Bonjour Mathilde ,
Oui j'ai eu 2 EJE.
Pour moi, une EJE n'est pas une psy, n'a pas la formation qui l’habilite à établir ton profil psychologique et c'est en ce sens que cela me pose problème. Mais comme je le disais, c'est un autre débat...
Pour ma part, j'ai vraiment du mal à me positionner. Je suis en reconversion professionnelle. J'ai 7 ans d'expérience dans l'animation et ensuite, je suis restée un an et demi dans l’administratif, que j'ai quitté en septembre dernier pour faire de la garde d'enfants à domicile. Ça qui m'a permis de remettre le pied à l'étrier dans le domaine de l'enfance et de préparer le concours via le CNED.
La première personne(EJE)était hyper centrée sur l'univers de la crèche.
Elle m'a demandé ce qui m'a conduite dans ma réflexion, à m'orienter vers une formation EJE.
Je lui ai parlé de 2 expériences vécues avec des petits de 5 ans en situation de handicap. C'est ce qui a amorcé il y a quelques années ma réflexion.
Dès le départ, je ne pense pas que nous nous soyons entendues dans le sens où j'envisage de tafer dans des CAMPS, IME et autres services à caractères sociaux, hospitaliers ou encore en asso.
En face, elle ne me parlait que des crèches. Si tu me demandes si elle le faisait exprès, je ne parviendrai toujours pas à te dire si elle jouait un rôle ou si elle était naturellement rigide sur les possibilités d'exercer ce beau métier.
Elle m'a demandé de me mettre dans la situation d'une directrice de crèche, de décrire la journée type d'une crèche, de définir comment face à une problématique donnée par rapport à un petit, je réagirai avec mon équipe dont le personnel pourrait être hostile sur certains aspects...
Heureusement que je suis abonnée au journal EJE et fan de l'émission "Les Maternelles" sur France 5!
Mais j'ai tout de même conclu en disant que c'était la vision que j'en avais aujourd'hui, mais qu'au sortir de la formation avec les apports théoriques et pratiques, je saurai mieux en parler. Je ne peux pas prétendre un rôle de direction puisque je ne suis pas encore diplômée, je n'ai pas fait de stages ne serait ce que d'observation pour savoir réellement de quoi je parle.
En fait, je pense que j'ai été déçue dans le sens où je trouve que le métier d'EJE est super riche, qu'il y a tellement de manières de l'exercer, et que je m'attendais à un réel échange avec la professionnelle.
Car c'est un métier si riche: tu peux même tafer en ludothèque, être conteuse en asso et exercer dans bien d'autres domaines super intéressants et enrichissants(ref journal EJE)
Je suis tombée sur une personne qui m'a dit que la formation était uniquement pour travailler en crèches.
Certes c'est 89% des emplois. Mais 11% sont consacrés à d'autres domaines. 11% ce n'est pas beaucoup mais ce n'est pas infime non plus.
Elle m'a dit que là où je voulais aller, ça emploie peu, je lui ai tenu tête en lui répliquant que certes, ça emploie peu, mais ça emploie. Elle m'a dit que je ne trouverai pas de travail, qu'il n'y avait que les éduc spé là-bas. Ce à quoi j'ai répondu et des EJE aussi. Oui mais peu m'a t-elle encore dit, c'est très rare.
Moi: "Oui mais il y en a".
Elle m'a dit que si je voulais travailler dans le handicap, c'était éduc spé qu'il fallait tenter comme concours.
Je lui ai répondu qu'à 28 ans, j'avais quand même mûrement réfléchie la question et que si je présentais le concours EJE, c'est dans un contexte de reconversion, ce n'est pas qqch de facile donc une décision qui ne se prend pas à la légère et qui se réfléchie. Je lui ai dit aussi que je me doutais bien que ce n'était pas le handicap en lui-même qui serait abordé mais la gestion de la difficulté grâce à des outils pédagogiques et éducatifs, c'est ça qu'ils peuvent nous apporter. Les contes, les chansons, le théâtre... Je lui ai dit aussi qu'elle n'était pas sans savoir que la loi interdit le refus d'enfants hadicapés dans les structures. Il faut bien savoir comment le gérer.
A y repenser, je trouve ça fou : le handicap ne commence pas après 7 ans tout de même !
Bref, j'ai eu l'impression d'être lors d'un match de ping pong et de m'être complètement défoncée pendant une demie heure.
Heureusement qu'on a un quart d'heure au bas mot avant de reprendre la suite avec celle qui évalue le côté psy. Je me suis même demandé l'espace d'un instant si ça valait le coup que j'aille au second entretien tellement je me sentais rayée de la liste.
Là, lors du second entretien, elle te demande comment s'est passé le premier et que là tout de suite en y repensant, qu'est ce que tu aurais fait différemment. Moi je lui ai répondu que je ne me serai pas embourbée à parler du handicap. J'ai eu l'impression de me mettre au tas toute seule.
La seconde (celle dite psy) a été intéressante et j'ai eu l'impression qu'on me donnait une nouvelle chance.
Et tu verras, si tu es attentive à la formulation de leurs questions, elles te font la même des deux côtés.
-Est ce que tu as une préférence sur la tranche d'âges des enfants avec qui tu vas travailler?
-Est ce que tu veux faire EJE pour obtenir de la reconnaissance?
-Est ce que tu arrives à décrocher le soir chez toi lorsque tu vis des difficultés dans la journée?
Et aussi et surtout le truc qui revient à chaque fois si c'est la première fois que tu le passes : C'est la première fois que vous le passez, vous avez tenté d'autres écoles?
-Que se passe t-il pour vous si vous n'êtes pas admise cette année?
Bref, le mot d'ordre que je te donnerai et c'est le conseil que je retrouve à force de fouiller un peu partout sur internet :
Reste toi-même, montre ta motivation, essaie de ne pas laisser de blanc après leur questions (sauf si tu sens que tu en as besoin pour ne pas raconter de boulettes), et ne te fais pas démonter.
Tu sais pourquoi tu es là et pourquoi tu veux faire ce métier.
Aussi, je voudrai te rassurer par rapport à ce que je viens de te raconter. L'EJE que j'ai eu en face de moi a dû comme toi, constater rapidement que j'avais un peu de caractère et je pense que c'est aussi pour cela qu'elle m'a poussée dans mes retranchements.
Je ne pense pas que ça ne se passe pas comme ça à chaque fois. Ils semblent adapter leurs attitudes en fonction des personnes qu'ils rencontrent.
Plein de courage pour le 17 !!!
