Re: ppour en finir avec le silence
Publié : 22 août 2008 13:50
Avé,
Aux uns et aux zotres,
Il est étonnant de voir que la moindre approche se distinguant par une forme quasi absurde soit simplement et purement rejetée, dans le milieu du social, réputé pour être créatif. Je ne suis pas un diable usant de cabalistique langagière pour effrayer les moineaux, ni victime du manque d'imagination ou de courtoisie des tchatcheur de ce post. Mais tout de même je suis surpris du nombre de "j'ai pas compris Patrice c'est qu'il est trop alambiqué dans son discours" (et idem pour wam; plutôt que de lui demander seulement à quoi il fait référence.
Plus inquiétant, le peu d'envie de rebondir ou d'approfondir le sujet ouvert pour se limiter à la forme....
Certains se permettent de se poser en donneur de leçon, à mon tour (si je ne l'ais pas déjà fait): c'est pas parce que l'on comprend pas qu'il faut brûler le porteur du message! Un acte intelligent serait peut-être de demander des clarifications, car il est possible qu'à l'origine ce qui a été dit n'était pas fait pour être immédiatement ingéré/digéré mais pour obliger à réfléchir( en employant justement une forme peu ordinaire voir complexe).
Dans mes copies en formation, j'ai parfois usé de ce stratagème afin de vérifier que l'on m'avait lu... Et pourquoi pas? Mon objectif n'était pas de seulement rendre des comptes mais d'offrir un débat de sorte que moi aussi je pourrais tirer un enseignement des corrections et pas seulement une validation/invalidation. Parfois je me suis demandé si mes formateurs "n'apprenaient" pas plus de leurs élèves qui ne leurs livraient leur pensée (plutôt que de fournir celle du bulletin officiel, sans âme).
Ici il est question d'échange, avant tout. Alors soit on ammène quelque chose soit on va fouetter d'autres chats.
Qu'est-ce qu'on s'en tamponne du nombre d'années d'expériences (surtout quand c'est pris pour servir d'argument béton style: ça fait dix ans que je suis dans le boulot alors je sais de quoi je cause- hé ouai mon gars çà peut vouloir dire aussi que depuis dix ans tu fais de la daube...). Comme le niveau d'étude ou l'appartenance sexuelle, on s'en contrefout. D'autant que caché derrière son écran il est bien difficile de connaitre l'identité, cela devrait, en vérité, permettre de prendre des risques: emmettre des opinions, des idées qu'on oserait jamais évoquer en réunion, au boulot, en formation...
Donc,
D'abord merci à toi collègue David pour ton ajout. Et je me demande s'il n'y a pas moyen de s'inspirer de votre expérience.
Je pense qu'en effet notre métier est en réalité fondé sur un échange. Une transaction relationnelle professionnalisée. Elle serait jalonnée de nos expériences pratiques et théoriques; mais ce lien manque de cohérence entre ce qui est théorique (parfois notre seul discours) et ce qui est pratique (comment nous appliquons notre discours).
De fait écrirais-je, on ne peut avoir une totale adéquation entre la parole et les actes. En outre cela n'est pas le but puisque rien dans l'humain n'est fondamentalement pré-établi, comme tu le démontres, en quelque sorte Yoann. Mais il y a des lignes directrices comme l'évolution cognitive, ce que nous enseigne Piaget, il y a une théorie de l'appareil psychique et de son fonctionnement suivant Freud, il y a des lois sociales disait Bourdieu (je ne fais que du général, mais essentiel).
Nous travailleurs ce que l'on retire de ces sciences c'est un savoir pratique: comment on les fait intervenir chaque jour.
Or pour cela je crois que l'on manque de trois espaces: primo, de formation continue (depuis nos structures avec des réunions efficaces, qui vont de pair avec l'abandon massif de lecture post-étude) ; deuzio, de points d'échanges interprofessionnels en dehors du cadre reservé de notre emploi (à l'image de ton processus david); et troizio, de bilan (essentiellement écrit mais pourquoi pas vidéo) de ces échanges afin de les évaluer et avec le temps les reprendre.
Comme on ne pose pas de jalons lisibles ou regardables de nos pratiques, de nos ambitions, de notre projet de société, on est invisible aux yeux de la masse (entre autre d'électeurs mais surtout d'élus).
Pour soi, on est invisible! Je prend pour seul exemple, qu'à l'école d'ES le seul modèle de professionnel que nous ayons c'est ceux de professeurs qui eux-même sont d'anciens éducs (et enore rarement) qui aprés des études poussées emploient souvent une langue autre que celle de l'éduc de terrain (du fait de leur complémentaire de formation). Ensuite nous avons nos tuteurs de stages, mais eux sont la tête dans le guidon, souvent ; rare ils sont à être en reflexion et nous faire partager leur doute...
Ne serait-il pas possible que des formateurs soient encore éduc en fonction, de sorte qu'ils auraient l'approche clinique et scientifique de terrain nécessaire pour offrir quelque chose à réflechir, à se positionner plutôt que de systématiquement s'appuyer sur nos expériences de novices (dans la plupart des cas nouveaux dans le domaine, nous pouvons dificilement élaborer sur nos propres expériences alors qu'en revanche poser une opinion sur quelque chose de déjà construit cela peut aider).
Aprés bien entendu ce travail ne remettrait pas systématique en question celui de nécessaire déconstruction dont se vante toutes les ecoles (au contraire il l'alimenterait). Lesquelles formations sont silencieuses sur le travail de construction ("çà c'est du ressort personnel! ais-je entendu, et moi qui croyait qu'ES était une profession co-construite, je ne garde que les trois première lettres du terme?!).
Depuis quelque temps déjà je planche sur une idée d'intervention dans les formations : pour que des professionnels puissent offrir un regard de terrain. Je sais cela n'est pas nouveau, ce qui l'est c'est le cadre de l'animation: ammener des situation concrètes que le professionnel a travaillé (tant en y intervenant qu'en ayant cherché les tenants et le aboutissants, avec son équipe pluridisciplinaire, en investiguant des points clés, en pouvant conceptualiser la situation...). Accompagné d'un formateur ayant lui aussi planché sur la question, il offrirait une connaissance d'entreprise et un positionnement (les rapports et enjeux internes, un fonctionnement-voir dysfonctionnement-, le résaux, des choix, une éthique...). De sorte que les étudiant auraient une vision (un instantané) appronfondie du métier. Ils pourraient discuter avec plus de soutien et de profondeur que les sinistres réunions d'approfondissement de stage.
Ps à Yoann, que proposerais-tu ou que t'inspire la réflexion des outils proposés pour ne pas se trouver coincé par la question complexe de l'humain et du langage afin de d'expliquer notre fonction, notre rôle et notre manière de faire?
eviltween "de l'échange nait la différence et donc de la différence nait l'échange; ce qui implique que de l'échange nait la diférence d'où de la différence nait l'échange et donc de l'échange nait la différence..." gloups!
Aux uns et aux zotres,
Il est étonnant de voir que la moindre approche se distinguant par une forme quasi absurde soit simplement et purement rejetée, dans le milieu du social, réputé pour être créatif. Je ne suis pas un diable usant de cabalistique langagière pour effrayer les moineaux, ni victime du manque d'imagination ou de courtoisie des tchatcheur de ce post. Mais tout de même je suis surpris du nombre de "j'ai pas compris Patrice c'est qu'il est trop alambiqué dans son discours" (et idem pour wam; plutôt que de lui demander seulement à quoi il fait référence.
Plus inquiétant, le peu d'envie de rebondir ou d'approfondir le sujet ouvert pour se limiter à la forme....
Certains se permettent de se poser en donneur de leçon, à mon tour (si je ne l'ais pas déjà fait): c'est pas parce que l'on comprend pas qu'il faut brûler le porteur du message! Un acte intelligent serait peut-être de demander des clarifications, car il est possible qu'à l'origine ce qui a été dit n'était pas fait pour être immédiatement ingéré/digéré mais pour obliger à réfléchir( en employant justement une forme peu ordinaire voir complexe).
Dans mes copies en formation, j'ai parfois usé de ce stratagème afin de vérifier que l'on m'avait lu... Et pourquoi pas? Mon objectif n'était pas de seulement rendre des comptes mais d'offrir un débat de sorte que moi aussi je pourrais tirer un enseignement des corrections et pas seulement une validation/invalidation. Parfois je me suis demandé si mes formateurs "n'apprenaient" pas plus de leurs élèves qui ne leurs livraient leur pensée (plutôt que de fournir celle du bulletin officiel, sans âme).
Ici il est question d'échange, avant tout. Alors soit on ammène quelque chose soit on va fouetter d'autres chats.
Qu'est-ce qu'on s'en tamponne du nombre d'années d'expériences (surtout quand c'est pris pour servir d'argument béton style: ça fait dix ans que je suis dans le boulot alors je sais de quoi je cause- hé ouai mon gars çà peut vouloir dire aussi que depuis dix ans tu fais de la daube...). Comme le niveau d'étude ou l'appartenance sexuelle, on s'en contrefout. D'autant que caché derrière son écran il est bien difficile de connaitre l'identité, cela devrait, en vérité, permettre de prendre des risques: emmettre des opinions, des idées qu'on oserait jamais évoquer en réunion, au boulot, en formation...
Donc,
D'abord merci à toi collègue David pour ton ajout. Et je me demande s'il n'y a pas moyen de s'inspirer de votre expérience.
Je pense qu'en effet notre métier est en réalité fondé sur un échange. Une transaction relationnelle professionnalisée. Elle serait jalonnée de nos expériences pratiques et théoriques; mais ce lien manque de cohérence entre ce qui est théorique (parfois notre seul discours) et ce qui est pratique (comment nous appliquons notre discours).
De fait écrirais-je, on ne peut avoir une totale adéquation entre la parole et les actes. En outre cela n'est pas le but puisque rien dans l'humain n'est fondamentalement pré-établi, comme tu le démontres, en quelque sorte Yoann. Mais il y a des lignes directrices comme l'évolution cognitive, ce que nous enseigne Piaget, il y a une théorie de l'appareil psychique et de son fonctionnement suivant Freud, il y a des lois sociales disait Bourdieu (je ne fais que du général, mais essentiel).
Nous travailleurs ce que l'on retire de ces sciences c'est un savoir pratique: comment on les fait intervenir chaque jour.
Or pour cela je crois que l'on manque de trois espaces: primo, de formation continue (depuis nos structures avec des réunions efficaces, qui vont de pair avec l'abandon massif de lecture post-étude) ; deuzio, de points d'échanges interprofessionnels en dehors du cadre reservé de notre emploi (à l'image de ton processus david); et troizio, de bilan (essentiellement écrit mais pourquoi pas vidéo) de ces échanges afin de les évaluer et avec le temps les reprendre.
Comme on ne pose pas de jalons lisibles ou regardables de nos pratiques, de nos ambitions, de notre projet de société, on est invisible aux yeux de la masse (entre autre d'électeurs mais surtout d'élus).
Pour soi, on est invisible! Je prend pour seul exemple, qu'à l'école d'ES le seul modèle de professionnel que nous ayons c'est ceux de professeurs qui eux-même sont d'anciens éducs (et enore rarement) qui aprés des études poussées emploient souvent une langue autre que celle de l'éduc de terrain (du fait de leur complémentaire de formation). Ensuite nous avons nos tuteurs de stages, mais eux sont la tête dans le guidon, souvent ; rare ils sont à être en reflexion et nous faire partager leur doute...
Ne serait-il pas possible que des formateurs soient encore éduc en fonction, de sorte qu'ils auraient l'approche clinique et scientifique de terrain nécessaire pour offrir quelque chose à réflechir, à se positionner plutôt que de systématiquement s'appuyer sur nos expériences de novices (dans la plupart des cas nouveaux dans le domaine, nous pouvons dificilement élaborer sur nos propres expériences alors qu'en revanche poser une opinion sur quelque chose de déjà construit cela peut aider).
Aprés bien entendu ce travail ne remettrait pas systématique en question celui de nécessaire déconstruction dont se vante toutes les ecoles (au contraire il l'alimenterait). Lesquelles formations sont silencieuses sur le travail de construction ("çà c'est du ressort personnel! ais-je entendu, et moi qui croyait qu'ES était une profession co-construite, je ne garde que les trois première lettres du terme?!).
Depuis quelque temps déjà je planche sur une idée d'intervention dans les formations : pour que des professionnels puissent offrir un regard de terrain. Je sais cela n'est pas nouveau, ce qui l'est c'est le cadre de l'animation: ammener des situation concrètes que le professionnel a travaillé (tant en y intervenant qu'en ayant cherché les tenants et le aboutissants, avec son équipe pluridisciplinaire, en investiguant des points clés, en pouvant conceptualiser la situation...). Accompagné d'un formateur ayant lui aussi planché sur la question, il offrirait une connaissance d'entreprise et un positionnement (les rapports et enjeux internes, un fonctionnement-voir dysfonctionnement-, le résaux, des choix, une éthique...). De sorte que les étudiant auraient une vision (un instantané) appronfondie du métier. Ils pourraient discuter avec plus de soutien et de profondeur que les sinistres réunions d'approfondissement de stage.
Ps à Yoann, que proposerais-tu ou que t'inspire la réflexion des outils proposés pour ne pas se trouver coincé par la question complexe de l'humain et du langage afin de d'expliquer notre fonction, notre rôle et notre manière de faire?
eviltween "de l'échange nait la différence et donc de la différence nait l'échange; ce qui implique que de l'échange nait la diférence d'où de la différence nait l'échange et donc de l'échange nait la différence..." gloups!