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Re: agressée!

Publié : 06 mars 2013 21:16
par Jeremoutch
Merci, je ne m'attendais pas à une réponse rapide.

Ton exemple est clair, il y a mise en danger, et une réaction pour que le salarié soit à nouveau "en sécurité". Même si j'imagine qu'après leur interpellation, tu as du retravailler avec les 2 personnes en question?
Dans mon cas, que je me permets de développer rapidement, le CHSCT est au courant de la situation complexe que traverse le service.
C'est une bon tiers du groupe d'ados qui menace et agresse l'ensemble de l'équipe (déjà fragilisée par ses propres dysfonctionnement!). "Fugues" quotidiennes, détérioration et tapage aux abords et dans le service, menaces constantes, agressions physiques régulières...
Le droit de retrait est difficile à acter. Concrètement, on attend une réaction rapide de la hiérarchie pour éclater le "noyau dur" car progressivement ce sont les jeunes qui imposent leur loi. Sans cela, c'est l'équipe qui pourrait "se retirer" dans un mouvement de contestation collective.

Re: agressée!

Publié : 08 mars 2013 19:36
par Renatus
Bonjour,
Les deux jeunes qui m'ont agressé étaient extérieurs à l'institution mais cherchaient à nuire à une pensionnaire du groupe que j'encadrais.
Se faire agresser physiquement n'est pas tolérable et une direction qui ne prend pas les mesures ad hoc pour protéger sa ou son collaborateur(trice) est à la fois incompétente et irresponsable. A l’Éducation Nationale un élève qui agresse physiquement un professeur est le plus souvent exclu et le chef établissement porte souvent plainte contre ledit élève.
Certains directeurs délèguent leur autorité sur les éducateurs se dispensant ainsi eux-même de l'exercer alors que ce sont eux qui représentent au premier chef la loi ! Comme l'écrit Cynthia Fleury dans son essai : La Fin du courage : " En effet, le courageux est celui qui ne délègue pas à d'autres le soin de faire ce qu'il y a à faire. Le courageux est sans tiers"

Re: agressée!

Publié : 11 mars 2013 19:32
par tatiana
parlons un peu des conséquences des actes d'agressions physiques; sans soutien de la direction l'éducateur agressé développe ce qui s'appelle le stress post-traumatique.Je vous invite à consulter le site : mémoire traumatique pour comprendre et se positionner.

Re: agressée!

Publié : 18 nov. 2013 10:17
par Julia
Bonjour Rénatus,
merci pour vos messages sensés qui m'apportent quelques réponses.
Je suis monitrice educatrice dans une MECS, sur un groupe de 7 garçons âgés de 9 à 14 ans. Nous accueillons des jeunes dans le cadre de la protection de l'enfance, par le biais du juge des enfants, et des accueils provisoires; pas d'ordonnance 45.
Sur ce groupe, un jeune de 11,5ans pose "questions, soucis, réflexions" à l'équipe éducative.
Il est suivi par un médecin psychiatre en CATTP,qui lui à prescrit du valium à raison de 45 gouttes par jour (posologie donné entre matin soir et coucher) suite à des manifestations d'angoisse nocturne importante.
Une fois endormi, il dort paisiblement. Mais dans la journée et également le soir, il nous agresse physiquement, quasiment au quotidien. L'objectif est une hospitalisation pour un bilan afin de l'orienter dans un établissement adapté, du moins, plus adapté que le notre où nous avons uniquement une psychologue. (pas d'infirmier, pas de Dr, pas de personnel de soins).
Cette situation augmente crescendo, nous écrivons quasi quotidiennement des rapports, transmis à la direction.
Nous sommes le plus souvent en doublure, mais celà n'a aucun impact sur le jeune. Il est prévu que je travaille seule en soirée prochainement, et je ne me sens absolument pas le courage, ni l'envi de me rendre au travail dans ces circonstances. J'apprécie mon travail, mais je refuse de recevoir des coups, et ne suis pas GI JO pour gérer le reste du groupe, ni même pouvoir assurer sa sécurité, étant mobilisée par ce jeune garçon de 11.5ans.
Ma direction est informée, le chsct également.
Si je pose mon droit de retrait, qu'est ce que je risque??

Re: agressée!

Publié : 18 nov. 2013 14:09
par Katia
Julia,

En premier lieu, tu ne peux pas invoquer un droit de retrait sur ta seule décision. Une personne chargée de la sécurité au travail doit constater un danger imminent sur ton lieu de travail, comme un toit qui va s'effondrer par exemple.

Te concernant, cela ne me semble malheureusement pas justifier de demander un droit de retrait car tu estimes que le groupe de jeunes, ou en l’occurrence un jeune est violent. En tout cas, dans mon service ce n'est clairement pas un motif, car nous nous occupons de jeunes principalement posant des actes de violence.

Il me semble néanmoins nécessaire que tu puisses interpeller ta direction de cette situation concernant le service dont tu parles, puisqu'elle est cependant garante de ta sécurité et celle des mineurs accueillis.
Elle doit se donner les moyens de te doubler et là c'est principalement la solidarité d'équipe qui joue, voire l'astreinte de direction qui te double.

En dernier lieu, tu peux également solliciter le CHSCT qui est au courant de la situation pour lui faire part de ton questionnement.

Re: agressée!

Publié : 18 nov. 2013 16:40
par Julia
Katia,
le droit de retrait fait parti du droit commun, et vu les rapports quasi-quotidien de mes collègues qui se font également agressé, ce n'est pas subjectif, ce sont des faits, constatés par mes collègues.
Ma difficulté à prendre ma décision est qu'effectivement j'ai choisi de travailler auprès du public MECS, mais pas de servir de punch-in ball. Si je ne peux pas assurer la sécurité des jeunes, je ne fais pas mon travail non plus.
La direction est informée, mais pour l'instant "ils cherchent une solution" et une seule fois, une personne de la direction s'est déplacée et à vécu la même chose que nous.
Alors, pour la doublure avec un cadre, je n'y crois pas.
Le chsct est informé, je donnerai la suite sur ce chat si cela vous intéresse.

Re: agressée!

Publié : 18 nov. 2013 19:06
par Renatus
Bonjour,

"Une personne chargée de la sécurité au travail doit constater un danger imminent" J'aimerais connaître la jurisprudence en la matière ! Il ne s'agit pas d'affirmer il faut aussi produire les preuves de ses dires...C'est au salarié, et à lui seul qu'il incombe d'apprécier le risque encouru et non à un tiers (pourquoi pas la direction en l’occurrence !)Ci-dessous un texte du ministère du travail :

Le droit de retrait
Synthèse

Le salarié confronté à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, a le droit d’arrêter son travail et, si nécessaire, de quitter les lieux pour se mettre en sécurité. L’employeur ou les représentants du personnel doivent en être informés. Ce droit de retrait est un droit protégé. La décision du salarié ne doit cependant pas créer pour d’autres personnes une nouvelle situation de danger grave et imminent.
A savoir

Face à un danger grave, imminent et inévitable, l’employeur doit prendre les mesures et donner les instructions nécessaires pour permettre aux salariés d’arrêter leur activité et de se mettre en sécurité en quittant immédiatement le lieu de travail.

Re:

Publié : 18 nov. 2013 19:11
par Katia
Julia,

J'ai l'impression que mon message a été mal perçu. Je ne me permettais pas de remettre en cause ce que tu dis et ce que tu vis.

Le droit de retrait est en effet un droit commun, mais il me semble, sauf erreur de ma part, qu'il ne puisse s'appliquer dans ce genre de situation.

En dernier lieu, j'insiste sur le fait de remonter encore un fois ton angoisse à tes cadres concernant ce service d'une part et surtout de voir avec un de tes collègues afin d'être doublée. Je pense qu'implorer le sens de la solidarité dans ce genre de situation n'est pas superflu.

Si vraiment ces solutions ne te semblent pas viables, tu peux également opter pour l'arrêt maladie. Ça ne sert à rien de se mettre en souffrance pour une situation qui ne relève pas de ton niveau de responsabilité. Car en effet, si tu n'es pas en sécurité tu ne peux donc pas assurer la sécurité des mineurs accueillis, et par extension cela induit que la direction n'assure pas leur mission de protection.

J'attends de tes nouvelles. Bon courage

A bientôt

Re: agressée!

Publié : 25 nov. 2013 13:56
par Kevin
Salut!

Apparemment G.I Joe nous a tous plu! Peut-être est-ce un troll...

Quoi qu'il en soit cela m'amène à une question que j'ai posé à une de mes formatrices en ES (je suis en première année).
"Sommes-nous formés / préparés ne serait-ce qu'un minimum à la violence physique rencontrée dans ce métier?"

La réponse m'a donné l'impression d'être un bon gros bourrin qui veut user de force et de contention à la première occasion, chose qui est évidemment fausse... Il semble qu'il y ai un malaise concernant ces sujets et que ni nous, ni la direction n'y soyons préparés. Il serait peut être important de s'y pencher sérieusement étant donné que la chose semble se répéter de plus en plus (évolution du public?).

Quoi qu'il en soit les directions devraient peut être montrer un peu plus de courage et soutenir ses employés plutôt que de les rendre responsables de tels actes.

Re:

Publié : 25 nov. 2013 15:00
par Katia
Kévin,

Je ne sais pas s'il s'agit plus d'une évolution du public, mais plutôt de l'évolution d'une société ayant des répercussions sur les difficultés rencontrées par le "public". Ceci ferait un bon sujet de mémoire d'ailleurs.

Il n'y a à mon sens aucune formation préparant réellement les professionnels à la violence physique. En tout cas celle-ci même si elle est reconnue et peu de fois accompagné (cela dépendant avant tout des directions), rien ne vient professionnaliser les agents à réagir face à elle.

Tu parles de contention, oulalala le gros mot que tu viens d'utiliser!!!

Je me revois encore face à ces collègues au regard noir me soupçonnant de maltraitance ou prônant des parties de rugby au travail. Alors qu'il s'agit à mon sens avant tout de contention psychique, même si la contention physique est parfois nécessaire. Je précise bien que la contention physique n'est pas un acte éducatif, mais bien un acte de protection pour la personne et son entourage.
Encore faut-il être formé à des techniques de contention pour viser la protection. Cela évite d'ailleurs les dérapages en balayette ou clé de bras.

Pour ma part, lorsque j'ai eus à intervenir physiquement, bien ma foi, j'ai fais ce que j'ai pu lol...avec mes petits bras et mes petites jambes, mais toujours avec le risque de faire mal et de me faire mal.

Dans tous les cas, tu soulèves une question souvent écartée sur laquelle nous devrions réellement nous pencher.