Reponse à Manille
Publié : 31 juil. 2008 15:35
Bonjour Manille
La notion de psychose pour décrire l’autisme est abandonnée partout dans le monde ; il n’y a plus qu’en France qu’on croit encore aux « évènements traumatisants ». Ca existe peut-être, mais franchement c’est rarissime.
Ce point de vue, je suppose que vous l’avez du fait de ce qu’on vous a appris en formation EJE. Historiquement c’est comme ça que la psychiatrie mondiale considérait l’autisme jusque vers 1970. A cette époque, il y avait aux USA en Caroline du Nord un psychologue nommé Eric Schopler, qui travaillait en hopital psychiatrique sur les enfants autistes. Et il a fini par faire le constat que les thérapies psychanalytique appliquées aux autistes étaient inefficaces, par exemple la fréquence et l’intensité des crises d’angoisse ou de colère n’étaient pas améliorées.
Il a donc essayé autre chose, avec une approche pragmatique, et ça a été le début du programme TEACCH, basé sur l’éducation (www.teacch.com). Un programme de recherche a été couplé à ce programme, et depuis les recherches biologiques et neurologiques ont démontré que le fonctionnement du cerveau des autistes présentait des anomalies. On a donc changé de point de vu sur l’autisme. Au lieu de le considérer comme une psychose résultant d’un traumatisme, on le voit maintenant comme un mauvais développement neurologique générant des handicaps dans les domaines sociaux et de la communication, ce qui résulte dans une grande angoisse de l’enfant qui n’arrive pas à comprendre les autres de ce fait.
En France la psychanalyse a toujours été très présente (Lacan est français). Et cette doctrine imprègne la plupart des psychiatres qui gèrent les structures s’occupant d’autistes. Il y a une très grande résistance au changement de leur part, ce qui explique que ce dont je vous parle ne colle pas du tout avec ce qu’on vous a dit jusqu’alors. Mais les associations d’autistes et leurs familles, eux, sont parfaitement au courant, parce qu’ils savent ce qui marche ou pas pour aider leurs enfants !
Maintenant au sujet de ce que vous faites au CAMPS. La méthode PECS a aussi été mise au point aux USA comme « accessoire » destiné à faciliter la communication avec ces enfants, qui sont plus dans le visuel que dans l’oral. Elle sert de support, puis de transition vers le langage pour ceux qui le peuvent. Elle a fini par s’imposer même chez nous, mais ce qui allait avec (ABA et TEACCH) a été escamoté au passage… Vous écrivez « quand les repères étaient fixés, les limites posées et les enfants sécurisés » : c’est la base de l’éducation structurée du TEACCH. On structure son environnement pour rassurer l’enfant, et là il est prêt pour les apprentissages. Quant à la stimulation par les animaux ou la musique, c’est effectivement une bonne chose, les autistes ont besoin d’être stimulés pour s’ouvrir au monde.
Donc ce que vous faites, ça me fait penser à des éléments des thérapies cognitives et comportementales appliquées aux autistes (ABA/TEACCH) qui auraient été extraits de leur contexte. Du coup ça aide, évidemment, mais la base psychanalytique de la démarche ne permet pas de progresser réellement autant qu’on pourrait parce que le point de vue de départ sur l’enfant est faussé.
Si vous avez du mal à ma croire, contactez l’Hopital de Jour de Tours : c’est le seul en France à pratiquer ce que je vous décris. Et sincèrement j’espère que dans pas trop longtemps les autres finiront par suivre, et vraiment appliquer entièrement les méthodes qui aident le plus les enfants, par l’éducation et pas par la thérapie. D’ailleurs vos actions telles que vous me les décrivez, ça relève plus de l’éducatif, non ? Et ça les aide bien, non, ces enfants ?
La notion de psychose pour décrire l’autisme est abandonnée partout dans le monde ; il n’y a plus qu’en France qu’on croit encore aux « évènements traumatisants ». Ca existe peut-être, mais franchement c’est rarissime.
Ce point de vue, je suppose que vous l’avez du fait de ce qu’on vous a appris en formation EJE. Historiquement c’est comme ça que la psychiatrie mondiale considérait l’autisme jusque vers 1970. A cette époque, il y avait aux USA en Caroline du Nord un psychologue nommé Eric Schopler, qui travaillait en hopital psychiatrique sur les enfants autistes. Et il a fini par faire le constat que les thérapies psychanalytique appliquées aux autistes étaient inefficaces, par exemple la fréquence et l’intensité des crises d’angoisse ou de colère n’étaient pas améliorées.
Il a donc essayé autre chose, avec une approche pragmatique, et ça a été le début du programme TEACCH, basé sur l’éducation (www.teacch.com). Un programme de recherche a été couplé à ce programme, et depuis les recherches biologiques et neurologiques ont démontré que le fonctionnement du cerveau des autistes présentait des anomalies. On a donc changé de point de vu sur l’autisme. Au lieu de le considérer comme une psychose résultant d’un traumatisme, on le voit maintenant comme un mauvais développement neurologique générant des handicaps dans les domaines sociaux et de la communication, ce qui résulte dans une grande angoisse de l’enfant qui n’arrive pas à comprendre les autres de ce fait.
En France la psychanalyse a toujours été très présente (Lacan est français). Et cette doctrine imprègne la plupart des psychiatres qui gèrent les structures s’occupant d’autistes. Il y a une très grande résistance au changement de leur part, ce qui explique que ce dont je vous parle ne colle pas du tout avec ce qu’on vous a dit jusqu’alors. Mais les associations d’autistes et leurs familles, eux, sont parfaitement au courant, parce qu’ils savent ce qui marche ou pas pour aider leurs enfants !
Maintenant au sujet de ce que vous faites au CAMPS. La méthode PECS a aussi été mise au point aux USA comme « accessoire » destiné à faciliter la communication avec ces enfants, qui sont plus dans le visuel que dans l’oral. Elle sert de support, puis de transition vers le langage pour ceux qui le peuvent. Elle a fini par s’imposer même chez nous, mais ce qui allait avec (ABA et TEACCH) a été escamoté au passage… Vous écrivez « quand les repères étaient fixés, les limites posées et les enfants sécurisés » : c’est la base de l’éducation structurée du TEACCH. On structure son environnement pour rassurer l’enfant, et là il est prêt pour les apprentissages. Quant à la stimulation par les animaux ou la musique, c’est effectivement une bonne chose, les autistes ont besoin d’être stimulés pour s’ouvrir au monde.
Donc ce que vous faites, ça me fait penser à des éléments des thérapies cognitives et comportementales appliquées aux autistes (ABA/TEACCH) qui auraient été extraits de leur contexte. Du coup ça aide, évidemment, mais la base psychanalytique de la démarche ne permet pas de progresser réellement autant qu’on pourrait parce que le point de vue de départ sur l’enfant est faussé.
Si vous avez du mal à ma croire, contactez l’Hopital de Jour de Tours : c’est le seul en France à pratiquer ce que je vous décris. Et sincèrement j’espère que dans pas trop longtemps les autres finiront par suivre, et vraiment appliquer entièrement les méthodes qui aident le plus les enfants, par l’éducation et pas par la thérapie. D’ailleurs vos actions telles que vous me les décrivez, ça relève plus de l’éducatif, non ? Et ça les aide bien, non, ces enfants ?