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Re: éthiquement correct?

Publié : 15 sept. 2005 22:31
par anne
donc, il faut intégrer les personnes à la société..? et pourquoi pas essayer aussi de faire évoluer la société? Faire entrer les gens dans un système, soit, mais ne doit-on pas, en tant que travailleur social (cesf, es, ass etc)alerter sur les dysfonctionnements et voir plus large que l'aspect budgétaire? Comment ces personnes en sont-elles arrivées à telle situation? l'ont-elle subie? Pourquoi ne parviennet-elles pas, consciemment ou non, à intégrer "notre" système?

Re: éthiquement correct?

Publié : 15 sept. 2005 23:02
par anne
a joy: là, tu me fais plaisir!!notamment pour ce qui est de la perte de confiance; et en remettre une couche avec un budget à tenir..c'est pas facile à entendre, à appliquer, à accepter..Pourquoi faire entendre qu'il n'y a pas d'autres solutions que de compter et se priver de ceci ou cela?

Re: éthiquement correct?

Publié : 15 sept. 2005 23:35
par TheD
Pour ma partie, oui j'ai subi.

Ce que je retiens pour l'heure, et ce avant de me couper de "la" réalité en me repliant dans une chambre, devenue ma principale limite expressive, c'est l'impossibilité d'insertion avant 25 ans par une formation accessible. Durant plus d'un an, je n'ai pas demandé le rmi... j'ai attendu 26 ans passé, en cette période je ne sortais plus, mais reprenais des activités graphiques pour formuler mon propre domaine. Cependant, n'ayant pas de vie vraiment personnelle, ni capable d'entretenir des fréquentations sur la durée quelque soit la nature des relations, je me suis sclérosé, on va dire. J'ai "de la chance", un mère qui m'a vu autrefois me battre, sans doute me soutient elle encore pour cela. Car j'étais si porteur d'une vie souhaitée et actante, et je soutenais ma mère aussi, beaucoup. Je suis à l'écoute, doté d'une certaine sensibilité. Ca va un peu mieux aujourd'hui. Certes, je refuse tout dans le cadre du rmi pour l'instant. Du mal à avaler la pilule, à 29 ans en cette heure. Au niveau de l'éthique, je déplore seulement un manque de communication ouverte. D'expliquer vraiment le dispositif et tous les moyens possibles et d'expliquer clairement la politique du département. En fait, c'est flou et je ne vois pas (mit à part mon état dépression) de réel soutien à la création. Autrefois je défendais mon droit à vivre mes devoirs, si l'on peut dire. Aujourd'hui on me fait un rappel à mes droits et mes devoirs, si l'on peut noter ainsi. Faiblesse... manque d'intelligence, dépit, mais bon c'est certain, c'est une position que je souhaite à personne. Vraiment.

Re: éthiquement correct?

Publié : 16 sept. 2005 09:50
par Lau
Je dois être naïve ou bizarre ou bien mal informée sur l'AEB, mais de mon point de vue, bien sûr que c'est bien chiant de faire un budget, mais faire un budget n'est pas pour montrer les LIMITEs mais les POSSIBILITES... Oui bon vous me direz, si j'arrive triomphante avec mes "eh oui il vs reste 3 €/j pour 4 personnes, va falloir se serrer la ceinture!!!", c'est pas bien constructif. Je pense que c'est en faisant un budget que l'on peut dire "oui, eh bien quoiqu'il arrive, même avec mon RMI, je ferai plaisir à mes enfants, des petits plaisirs, certes, mais qui font le + grand bien pour estime de soi etc". C'est pk je parlais de mes fiches où justement je disdais aux jeunes qu'en consommant moins de marques (ah ce Coca!) ils pouvaient en fin de mois s'acheter des trucs top!
D'autre part, j'ai fait 5 ans de RMI, et je n'en suis pas morte. Bon ok, je n'avais pas d'enfant, et ça facilite bien les choses. mais on apprend à vivre avec un minimum. Je ne dis pas que c'est la meilleure période de ma vie...
Tiens, un autre exemple : je suis actuellement au chômage et je fais mon DE en 2 ans. Eh bien apparemment s'occuper de son bébé + être en formation ne suffit plus, je suis avant tout une chômeuse qu'il faut au + vite remettre au boulot. J'ai qu'à cumuler, non mais. Avant-hier ma conseillère à l'emploi, du nouveau dispositif ANPE (Opportunités pour les nvx chômeurs : des boites privées rémunérées 4500€ le recasage de chômeurs, ça motive) m'a mise aux pieds du mur en me disant devoir trouver du boulot en octobre, en aide à domicile car déjà expérience, alors que l'on avait convenu, à moins que j'ai eu des hallucinations, que je faisais mon mémoire jusqu'en janvier. ça fait 2 jours que je culpabilise à mort en me disant que c'est la honte de pas vouloir faire un 35h + formation + volontariat à Aides + bébé...
Et enfin the D, si tu veux qu'on cause, mais moi un mail : j'étais rmiste/scénariste ou scénariste/rmiste... La création, pour en vivre, c'est costaud! courage à toi, à tout bientôt si tu le veux bien

Re: éthiquement correct?

Publié : 16 sept. 2005 10:04
par lau
mince, encore moi...
j'ai oublié deux choses : tout d'abord merci Céline, ça nous fait un super débat, ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé, c'est passionnat!
Ensuite, qd j'étais au RMI, que je bossais comme une folle pour être reconnue dans mon métier artistique et que je ne m'accordais aucun répit, ma copine psy m'a dit ces qlq mots qui me serrent tj autant le coeur d'émotion : "qu'est ce qui te ferait vraiment plaisir? tu aimes les fleurs? Achète toi un bouquet, fais toi plaisir, sois douce avec toi". Vu le bien et la déculpabilisation (ça se dit?) que ces qlq mots ont eu sur moi, j'essaierai dans mon parcours professionnel de faire de même. Donc je suis d'accord avec vs pour l'écoute des gens (euh sonon je ne serais pas ds le social) mais chuis aussi d'accoord pour faire un budget! :lol2:

Re: éthiquement correct?

Publié : 16 sept. 2005 11:11
par TheD
Bonjour,

Pour ma part, le problème actuel n'est pas économique directement. Toutefois, ma mère percevant un salaire faible (aide ménagère) je lui donne une part du rmi, notamment pour la nourriture, l'électricité. Je ne consomme pas, et comme souvent ami = resto ou autre donc = consommation, c'est vite réglé. De plus je suis "une personnalité évitante", je ne sors plus du tout. J'en prends conscience et durant pas mal de temps, vu que certains problèmes en moi ne datent pas d'aujourd'hui, je me suis vu glissé dans une vie assez "schyzophrène" vu de l'extérieur. Car beaucoup d'éléments se reflète. Ce qui n'a pas arrangé les choses car l'identification a prit le pas et puis en essayant aussi d'établir un contact relationnel plus proche/régulier avec "ma" chargée de mission, mon attitude a été interprétée comme celle d'un psychotique bien qu'on se garde de me le dire, avec épisode de délire / parano... bah oui c'est vrai, je suis un peu parano, je vis entre 4 murs, j'imagine que ça renforce les suspicions que je développe. Beaucoup de mal a accepté un accompagnement / réseau de personnes autour de moi. Des nouvelles têtes, toujours professionnelles et toujours mots gardants, j'en suis assez las, surtout du fait de mes difficultés à parler. Des temps de latence importants, je débite très lentement, j'ai besoin de bien réfléchir, je donne peut être l'impression d'un manque de spontanéité. Je mange toujours un repas par jour, non par manque véritable de moyens, mais pour ne pas peser trop budgétairement à ma mère. C'est un sacrifice personnel que j'assume. A part cela, je ne vis pas d'épisode de "saute d'humeur", mon quotidien porte une tristesse dont m'en débarasser serait comme perdre une seconde peau. Pourtant, lorsque je pense à Karen, vraiment beaucoup de biens en moi. Mais toujours ce pincement...

"Quelques flocons de larme.

Au fond du moi, sous la fonte de ma glace, des larmes perles trainent plus souvent au dehors. Elles s'aventurent sur mes joues, courent le long de ma peau. Toujours éperdument amoureux de Karen. A m'écrier jusqu'à plein d'air. Asphyxie d'un vécu impossible. Sous la croyance, sans doute, de ne pas être aimé. Evidemment, ma conduite fut impromptue. Mon silence rompu s'emportait trop dans la maladresse. Ce qui contraigna l'équipe autour de Karen a réagir comme il se doit. Un bannissement de personne à personne. Terrible et triste, injuste mais tranché. Cela m'a beaucoup apporté sur le plan humain : le plat des mots vécus. Le met des attablés se trouve à ma portée. La compréhension s'aiguille jusqu'à pénétrer dans la veine oxygénée. Mais l'essentiel sonne un ré, il fait écho, il résonne... plic, plic, plic..."

"Le goût des goûts,

et chaque doute échappe moult fois au parfum des parfois. Jusqu'à me lire l'âme au goût d'une cire brûlante, rose. Autant de pensées, pures errances, coulent et puis se tempèrent, durcissent. Jusqu'à l'air de rien, une main espère un enfin. Autant de refrains peinent à chanter le jamais, toujours finissent par glisser sur la peau de l'amour. Jaune au grand soleil éclatant de retours, de détours, de ratures aussi. Jusqu'à la clôture d'une histoire au futur, devenue une blessure, parmi les fournitures. C'est un air si scolaire, un écho de garniture, que je meurs de sévère et fais saute à l'humeur. Amie d'amour, seras-tu une patience, une autre que mienne, tout simplement toi ? Celle sans qui rien ne serait moi. La dimension altère l'envolée des sens, ceux sans quoi tout ne ferait foi. Croire, crucifixion, sacrifice. Le goût du sang conte notre histoire. Mais je m'en noie, je m'en roule, je m'en passe. Oui, je me casse de ces images sans âges. Juste ce visage me rappelle à la vie, à la nuit, à la mie."

Pour donner mon avis, je pense qu'on peut parler "budget" mais pas forcément dans le sens "se serrer la ceinture", lorsqu'elle est déjà serrée à son maximum. Plutôt dans l'optique de "créer un schéma", et de voir et tester la pertinence de ce possible quant à sa réalisation.

Merci, Lau, je t'écrirai...

Re: éthiquement correct?

Publié : 16 sept. 2005 16:31
par anne
merci theD!
Ce que tu écris reflète, il me semble, ce que bien des personnes ressentent , tant face à elles mêmes que face aux travailleurs sociaux..Il était essentiel, à mon sens que quelqu'un comme toi intervienne dans ce passionnant débat, initié par céline 64.. L'aspect budgétaire paraît bien éloigné parfois, des souffrances que provoquent l'isolement..
Je ne voulais pas dire que cet aspect est à éluder, bien sûr il faut en tenir compte, mais ce n'est, bien souvent, que la partie visible de l'iceberg..

Re: éthiquement correct?

Publié : 16 sept. 2005 16:43
par Joy
Merci pour ce débat qui nous permet de réfléchir sur notre travail au quotidien.


A+


Joy


:ID2:

Re: éthiquement correct?

Publié : 16 sept. 2005 19:03
par lau
on peut alors lancer le débat sur un autre terrain, celui de l'importance de la prise en compte de la souffrance psy... Personnellement j'y suis très sensible, et attentive, mais combien de TS le sont? ou ont le temps de l'être? les moyens? Je bossais en mission locale, et des jeunes en souffrance, il y en a pas mal. Mais les TS ne savaient que faire ni comment orienter et donc éludaient la chose. Jusqu'à tenter de mettre en emploi une jeune qui venait de faire une TS... parce que leur mission, bien sûr, c la mise en emploi... Et justement, on avait analysé ça en réunion, qd ils n'avaient aucune réponse de boulot ou autre, ben ils refilaient des sous... car les TS ont l'impression de "devoir" apporter ue solution, et les sous, cela semblait en être une...

Re: éthiquement correct?

Publié : 16 sept. 2005 20:58
par TheD
Pour ma part l'Enfer ce ne sont pas les autres (ça serait l'Autre), ce sont quelques personnes rencontrées à des étapes primordiales de ma vie, qui ne pouvaient pas vraiment "me voir"... la source de ma souffrance est intrinsèque, mais l'origine de celle-ci est extrinsèque. Je sais que Karen ne me croit pas, lorsque je lui dis que le psy de l'AFPA, il y a 8 ans, ne pouvait simplement pas me blerrer. Usant du fait que j'étais mal accoutré, chose possible puisque je n'ai jamais acheté mes propres vêtements, je mets ce qu'on me donne. Mais j'étais purement... dégoûté, de voir qu'on ne fais pas confiance à un jeune qui pourtant avait son parcours en tête. Jusqu'à lui dire que je souhaitais mon indépendance financière vers 27, 28 ans, afin de produire d'autres projets. Il y avait un gars qui me soutenait à fond, (le responsable du stage, mais qui ne possédait pas de "pouvoir" contrairement au psy... d'arrière il s'était engueulé à mon propos, avec ce dernier, et menaçait de "claquer la porte") qui voyait que j'étais motivé même si je portais cet air un peu "effacé"... je n'utilisais pas tellement le facies de mon visage et cela me portait préjudice. Il faut dire que mon frère à l'époque avait des soucis graves de santé, et forcément j'étais incapable de "jouer". D'ailleurs je n'ai jamais joué. Même lorsque je souriais dernièrement à Karen, c'était en moi une joie intense, je voulais lui partager ce qu'elle est, en moi. Je t'avoue que depuis, je l'ai à nouveau perdu, ce sourire. C'est très cruel, je trouve, et je n'en suis pas fier de ne pas dépasser cet état végétatif... j'avais envie de lui crier la dernière fois : "je souffre Karen, tout le temps, tous les jours, mais je refuse de vous entendre me dire "à soigner", parce que je vous aime"...

Culture des mots, à ma façon. Sans cela je ne possède pas une grande culture. Certain que Karen se goinfre de choses dont je n'ai jamais encore approché. Peut-être ou non, je l'ignore. Avec Karen, je voulais en savoir plus sur certains sujets, j'aurais aimé partager quelques connaissances, sur un plan social, économique, politique. Mais de son regard à elle, pas des lignes que je prends ci et là. Je voulais aller dans son savoir à elle et réaliser une co-naissance. Tu vois, en savoir plus sur les tenants et aboutissants des valeurs auquelles elle croit, mais du système, des systèmes plus précisément, par lesquels nous dépendons tous. Et je voulais discuter avec elle, là-dessus, précisément. Des heures, des jours, des mois, peut être même quelques années... oh bien sûr, cela n'aurait pas été si prise de tête que cela, je lui aurais en retour apporté ce pourquoi je m'intêresse à cela. Et puis nous aurions, si des affinités se seraient tissées, poursuivis bien dans d'autres directions communes. Dans d'autres dimensions ! Chacun dans sa vie, dans ses intérêts propres à soi, mais ensemble dans la même direction. Je ne suis pas vraiment exigeant de l'autre, le minimum c'est le respect, la fidélité, la vérité. Après le reste, chacun fait un peu comme il l'entend, je ne crois pas être possédant. Bon, par contre c'est vrai, je suis attaché à une croyance, une convenance, la fidélité. Je pense que le corps de l'autre n'est pas le nôtre, c'est pourquoi je ne me permettrai pas vraiment de diriger une personne sur la façon dont elle doit vivre. Par contre, je ne vois pas de relation ambigue, ni libertine. On peut bien sûr avoir quelques sautes de pensées, ça arrive, rien n'est parfaitement clot dans l'esprit. On peut flasher sur quelqu'un momentanément, comme ça, mais savoir qui on aime. Je n'ai pas vécu de situation me permettant de l'affirmer, mais je pense être fidèle, et c'est la seule "exigence" dans une vie de couple qui à mes yeux est fondamentale pour mon équilibre mental. J'ai besoin d'aimer, de donner à quelqu'un qui croit aussi en cette valeur. Pour cela, il faut qu'il y ai un amour réciproque. Et je me demande, finallement, si la réciprocité amoureuse existe, le GRAND AMOUD que DEUX ressentent l'un pour l'autre. Il y a bien les coups de foudre, mais ensuite on finit par ouvrir les yeux et... là on sait si derrière cela, l'amour existe, ou non. Pour ma part, je noterais que c'est plus passionnel, mais c'est devenu - au delà de ma déchirure qui m'interdit de la revoir - très doux. C'est cela qui existe tout au fond de moi, finallement, ce n'est pas seulement sa douceur... oui cette douceur que je vois en elle... c'est la mienne.

Dans la vie", le monde noophysique* : pas encore...

Sortir m'est en l'heure très délicat. Une fois que j'y suis, ça peut aller, mais l'acte en lui même est indécisif. Trop de choses passent dans mon esprit. Et j'ignore quelle femme pourrait murmurer à mes oreilles d'homme. Lire certaines personnes me donne un bien. Je n'ai pas beaucoup de contacts par le net, j'ai à peu prêt autant de mal à garder un rythme, et je préfère les relations plus exclusives, donc écrire seulement à une poignée de personnes. Comme sur ce forum.

Karen refuse, c'est tout. Il n'y a pas de "bonne personne", elle ne connait pas assez mon fond, elle n'a vu que la surface... et lu plutôt mon côté "maladif"... non... je me dis qu'à ses yeux, je suis "comme les autres" dont elle a la charge, je ne suis pas celui qu'elle aurait pu aimer un jour nouveau... voilà.

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*noo = esprit, raison, cœur, sentiment ; synonyme de psycho (origine grecque)

noophysique = l'esprit et les corps présents réalisent un objet, le langage ... vécu en dehors de l'expression d'un "simple" corpus.
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Les remparts, le bastion cécitaire des personnes : l'individu. J'ignore si c'est pour préserver son âme que de vivre sous l'habitude. C'est sécurisant, plus facile. Même le mal être devient une habitude, dans tous les cas nous y sommes soumis. Les relations deviennent souvent relativement rigides et régulières, comme un "devoir se revoir". C'est ce dont je suis incapable de faire sur le plan humain. Sans doute parce que je ne parviens pas à "devoir me revoir" d'abord...

Lorsqu'on me propose de me voir, il y a un retour à la réalité qui m'angoisse à chaque fois... comme
"tiens, et si j'allais visiter le monde réel ?" Tu vois, chez moi c'est comme marcher dans un parc d'attractions, pas si cool que ça... c'est périodique et juste très rare... c'est exceptionnel et souvent sous la contrainte, surtout sous la contrainte. Sauf pour aller voir Karen, c'était "plusieurs" choses dans le "Même"...

Ce que je n'ai pu maîtriser, c'est ce trop plein qui déborde. Sur le net, ça peut aller, anonymement. Mais lorsqu'il s'agit de nouer des liens, de faire connaissance, il a un regard "préparé", remarque c'est peut être mieux ainsi. Il faut cependant que j'arrive à basculer tout le poids dans un mode de vie, j'en suis conscient. Le fait de sortir permet d'inverser les choses en moi, c'est peut être pour cela que les rencontres m'envisagent.

Et puis Karen fut d'une telle " " que la douleur de la rencontrer dans ces lieux l'a emporté sur la douceur, d'être si amoureux d'elle, sans possibilités parce que nul que je suis, insignifiance que j'étais. Tu vois, je me sentais "égal" à elle même, sauf dans les faits, je n'étais rien. Son regard...

Après ces épisodes, entretenus derrière le bureau, hachés de longues périodes déphasantes, je me sens incapable de reprendre contact avec la parole, l'écoute de l'étranger à ma rencontre qui ne fera que soulever des étrangetés. Je me demande si ce n'est plutôt pas pour faire acte de présence, dans les deux sens.

Ne pas tomber dans le piège de vouloir briser la solitude. La sortie doit être aussi une autre part de cette solitude. Le visage à découvert, celui face caché lorsqu'on reste en soi. J'essaie de me donner l'idée de sortir. Une forme de malaise. A la fois physique et un grand dégout mental, une mer en moi qui se fracasse de toutes ses lames...