Bonjour,
J'arrive un peu e retard dans le débat.
Pour ma part, je suis d'accord avec Thieu.
Je trouve qu'il y aun manque cruel de militantisme dans la profession. Je ne suis pas encore professionnel, mais actuellement en 3ème année d'éduc spé.
Dans ma promo je suis perçu, avec d'autres, comme une espèce d'OVNI, étiqueté relou, dans mon entourage "classique", rabat-joie...
A la dernière manif contre le projet de loi de prévention de la délinquance on était bien peu.
Mais dis Thieu, militer ne signifie manifester; c'est une façon de vivre au quotidien, pas seulement en tant que travailleurs sociaux. Ecrire, lire, assister à des débats sur les thèmes de société, discuter, échanger, réfléchir le monde, nos actions, notre mode de vie, notre façon de consommer et agir en conséquence, etc., tout ceci, entre autres, pour moi, est une façon de militer.
En outre, je pense qu'en tant que travailleurs sociaux étant au plus près des dysfonctionnements sociétaux, puisque nous accompagnons quotidiennement des personnes en souffrance que nous ne devons pas nous limiter, nous borner à n'être que des soignants ou des cliniciens, mais devons aussi nous évertuer à dénoncer le système qui crée de la précarité, de la souffrance sociale, nous ne sommes pas simplement là pour boucher des trous, mais pour oeuvrer à changer le système....En tout cas, je pense que c'est un choix que l'on peut faire.
Et Sophie, je suis conscient que nous vivons dans des conditions bien plus favorables que dans d'autres pays. Mais si on s'arrête à cet état de fait, c'est moins grave ici ou pire là-bas, on n'avance jamais, il y a toujours pire ailleurs (et mieux aussi), mais si on améliore ici, on incite celui qui va moins bien à changer aussi, à aller mieux ; il faut viser haut comme dit Thieu.
En outre une telle affirmation constitue un point de vue général. Et généraliser ne permet pas de décrypter la complexité d'une situation.
Car quand on y regarde de plus près, les conditions de travail se dégradent vraiment, il y a une invidualisation en marche du fait d'un libéralisme carnassier, s'exprimant à travers certaines entreprises, qui recherche le maximum de profit. Et, de fait, une délitement des solidarités qui ont fait la force du salariat d'avant les années 70. Les garants de ces solidarités étaient les syndicats, qui désormais sont parfois maltraités, mis au placard, harcelés, isolés, intimidés... On parle souvent des journalistes opprimés, mais dans le monde entier des syndicalistes sont tués...
Ceci, je pense pouvant expliquer leurs "hurlements" - en France en tout cas - décrits sur ce post ; on réagit d'autant plus violemment ques les actions à notre endroit nous font violence.
Bref, je t'invite à regarder ces docuentaires "Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés" de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil et "J'ai mal au travail" de Jean-Michel Carré...
Et le 4 novembre à Chelles, il y a le sociologue Stéphane Beaud (entre autres 80% au bac... et après, pays de Malheur, un jeune de cité écrit à un sociologue) ? qui intervient pour une journée sur Les jeunes, le travail et la précarité. Accès libre sur réservation 01/40/03/75/62. Le programme est sur
http://www.rencontresvillette.com/progr ... _seine.pdf
p.11 pour la rencontre ou intervient Stéphane Beaud.