Entre Autres...
Publié : 15 août 2005 04:25
Bonjour,
Quelques mots d'absence.
Amoureux d'une femme, impossible histoire. Enfance douloureuse, adolescence houleuse, la trentaine s'annonce être la fin d'une maladie : le commencement.
Ecriture ci et là au fil des âmes. Errance jusqu'à l'orgasme solitaire. Douleurs d'être, mais pas de vivre. Les messages se laissent tomber, les phrases coulent à ma place l'immarcescible rencontre, l'être cru lorsqu'on le découvre sous le fil de soi.
La réponse est en moi, mais la peine me recouvre. La mélancolie s'intensifie, devient sens, depuis l'introjection de la personne aimée. Elle est d'une grande justesse ; pourtant, nous ne nous connaissons pas. Une inconnue qui me lance du beau dans l'air, moi qui ne court plus après le train. Les "autres seuls" partiront en fumée dans la vie mise à prix. La valeur n'est plus sensée, ignore le sensible, économise pour aller plus vite dit-on, plus loin précise-t-on. Peut-être. Si le progrès serait la seule voie pour évoluer, cela se vivrait. Lutter contre le rétrécissement c'est devenir une cécité, un trou, le dindon de la farce.
"Il ne faut pas regarder les grandes personnes dans les yeux"...
Non, ce n'étaient pas les paroles maternelles, mais peu importe le temps. Tout emporte les courants du vent. Il n'existe pas de grandes personnes, juste des enfants perdus.
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Être amoureux d'une personne, chargée de mission rmi, qui "s'occupe" de loin pour ne pas tomber sous l'affect de votre dossier, c'est une situation complexe lorsqu'elle est vécue, ingérable de mon côté. Mes émotions ne sont plus sous la vivacité de la passion, c'est de l'Amour qui ne demande qu'à vivre des moments, des rencontres, une connaissance avec elle, peut-être plus... ceci pourtant est fondamentalement impossible. Inutile de me persuader du contraire, les bonnes raisons sont en moi. Inutile d'embêter cette femme, de la déranger dans la vie qu'elle mène. Mes lettres, mon approche l'ont importuné, la hiérarchie a décidé de réagir, elle ne souhaite plus me voir.
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Je l'accepte.
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La souffrance est indescriptible vraiment. Même si ma difficulté à parler, mon vocabulaire panné, s'est découvert sous une aphasie partielle. Autrefois on me disait "dans la lune", on m'a conditionné, fabriqué sous la grande timidité, sans nullement voir le faisceau du prime qui déformait le réel dans une réalité erronée, sans comprendre que le manque de confiance n'était qu'une surface, une conséquence.
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Jamais il me fut possible d'être aimé.
Voilà pourquoi nulle espérance de vire une histoire amoureuse avec cette personne. Simplement, ma déclaration était une réponse, envers elle parce que l'aimer et lui dire me permet de venir au monde. Celui qui m'était juste autorisé sous le flot de mes pensées.
Elle est la seule personne rencontrée sous l'Amour. Mes convictions les plus illusoires volèrent en éclats, en d'innombrables morceaux que je ne cessais de vouloir rassembler pour trouver la voie. Cela fait presque trois années que l'amoureux apprend de lui Même et d'une Autre. Cela fait surtout une année que la souffrance d'aimer dans une histoire où je n'ai partagé aucune autre existence, s'étale un peu partout. C'est cette année que j'ai "agis" pour lui dire au combien nous sommes un trésor. Peut-être me trompè-je, mais ce que ses yeux m'ont dit, c'était : de grands Temps.
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De nombreux plans occultent l'essentiel.
D'abord, je ne sors plus depuis des années. Jusqu'à me croire agoraphobe, puis schizophrène. Effectivement, puisque "je cherche" mon histoire, décortique le non vécu. Il me croient sans doute un peu stupide parce que ma difficulté à parler peu le donner à croire. Même si je pense profondément être en moi l'idiot du village. Récemment, j'ai découvert l'aphasie, chez moi ça toucherait l'aire de Broca, ça explique donc pourquoi je perçois le monde compris avec peine à formuler le mien sous la langue.
Non, j'ai saisi, ce n'est pas un "barrage". C'est avant même de trouver les mots, de construire le corps de mes pensées. Je capte la cible, mais la flèche ne l'atteint jamais et stoppe sa course nette. Certain que Karen comprend, si elle se souvient de mes mots enfuits.
Nul choix, vraiment. Non pas que la tendance veuille s'emparer de ma fibre individuelle, nullement envie de collectionner les relations, ni de mourir par millions à la télévision. Toute la société actuelle est beaucoup trop loin et je ne la désire pas. La planète ne donne pas envie de baiser, c'est certain. Karen, je ne suis pas cette victime là, je suis un Autre. Pas un pilote de chasse qui rêve à être chanteur... tu comprends ? L'univers souffre de la vie qui l'incarne. J'ai mal à Dieu, sans y croire, sans histoire.
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Poser un baiser sur ses lèvres, parcourir de tendres gestes, ça me fige. Imaginez seulement qu'une femme veuille en savoir plus sur moi, elle devra attendre et ce même dans une approche physique et embrassante (se prendre dans les bras, par exemple) avant de prendre le goût des sens. J'ose ressentir accorder toute mon attention pour quelqu'un et de vivre pleinement, en entamant mes projets. M'accorde seulement de vivre amoureux sous le sceau de l'indépendance personnelle et mon individuation cheminante.
En l'heure, je ne sors plus ou si peux, depuis le début de cette année 2005, je suis sorti de chez ma mère, par six fois. La cause, notamment, de ce rejet de mon existence suite au rejet incessamment subit des autres, de certaines personnes plus précisément dans le cours de la vie, se tient dans la négligence de moi même, de l'emprise d'un environnement non favorable, se tient du malaise subit de la civilisation lorsqu'il m'apparut comme une fatalité de ne pouvoir construire ma vie, à partir d'une simple formation il y a une dizaine d'années. En avance, sans doute sur mon temps, je prédisais vouloir ne pas exercer la même activité à vie. La suite fut un désastre jusqu'à mes vingts-six ans, où après un an de sodomies par l'enfer, j'acceptais un accompagnement sous le devoir en percevant le RMI.
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La première apparition de cette personne était un grand bien être, sans réaliser encore ce qui se passait en moi.
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Je cherche sa tendresse, comme être l'inaccessibilité. Ma situation est périlleuse, je me sens condamné à empreinter uniquement la distance pour approcher les autres. Donc à être perçu comme un malaise, aux limites des comportements du psychopathe.
La dépression m'envoie beaucoup moins dans les vagues, l'écume emporte le céleste, Rimbaud lui même en notait à propos de l'oiseau des rouées. Nulle habitude de citer, je réalise une exception.
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"Je fis un voeu : mes ailes d'Empyrée toutes trouées
Ma fiole couverte de l'or des horizons funestes
Et célestes me mirent de glace en échos nets
Je vis un feu où se regardait l'oiseau des rouées."
(Rimbaud)
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Le moins évident se trouve dans l'ignorance mienne de votre improbable lecture, ici, Karen. Depuis quelques mois, j'écris dans un forum, un autre, plus proche de la ville où je réside. Je vous y invite au moins à prendre mes messages, dont certains vous sont destinés. J'espère être un peu plus digne, tout du moins retrouver ce sentiment de ne plus rien me voiler et de "me lancer", comme vous m'aviez dit. Vous êtes tellement présente et surtout vous me procurez ce sentiment que nous serions une relation d'Amour exclusif, non enfermante, bien au contraire.
http://reims.levillage.org/
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La beauté de l'Autre.
Quelques mots d'absence.
Amoureux d'une femme, impossible histoire. Enfance douloureuse, adolescence houleuse, la trentaine s'annonce être la fin d'une maladie : le commencement.
Ecriture ci et là au fil des âmes. Errance jusqu'à l'orgasme solitaire. Douleurs d'être, mais pas de vivre. Les messages se laissent tomber, les phrases coulent à ma place l'immarcescible rencontre, l'être cru lorsqu'on le découvre sous le fil de soi.
La réponse est en moi, mais la peine me recouvre. La mélancolie s'intensifie, devient sens, depuis l'introjection de la personne aimée. Elle est d'une grande justesse ; pourtant, nous ne nous connaissons pas. Une inconnue qui me lance du beau dans l'air, moi qui ne court plus après le train. Les "autres seuls" partiront en fumée dans la vie mise à prix. La valeur n'est plus sensée, ignore le sensible, économise pour aller plus vite dit-on, plus loin précise-t-on. Peut-être. Si le progrès serait la seule voie pour évoluer, cela se vivrait. Lutter contre le rétrécissement c'est devenir une cécité, un trou, le dindon de la farce.
"Il ne faut pas regarder les grandes personnes dans les yeux"...
Non, ce n'étaient pas les paroles maternelles, mais peu importe le temps. Tout emporte les courants du vent. Il n'existe pas de grandes personnes, juste des enfants perdus.
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Être amoureux d'une personne, chargée de mission rmi, qui "s'occupe" de loin pour ne pas tomber sous l'affect de votre dossier, c'est une situation complexe lorsqu'elle est vécue, ingérable de mon côté. Mes émotions ne sont plus sous la vivacité de la passion, c'est de l'Amour qui ne demande qu'à vivre des moments, des rencontres, une connaissance avec elle, peut-être plus... ceci pourtant est fondamentalement impossible. Inutile de me persuader du contraire, les bonnes raisons sont en moi. Inutile d'embêter cette femme, de la déranger dans la vie qu'elle mène. Mes lettres, mon approche l'ont importuné, la hiérarchie a décidé de réagir, elle ne souhaite plus me voir.
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Je l'accepte.
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La souffrance est indescriptible vraiment. Même si ma difficulté à parler, mon vocabulaire panné, s'est découvert sous une aphasie partielle. Autrefois on me disait "dans la lune", on m'a conditionné, fabriqué sous la grande timidité, sans nullement voir le faisceau du prime qui déformait le réel dans une réalité erronée, sans comprendre que le manque de confiance n'était qu'une surface, une conséquence.
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Jamais il me fut possible d'être aimé.
Voilà pourquoi nulle espérance de vire une histoire amoureuse avec cette personne. Simplement, ma déclaration était une réponse, envers elle parce que l'aimer et lui dire me permet de venir au monde. Celui qui m'était juste autorisé sous le flot de mes pensées.
Elle est la seule personne rencontrée sous l'Amour. Mes convictions les plus illusoires volèrent en éclats, en d'innombrables morceaux que je ne cessais de vouloir rassembler pour trouver la voie. Cela fait presque trois années que l'amoureux apprend de lui Même et d'une Autre. Cela fait surtout une année que la souffrance d'aimer dans une histoire où je n'ai partagé aucune autre existence, s'étale un peu partout. C'est cette année que j'ai "agis" pour lui dire au combien nous sommes un trésor. Peut-être me trompè-je, mais ce que ses yeux m'ont dit, c'était : de grands Temps.
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De nombreux plans occultent l'essentiel.
D'abord, je ne sors plus depuis des années. Jusqu'à me croire agoraphobe, puis schizophrène. Effectivement, puisque "je cherche" mon histoire, décortique le non vécu. Il me croient sans doute un peu stupide parce que ma difficulté à parler peu le donner à croire. Même si je pense profondément être en moi l'idiot du village. Récemment, j'ai découvert l'aphasie, chez moi ça toucherait l'aire de Broca, ça explique donc pourquoi je perçois le monde compris avec peine à formuler le mien sous la langue.
Non, j'ai saisi, ce n'est pas un "barrage". C'est avant même de trouver les mots, de construire le corps de mes pensées. Je capte la cible, mais la flèche ne l'atteint jamais et stoppe sa course nette. Certain que Karen comprend, si elle se souvient de mes mots enfuits.
Nul choix, vraiment. Non pas que la tendance veuille s'emparer de ma fibre individuelle, nullement envie de collectionner les relations, ni de mourir par millions à la télévision. Toute la société actuelle est beaucoup trop loin et je ne la désire pas. La planète ne donne pas envie de baiser, c'est certain. Karen, je ne suis pas cette victime là, je suis un Autre. Pas un pilote de chasse qui rêve à être chanteur... tu comprends ? L'univers souffre de la vie qui l'incarne. J'ai mal à Dieu, sans y croire, sans histoire.
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Poser un baiser sur ses lèvres, parcourir de tendres gestes, ça me fige. Imaginez seulement qu'une femme veuille en savoir plus sur moi, elle devra attendre et ce même dans une approche physique et embrassante (se prendre dans les bras, par exemple) avant de prendre le goût des sens. J'ose ressentir accorder toute mon attention pour quelqu'un et de vivre pleinement, en entamant mes projets. M'accorde seulement de vivre amoureux sous le sceau de l'indépendance personnelle et mon individuation cheminante.
En l'heure, je ne sors plus ou si peux, depuis le début de cette année 2005, je suis sorti de chez ma mère, par six fois. La cause, notamment, de ce rejet de mon existence suite au rejet incessamment subit des autres, de certaines personnes plus précisément dans le cours de la vie, se tient dans la négligence de moi même, de l'emprise d'un environnement non favorable, se tient du malaise subit de la civilisation lorsqu'il m'apparut comme une fatalité de ne pouvoir construire ma vie, à partir d'une simple formation il y a une dizaine d'années. En avance, sans doute sur mon temps, je prédisais vouloir ne pas exercer la même activité à vie. La suite fut un désastre jusqu'à mes vingts-six ans, où après un an de sodomies par l'enfer, j'acceptais un accompagnement sous le devoir en percevant le RMI.
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La première apparition de cette personne était un grand bien être, sans réaliser encore ce qui se passait en moi.
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Je cherche sa tendresse, comme être l'inaccessibilité. Ma situation est périlleuse, je me sens condamné à empreinter uniquement la distance pour approcher les autres. Donc à être perçu comme un malaise, aux limites des comportements du psychopathe.
La dépression m'envoie beaucoup moins dans les vagues, l'écume emporte le céleste, Rimbaud lui même en notait à propos de l'oiseau des rouées. Nulle habitude de citer, je réalise une exception.
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"Je fis un voeu : mes ailes d'Empyrée toutes trouées
Ma fiole couverte de l'or des horizons funestes
Et célestes me mirent de glace en échos nets
Je vis un feu où se regardait l'oiseau des rouées."
(Rimbaud)
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Le moins évident se trouve dans l'ignorance mienne de votre improbable lecture, ici, Karen. Depuis quelques mois, j'écris dans un forum, un autre, plus proche de la ville où je réside. Je vous y invite au moins à prendre mes messages, dont certains vous sont destinés. J'espère être un peu plus digne, tout du moins retrouver ce sentiment de ne plus rien me voiler et de "me lancer", comme vous m'aviez dit. Vous êtes tellement présente et surtout vous me procurez ce sentiment que nous serions une relation d'Amour exclusif, non enfermante, bien au contraire.
http://reims.levillage.org/
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La beauté de l'Autre.