Bonjour,
Ci-dessous, le sujet de concours d'entrée EJE de l'IRTESS Dijon 2017
Durée de l'épreuve : 3 heures
1ère partie : COMPREHENSION DE TEXTE ( épreuve notée sur 10)
En restant le plus fidèle au texte,dégagez et organisez les idées essentielles en une quarantaine de lignes maximum.
Document : "Une deuxième chance pour les décrocheurs", Naïri Nahapétian,"Alternatives économiques", mai 2015
Critères : repérer et rendre compte des idées principales
logique du plan
articulation des arguments, qualité des transitions
objectivité,prise de recul
qualités d'écriture ( orthographe,style,présentation,respect de la consigne)
Deuxième partie: REFLEXION-ARGUMENTATION ( épreuve notée sur 10)
Après lecture de ce texte,vous êtes invité(e) à développer votre propre point de vue en répondant à la question suivante :
Qu'est-ce qui, d'après ce texte,différencie l'école de la deuxième chance d'une scolarité traditionnelle ? Est-ce le rôle de l'école de tisser des liens avec le monde professionnel ?
Sur la base de votre expérience personnelle,vous argumenterez votre point de vue en vous appuyant sur un ou deux exemples concrets.
Critères : cohérence du propos
implication personnelle et réflexion
resituer sa réflexion dans un contexte socio-économique,politique
éviter les a priori et stéréotypes et jugements de valeur
précision du vocabulaire,orthographe,style,présentation
UNE DEUXIEME CHANCE POUR LES DECROCHEURS
Les écoles de la deuxième chance accueillent des jeunes sans diplôme et sans qualification professionnelle pour les amener progressivement vers l'emploi. Reportage.
"Après avoir arrêté l'école,je n'ai rien fait pendant un an",raconte Christian,18 ans. " On prend facilement de mauvaises habitudes,ajoute-t-il. On se lève tard,on joue aux jeux vidéo,puis on mange,on rejoue,on dort...". Sur le site ensoleillé de l'Ecole de la deuxième chance ( E2C)Côte d'Opale, située dans la commune de Coudekerque-Branche, il fait partie d'un groupe de stagiaires qui participent à un atelier d'aménagement de jardin. Plus loin,Maeva, 19 ans, Ophélie,18 ans, et Tristan, 19 ans, entament la plantation d'un potager. Comme Christian, ils ont quitté l'école sans diplôme et plongé dans une période d'inactivité qui, pour beaucoup, a duré "un an, deux ans,trois ans"..." Ma mère était furieuse!Elle ne savait plus quoi faire", commente Maeva, alors que d'autres se souviennent que leurs parents " ne s'en rendaient même pas compte"...
Dans cette structure qui ressemble peu à une école proprement dite et bien davantage à un établissement d'insertion par l'activité économique,on ne délivre pas de diplôme : les jeunes effectuent un parcours de quarante semaines dont dix-huit en entreprise.Pour être admis, les candidats,généralement orientés par une mission locale ( 1),doivent être âgés de 18 à 25 ans, n'avoir ni diplôme ni qualification professionnelle et avoir dépassé l'âge de la scolarité obligatoire. Ils bénéficient alors d'un statut de stagiaires de la formation professionnelle et reçoivent une indemnité de 300 euros par mois (600 euros s'il s'agit d'un jeune parent) versée par la région Nord-Pas-de-Calais.
Quand on lui demande ce que l'Ecole de la deuxième chance lui a apporté, Christian répond d'abord "un salaire!", puis il corrige : "Mais surtout de la motivation et un projet professionnel. Avant, je ne savis même pas ce que c'était un CV! Grâce à l'E2C, j'ai recommencé à me lever le matin."Depuis son entrée dans le dispositif en janvier, il a effectué deux stages d'une durée de deux semaines, dont un au sein d'un service municipal chargé des espaces verts. Il envisage d'en faire un troisième auprès de l'association Ecoflandres, un chantier d'insertion qui lui permettra de se spécialiser dans le jardinage.
Dans cette région du Nord-Pas-de-Calais où le taux de chômage des jeunes atteint 27%, l'E2C Côte d'Opale a été créée en novembre 2010 par la communauté urbaine de Dunkerque et la chambre de commerce et d'industrie. Abritée par la région qui lui loue le lycée Fernand-Léger, elle accueille 150 jeunes en un an, à raison de neuf groupes d'une quinzaine de stagiaires tous les mois et demi, dont 30% sont issus d'un quartier de la politique de la ville.
Autonomie d'organisation
Il existe actuellement 107 E2C en France ( voir encadré).
Encadré : graphique et " HISTOIRE"
"HISTOIRE"
Initié en 1995 par Edith Cresson, alors commissaire européenne à la Jeunesse,le concept des écoles de la deuxième chance ( E2C) a abouti à la création d'une première structure à Marseille en 1997. L'initiative a ensuite rapidement essaimé et un réseau a été créé en 2004. Celui-ci compte aujourd'hui 107 sites sur le territoire français. 15 000 jeunes sont accueillis chaque année dans ce dispositif destiné aux " décrocheurs". 87 % de ces jeunes n'ont pas atteint le niveau CAP-BEP.
Une loi de mars 2007 fixe les conditions d'usage du label : le dispositif s'adresse à un public majeur qui ne relève plus de l'Education nationale ; l'institution doit être portée par les collectivités territoriales et les chambres de commerce et d'industrie et associer étroitement les entreprises.
Les écoles membres du Réseau sont labellisées par une commission composée des représentants des pouvoirs publics ( ministères de l'Education nationale,de l'Emploi et de la Ville), des missions locales, des chambres de commerce et d'industrie, mais aussi de structures comme l'Association des maires de France. En savoir plus:
www.fondatione2C.org
Chacune dispose d'une certaine autonomie d'organisation.A Coudekerque, l'équipe est composée de six formateurs, d'une chargée relations avec les entreprises,d'une équipe administrative et du directeur,Jean-François Clais, qui dirigeait autrefois un Centre de Formation des apprentis.