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Re: Marre de mon travail d'AS, quelle reconversion apres le DEASS?

Publié : 01 déc. 2011 18:48
par Elfe
Je te conseillerai également de changer d'air, d'aller voir ailleurs comment ça se passe.
Mais après, peut-être as tu réellement cette envie de changer de métier... c'est toi qui le sens de toute façon.
La polyvalence, j'ai des collègues qui y sont passés et ont détesté, n'ont pas supporté parfois... Moi, j'avais adoré.
C'est comme les collègues qui se sentent mal en scolaire pour un premier poste. Moi, je m'y suis de suite senti très bien et je sais que (pour le moment du moins), c'est là que je veux être. Et ce, depuis le tout début (c'est mon premier poste également, j'ai eu la chance de pouvoir rester à ce premier poste. Je trouve un sens à mon travail et les inconvénients, je les vis bien car les avantages sont à mes yeux supérieurs. Certains ne le vivent pas pareil et je le comprends très bien. Surement que je réagirai pareil sur un autre poste que d'autres adorent.

Pour rebondir sur ce que tu dis, Laur-b et pour (peut-être) t'aider à mieux vivre les choses que tu énonces : dis toi que la protection de l'enfance est une affaire d'évaluation. Bien sûr, tu y a toute ta place. Mais si en son âme et conscience, le chef d'établissement a un autre regard, il est en droit de faire un IP (comme la voisine est en droit de faire le 119 alors que toi tu ne vois pas de souci dans la situation, mais aussi comme un collègue de secteur par exemple peut souhaiter signaler une situation et que toi tu n'as pas le même positionnement). Tu as une autre éval, très bien : tu fais un complément d'info avec tes éléments ou tu attends d'être sollicitée pour un éval et tu réponds.
C'est pas toujours facile à accepter mais il n'a pas à avoir ton accord ou non, c'est déjà un point... Mais pour mieux vivre les choses arrives tu à voir les choses à l'envers et à te dire que justement, c'est pas si mal que ça que vos rapports ne soient pas hiérarchiques car tu bénéficies d'indépendance pour faire entendre par ailleurs ta propre évaluation. Se battre pour être reconnue, c'est sûr que c'est usant mais je me dis aussi que ça me pousse à ne jamais oublier pourquoi je suis là.
Il est certain que si tu n'es pas à l'aise au SSFE, il faut tout mettre en œuvre pour aller voir ailleurs.
Je vous souhaite à toutes de trouver le poste rêvé, que ce soit en tant qu'AS ou non!

Re: Marre de mon travail d'AS, quelle reconversion apres le DEASS?

Publié : 27 sept. 2014 18:15
par Anissa
Bonjour à tous,
je reviens apres environ 3 ans ( je suis l'auteure du premier message posté!).
J'ai arrêté la polyvalence et je suis désormais as à l'éducation nle, et je m'y plaît. Il faut y faire sa place, je ne me sens pas isolée.
J'apprécie énormément le contact avec les élèves.
Je m'y sens très bien!!
Voilà, il faut savoir changer d'horizons....à bientôt!
Anissa

Re: Marre de mon travail d'AS, quelle reconversion apres le DEASS?

Publié : 27 sept. 2014 20:33
par sylvie
merci d'avoir pris le temps de donner des nouvelles. c'est sympa et intéressant de connaitre les trajectoires des uns et des autres ! Bonne continuation !

Re: Marre de mon travail d'AS, quelle reconversion apres le DEASS?

Publié : 01 oct. 2014 22:26
par Lindsay
Bonsoir Anissa ,

Serais - tu d'accord pour échanger sur ton expérience à l'éducation nationale ? Je cherche à en savoir plus sur différents secteurs , je ressens le besoin d'un changement également .

Merci !

Re: Marre de mon travail d'AS, quelle reconversion apres le DEASS?

Publié : 18 août 2016 11:32
par liberté 023
Salut Anissa

C'est fait un moment que tu as ecris ton post.
J espere que ta pu avancer dans ton souhait de reconversion.
Je ressens la meme frustrations et les memes stress que toi.
Je me reconnais beaucoup dans ton message.

J aimerai si tu le souhaites echanger avec toi. Difficile de trouver des professionnels qui osent parler de notre douleurs au travail en tant qu ass.
Et pourtant je trouve cette profession tres honorable.

C'est comme tabou d en parler !

Si tu lis ce message, à bientôt !

Re: Marre de mon travail d'AS, quelle reconversion apres le DEASS?

Publié : 07 sept. 2016 21:40
par Géraldine
Bonjour Anissa,
Tu trouves difficile de trouver des professionnelles qui auraient le courage de parler de leurs "souffrances". Eh bien, je vais me devouer...
Diplômée depuis 12 ans, après une autre carrière, je n'en peux plus de ce métier qui offre de moins en moins de possibilités et d'action et de perspectives, je n'en peux plus des responsables qui infantilisent les AS à coup de normes et de procédures, je n'en peux plus de l'hypocrisie des AS qui se gargarisent d'indignations faciles mais fournissent la pelle qui creuse la tombe de ce métier au nom du "legalisme" des travailleurs sociaux, je n'en peux plus des fonctionnaires du social qui attendent bien sagement l'augmentation du point d'indice, je n'en peux plus, car j'ai fait le choix de ne pas entrer dans la fonction publique, d'être mal payée et de devoir pleurer, à chaque fois que je change de boîte, pour grapiller quelques miettes d'ancienneté, et je n'en peux plus d'avance des commentatrices qui me diront, du haut de leur grille indiciaire, que si j'avais voulu gagner de l'argent je n'avais qu'à faire des études de commerce. Je suis AS pas bonne soeur et il n'y a aucune honte à vouloir gagner honnêtement sa vie quand on fait un métier demandant des compétences et des responsabilités tel que le nôtre. Le moindre RH, après autant d'ancienneté que moi, gagne un bon tiers de plus alors que sa palette de compétences est moindre. Eh, moi aussi je maîtrise le droit du travail et Excel...
Donc oui, aujourd'hui, je me demande ce que je fais dans ce boulot, qui pour moi ressemble de plus en plus à une zone de guerre. Mais ce n'est pas à mon âge (presque 50) qu'on renverse la table pour devenir fleuriste ou madame Tupperware. Alors, je continue mais en me demandant bien où je vais. Et je ne pense pas être la seule dans ce cas.
Une dernière chose : si des futures jeunes professionnelles me lisent, réfléchissez bien avant de passer cette porte. Ce métier est en train de mourir parce qu'on le nivelle par le bas. Et ça n'est près de s'arranger.
Bien à toi.

Re:

Publié : 08 sept. 2016 10:01
par ass ssr
bonjour Géraldine,

j'ai trouvé ton écrit très juste et j'aurais pu l'écrire mot pour mot, je parle souvent à des collègues dans le même état que le notre et nous nous encourageons mutuellement de temps en temps pour dépasser notre déception sur ce travail, pour ma part je trouve que ta plainte est plus un cri du cœur même si ça fait rien avancer ça fait du bien, en effet à 50 ans c'est dur de trouver ailleurs et il faut continuer. si je te disais mes compétences supérieures à une drh également (et mon niveau d'étude un niveau master et un deass), droit du travail, power point, techniques d'entretiens d'écoute, etc etc.. mais le travail n'est plus considéré. les anciennes prêt de la retraite, ont vu le boulot se dégrader, les conditions et toutes les procédures qualités à la con qu'on doit faire toute le temps, les procédures patients, usagers les procédures dosettes de café bientôt pourquoi pas, ou la procédure pq ?
les jeunes professionnels arrivent motivés, je l'ai été il n'y a pas si longtemps et je pouvais soulever des montagnes, donner mon dynamisme, mon enthousiasme, aujourd'hui le sens que je donne à mon travail n'est plus le même.
l'école ne nous dit évidemment pas qu'en vrai les assistants sociaux à part de rares cas ne sont plus autant considérés et qu'on leur demande toujours plus avec moins de reconnaissance.
et ce que peuvent dire les autres collègues qui vont juger, j'en ai strictement rien à faire pour être polie sur un forum

Re:

Publié : 09 sept. 2016 12:21
par Evelyne
Je suis à la fois assistante sociale et formatrice école. J'en ai ras le bol de mon boulot. J'arrive à saturation complète. Je voudrais me réorienter mais je ne sais pas du tout dans quelle voie. une autre direction ? Je suis vraiment au bout du rouleau, au bord du désespoir. Merci pour vos réponses.

Re:

Publié : 09 sept. 2016 22:41
par Flamby
Géraldine, ce que tu dis me parle également, je suis diplômée depuis quelques années maintenant suite à une reconversion professionnelle, je suis moi aussi blasée alors que j'avais mis tant d'energie à vouloir exercer ce métier. Un premier poste dans l'hospitalier m'a fortement déstabilisée dès le début de ma "carrière", second poste dans l'associatif, ça se passait plutôt pas mal puis changement de direction et modification de ma fiche de poste, on m'en demande plus sans arrêt, je suis sur tous les fronts, et je perds peu à peu le coeur premier de la profession qui est quand même l'accompagnement des personnes vulnérables... on me demande toujours plus de réflexion sur des questions institutionnelles, on m'impose des réunions de travail partenariales, on me demande de gérer des situations complexes pour des établissements partenaires juste "pour rendre service car le chef connait le chef de untel..." .. bref je sature, je ne suis qu'ASS et j'ai parfois l'impression qu'on se sert de moi comme un pion qu'on bougerait sur un échiquier au gré des besoins de la hierarchie... peu importe que ce soit de ma compétence ou que ça relève de mes missions, on me l'impose et je dois exécuter. Evidemment, payée au salaire de l'ASS mais avec des responsabilités bien éloignées du job initial. Je suis seule ASS dans ma structure et pas tout à fait à plein temps, je m'entends bien avec l'équipe, ils ne se rendent peut-être pas compte du travail que je fais tellement je bosse pour l'extérieur en quelques sortes, de moins en moins pour les familles qui fréquentent la structure. Parfois j'ai du retard dans ce que je dois faire et j'ai l'impression que je ne suis pas à la hauteur et j'ai toujours peur que les collègues finissent par se demander si je n'ai pas un poil dans la main :( Je suis toujours stressée, je me mets une pression d'enfer ! Je songe parfois à partir et peut-être pour faire autre chose, mais à 40 ans, que faire ? Je deviendrai bientôt trop "vieille" pour le marché du travail et puis je ne vais pas faire une reconversion tous les 10 ans ! J'aimerai parfois tout arrêter et me préserver, penser à moi, faire des choses que j'aime tout en me consacrant aux autres (je pense au bénévolat souvent), mais c'est utopique,le bénévolat n'a jamais payé les factures n'est ce pas... je suis aussi coincée dans une vie professionnelle qui m'use, qui ne me satisfait plus et j'ai l'impression que c'est sans issue jusqu'à l'âge de la retraite...

Re:

Publié : 11 sept. 2016 20:59
par Evelyne
Même en tant que formatrice école, je suis lassée de cette profession, de cette formation.
Entre celles qui entrent en formation et qui n’ont pas le niveau (mais qui sont entrées sur recommandation de certaines institutions du social que je ne citerais pas), les cours pénibles avec tout le temps les mêmes choses à rabâcher à longueur de journée à des étudiantes qui n’ont pas toujours un niveau très convaincant, celles qui réussissent à avoir leurs diplômes uniquement parce que le centre de formation leur a octroyé une amie de leur référente de stage, la profession d’assistante sociale que l’on voit mourir à petit feu sur le terrain et bien d’autres exemples mais je ne souhaite pas développer…
Je partage les opinions de flamby, géraldine et bien d’autres, la profession est peu reluisante aujourd’hui pour toutes les raisons déjà citées par ces mêmes personnes.
Un conseil à celles qui voudraient un jour entrer dans la profession d’assistante sociale ou dans la relation d’aide : fuyez les métiers de la relation d’aide payés au smic, avec aucune valorisation, beaucoup de chômage et beaucoup de gens qui se reconvertissent dans une autre voie après un bref passage dans la profession.