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Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 07 déc. 2007 01:15
par samira
bonsoir à tous
en premier lieu je remercie jessica de poser en ces termes cette question .
En effet, pourquoi fêter noel plutot qu'une autre fête alors qu'au sein des classes scolaires ou creches, il y a des enfants de toutes confessions religieuses et de toutes origines. Je ne suis pas contre le fait de fêter Noel au sein de ses structures car cela permet aux enfants d'avoir une explication sur cette fête chrétienne. Cependant , cela va à l'encontre de la définition actuelle de la laîcité qui je le rappelle interdit tout signes ostentatoires au sein des établissements publiques à vocation éducatifs. La pluracité culturelle de la France est un atout et je pense que la meilleure manière du vivre ensemble et d'apprendre aux enfants le respect de chacun est de communiquer sur les différentes croyances de chacun mais egalement sur leur point communs. Pourquoi ne pas expliquer l'aid, ou kippour ou d'autre coutumes je cite les trois religions dominantes en France? rassembler plutot que diverger!
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 07 déc. 2007 19:16
par Jessica
Merci Samira d'avoir fait remonter le post et d'avoir ajouter ton opinion à ce sujet.
C'est un sujet qui me passionne toujours autant, qui est certes moins flou maintenant mais qui n'est pas clair pour autant.
Merci à tous d'avoir répondu et d'avoir apporté de l'eau à mon moulin
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 08 déc. 2007 12:09
par M
petit rappel : Nöel est une fête religieuse qui fête la naissance de Jésus, certes. mais en aucun cas le Père Nöel ou le sapin se rapporte a cet évenement, c'est purement païen!!!!donc pour être en structure parentale accueillant des enfants d'origines diverses, je ne vois pas la difficulté de faire un sapin avec des décorations et inviter le Père Noel, par contre on ne fait pas de crèche avec le petit Jésus et les rois mages...les enfants ne passent pas à côté de la fête de Nöel dans notre société actuelle, certes quelle place a cette fête dans une structure d'accueil???je pense qu'avant tout cela peut symboliser le fait de se retrouver ensemble avec les parents et les enfants dans un moment festif et convivial et pourquoi pas pimenter de décorations en rouge et blanc!!!!!
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 08 déc. 2007 18:25
par mimi
Bonjour
je passais par là, suis assez d'accord avec M.
C'est intéressant de s'interroger sur l'origine et le sens de la fête mais je pense que ce n'est pas la peine de s'angoisser avec le père noel.
Il passe depuis un certain temps dans toutes les familles quelque soit leur religion ou pas.
Je pense que c'est dommage de passer à côté de cet apparition du "merveilleux" si rare dans notre vie actuelle. Ne ne faites pas dire que je crois encore au père noel, quoi que....
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 08 déc. 2007 19:19
par mimi
je savais bien que j'avais lu un texte passionnant sur le vieux monsieur qui revient tous les ans à la même époque. C'est dans "L'esprit du don" de J.GODBOUT:
"Nourri par le mythe du plus grand don possible (un Dieu qui naît pour donner sa vie aux hommes), le « temps des Fêtes » est la période de l'année pendant laquelle l'univers du don, habituellement logé dans les interstices de la société moderne, vient occuper le devant de la scène. De ce fait, on y observe bien plus crûment que d'habitude les avantages et les inconvénients d'avoir des obligations et des liens sociaux. Les pauvres, ou les éclopés des rapports sociaux, détestent cette période et la fuient. Ils attendent avec impatience le retour des échanges froids, neutres, ce grand cadeau de la société marchande, où l'on paie tout et où l'on ne doit rien à personne, où l'on peut être seul sans être (trop) malheureux, sans éprouver le manque de relations. [...]
Vu l'importance de l'enfant dans l'univers moderne du don, nul ne sera étonné de constater qu'il est le personnage central de cette période des Fêtes : le don aux enfants est le rapport de don le plus soumis aux liens. Ce qui n'empêche pas l'un des phénomènes les plus étonnants du don moderne : le fait que les donateurs réels soient masqués, comme s'ils voulaient se soustraire à toute gratitude en introduisant un personnage mythique, étrange et évanescent, le père Noël. Ce phénomène est en expansion. [...]
Pourquoi les adultes jugent-ils tellement nécessaire que les enfants croient au père Noël, au point que beaucoup d'enfants font semblant d'y croire pour leur faire plaisir ? Pourquoi cet être, qui n'a qu'une seule fonction, donner, et qu'une existence éphémère ? Pourquoi ce dispositif, grâce auquel les enfants peuvent croire que les cadeaux ne viennent pas des parents ? [...] Comme si les parents cherchaient à se prouver à eux-mêmes qu'ils n'attendent aucune reconnaissance de ce don, qu'ils ne sont pas les « vrais » donateurs, en tout cas pas les seuls, que seul compte pour eux le plaisir éprouvé par l'enfant, qu'ils donnent uniquement par plaisir, même pas pour la reconnaissance, acceptant et faisant même en sorte que la reconnaissance soit dirigée vers un autre, irréel toutefois. Car la manifestation de plaisir du donateur est essentielle ; mais elle est dissociée, au moyen du père Noël, de la reconnaissance à l'égard du vrai donateur. [...] Comme dans le rapport de couple se profile ici la présence de l'étranger, là où on l'attendrait le moins.
Peut-être s'agit-il de libérer l'enfant de la dette si lourde qu'il a envers les parents. [...] Pour distinguer un don spécial des dons ordinaires, quotidiens, permanents que les parents font à l'enfant, et qui vont de soi ? Pour permettre à l'enfant l'apprentissage du don, de la gratuité, de la chaîne de transmission, pour lui permettre de vivre l'expérience d'un inconnu qui donne sans raison (même pas pour le motif d'avoir été sage, qui est aujourd'hui en voie de disparition ... ). [...]
Toutes ces raisons ne sont probablement pas sans fondement. Sans les exclure, les caractéristiques du personnage permettent d'avancer une hypothèse plus précise : celle de l'inscription du don dans la filiation. En français, le nom du personnage l'indique déjà : c'est un père. Le père Noël a une grande barbe, il rit d'une voix grave et prend les « petits enfants » sur ses genoux. Le père Noël ressemble à un grand-père. Le père Noël est un ancêtre. Il rétablit la filiation, le lien avec les ancêtres que la modernité rompt constamment. [...] Les cadeaux de Noël sont les premiers objets qu'un enfant reçoit de ses parents, dans sa vie, comme un don. Les derniers qu'il recevra constitueront l'héritage, à la mort des parents, quand ceux-ci iront rejoindre les ancêtres. [...] Ainsi, les parents ne sont effectivement pas les seuls à donner. Le père Noël ouvre l'univers fermé de la famille moderne, rétablit un lien avec le passé, dans le temps, mais unit aussi les enfants à l'espace, au reste de l'univers. Il sort les enfants de leur petit monde, ouvre le réseau étroit dans lequel ils se situent habituellement. Le père Noël les relie au monde. C'est pourquoi il vient de si loin, du pôle Nord."
Jacques T. Godbout, en collaboration avec Alain Caillé,
L'esprit du don, Ed. La Découverte, 1992
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 08 déc. 2007 20:02
par Noémie
Je viens de lire l'article avec attention !
Je pense que dans le post, il n'était pas question que du Père Noël ! Certes, le Père Noël symbolise Noël et le valeurs de partage, de don, de convivialité, ... Mais est-ce pour autant un personnage ayant sa place en crèche auprès des jeunes enfants ?
Comme le dit bien Seb, il passe dans la nuit du 24 au 25. Par ailleurs, il semble (d'après le témoignage de collègues l'ayant observé) faire peur aux enfants. De plus, les jeunes enfants sont-ils à même de cerner tout ce que représente le Père Noël, comme c'est évoqué dans l'article ? Ce sont plus les adultes qui font ces liens. Ils projettent leur ressenti, leur idée de Noël sur les enfants.
J'en arrive à une crainte qui est que la fête de Noël devient une fête d'adultes où l'enfant reste une longue journée pour que les adultes et accessoirement eux mêmes partagent un buffet avec le maire ou autre personnalité importante en attendant le Père Noël (c'est assez extrême comme situation mais ça arrive).
Certes, la fête de Noël est féérique. Elle provoque l'émerveillement dans les yeux des enfants, en faisant "travailler" leur imaginaire. Et cela va au delà de la présence ou non d'un Père Noël. Si c'est l'idée de partage, .. que l'on veut faire ressortir, il n'est nul besoin d'un Père Noël venant le 22 décembre alors que le vrai est en train de se préparer physiquement à son long parcours à travers le monde. L'ambiance est importante, ce qu'il se dégage. Pas besoin de qqn qui donne des cadeaux avant la date (lol je me répète).
Pourquoi tout simplement ne pas accompagner l'enfant dans son incursion dans le monde féérique de Noël en proposant des ateliers, en faisant un repas ou un goûter, en décorant avec lui un sapin ou la section sur ce thème, ... et laisser la sphère familiale le soin de faire et de donner les cadeaux au nom du Père Noël ?
Je sais pas si j'ai été claire. J'ai l'impression d'avoir été très confuse et désordonnée. Sorry
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 09 déc. 2007 03:29
par mimi
tiens je repasse par là et non par la cheminée...
mais qui a dit qu'il devait y avoir un père noel en chair et en os dans les lieux d'accueil de jeunes enfants? C'est vrai il peut faire peur, il n'est pas forcément besoin d'en rajouter, des père noel les enfants en voient partout et on leur raconte l'histoire.
Je proposais un texte de Godbout pour nourrir le propos sur le sens de cette fête et de ce rituel de noel, qui n'est vraiment pas qu'une fête religieuse, pas forcément pour en déduire de suite des principes d'action, des choses à faire...
L'approche de Godbout apporte un écairage qui me parle bien comme EJE, sur la filiation la séparation enfant/parent, le symbolique. Je trouve que sa réflexion permet de penser cet évenement en dehors de la question du religieux/laique qui me semble être un faux débat. On ne fait quand même pas de prosélitisme en préparant une fête de noel sauf à mettre le petit jésus, l'âne et le boeuf et toute la compagnie et la messe de minuit mais c'est un peu tard pour les bébés!
après chacun réfléchit et imagine comment ou quoi proposer aux enfants, aux familles.ou rien si vous voulez, mais rien ...je trouve cela un peu triste! pas vous?
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 09 déc. 2007 16:27
par qristal
bonjour,
Pour moi, fêter Noel n a rien de religieux. C'est me sentir appartenir à une famille, ou à une crèche... C'est juste pour moi la fête de ces appartenances aux groupes et qui enrichissenent avec des souvenirs communs ces appartenances. Je ne cours pas après les fêtes mais celle là me plaît car ce qui m intéresse, ce n 'est as Noel en soi, mais tous ces préparatifs qui demandent la coopération de tous, enfants et adultes. C'est la fête des relations humaines.
Mes premiers souvenirs remontent à deux ans et demi. Je me souviens de mon père qui a l âge de 3 ans et demi m a dit un soir de Noel que le père Noel n existait pas et j étais profondément déçue. Mais par contre, ce que j ai vécu après était génial: pendant une semaine complète , avec mes frères et les parents, on cuisinait pour les personnes seules et qd je voyais le plaisir que j avais à offrir, j étais la plus heureuse!
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 10 déc. 2007 16:47
par francois gael
ceux qui sont laïcs et qui ne veulent pas faire noël alors qu'effectivement la représentation qu'on en fait est paienne avec le sapin chantent-ils au clair de la lune?
car si je comprends bien certains post c'est l'idée de la divinité qui pose problème. Dans cette chanson c'est pareil: pour l'amour de dieu.......
Re: La place de la fête de Noël en structure laïque.
Publié : 10 déc. 2007 17:12
par Maria
Si mes classiques sont bons - à vérifier, Noël n'est pas une fête religieuse mais bel et bien païenne, qui célèbre le solstice d'hiver. Le sapin, ses lumières, la réunion familiale sont autant d'événénement qui ont été détournés au rpofit de la naissance de Jésus. Bien sûr, les familles des enfants que l'on accueille véhiculent souvent les valeurs, ou tout au moins "l'ambiance" religieuse; alors que faire?
- Reconnaître que notre République "laïqueé s'est construite essentiellement sur des valeurs judéo-chrétiennes, dont les traces restent indélébiles au quoitidien?
- Faire un espace à cette fête familiale, en réfléchissant peut être à la question de la culture?
- Chercher la célébration de cet événement, mais en restant vigileant au symboles religieux, qui si on y réfléchis sont évitables ?
Personellemnt je travaille en protection avec des enfants de 4 à 11 ans, et il est plus facile pour l'équipe et les enfants de réfléchir autour des valeurs que nous véhiculons, et de laisser une place aux enfants qui portent les valeurs chrétiennes.