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Re: Interdiction de la fessée
Publié : 20 nov. 2009 18:38
par isa
Bonsoir,
C'est trop !la plupart d'entre vous est pour la fessée ..Je suis triste pour les enfants ....
C'est dommage...
Je préfère ne plus revenir lire tous les messages très étonnants de la part des E.J.E et futurs E.J.E.
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 20 nov. 2009 22:00
par Oph
Tout vos remarques sont intéressantes.
Justement, dans le lieu ou j'interviens. Nous accueillons avec les parents et proposons des ateliers parents-enfants pour créer du lien parent-enfant.
Les parents ont souvent recours aux "petites fessées" pour un oui ou pour un non. Peut-être que ces parents veulent tellement que leur enfant soit parfait le temps de leur présence qu'ils en sont exigent. Alors ils ont recours à la fessée et je vois cette facilité à la donner. Certains me disent : là il exagère, c'est bien la première fois.
Et moi, en tant que professionnelle j'assiste à ces "petites fessées" données par-ci par là.
Si bien que je me suis dit qu'il fallait inscrire dans le réglement que donner une fessée à son enfant au sein de l'établissement n'était pas accepté. Car moi je ne l'accepte pas. Je ne veux pas être témoin et ne rien pouvoir dire.
Je ne cautionne pas et n'accepte pas.
J'ai tenté de faire réfléchir le parent qui donnait une fessée sans le juger, mais en essayant de lui faire réaliser qu'il aurait pu avoir un autre moyen de se faire entendre.
Dur dur.
en tant que professionnel de la petite enfance, nous ne sommes pas là pour juger, car chaque parent à son histoire. Mais c'est tout de même les orienter, les aider à penser autrement.
Car les enfants tout ce qu'on leur dit, tous échanges, contact qu'il soit bon ou mauvais le construit.
Et accepter de voir un enfant se prendre une bonne fessée c'est accepter ce type d'éducation autoritaire. Car c'est tout de même la force de l'adulte face à l'enfant.
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 21 nov. 2009 14:11
par isa
Olivier Maurel,
président de l'association "l'observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO)", auteur de "La fessée : questions sur la violence éducative", éditions Broché
ENFANCE
"La violence éducative est le terreau de la maltraitance"
Quel regard portez-vous sur la proposition de loi de la députée UMP Edwige Antier, qui veut l'interdiction de la fessée ?
- Je suis évidemment pour. Cette proposition est une bonne proposition, qui ne m'étonne pas de Mme Antier, qui a toujours conseillé aux parents de ne pas pratiquer la fessée, interdite à bon droit dans de nombreux pays comme la Suède [depuis 1979, ndlr].
Je me réjouis avec la réserve près qu'il me semble que Mme Antier n'a demandé que l'interdiction de la fessée alors que les associations aimeraient que, si la loi est votée, elle soit accompagnée d'une campagne d'information sérieuse sur la loi et la fessée comme ça avait été fait à l'époque dans les pays nordiques lorsque la pratique a été interdite.
D'autre part, il faudrait prévoir des lieux où les parents pourraient obtenir des conseils sur l'éducation. Je crois que c'est essentiel car on ne peut pas interdire aux parents une pratique qui est devenu un usage quotidien sans les informer sur pourquoi et comment on le fait.
La plupart des gens sont persuadés de son intérêt éducatif de la fessée. Que lui reprochez-vous ?
- L'opinion sur la fessée, souvent positive, vient du fait qu'on en a tous reçu étant petits. Cet assentiment de l'opinion publique n'a pas de valeur car ce n'est pas la faiblesse ou l'efficacité de cette pratique qui est en question mais le fait qu'on l'a subie et qu'elle est devenue un usage. Dans les sociétés où les coups de bâtons sont dans la coutume par exemple, les enfants qui en sont victime trouvent cette pratique normale.
Mais la fessée est déjà un exemple de violence. C'est montrer à l'enfant que la violence est un moyen normal de régler un conflit. Pis, la violence ainsi montrée est une violence du fort sur le faible.
Alice Miller, [docteure en psychologie et philosophie, auteur de "C'est pour ton bien", paru en 1985, ndlr] a décrit la violence éducative comme un double jeu : on dit à un enfant "tu ne dois pas frapper", et d'un autre coté, on le frappe pour l'éduquer.
L'enfant reproduit les comportements que ses "neurones miroir" ont enregistré inconsciemment. Cela fait des siècles que l'on connait les méfaits de la fessée sur l'éducation. Dans les Confessions, déjà, Jean-Jacques Rousseau racontait comment il est devenu masochiste le jour où, enfant, il a reçu sa première fessée. En général, les parents l'ignorent.
Il y a aussi la question du lien de confiance de l'enfant envers ses parents : un coup donné par une personne qui est à la base de sa sécurité fait perdre à l'enfant la confiance qu'il a envers ses parents mais aussi la confiance en lui, car il ne comprend quel comportement il a pu avoir pour que ses parents usent de violence sur lui.
L'humiliation engendrée par la fessée est un facteur aggravant, même si l'humiliation n'existe pas que sous les coups : il y a l'humiliation par les mots, subir une fessée "cul nul" devant tous ses camarades de classe...
Sa suppression représenterait un pas en avant pour les droits des enfants ?
- Oui. Cela ferait entrer la France dans une autre dimension. Pour l'instant, dans les punitions corporelles, ont permettait la fessée et la gifle. Dans un grand nombre de pays, on accepte jusqu'aux coups de bâtons, qu'on considère comme de la maltraitance en France.
90% des enfants subissent des punitions corporelles sur l'ensemble de la planète, il faut que cela cesse.
En Suède, où la fessée est interdite depuis 1979, on voit des résultats stupéfiants sur la jeunesse. La délinquance a baissé, les taux d'alcoolisme et de toxicomanie ont également baissés, en même temps que les maltraitances. Il y a un lien évident entre la violence éducative et le taux de maltraitance.
La violence éducative tolérée est le terreau de la maltraitance.
Quand on tolère de frapper des enfants, il est inévitable que des parents aillent beaucoup plus loin, notamment lorsque l'enfant est récalcitrant. Les cas de maltraitance commencent presque toujours par des situations de fessée qui dégénèrent.
Interview d'Olivier Maurel par Tristan Berteloot
(vendredi 20 novembre)
> voir le dernier livre d'Oliver Maurel "Oui la nature humain est bonne", aux éditions Robert Laffont
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 28 nov. 2009 13:16
par kal
Ce post est très interessant!
Je partage entierement l'avis de certains, la fessee n est "qu un aveu d'impuissance".
Comment peut-on faire pour accompagner les familles, les parents a prendre conscience que les fessés (que nous avons souvent reçus, et qui nous ont laissés des souvenirs amers d'humiliations) ne sont pas éducatives?
Comment aborder la question des limites, et de la "contrainte" (plutot que de la punition qui enferme), de la reparation, plutot que du coup?
Le Man (Mouvement d'education non-violente) travaille bcp dessus, et a une revue interessante...
Bien a vous,
Kal
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 29 nov. 2009 14:56
par lo
bonjour,
dans un post, la personne dresse la journée de l'enfant avec des horaires, et ensuite écrit: "en rentrant du travail les parents sont fatigués et de mauvaises humeur... oui c'est vrai et les enfants en rentrant chez eux aprés leur journée ils sont comment?
un loi qui interdit la fessé, il y a bien une loi qui interdit de passer les feux au rouge et pourtant qui ne l'a pas fait?
je pense que mettre un loi en interdisant la fessée, c'est permettre aux parents, aux professionnels de réfléchir sur ce qu'ils font, et que ces actes ne soient pas (à chaque fois) la solution a l'impuissance éducative qu'ils ressentent, mais bien une réflexion sur comment en dehors de donner une tape à mon enfant je peux faire pour qu'il me comprenne, je pense que c'est ce que veut dire cette loi.
a bientôt lo
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 29 nov. 2009 23:50
par Lucie
Bonsoir,
Une maman est arrivée un matin, elle avait l'air très préoccupée. En discutant avec elle, elle finit par m'avouer qu'elle se sent très mal parce que la veille au soir, elle a donné une fessée à son fils. Il refusait de se coucher, courrait partout dans sa chambre, jetait sa couette par terre, chantait à tue-tête, lançait ses jouets, etc. Elle était fatiguée de sa journée, elle n'arrivait plus à trouver les mots pour que son enfant se calme, le père était absent ce soir-là, son fils l'a poussé à bout et la fessée est partie. Cette maman s'en voulait énormément d'avoir eu recours à la fessée, d'avoir frappé son fils pour obtenir de lui ce qu'elle voulait : qu'il se couche.
Moi qui n'ai pas (encore) d'enfant, avant ce jour-là je pensais "personne ne devrait jamais frapper un enfant, c'est inadmissible et devrait être puni !". Cette expérience m'a permise de me rendre compte que oui, il est possible que dans u moment de fatigue physique et psychique, on soit poussé à bout et que la fessée ne puisse être retenue.
Je parle bien sûr de la fessée par les parents. De la part de professionnels je persiste à dire que la fessée est intolérable et doit être punie : qui sommes nous pour nous permettre de frapper les enfants des autres ? de quel droit ?
Pour revenir à cette maman, je lui ai proposé de reparler avec son enfant de cette fessée, qu'il ne reste pas sur l'idée que la violenceest une solution ou un acte fait "pour son bien". Il est possible de lui expliquer qu'elle était fatiguée et qu'elle n'a pas supporté qu'il ne voulait pas se coucher. Elle était en colère, lui a donné une fessée et elle regrette car elle n'aurait pas dû.
Je pense qu'une fessée peut échapper à un parent excédé, énervé, en colère. Mais la fessée comme "acte éducatif" donnée régulièrement pour un oui ou pour un non, coupant court à toute communication n'est pas envisageable pour moi.
lo tu parles d'une loi visant à faire réfléchir les parents "adeptes de la fessée". Malheureusement, qui dit loi dit punition. Pour reprendre l'exemple du feu rouge : quand tu passes au rouge et que personne ne te voit tout va bien, mais si la police n'est pas loin tu es puni.
Je rejoins Lucile : chaque parent va se sentir observé par son voisin, par le professeur de son enfant, par son entraîneur sportif, etc. A quand les caméras dans les rues, les grandes surfaces, etc. pour surveiller les parents fautifs ? Big Brother taille réele ?
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 30 nov. 2009 22:45
par lo
bonsoir,
je ne pense pas, que les forces de l'ordre vont surveiller, toutes les fessées données par les parents.
Mais tu le dit très bien dans ton exemple:"Elle était en colère, lui a donné une fessée et elle regrette car elle n'aurait pas dû."
c'est toi qui dit à la maman: "elle n'aurait pas dû".
mon exemple de feu rouge est bien là pour envisager la reflexion pour celui qui l'a passé(si une personne traverse à ce moment là) mais aussi se dire qu'est qui me serait arrivé si la police avait été présente.
maintenant les caméras sont déja installées dans certaines villes, sur certaines autoroutes et je pense que ceci n'est pas pour vérifier si tu passes les feux rouges ou si tu frappes ton enfants mais plus pour des interventions plus graves.
bonne soirée lo
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 01 déc. 2009 10:44
par Lucie
Bonjour,
Petite précision : c'est la maman elle-même qui m'a dit qu'elle n'aurait pas dû. Dans la phrase que je lui proposais de dire à son enfant je n'ai fait que reprendre et résumer ce qu'elle m'avait déjà dit. Je n'ai pas interprété ses paroles en fonction de ma pensée, je n'ai fait que les répéter.
Voilà !
Bonne journée !
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 04 déc. 2009 14:26
par no fessee
un enfant ne nous appartient pas, pourquoi differencier notre positionnement professionnel du fait d'etre parent sur le sujet de la fessee ? nous sommes tous responsable des enfants que l'on soit leur parent ou non ! sinon être eje dispense de la fessee sur les enfants des autres mais pas les siens ? et quand nos enfants sont dans notre creche (autre debat mais ça existe) on leur donne des fessees ou pas ?
une loi servira a encadrer les actes et les faits, exactement comme pour toutes les lois. De toute façon il n'y aura pas assez de flics pour surveiller les foyers et les français ne fonctionnent pas à la delation. on continuera a signaler les cas graves ! mais au moins la loi servira a reflechir avant d'agir comme ça a deja ete dit plus haut.
Re: Interdiction de la fessée
Publié : 10 déc. 2009 00:38
par smileytristedéclarésouriant
Bnjour,
avant de penser à la fessée, il serait judicieux de penser aux maltraitances véritables instaurées par des institutions dites sociales.
Envoyer au massacres, psy et phy, un môme par des mensonges, ça existe!
laisser massacrer un môme en ne répondant pas aux appels "au secour" d'un père, ça existe aussi et d'un exemple récent.
Nous sommes dans un pays d'arrièré(e)s sacralisant la sainte mère qu'elle soit aimante ( c'est normal) ou malaimante et violente(là ça l'est moins normal).
Voilà je suis le porte parôle d'un enfant qui quand il hurle et vomit est déclaré très heureux par des professionnelles,le.
Que je ne met pas toutes dans le même sac mais quand même le corporatisme empêche de bien trier.
mes salutations