Bonsoir Humanae vitae (ne serait-il pas plus correcte d'écrire vitalitas humanae? Je me trompe surement mes cours sont loin et puis c'est moins joli)
Avant tout je tiens à te dire que j'apprécie ta façon d'écrire tu arrives à dire les choses tranquillement. Alors que personnellement
j'ai du mal. Bravo.
J'ai bien saisi ton non-dogmatisme, bien que le non-dogmatisme en est un (de dogme).

Quoique tu pourrais me répondre que non ce n'est pas un dogme puisque ton non-dogmatisme respecte les dogmatismes. Mais le non-dogmatisme qui respecte les dogmatismes en est un aussi. Surtout, si pour toi, c'est une règle absolue de ne pas en avoir forcément (des règles)en respectant ceux qui en on forcément. lol (j'ai pas pu m'en empêcher)
Je comprends ton ouverture d'esprit et tout comme pour Mimi j'apprécie.
Je ne suis pas de ton avis quand tu affirmes :
" Toutes méthodes d'accompagnement(éducatif,rééducatif,pédagogique et thérapeutique)ont leur place sont valables et ont leur pertinence ( de part leurs compétences respectives).Autrement dit je suis pour une pluralité d'actions."
Je pense que l'on peut tout à fait être pour une pluralité d'actions et ne pas se laisser berner par des hypothèses qui sont aujourd'hui soit obsolètes, soit fausses.
Je ne suis pas sur que si un jour des gens arrivent avec des baquets et qu'ils mettent "tes" "usagers" dedans en affirmant que si il se tiennent la main il iront mieux, tu prennes cela bien. Pourtant, c'est une méthode qui date d'avant Freud que l'on nommait le magnetisme animal ou le mesmerisme et qui a fait ses preuves, voir même ses guérisons miracles attesté.
Aujourd'hui, on sait que le magnetisme animal n'existe pas. On sait aussi ce qui fonctionnait dans la méthode. C'est comme la psychanalyse on sait que l'inconscient freudien n'existe pas et on sait aussi ce qui fonctionne dans la méthode. En France , peu écoutent.
Si on reprend la question de l'autisme et quand on voit la différence de résultat bénéfique (je sais c'est un gros mot pour un psycha) entre la psycha et les méthodes dont pere Castor ce fait l'écho. Y pas photo comme on dit. Sans compter le mal qu'a fait la psycha aux mères (on est franchement dans ce que l'on appelle le scandale).
En ce qui concerne tes "petites expériences" je suis persuadé que tu es sincère. Je pense que la culture psycha t'entraine dans une erreur manifeste. je m'explique, tu vis un (des) moments tout à fait singulier dans ta tête au contact de personnes souffrant d'autisme. Leur comportement te fait sentir comme "inanimé" tu penses donc qu'ILS ont un rapport objectal à l'autre. Tu fais simplement ce qu'on appelle un diagnostic. Je sais que tu n'a pas voulu poser Un Diagnostic, cependant, c'est ce que tu as fait. Ton idée est la suivante: Comme tu t'es senti "inanimé à leur contact tu penses ils doivent avoir un rapport objectal à l'autre.
En fait la seule chose que tu pourrais dire c'est je me suis senti étrange comme inanimé dans des rencontre avec des personnes autistes dans certains endroits, dans certains moments. De la dire, ils ont un rapport objectal à l'autre. Il y a beaucoup de chemin.
Voila le problème. La culture psycha nous invite à faire ce genre de déclaration qui ressemble à de la science. Mais qui en fait tient de l'intuition et d'une erreur fondamentale qui est de croire que "l'autre me fait quelque chose alors que c'est moi qui me fait quelque chose au contact de l'autre". Par exemple, ce n'est pas l'autre qui est énervant, c'est moi qui m'énerve à son contact. Pour finir, je doute de ton hypothèse. Je ne pense pas que les personnes autistes ont un rapport objectal à l'autre. En revanche, je suis sur que tu t'es senti comme un objet lors de ses expériences.
J'avoue ne pas comprendre "identité scientifique française" Identité scientifique ça va, mais pourquoi française. Je ne partage pas non plus "innovante" dire aujourd'hui que la psycha est innovante alors qu'elle sent la poussière, su'il s'agit d'idée sur le fonctionnement sur l'esprit humain daté de 110 ans. En sachant que ces 100 dernières années on été plus prolifique en découvertes sur l'esprit que les 10 000 années d'avant.
Pour ce qui est de la psycha et de la science je vais laisser parler quelqu'un que tu connais, peut être, un certain J. Lacan :
"Qu'est-ce que vous êtes gentils, de vous déranger comme ça pour ce que j'ai à vous dire. Mon séminaire, je n'ai pas la moindre envie de le faire.
Je l'ai intitulé cette année le Moment de conclure. Ce que j'ai à vous dire, je vais vous le dire — c'est que la psychanalyse est à prendre au sérieux, bien que ce ne soit pas une science.
Comme l'a montré abondamment un nommé Karl Popper, ce n'est pas une science du tout, parce que c'est irréfutable. C'est une pratique, une pratique qui durera ce qu'elle durera.
C'est une pratique de bavardage." (propos recueilli par J.A Miller, en 1979)
Dois-je ajouter quelque chose?
Laissons le encore parler :
" Extraits d'une conférence non publiée, prononcée à Bruxelles le 26 février 1977."
« Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c'est quand même ce qu'on appelle d'habitude du chiqué.
[...] Du point de vue éthique, c'est intenable, notre profession ; c'est bien d'ailleurs pour ça que j'en suis malade, par ce que j'ai un surmoi comme tout le monde.
[...] Il s'agit de savoir si Freud est oui ou non un événement historique. Je crois qu'il a raté son coup. C'est comme moi, dans très peu de temps, tout le monde s'en foutra de la psychanalyse. Il est clair que l'homme passe son temps à rêver qu'il ne se réveille jamais. Il suffit de savoir ce qu'à nous, les psychanalystes, nous fournissent les patients. Ils ne nous fournissent que leurs rêves. »
Je te propose de te poser cette question : Pourquoi la psychanalyse a temps besoin de se réclamer de la science, alors que toutes les autres psychothérapies s'en fiche?
Sinon tu ne m'as pas répondu sur la place spéciale que la psychanalyse laisse au sujet et quelle différence y a t'il avec les autres thérapies comme par exemple les rodgériennes, les éricksoniennes, les systémiques ou les cognitivo-comportementalistes. Ce n'est pas un piège. Car si il y a quelque chose à sauver c'est peut être là.
lionel Nacache (neurologue cognitif, neuro-psychiatre) a une belle admiration pour Freud, ile admire son courage, etc. Pourtant il démontre que tout le corpus pseudo-théorique de Freud (l'incoscient et le refoulement) ne tient absolument pas la route devant les découverte neuro-scientifiques actuelles. Pour lui Freud n'est pas le découvreur de l'inconscient mais bel et bien du conscient.Pour lui ce qui est important, ce qui sauve tout. c'est le scénario, l'histoire que vont construire le psycha et le sujet qui va permettre l'acte thérapeutique. Je trouve son positionement intéressant. Cependant, si ce qui fonctionne en thérapie c'est le scénario thérapeutique comme pour le "magnetisme animal"( c'est ma certitude)alors plus besoin de la psycha, car elle ne raconte qu'une sorte de scénario. Celui de l'homonculus intérieur qui gère tout (l'inconscient freudien).
j'espère avoir été suffisamment (merci Winnic... pour l'idée) objectif.
