Salut à tous,
Cet échange est très intéressant, car cela permet de voir comment les professionnels essaient de se positionner en amont des mesures de protection juridique ... (sachant que moi, je suis en aval !)
Je ne sais plus qui a dit quoi, mais j'ai relevé quelques petites choses :
- bien sûr, il ne suffit plus (depuis la réforme de 2007, appliquée depuis 2009) d'être en situation de surendettement pour obtenir une protection juridique. Inversement, ce n'est parce que le dossier de surendettement est passé que les problèmes financiers sont résolus !
Il serait intéressant de savoir ce qui a provoqué ce surendettement (le chômage ? le divorce ? ou une "simple" mauvaise gestion ... chronique ...) Et quelle était la nature des dettes (dette de loyer ? d'EDF/chauffage ? d'assurance ? ou alors crédits à la conso ?)
- le fait de lier la demande d'AAH à la demande de curatelle, alors ça, c'est risible !! J'ai parmi mes suivis des personnes qui ne relèvent pas de l'AAH, parce qu'ils sont retraités, ou en invalidité, ou même salariés !!
Je n'en dirais pas plus, tellement c'est réducteur (curatelle = handicapé ??? Ou même curatelle = déficient intellectuel ??)
- se poser la question d'une MASP, oui, c'est bien. A condition que madame soit coopérante ...
Rappelons quand même que si la dame a des indemnités Assedic, elle ne relève pas du dispositif MASP. par contre, si elle a le RSA (ou l'AAH) elle peut bénéficier d'une MASP, mais elle peut aussi relever d'une mesure de curatelle/tutelle, ce n'est nullement incompatible avec le RSA !!
- Autre point, j'ai lu à 2 reprises les termes "simple curatelle" et "curatelle simple". Attention, ces termes recouvrent l'une des 3 formes de protection juridique (quatre si on compte la SDJ) ! Il existe aussi la "curatelle renforcée", ne pas l'oublier ... malgré son nom, c'est une mesure moins lourde que la tutelle ...
L'expertise d'un médecin ... expert (évidemment) est d'autant plus souhaitable qu'elle est de toutes façons obligatoire pour toute demande de protection. L'avantage des services de psychiatrie, c'est qu'il y a asouvent au moins l'un des médecins qui est sur la liste des experts agréés par le tribunal. (car non, ils ne sont pas tous psy, il y a aussi des gérontologues, par ex ...)
Ca, c'était les points un peu adminsitratifs ...
Sur le fond :
- La position des 2 fils aînés est intéressante, l'un favorable à la mesure, l'autre non ... C'est vrai que pouvoir les rencontrer, avec l'accord de madame (sur conseil du médecin, par ex) ce serait intéressant. D'ailleurs, comment madame se positionne t-telle envers eux ?
A défaut, peut-être relayer vers l'ASS de secteur, non pas pour la MASP, mais aussi pour soutenir le fils de 20 ans dans cette demande de mesure de protection
- Pour envisager une mesure de protection, il faut essayer de déterminer les capacités budgétaires de la personne, mais aussi ses capacités à se prendre en charge, sur le plan administratif, social, santé, logement ... Quelles démarches cette dame est-elle capable de faire seule ? Pourquoi dis-tu (je m'adresse à sequoia) que pour elle, actuellement, c'est difficile de prendre en charge son fils de 9 ans, même ponctuellement ?
- Madame ne semble pas adhérer au suivi, d'après les infirmières, mais avec toi (sequoia) elle "a un bon contact" : normal, tu n'es pas infirmière !!! Tu ne la renvoies pas à son alcoolo-dépendance ...
Bosser en hôpital, surtout en hôpital psy, c'est bosser en équipe médico-sociale, les deux sont étroitement liés ! Si tu arrives toi, "petite stagiaire", à savoir mieux que les infirmières qui adhère au soin, ou qui est dans la manipulation ou pas, c'est super ... dangereux pour ton travail d'équipe !
Bien sûr, un professionnel peut se tromper sur une personne, nous avons tous nos a-priori, nos limites, etc ... Mais une équipe a un regard global, multiple, c'est tout l'intérêt du travail d'équipe !
Bon, voila mes reflexions pour ce soir.
Ah oui, encore deux points :
- la curatrice ne l'empêchera pas de boire, ça c'est certain ! (si c'est ce qu'espère le fils de 20 ans, effectivement, il faut lui ôter cette illusion) Elle empêchera "juste" madame de contracter des dettes pour payer son loyer, parce qu'elle a bu le reste de ses ressources ! (et croyez-moi, "obliger" un alcoolique à régler ses dettes, tout en restreignant son budget "alimentaire", c'est pas simple !!)
- Inversement, il n'est pas obligatoire que madame adhère à la mesure pour la demander. C'est vrai que ce serait plus simple pour nous si tous nos MP adhéraient dès le début à la mesure, et sautaient de joie à l'idée qu'on restreigne leur budget ou surveille leurs dépenses, mais bon, c'est rare ...
