu posé un regard "direct" et "poser ma voix" dans ses mains.
Toujours ce problème avec le regard, pourtant j'en ai rien à battre au fond d'apparaître "bon" ou "mauvais" dans ceux qui "me voient". Mais toujours ce problème d'être condamnable, toujours d'une façon ou d'une autre. En plus, mon comportement "recherche" cela, dans les faits. Comme si je ne devais que subir la pression des autres dans le cadre d'une insertion qui m'échappe complètement. Et puis ça me craint de devoir à nouveau faire surface, c'est une horreur.
Citation:
Croit-on qu'arrivé à l'âge adulte (je ne sais pas le nombre des années) il suffit de dire "stop", maintenant je suis le résultat de moi-même ? Ils sont bien vaniteux ceux qui peuvent dire cela !
C'est, au fond, un peu ce à quoi j'inspire...
Comment expliquer autrement mon retrait dans les murs. Une façon de dire "stop" à tout ce que je ne supportais plus jusqu'alors. Non les échecs car au bout du compte je n'ai eu la réelle possibilité d'en vivre, et puis je ne cherche pas non plus à réussir, donc à être mené par le besoin d'exister, d'être reconnu. Mais le manque nait le désir et ça peut mener au plaisir, la souffrance nait le manque et le manque nait la souffrance, l'impression que c'est enroulé comme une coquille d'escargot tout ça. De la belle verte, de la belle jaune et du beau bleu et quelques fraicheurs de temps en temps mouille la poussière tourbillonante dans la pénombre sous le souffle d'un espoir. Toujours présent.
Une réponse, je crois m'être à nouveau bouclé dans la pure folie d'attendre l'une de ses boucles venir me délivrer. Il me semble que c'est cela, un signe d'elle, ce signe ailé dessinerait quelques V jusqu'à mon silence. Son mot, sa toute lettre serait pour nous revoir...
Pour nous revoir... c'est juste croire et je n'y crois plus, mais je ne parviens pas à toucher le bout de mes désillusions. J'y arrivais très bien avant, à gérer mes frustrations, mais en l'heure non tant cette personne vibre encore si fort. Enfin, c'est plutôt moi qui vibre...
Edit : Ceux qui se rencontrent et se créent sans secret.
Voilà mon ultime erreur dans mon approche pour elle...
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Citation:
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Le Beau n’est rien d’autre que le commencement du terrible, qu’à peine à ce degré nous pouvons supporter encore ; et si nous l’admirons, et tant, c’est qu’il dédaigne et laisse de nous anéantir. Tout Ange est terrible. »
R.M Rilke, Première Elégie de Duino
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Cette strophe pose le regard, le mien, sur ce qui devient pour moi un apaisement lorsque ça m'arrive, mais une souffrance avec le temps, non pas d'avoir croisé cet Ange de mon quartier, mais d'y méler probablement une forme d'espérance. Sa beauté n'est pas esthétique, tu peux me croire. Elle est corporellement, une femme (que je trouve très jolie, prétendre le contraire serait un mensonge). Elle est étrangement belle, de la plus grande nature de ses gestes, une personne assurément grande lorsque ses yeux m'ont englobé dans un monde inavoué. Mais je senti de suite cette réserve, bien entendu, femme de métier, très professionnelle, elle se trouve exercer avec justesse la relation humaine. Très simple, une femme pas compliquée mais au puit immensément profond, certain mot lançait comme de véritables invitations à mieux la connaître. Non pas consciemment de son vouloir, quelque part, je crois du fond de mon désir que j'aurais voulu lui transmettre un échange ouvert et sans doute qui nous aurait porté à... "grandir"... tout simplement. Une personne qui en sait bien plus que moi, et par ce fait cette facette de sa personne m'était très agréable, pour le très peu prononcé. Elle m'aurait un peu aidé à percevoir certaines choses, à mieux mesurer le monde citoyen qui m'entoure, et sans doute à m'expliquer certaines choses, à m'avancer quelques pistes. Mais voilà, je me suis bloqué ! Il me semble qu'elle est douée, surtout pour semer ce qui me semble (le doute) et autres petites illusions. Je manque de nuances, elle m'aurait beaucoup apporté, et sans l'expliquer ça me parlait ainsi...
Je suis d'avis identique sur cette vision de Rilke (très grand poete Autrichien de langue allemande, participait aussi à la traduction française de certaines oeuvres, qui me fut conseillé par une personne qui exerce la psychologie que je n'ai pu (snif) revoir, de mon entière faute à me cloisonner, ni plus, ni moins) par cette expérience vécue. La beauté est merveilleuse lorsqu'elle nous parvient d'un être exceptionnellement ordinaire. Mais la beauté ainsi prise de tout son regard se montre terrible lorsque cet être dédaigne de vous connaître, un jour, ne serait-ce que d'en exprimer la possibilité. C'est en effet terriblement ressenti, et je ne trouve aucune autre meilleure façon de désigner la conséquence à vivre cela. Je ne m'en arrêterai pas à dissocier l'Amour du manque par exemple. L'Amour possède à la source un brin d'envie, autant ne pas se voiler la face et au fond je n'y vois aucun mal, tant le respect de l'Autre existe, tant que la liberté de chacun poursuit son chemin. L'Amour raisonné c'est toujours se tromper. C'est en oublier l'instinct, fruit de nos conditions naturelles. Je suis toujours parti du fait que la condition sociale est intrinsèquement liée à ce qui nous a rendu là, et intimement convaincu que "la raison consciente" - la dite "humanité" - n'y joue qu'un rôle mineur dans le cheminement terrestre de notre espèce. Il me semble alors que de vouloir vivre indépendament du manque est un leurre, tout comme l'indépendance complète de soi est tout autant un leurre. L'être humain ne naît pas pour devenir son seul et unique Dieu. Je constate qu'on ne peut se contenter de soi même, connaissant très bien la solitude et ses vertues lorsque malgré tout on s'accepte dans ce monde. L'acceptation encore me semble trop réducteur puisqu'il n'y a rien à accepter, au fond. La vie, ça ne s'accepte pas, c'est ignorer alors notre propre capacité de vivre puisque le simple fait de résister prouve que nous sommes parvenus là, en vie. Ce n'est donc pas la vie que je refuse. C'est d'autant plus un problème de regard, sans doute, le mien probablement, le fait surtout de n'avoir plus d'envies ou tant de rêves qu'ils tranchent la réalité en morceaux imprenables. Oui, voilà, comme tout au même niveau, un peu. Et puis, elle. Sa grande beauté qui oublia un peu ma laideur excécrable et fortement insupportable par l'histoire qu'elle a essuyé jusqu'ici.
L'impression que cette femme peut m'aider à formuler mon espace, mais plus que cela encore. Sans forcément, bien entendu, vivre une relation amoureuse puisque même si j'en crève, je ne vais pas forcer quelqu'un à m'aimer, ça m'en serait intolérable et c'est impensable. Mais j'aurais voulu la savoir plus présente malgré la distance, ne serait-ce que sous la lecture. Je n'y voulais pas une relation à sens unique, je m'y voyais déjà et moi et elle et toute la clique et nous aurions vécu pleins de belles choses et aussi quelques questionnements à venir. Ma seule réserve à juste titre, et ce en ce qui concerne mon histoire, tient au fait de réaliser au plus vite une autonomie, une véritable liberté pleinement acquise dans l'activité de soi et pécunier. Car c'est l'une des bases sociales et je ne nie pas cette base.
Citation:
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e baisse jamais les bras, marche devant sans regarder derrière et tu verras ce qui t'arrivera.
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J'aimerais tant. Et tant lui partager, vivre quelques moments de sorties et d'intensités. Un truc con, j'aurais voulu découvrir (je ne sais quand) la médiathèque avec elle, par exemple. Me disant, alors, forcément qu'on y trouverait quelques accords intéressants. C'est, à juste titre, ce genre de projet qui m'a donné ensuite à me poser quelques questions. Suis-je par exemple si déviant au point d'entretenir un comportement proche des actes du psychopathe ? Pourtant, bien que j'eusse traversé un émoussement affectif durant plusieurs années, je puis bien affirmer qu'il n'en est rien pour elle, un réel désir m'accompagne ! Dur, dur d'être amoureux.
Comme il m'est venu à noter, par ailleurs, avec humour :
"Gelé, j'ai besoin d'un brise l'âme pour m'éclater en appéricubes..."
Ca résume un peu, je crois qu'elle m'a éclaté, tout du moins bien fissuré et je résiste encore. Eclater me demande un effort. Elle a brisé cette âme gelée, la mienne, mais j'ai froid...
Encore gelé, mais cependant j'ai compris que le "brise l'âme" n'est pas elle, donc ce n'est pas elle dont j'ai besoin pour éclater. Raaa... l'écrire me demande pourtant un certain effort, tant son absence m'est pesante, pourtant au bout de quelques heures, une poignée de présences partagées. Je la comprends, du bout de son silence.
Citation:
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même si le véritable amour produit un véritable manque
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J'aimerais revenir là dessus très vite.
Je ne peux nier que le fait de l'avoir rencontré et tant apprécié au point de m'en éprendre produit un manque, un vide, cette rencontre absente de voeu partagé. Enfin... il existait mais je n'ai pas su saisir l'intention juste et comme tu me l'as noté, "regarder droit". J'ai beaucoup de mal avec ça, mais ça découle d'un conditionnement infantile assez malheureux duquel je ne puis m'y arracher, encore. J'y suis donc tenu, cependant les circonstances prêtent à présent d'autres conséquences. L'histoire n'est plus suffisante, en l'heure, pour en déterminer absolument la cause de mon arrangement systémique actuel. D'où, mes névroses ne sont qu'une partie du puzzle, il me faut pencher du côté de la psychose (la source inconsciente qui régit mon comportement actuel) qui s'appuierait sur la fondation historique (donc névrotique) et des noeuds accidentels qui en résultent... Il y a une bonne base névrotique mais je penche sur l'émergence d'un comportement plutôt psychotique en l'heure résultant de mes troubles actuels, conséquences et réarangement de ma psychée avec tout ça des troubles (ou plutôt CAUSES) d'hier...
Pour faire plus direct, c'était encore il y a quelques temps le "bordel dans ma tête", mais sans doute que j'arrive à percevoir quelque chose... à présent. Et à refaire un basculement, c'est à dire saisir une compréhension sur d'éventuelles "psychoses" pour les travailler en pleine conscience. Par contre, ok, je n'arrive pas à accepter le fait de suivre une psychothérapie...
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PS : Par "le troisième", signifiais-tu "l'enfant" ou bien "la conscience des deux" ?
Ce que je nomme le château de sable... mais plus encore,
Ce "troisième être" lorsque "deux" se rencontrent.
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Il est regrettable que cette profession (psychologie) perde de son essence primordiale dans la pratique qui tendra de plus en plus à zapper l'individu, étrangement, alors que nous sommes en pleine crise, justement. Dans une société qui se fragmente dans les avoirs privés, d'où un retour en surface et une prise de conscience par les puissants qui imposeront leurs dogmes ultralibéraux et réguleront la politique (incroyable, processus inverse, mais il semble que la politique s'y adapte très bien, derrière les petits fours, et quelques opérations plus juteuses...) mince, ça rappelle comment au nom d'une "pensée unique" maquillée sous le mot "libéralisme" tend à séduire la nouvelle aristocratie pour servir leurs propres intêréts dont les uns se disent "défenseurs de la pauvreté" pour ne pas avouer qu'ils participent à l'effondrement des capitaux sociaux... et au maquillage massif d'innombrables "morts" potentiels (dont il faut absolument éviter qu'ils se suicident, parce qu'ils sont une source de profit nécessaire)... voilà, meurt pas trop vite car si tu ne peux rien faire pour nous, tu feras toutefois tourner l'industrie pharmaceutique, tu feras travailler des agents d'insertion et autres tuteurs, au pire des médecins, infirmiers, etc...
La purification et l'eugénisme ont trouvé là des applications assez bien adaptées dans un monde où la violence est intolérable. Le dernier gars que j'ai entendu, à l'ANPE, il y a de cela environ deux ans, (qui m'a reçu pour faire le point) était l'un de ceux qui n'hésiterait pas à "brûler les démons sur la place publique"... Ca me fout les boules, de croiser des gens à l'esprit si carré qu'il méprisent de suite la différence à leurs principes d'adaptation (de merde et tiré vers le bas)...
Par contre, à 20 ans, j'aurais été "capable" (disponible mentalement, pas encore trop cristalisé) d'aller dans les dispositifs cmp, cref, ... je ne demandais que ça, mais les missions locales ne disposent que de faibles moyens (que dalle à mon époque) aujourd'hui, ça a du un peu changer. Aujourd'hui, j'ai trop peur de recommencer un parcours car je ne veux pas répéter ce que j'ai connu, avec la meilleure volonté du monde.
Pour en revenir au troisième, oui l'Amour veut extraire les âmes pour tendre vers l'unicité. Et bien, en présence de cette personne, je senti une force, son navire s'arimer à tous les ports de ma peau. Je crois que quelque chose s'est passé dans nos esprits. Tu sais, comme le liseré dont tu parles, il était présent en nos présences. Il m'était pourtant impossible d'aborder quoi que ce soit de plus intime, qui sortait du cadre bien délimité de nos trop faibles entretiens. Par moment, je me trouve être dans une forme d'érotomanie, ça me prend en me disant qu'elle aussi "a senti quelque chose", de positif, comme étant désireuse de me connaître lorsque ma situation de vie sera meilleure. Mais étant conscient de ça, je ne persiste pas dans cette illusion, donc j'admets que ça vient seulement de mon côté. Et puis, il faut pour ça quelques repères pour capter les intentions de l'autre, elle en dispose plus que moi, c'est certain. Moi, ça faisait juste "bom bom bom", n'allons pas chercher plus loin...
Je m'aperçois que mes souffrances d'hier ont changé. Cependant, le fond de tout ça n'est pas uniquement lié à ce genre de "rencontres ratées", mais ça doit y compter pour quelque chose, dans mon comportement, ma façon d'être et de penser, avec l'autre. Ca déborde dans mon esprit et ça bouffe complètement ce qui devrait "normalement" (par rapport à mon vouloir) m'animer volontairement, selon ce que j'aimerais raconter. Pas assez d'espace, justement, trop de prise de tête et des mauvaises habitudes, des déviances à briser par la force et l'intervention extèrieure, je le crains. A vrai dire, "j'attends" que ça se passe, dans la mesure où en cette heure le "refus" est mon moyen de communication le plus efficace pour recevoir de bons coups de lattes. Etonnant, j'ai du mal à saisir moi même le "pourquoi", alors que j'aimerais discuter, dialoguer, ouvertement, presque trop amicalement. J'aurais voulu entendre des paroles rassurantes, du genre "mais non vous n'êtes pas de trop, notre but n'est pas de vous rayer, votre vie n'est pas réduite à ce dossier et il ne nous encombre pas du tout"...
Oui, aujourd'hui, j'ai toujours pensé "au pire possible", je suis conditionné pour "voir le pire" et par ce fait ça élimine le meilleur à venir. Et puis en l'instant, je me dis que le cerveau cherche juste à me leurrer un maximum pour conforter le corps, laissant l'esprit dans ses fantômes nauséabonds. Oui, c'est ça, je pense que mon corps se trouve être "en sécurité", c'est à mes sens un point important et outre le malaise qui en émerge, c'est aussi cela qui me tient. Dommage que j'attende le retentissement de la sirène mais je n'avais pas prévu "le troisième", on va dire ça comme ça...
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Il existe bien un fond, mais pas spécialement envie d'en révéler la teneur publiquement.
Enfin, même sous couvert de l'anonymat, même si je m'exprime assez librement. Aujourd'hui, le fond est coupé de multiples causes (qui se trouvent dans le fil de l'histoire lié à la petite enfance), vu que cette source n'alimente plus véritablement ce mal, je me suis consolidé sur une base historique mais je ne dépends plus directement de cette histoire. En ce sens que je suis arrêté avec toujours ce désir de soulever quelque chose, mais disons que le subconscient me dit "non" à des choses qui seraient habituellement positives pour évoluer "normalement" (j'entends une normalité propre à moi même, pas la dites "normalité" sous le sceau de la représentation commune). Enfin, je traduis ça comme ça. Plutôt, par exemple, de me laisser vivre des moments de plaisir, des douleurs surviennent. Ca fait comme un conflit interne. C'était notamment flagrant, je m'en suis rendu compte lorsque j'ai serré la main, par exemple, à cette personne qui me fait vibrer, une grande douleur en moi même était présente, particulièrement prenante, d'où un regard plutôt fuyant, ennoncé à la fois dans un sombre avenir et s'appuyant sur quelques souffrances vécues. C'est encore assez flagrant, par exemple, lorsque j'ai rencontré de visu quelques personnes que je considère comme étant le fruit d'une relation amicale, issues de ReimsWeb, sur le moment vécu avec plaisir et puis ensuite comme un processus d'autodestruction, de fuite, de repli sur soi intense. Même si c'est aussi un peu lié à ma déclaration "foirée", aussi. Sur la couche du mal être originel, ces derniers mois furent les plus étranges de ma vie, avec des moments de délires assez surprenants, une attitude personnelle allant du môme au vieillard, en perdant de vue la notion d'humilité (belle sur le papier, certes), même si j'y suis attaché, c'est une base pour s'ouvrir à toutes les pensées.
Pour moi, les cases, ce sont des tracés entre des vecteurs, des constellations donc liées à la relation à soi, et consécutivement à l'autre. Polymorphes, non figées mais lorsqu'on a chuté, dépressif et dérivé, il ne reste plus que les petits points, des étoiles bien lointaines. D'où cette sensation d'être mort avec une envie sous-jacente de naître. Mais cependant, pas envie de traîner un cadavre derrière moi. Je suis dans une période transitoire et véritablement cette volonté de brûler le corps et ce qu'il m'était devenu jusqu'alors.
Et puis, comme un vide, un manque de confiance, mon esprit trop lié à mes mauvais comportements, ce qui me bouffe trop d'énergie pour... pousuivre... continuité... J'admets, donc, que le malaise impose un comportement qui va y répondre d'une façon ou d'une autre puisque nous sommes des vies, donc nous réagissons à ce qui est à la fois en dehors, mais aussi en dedans.
Plus simplement, c'est un grand raz le bol, le filament a rompu. Je m'attachais à vouloir cheminer comme tu le notes, sans me prendre pour un autre (ni la tête), c'est à dire en tenant compte de mes capacités mais cependant il y avait à la fois un malaise en moi (celui de me sentir isolé malgré les multiples démarches, je n'arrivais pas à "sortir" d'une certaine façon même si je sortais dans un cadre précis), et puis des difficultés (non liées à une quelconque forme d'apprentissage, j'assimile assez bien, mais plutôt en lien à ces démarches pour trouver une formation professionelle). Du coup, des choses ont ressurgi du passé, de l'enfance/adolescence. Ce que j'avais refoulé est remonté en surface d'un bloc et ça m'a "grillé"... d'une force plutôt violente (mais invisible pour mon entourage). Un hurlement que moi seul pouvait entendre.
Plus dernièrement, effectivement, lamentation est le mot juste pour résumer ce qui mène la situation présente. Je n'en suis plus vraiment là, en cours de dépassement de ce passage... même si mon attitude présente (muet) ne plaira pas à quelques gens du CG et de la CLI. Je dois "couper" un lien avec toutes les conséquences qui en résulteront. Ca me mettra dos au mur et il faudra bien réagir, sous le feu de l'exécution. Une chose est sûre, j'aimerais trouver un espace qui ne me mette aucune pression. Je n'ai pas encore trouvé cet espace en moi même, toujours une pression indéfinissable. Avec des moments où je suis "sans vie", d'ailleurs au moment même où je frappe sur ces touches, nulle impression de vivre, je réagis, point barre, pour prolonger la durée de vie de mes cellules, sans doute. Peut-être parce que "la mort" n'existe pas dans l'univers, il me parait qu'il faut être vivant pour la cotoyer... la vivre.
Pour te répondre, j'aime aussi te lire...
Oui, il y a ce "désir" présent, pleine mesure, justement à mieux mesurer car parfois la force des mots m'échappe et en retour ça peut me faire mal, si l'autre n'en saisit pas le sens.
"Qu'est-ce qui t'en empêche ?"
Une carence existe, c'est certain. Une fissure, peut-être...
Un trop plein aussi, le fait de ne plus me repérer dans l'espace, le mouvement, le temps. D'où l'émergence de mauvaises pensées, et une compensation abusive par le net... qui bouffe aussi pas mal d'énergie.
L'image - uniquement en rapport à moi même - je ne la supporte plus mais ce n'est pas forcément lié avec l'envie de paraitre, bien au contraire.
J'aurais quand même voulu connaître le sentiment de cette personne en fête, zut !
Manque de confiance, mais plus de l'autre vis à vis de moi, à présent. Disons, ça marche dans les deux sens, n'ayant pas confiance ni en moi, ni véritablement en l'autre, l'autre percevra ce manque de confiance et en plus de me dire "vous manquez de confiance en vous même", aura elle même le ressentiment de ne pas avoir confiance en moi. Car ça indique le fait que "si vous n'avez pas confiance en vous comment pourrions nous vous faire confiance ?"... tortueux dans mon esprit, mais bel et bien vrai.
Non, pas de problème avec "envie de paraitre" à mon entourage car je peux t'affirmer qu'aux yeux de celui-ci je suis... comment dire... un "pas grand chose". Par contre, et surtout, je ne puis tolérer aujourd'hui aucun comportement de domination sur ma personne. Et là, on entre dans un registre de défense particulière en réponse à ce qui me brutalisa par le passé. En ces jours, le désir de puissance ou bien l'expression de la frustration d'autrui sur moi, n'a plus aucune conséquence interne (enfin si, celles que je vais indiquer) >> la moindre tentative de fusion, d'attachement, provoque en moi soit une grande indifférence ou bien selon l'intensité une réaction contraire, de rejet, si ça l'exige (pas forcément de l'autre, ça peut être moi même). Des situations que je souhaite éviter. Il m'est évident que je ne peux plus supporter le besoin d'affirmation de l'autre sur ma personne, me considérant ni plus, ni moins que cet autre, donc que "papa, maman" c'est fini et que j'aurais tendance à piquer le bâton d'un éventuel supérieur hiérarchique pour lui taper dessus, si jamais il m'égratigne. Bien sûr, ce n'est pas un problème aujourd'hui, compte tenu que j'aimerais éviter de bosser ainsi. Je voulais au début passer par une boite, et puis avec tout le bordel que j'ai vécu, plus d'envie de faire ce chemin. Je mise sur non pas une rémission mais un mieux être, et une action différente qui devrait toutefois m'apporter un revenu, aussi minimum soit-il, je m'en tape. La réelle volonté est dure à venir, au quotidien. Sans doute me faudrait il un appui médicamenteux, mais du mal à l'accepter. Je me demande si ça ne va pas tout casser dans ma tête (snif) pire que ça ne l'est ! Avec apparition de nouveaux troubles, etc...
"et si tu étais uniquement toi en toute circonstance et non l'attente d'un autre toi ou d'une autre ?"
Pas simple dans la pratique. Tu sais, pas simple du tout puisque nous sommes batis sur une architecture qui nous rend "naturellement" interdépendants des uns des autres... c'est aussi un peu ce qui explique (entre autres relations amicales) que les mossieurs et les modames y se rapprochent... ce que j'exprime c'est l'instinct mais je n'ai pu vraiment jamais m'en arranger, enfin même si la crise d'ado elle est passée, enfin... je crois
C'est un peu le monde à l'envers, dans ma tête
"La souffrance vient du fait que nous voulons être plus grand que ce que nous croyons être."
Je reviens sur cette pensée que tu as exprimé. En moi, je ne crois pas. J'aspire naturellement à grandir, mais je suis surtout "perdu", "plein", "vide", manque de tendresse aussi (c'est tout con mais c'est comme ça)... il me semble que c'est le coup répétitif de vécu sous la forme d'une frustration et le fait de subir mon prochain lui même deverser sa propre frustration sur ma personne. Avec une accumulation qui s'exerça sur plusieurs années. Cela n'est en rien lié au fait de "vouloir briller", je ne crois pas. Je n'ai plus d'amour propre (tant mieux peut être, comme ça, ça m'évite de vouloir le défendre en société)...
Ca mit à part, je pense avoir rencontré l'Amour mais celui qui rend la vie (réciproque, consentante, mutuelle, amoureuse, en binome) impossible.
Elle est "toujours là".
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A partir du moment où tu penses à la matière, tu te trouves déjà dans la métaphysique tout comme lorsque tu penses à toi même. La pensée qui dépend de la matière mais la dépasse...
En substance, d'où le fameux :
"ça dépend, ça dépasse..."
Dans mon attitude, je suis assez monotone, mélancolique, et puis toujours envie de m'échapper comme ça, peut-être que le rire est une lâcheté, une fuite...
Sans doute que le génome "réagit à l'histoire", individuelle mais la rend collective dans la transmission... si imperceptiblement et puis cela ne tient pas qu'à ça non plus. Mais ça pose le doigt sur le fait que - personnellement - je ne suis qu'un lot de réactions, réagir, l'intérieur tout comme l'extérieur, être réaction, ou un être à réaction, ça fait parti de la direction de ma pensée, actuellement. J'ai rayé le fameux "action > et je suis d'accord.
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Je visualise bien lorsque tu me parles de prendre les choses avec plus de distance, de recul. Un souffle sur les murs ne les éloigne pas ! Je souffle et souffle, je ventile (du mot) à défaut de prendre l'air. J'oublie souvent de respirer, d'ailleurs, je dois "penser" pour respirer à fond. Pas habitué, encore, de gonfler mes poumons. Mon discernement en prend pour son grade (faible, actuellement)...
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Oui, longtemps je fus "bloqué", depuis mon enfance avec ce sourire que j'avais enterré. Alors, je t'avoue que je suis un puit de sourires à donner, inépuisable et je crois ne plus être bloqué. Je m'en suis rendu compte pour le peu. Notamment avec Karen et je n'en suis pas certain mais sans doute a t elle vu un décallage certain entre les premiers et derniers entretiens, du fait qu'il y avait une meilleure expression de mon état. Le fait de m'être coupé m'a enlevé, je crois, certaines craintes à donner à autrui une émotion. J'avais subi, avec le recul je le ressens comme ça, un reconditionnement par certaines mauvaises experiences. A défaut de n'avoir pu surmonter cela, et puis avec le surgissement d'autres problèmes avec autrui ça m'a renvoyé à mes troubles passés, où je devais tout garder en moi. Pas simple, lorsque petit on te fais comprendre de baisser les yeux, et si le reste de mon état présent est un entremèlement de plusieurs choses, ceci pesa assez lourd pour la suite.
Là, je sais que tout ce qui me reste à faire c'est de vivre à nouveau mes désirs, et je n'ai nullement l'intention de refouler une grande part de moi comme je le faisais jusqu'alors. Je me sens mieux et l'impression que ça balance encore d'une semaine à l'autre. Pressé par mon entourage dernièrement, je t'avoue que j'existe un peu plus. Auparavant aussi j'existais, mais je la refusais et beaucoup de mal à revenir. Je m'entretiens principalement, dernièrement, avec toi même. Je constate un contraste certain, avec qui j'étais il y a plus d'un an. Là, je vois un rayonnement dehors, et ça me fout les boules d'aller l'aprécier. Comme "une main" qui me tient bien en place.
Tu vois, d'où cette impression alors que je ne suis plus "souffrant" en relation directe avec mon passé. C'est plus un comportement à changer, car c'est aujourd'hui ce comportement précisément qui me fait mal. Donc, on me dirait "et bein voilà, va voir un psychothérapeute" exactement comme me l'avait indique Mme A, la psy, l'année dernière. Et aujourd'hui j'en suis bloqué à ça. J'avoue aussi que de découvrir certaines choses en moi, ces sentiments révélés de plein fouet m'a donné à devenir presque psychopathe, mais je ne le traduis pas ainsi puisque ce fut ma façon "d'éclater" ce que je n'osais pas faire et même si de l'extérieur ça puisse montrer une attitude psycho. Sans doute alors que c'est "normal" en relation avec mon histoire un peu désaffectée de périodes positives, constructives. Du coup, le moindre geste à présent est un risque d'être traduit pour ce que je ne pense pas être. Mais, je ne regrette pas, même si ce fut une expression maladroite et sans possibilité de vivre un retour.
A chaque fois que j'y pense ça me met en face une grande nullité de ma personne, de partager le fait que je me sente bien avec quelqu'un, que je trouve cette personne agréable, ravissante. Ces choses là, je ne peux que les écrire, c'est tout.
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Nulle inquiétude, mes sens sont vigilants et je suis particulièrement sensible à certains discours qui appauvrissent le monde pour s'enrichir d'une autre façon. L'emprise de l'autre me porte à l'écouter pour mieux l'éviter et les techniques de gurus ne m'impressionnent nullement. Je peux donner certaines impressions, celles de "me jeter à tout prix" dans l'affect et avec n'importe qui, n'importe comment, mais non. C'est ce pourquoi j'ai du mal à saisir ce que me renvoie cette personne pour qui je suis si lié, sans la connaître, d'une force très étonnante. Un peu comme si je ne pouvais que m'entendre avec elle, ce qui m'a conduit à agir de façon stupide et irréfléchie. Puis de me recroviller dans ma coquille et de n'écrire que pour elle en me torturant de mots. Je me suis dis qu