Page 3 sur 4

Re: doudou

Publié : 19 juin 2006 16:29
par Ellyn
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi, cfWinnicott. S'il est vrai que le pouce n'est pas un objet transitionnel au sens propre du terme, il peut pour certains enfants l'être au moins en partie dans le fait que têter son pouce a une fonction de réassurance, tout comme tenir son doudou, ou tournicoter ses cheveux. Chaque enfant se choisit son propre moyen de se rassurer et parfois l'objet transitionnel se transforme en conduite transitionnelle.

Re: doudou

Publié : 19 juin 2006 16:55
par lic
à cf Winnicott
visiblement nous n'avons pas les mêmes sources.. (merci ellyn)
l'OT ne fait ni partie de l'extérieur ni partie de l'intérieur...
sinon effectivement il a sa fonction transitionnelle et en plus (comme se toucher les cheveux) il puise du plaisir dans sa fonction auto-érotique...

Re: doudou

Publié : 19 juin 2006 18:13
par ninin
le pouce, n'est ce pas plutot un des cinq organisateur de spitz, le besoin de sucion.
le pouce un objet transitionnel ? : non, je suis d'accord avec cfwinicott.
d'ailleurs quand nous sommes en réunion avec le psy celui-ci nous demande souvent si l'enfant dont nous parlons à un doudou, le pouce étant pour lui autre chose.

Re: doudou

Publié : 19 juin 2006 19:41
par cf winnicott
phénomènes transitionnels n'équivalent pas à doudou ! et ici on parle de doudou, il ne faut pas tout confondre.

et ça je ne l'ai pas inventé !!
"Tôt ou tard dans le développement de l'enfant, il apparaît chez celui-ci une tendance à entremêler au schème personnel des objets « autres-que-moi » c'est winnicott qui le dit.
le pouce n'est PAS "autres-que-moi".

L'objet transitionnel :
cet objet qualifié par Winnicott de " première possession non-moi " de l’enfant ne peut être son pouce !!!
"C’est effectivement le premier objet investi n’appartenant pas au corps de l’enfant, car on peut dire qu’au début de sa vie le sein, bien sûr appartient à l’enfant au même titre que le pouce, pour la satisfaction. L’objet transitionnel, pour Winnicott, réaliserait ce paradoxe de n’être ni dedans ni dehors ou plutôt d’être à la fois et dedans et dehors. En évoquant un dedans qui serait en continuité avec un dehors, nous ne sommes pas sans penser à cette figure de la bande de Möbius, prise par Lacan pour faire savoir comment s’ébauche, se construit le sujet."

en effet nous n'avons pas les mêmes sources, c'est bizarre, mais je suis sûre de mes cours et de mes formateurs !!

Re: doudou

Publié : 19 juin 2006 19:52
par tourloupette
cf Winnicott a raison ! qu'est ce que vous racontez Lic et Elyn ?????

voici une partie de mon cours :

"les caractéritiques de l’objet transitionnel que Winnicott a relevées dans sa clinique :

- C’est un objet lié au sevrage, mais qui accompagne l’enfant bien après la fin de celui-ci.

- Il est élu par l’enfant et ne doit pas être changé, sauf par l’enfant qui s’arroge en fait des droits sur lui.

- Il doit, en tant qu’objet, survivre aussi bien à l’amour instinctuel qu’à la haine.(J'IMAGINE MAL UN POUCE SURVIVRE A LA HAINE SINON C'EST DE L'AUTOMUTILATION ET C'EST PATHOLOGIQUE)

- Il doit avoir une certaine consistance, une certaine chaleur, être capable de mouvement, témoigner d’une vitalité, d’une réalité qui lui serait propre. Dès que l’enfant émet des phonèmes, un mot peut apparaître qui désigne l’objet transitionnel et qui témoigne généralement de l’incorporation partielle d’un mot utilisé par les adultes.

- Alors que pour l’observateur, c’est un objet qui appartient au dehors, pour l’enfant il ne vient ni du dehors ni du dedans. Ce n’est pas non plus une hallucination, c’est un " tenant lieu " qui fera passer l’enfant, de l’omnipotence magique, à la perception et à la manipulation motrice. Lacan discutera ce point.

- Voué à un désinvestissement progressif, il n’est pas tant oublié que relégué. L’enfant n’a pas à en faire le deuil, son destin n’est pas non plus d’être soumis au refoulement, il perd en fait sa signification et se répand dans le domaine culturel tout entier. Il peut également devenir un objet fétiche et persister sous cette forme dans la vie adulte.

- Il est ce qu’on perçoit du processus qui conduit le petit à accepter (Bejahung) la différence et la similarité et il constituerait alors une sorte de point fixe pour lui, au moment où il a à s’engager dans la difficile tâche de maintenir à la fois séparées et reliées la réalité intérieure et la réalité extérieure. En ce sens il préparerait, précèderait, l’établissement de l’épreuve de réalité. Rappelons (Winnicott ne le met pas spécialement en relief, bien que cela soit contenu dans ses observations), que l’enfant est à ce moment là confronté aux affects éprouvés du fait de l’alternance des absences et des présences de l’objet primordial ainsi que de leur relative imprévisibilité. Pour Winnicott, l’objet transitionnel, dans cette aire d’expérience allouée à l’enfant soulagerait, tamponnerait ce que peut avoir de dureté la perception et l’acceptation d’une réalité où la perte de l’objet nécessite que soient retrouvées les coordonnées de satisfaction qui lui étaient liées.

- Winnicott réfère l’objet transitionnel à la fois à l’objet externe (pour l’observateur), le sein, et à l’objet interne dont l’élaboration s’effectue à partir de l’objet externe, mais dont il se différencie puisqu’il est une construction fantasmatique. Au départ, " La mère qui reconnaît les besoins de son enfant, donne à celui-ci l’illusion qu’une réalité extérieure existe, qui correspond à sa propre capacité de créer. Il y a donc d’abord chevauchement entre l’apport de la mère et ce que l’enfant peut concevoir. L’enfant perçoit le sein pour autant qu’un sein ait pu être créé ici et maintenant. Autrement dit, la mère place le sein réel juste là où l’enfant est prêt à le créer, et au bon moment. C’est en ce sens, qu’on peut dire qu’il n’y a pas à ce moment, d’échanges entre l’enfant et sa mère, puisque psychologiquement, l’enfant ne prend au sein que ce qui est partie de lui même et la mère donne du lait à un enfant qui est partie d’elle même ". Il n’y a pour Winnicott, dans ce type d’échange, qu’une illusion d’échanges".

Re: doudou

Publié : 19 juin 2006 21:27
par dimoiDoudoudidon
Auto érotisme
- L'auto érotisme est à concevoir comme une excitation sexuelle qui naît et s'apaise sur place, au niveau de chaque zone érogène prise isolément.
- L'activité auto érogène nécessite le plus souvent le contact de la zone érogène avec une autre partie du corps (succion du pouce, lait) mais son modèle idéal est celui des lèvres en se baisant elles-mêmes: la tétée est un plaisir auto érotique.

Objet transitionnel

- D'après WINNICOTT : L'Objet transitionnel constitue une partie presque inséparable de l'Enfant et il est aussi la première possession de quelque chose qui n'est pas lui. L'Enfant s'attache à cet Objet particulier qui se situe entre le pouce et l'ours en peluche, l'intérieur et l'extérieur.
- Le recours à des Objets de ce type est, selon l'auteur, un phénomène normal (habituel et structurant) qui permet à l'Enfant d'effectuer la transition entre la première relation orale à la Mère et la véritable relation d'Objet.

Re: doudou

Publié : 20 juin 2006 10:00
par melia
et bien merci pour les cours mais tout le monde les a... il semble, et c dommage de constater ça chez des travailleurs sociaux, qu'il soit mal vu d'évoluer.. je pense que la question du pouce n'est pas incompatible avec l'OT.. mais si les formateurs ont dit ça alors il ne faut pas trop se risquer à dire autre chose.. il est tout à fait possible de jouer sur la dialectique.. toujours est-il que pour certains enfants le pouce est partiellement un doudou... comme la sucette.. mais apparemment ça dérange

Re: doudou

Publié : 20 juin 2006 12:28
par lic
recoucou... je vois que ça fait débat.. au moins ça permet de de se remettre en question et de voir que nous n'avons pas toute la même compréhension des théories avancées... reste plus qu'à se renseigner à nouveau auprès de nos formateurs... et puis c'est aussi difficile "entre réalité et théorie" de se situer... après tout on ne saura jamais précisément de quoi il s'agit proprement pour l'enfant quand il fait ces et ses choix...

re : doudou, ça y est !!!

Publié : 20 juin 2006 17:43
par lic
on avais toutes un peu raison.
en effet voici un extrait de "le développement affectif et intellectuel de l'enfant", sous la direction de B.Golse.
dans le chapitre phénomène transitionnel : "le nourrisson de 4 mois commence à intégrer à son schème corporel des objets-autres-que-moi (par exemple un ours en peluche), qui permette à l'illusion de trouver un support dans la réalité. c'est ce que Winnicott désigne par phénomène transitionnel ; et ce sont ces objets -autres-que-moi ou objets transitionnels qui participent au cheminement de l'enfant du subjectif pur à l'objectivité. Winnicott leur a donné le nom de 1ère possessions.
(Attention voici les lignes qui nous concernent) la 1ère possession comprend d'abord des activités plus directement érotiques, comme sucer son pouce ou le babil du nourrisson avant de s'endormir. (...) les disciples de Winni se sont mis d'accord avec lui pour désigner par "objets précurseurs" ou "OP" ces OT qui sont exclusivement des parties du corps de l'enfant et du corps de la mère et qui ont en commun leur introduction dans la bouche du nourrisson......."

voilà une réponse... sucer son pouce correspondrait donc à une 1ère activité transitionnelle nommée " Op" plutôt que "Ot"...

Re: doudou

Publié : 20 juin 2006 20:45
par Ellyn
Tourloupette, tu devrais me relire... Je n'ai pas dit que le pouce était un objet transitionnel, j'ai dit qu'il pouvait parfois en assurer la fonction de réassurance...