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Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 09 oct. 2014 18:55
par Luna
Sardine,

Ben voyons? BEN OUI...:)

Je réaffirme mes dires. Oui l'intérim est une question de choix pour certains, en précisant que je connais quelques une de ces personnes qui en vivent bien et ce depuis quelques années. 2000/2500e par mois? Ca tenterait pas mal d'ES je pense. Surtout lorsque je constate dans un autre post sur ce même forum, le salaire "minable" (excusez moi du terme), qu'ont affichés certains professionnels vu la difficulté de notre travail. C'est honteux!!!

J'en ai même connu qui cumulaient leur poste fixe et les missions en intérim. Incroyable non?

J'ai d'ailleurs eus certains collègues dernièrement, qui me racontaient d'ailleurs que la structure où ils étaient actuellement en mission était constitué majoritairement d'intérimaires.

Pourquoi le directeur ne recrute pas? Bien certainement parce-que ses propres agents ne posent que des arrêts maladie de courte durée, au lieu de démissionner et de laisser leur place à ceux qui cherchent un poste et qui tiendront sur le terrain.
.
Pourquoi autant d'arrêts maladie? (car j'imagine que l'on va me poser la question). Je n'en ai pas la réponse. Pour autant, mes collègues y sont très bien et en INTERIM.

De plus, oui je le confirme, ces personnes ont des missions très régulièrement.

Je constate ici ou ailleurs, que la plainte est et restera un sport national pour les éducateurs. Faire des constats et réfléchir au contexte économique et social... est indispensable, par contre se complaindre continuellement aucune utilité. C'est beaucoup d'énergie que je garde pour ma part, particulièrement pour les enfants dont je m'occupe et que trop peu veulent bien s'occuper.

Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 10 oct. 2014 02:59
par Bulbik
Luna,

Vous connaissez quelques personnes qui vivent bien en étant en CDD, soit, cela existe... Mais l'inverse aussi et vous avez des témoignages ici même, ne le négligez pas car vous avez tendance à balayer d'un seul revers ce que vous ne souhaitez pas entendre!
Vous affirmez dans votre premier message: "certains éducs ne vivent que de l'intérim et souvent bien mieux qu'un éduc en CDI", je comprends maintenant que ce "vivre bien mieux" pourrait se traduire par "mieux payés" mais la qualité d'un emploi ne se définit pas seulement par le salaire.

Et puis je m'interroge aussi sur la qualité de l'accompagnement auprès des personnes accueillies lorsque , comme vous le dites "la structure [...] où ils étaient actuellement en mission était constitué majoritairement d'intérimaires."
Cela impacte forcément l'investissement possible du personnel, non pas qu'il ne soit pas passionné avec une volonté de s'impliquer mais comment prendre part à des projets sur le long terme, comment développer une constance dans l'accompagnement, comment instaurer un climat de confiance dans les équipes et faciliter le travail avec les familles et les divers partenaires dans ces conditions.

De plus il y a un paradoxe dans ce que vous dites, vous conseillez la démission de certains et de laisser leur place à des professionnels qui "tiendront" sur le terrain et dans le même temps vous nous expliquez que l'intérim permet de vivre souvent bien mieux qu'en CDI et que vos collègues sont très bien ainsi. Cherchez l'erreur!



Une chose encore et ce pour répondre aussi à Darwin. Au delà de la bataille des chiffres sur les financements, la loi de 1901 définit l’association comme une convention par laquelle plusieurs personnes mettent en commun, de façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. Cela n’implique pas l’absence d’échanges monétaires, mais interdit toute lucrativité.
La finalité n’est donc pas le profit, elle se situe dans des missions d’intérêt général reconnues, au service de la collectivité.
Mon inquiétude se situe sur la destruction des projets associatifs par le système des appels d'offre.
L'entrée des associations dans le secteur concurrentiel a, d'après moi, plutôt tendance à modifier les priorités comme les objectifs quantitatifs au dépend d'un travail de proximité par exemple. Car vous n'êtes pas sans savoir que ce sont les associations les plus grosses et les plus institutionnalisées qui raflent les marchés. Comment voulez-vous alors que le travail réel et ses contraintes ne devienne pas invisible aux yeux d'un DRH qui gère ça depuis la haut, manager d'une structure de 1 000 salariés ou plus.
A partir du moment où il n’y a plus que des relations commerciales avec les financeurs, la relation de confiance n’existe plus.
Et qu’en est-il alors de la relation entre les usagers et les travailleurs sociaux?

Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 10 oct. 2014 11:53
par Darwin
On partage au moins à peu près un point de vue concernant la dérive des appels à projets, lesquels sont d'ailleurs plus ou moins remis en question. Mais vous vous éloignez très très loin du sujet, et je ne vois pas du tout en quoi mes propos précédents peuvent vous laissez penser le contraire ...

Pour autant, je trouve que vous avez tendance à simplifier grandement les choses (comme sur la question du chômage des éducs) : selon votre raisonnement, dans une petite assoc, on est proche de l'usager, et dans les "grosses", on s'en éloigne. Je pense que cela n'a rien à voir, c'est plutôt une question de gouvernance, de valeurs, de projet associatif et institutionnel et, surtout, de compétences INDIVIDUELLES des professionnels (car la qualité de l'accompagnement dépend pour beaucoup de la qualité de la relation usagers / référent éducatif). Pas grand chose à voir avec la taille de l'assoc, mais bon, vous avez le droit de le penser!

Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 10 oct. 2014 13:00
par Carole
Parler des difficultés d'accès à l'emploi des éducs ou des mauvaises conditions d'exercices de leur travail n'excluent évidemment pas à mes yeux les répercussions sur les usagers. C'est étroitement lié. pas de corporatisme.

Je trouve également qu'en tant qu'éducs nous avons du mal à nous mobiliser. Comment défendre les personnes vulnérables? Cela passe, quoique l'on en dise, par vouloir avoir les moyens humains, matériels de les accompagner..

J'irais étudier de plus près les chiffres sur l'attribution des budgets sociaux (la question est: est ce que ces budgets sont utilisés pour l'embauche de personnels compétents et pour le mieux-être de "l'usager"? ou pour payer les bureaux de la direction? je ne sais pas si je vais pouvoir trouver ce genre de détails)'.

Pourtant les éducs que je connais, en poste ou en recherche d'emploi, me font part de leurs difficultés (à trouver un emploi) et des évolutions du social, comme les logiques entrepreunariales à l'oeuvre (management, pilotage, gouvernance,empowerment, évaluation quantititative, monopole de grosse structure, appel d'offres, mise en concurrence, embauche de personnel moins qualifié, turn-over, ... ).
La taille d'une structure n'est pas l'unique critère pour juger de la qualité de l'intervention. Cependant, il y a beaucoup plus de risques dans les grosses structures tentaculaires que des dérives technocratiques apparaissent.. Disons que les association sont souvent plus proches des usagers.. (évidemment des dysfonctionnement peuvent aussi avoir lieu, mais on parle ici de la proximité avec le public).

Aussi pour moi tout est lié: les changements du secteur social ( mise en concurrence, logique entrepreneuriales...), le manque de poste pour les éducs et les répercussions sur le public accompagné...

et parler d'un de ces problèmes comme le manque de poste, n'exclut pas les autres. en parler, c'est aussi prendre la mesure de ce qui se passe.

Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 10 oct. 2014 13:48
par Angie
Suis-je la seule à penser que le métier d'ES risque de ne plus exister?

Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 10 oct. 2014 18:06
par Luna
Bulbik,

Je n'ai jamais dis le contraire. Et comme vous l'avez fais, c'était aussi pour démonter qu'à l'inverse certains agents trouvaient leur compte dans l'intérim.
Pour ma part, ce n'est pas un choix que j'ai fais dans ma vie prof, mais je peux accepter d'entendre que c'est un choix que d'autres peuvent faire.

Et oui je conseille la démission pour tout ces agents qui sclérosent certaines équipes parce qu' ils n'ont pas réalisé la difficulté de nos missions et qu'ils nous mettent sans cesse en difficultés pour permettre de réaliser un accompagnement de qualité.
Mais il est si facile de taper des arrêts maladie à gogo, tout en critiquant continuellement l'institution sans se remettre en question.

Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 10 oct. 2014 21:13
par Bulbik
Pas sûr que ce soit moi qui simplifie les choses et qui fasse des raccourcis: Vous me prêtez un raisonnement caricatural. Relisez, je parle d'inquiétudes, de tendances...

De plus, vous utilisez le "on" qui est bien impersonnel, "on est proche" "on s'en éloigne", mais de qui parlez vous? Pour ma part, je désigne précisément le DRH et là effectivement, je ne suis pas d'accord lorsque vous dites que la taille de l'association n'a rien à voir avec la proximité. Ce DRH désigné, allez donc lui demander le nom des salariés, et des personnes bénéficiaires... Il ne les connait pas, ne les voit pas ou si peu. La rapidité de l'action, les échanges entre cadres et équipes éducatives, la connaissance de l'environnement dans lequel vive les éducs et les résidents s’effritent dans de tels cas.

Vous désignez la compétence individuelle comme gage de qualité, elle a son rôle à jouer je suis d'accord avec vous, mais je soutiens que c'est par le biais d'une intelligence collective, d'une pluridisciplinarité, dans une proximité permettant la rencontre qu'elle sera le plus nettement mis à profit. Un électron libre s'essouffle, s'use... l'isolement professionnel ne serait donc qu'une légende?

Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 10 oct. 2014 21:30
par Angie
Bon je m'égare sans doute... Mais le chômage des éducs, les manques de moyens, peu importe comment chacun l'explique il y a bien là une réalité effrayante: comment allons nous continuer à justifier simplement la nécessité de nos missions et de nos compétences à l'avenir, alors que c'est déjà compliqué??

Re: educateur au chômage depuis 10 ans

Publié : 11 oct. 2014 10:59
par Urban
Bonjour Angie,

Quand tu poses cette question de savoir si le métier d'ES risque de ne plus exister est-ce à l'endroit de la formation ? Du diplôme ? De son statut ? De la profession en tant que telle ?

Urban. :)

Re:

Publié : 12 oct. 2014 21:04
par Angie
Bonjour Urban,

Je pense à la profession (qui a déjà tellement évolué!) et à l'embauche.