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Entre Autres...

Publié : 15 août 2005 04:25
par TheD
Bonjour,

Quelques mots d'absence.
Amoureux d'une femme, impossible histoire. Enfance douloureuse, adolescence houleuse, la trentaine s'annonce être la fin d'une maladie : le commencement.

Ecriture ci et là au fil des âmes. Errance jusqu'à l'orgasme solitaire. Douleurs d'être, mais pas de vivre. Les messages se laissent tomber, les phrases coulent à ma place l'immarcescible rencontre, l'être cru lorsqu'on le découvre sous le fil de soi.

La réponse est en moi, mais la peine me recouvre. La mélancolie s'intensifie, devient sens, depuis l'introjection de la personne aimée. Elle est d'une grande justesse ; pourtant, nous ne nous connaissons pas. Une inconnue qui me lance du beau dans l'air, moi qui ne court plus après le train. Les "autres seuls" partiront en fumée dans la vie mise à prix. La valeur n'est plus sensée, ignore le sensible, économise pour aller plus vite dit-on, plus loin précise-t-on. Peut-être. Si le progrès serait la seule voie pour évoluer, cela se vivrait. Lutter contre le rétrécissement c'est devenir une cécité, un trou, le dindon de la farce.

"Il ne faut pas regarder les grandes personnes dans les yeux"...

Non, ce n'étaient pas les paroles maternelles, mais peu importe le temps. Tout emporte les courants du vent. Il n'existe pas de grandes personnes, juste des enfants perdus.

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Être amoureux d'une personne, chargée de mission rmi, qui "s'occupe" de loin pour ne pas tomber sous l'affect de votre dossier, c'est une situation complexe lorsqu'elle est vécue, ingérable de mon côté. Mes émotions ne sont plus sous la vivacité de la passion, c'est de l'Amour qui ne demande qu'à vivre des moments, des rencontres, une connaissance avec elle, peut-être plus... ceci pourtant est fondamentalement impossible. Inutile de me persuader du contraire, les bonnes raisons sont en moi. Inutile d'embêter cette femme, de la déranger dans la vie qu'elle mène. Mes lettres, mon approche l'ont importuné, la hiérarchie a décidé de réagir, elle ne souhaite plus me voir.

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Je l'accepte.

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La souffrance est indescriptible vraiment. Même si ma difficulté à parler, mon vocabulaire panné, s'est découvert sous une aphasie partielle. Autrefois on me disait "dans la lune", on m'a conditionné, fabriqué sous la grande timidité, sans nullement voir le faisceau du prime qui déformait le réel dans une réalité erronée, sans comprendre que le manque de confiance n'était qu'une surface, une conséquence.

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Jamais il me fut possible d'être aimé.
Voilà pourquoi nulle espérance de vire une histoire amoureuse avec cette personne. Simplement, ma déclaration était une réponse, envers elle parce que l'aimer et lui dire me permet de venir au monde. Celui qui m'était juste autorisé sous le flot de mes pensées.

Elle est la seule personne rencontrée sous l'Amour. Mes convictions les plus illusoires volèrent en éclats, en d'innombrables morceaux que je ne cessais de vouloir rassembler pour trouver la voie. Cela fait presque trois années que l'amoureux apprend de lui Même et d'une Autre. Cela fait surtout une année que la souffrance d'aimer dans une histoire où je n'ai partagé aucune autre existence, s'étale un peu partout. C'est cette année que j'ai "agis" pour lui dire au combien nous sommes un trésor. Peut-être me trompè-je, mais ce que ses yeux m'ont dit, c'était : de grands Temps.

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De nombreux plans occultent l'essentiel.

D'abord, je ne sors plus depuis des années. Jusqu'à me croire agoraphobe, puis schizophrène. Effectivement, puisque "je cherche" mon histoire, décortique le non vécu. Il me croient sans doute un peu stupide parce que ma difficulté à parler peu le donner à croire. Même si je pense profondément être en moi l'idiot du village. Récemment, j'ai découvert l'aphasie, chez moi ça toucherait l'aire de Broca, ça explique donc pourquoi je perçois le monde compris avec peine à formuler le mien sous la langue.

Non, j'ai saisi, ce n'est pas un "barrage". C'est avant même de trouver les mots, de construire le corps de mes pensées. Je capte la cible, mais la flèche ne l'atteint jamais et stoppe sa course nette. Certain que Karen comprend, si elle se souvient de mes mots enfuits.

Nul choix, vraiment. Non pas que la tendance veuille s'emparer de ma fibre individuelle, nullement envie de collectionner les relations, ni de mourir par millions à la télévision. Toute la société actuelle est beaucoup trop loin et je ne la désire pas. La planète ne donne pas envie de baiser, c'est certain. Karen, je ne suis pas cette victime là, je suis un Autre. Pas un pilote de chasse qui rêve à être chanteur... tu comprends ? L'univers souffre de la vie qui l'incarne. J'ai mal à Dieu, sans y croire, sans histoire.

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Poser un baiser sur ses lèvres, parcourir de tendres gestes, ça me fige. Imaginez seulement qu'une femme veuille en savoir plus sur moi, elle devra attendre et ce même dans une approche physique et embrassante (se prendre dans les bras, par exemple) avant de prendre le goût des sens. J'ose ressentir accorder toute mon attention pour quelqu'un et de vivre pleinement, en entamant mes projets. M'accorde seulement de vivre amoureux sous le sceau de l'indépendance personnelle et mon individuation cheminante.

En l'heure, je ne sors plus ou si peux, depuis le début de cette année 2005, je suis sorti de chez ma mère, par six fois. La cause, notamment, de ce rejet de mon existence suite au rejet incessamment subit des autres, de certaines personnes plus précisément dans le cours de la vie, se tient dans la négligence de moi même, de l'emprise d'un environnement non favorable, se tient du malaise subit de la civilisation lorsqu'il m'apparut comme une fatalité de ne pouvoir construire ma vie, à partir d'une simple formation il y a une dizaine d'années. En avance, sans doute sur mon temps, je prédisais vouloir ne pas exercer la même activité à vie. La suite fut un désastre jusqu'à mes vingts-six ans, où après un an de sodomies par l'enfer, j'acceptais un accompagnement sous le devoir en percevant le RMI.

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La première apparition de cette personne était un grand bien être, sans réaliser encore ce qui se passait en moi.

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Je cherche sa tendresse, comme être l'inaccessibilité. Ma situation est périlleuse, je me sens condamné à empreinter uniquement la distance pour approcher les autres. Donc à être perçu comme un malaise, aux limites des comportements du psychopathe.

La dépression m'envoie beaucoup moins dans les vagues, l'écume emporte le céleste, Rimbaud lui même en notait à propos de l'oiseau des rouées. Nulle habitude de citer, je réalise une exception.

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"Je fis un voeu : mes ailes d'Empyrée toutes trouées
Ma fiole couverte de l'or des horizons funestes
Et célestes me mirent de glace en échos nets
Je vis un feu où se regardait l'oiseau des rouées."
(Rimbaud)

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Le moins évident se trouve dans l'ignorance mienne de votre improbable lecture, ici, Karen. Depuis quelques mois, j'écris dans un forum, un autre, plus proche de la ville où je réside. Je vous y invite au moins à prendre mes messages, dont certains vous sont destinés. J'espère être un peu plus digne, tout du moins retrouver ce sentiment de ne plus rien me voiler et de "me lancer", comme vous m'aviez dit. Vous êtes tellement présente et surtout vous me procurez ce sentiment que nous serions une relation d'Amour exclusif, non enfermante, bien au contraire.

http://reims.levillage.org/

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La beauté de l'Autre.

Re: Entre

Publié : 04 sept. 2005 04:55
par TheD
Le refu de l'autre, parfois, c'est prendre la mort en soi, c'est ne pas vouloir vivre la séparation inexorable de l'autre à soi,quelqu'en soit les circonstances vécues.

La mort suture-t-elle les séparations à la vie ?

Certains choix se tournent vers la préservation de cette "toute mort" en soi pour ne pas la partager dans le vécu avec "tout autre" que soi. Ou de la peur de mourir dans l'esseulement si nous vivons une séparation douloureuse, faute de vivre la solitude si nous vivons dans une pleinitude qui se veut-être exclusive et non partagée. Pour ma part, la déclaration fut ce geste osé. Et l'impossibilité fut une réponse comprise. La séparation est suturée par la mort, à la vie.

Encore mal de n'avoir pu tout expliquer, mais j'y reviendrai. Cela fait peut être parti d'une pathologie, mais besoin de dire que je si la source de mes maux est en moi, l'origine se trouve bien être une déclinaison produit de la négation de l'être potentiel. C'est, globalement en société, cet "être potentiel", ces "forces possibles" car "réelles" qui ne sont pas entendus, crus, enfin rejetée par un nihilisme massif. Le refoulement de soi passe par sa propre négation, dirais je par la participation et le sacrifice. J'ai, illusoirement, voulu faire connaissance avec Karen pour, peut être, et bien être humain.

Je n'arrive pas à concevoir de me faire suivre par la voie psychiatrique. Ce n'est pas dû aux illusions collectives et la représentations de masse à propos "du fou". Chacun, selon moi, porte "le fou" en soi. La folie est socialement non démonstrative...

Si je ne laisse pas advenir l'acceptation de ce suivi psychiatrique, c'est parce que je formule une réponse. C'est, je le comprends mieux, une forme de sacrifice pour ne plus que des histoires comme la mienne se reproduise. Surtout lorsqu'on est dans le "non urgent" car "ni étranger, ni précaire, ni trop ni pas assez diplomé, ni pas assez ceci ou cela"... mais seul, terriblement esseulé.

Re: Entre

Publié : 09 sept. 2005 08:08
par TheD
Bonjour,

Je ressens encore le besoin de "justifier" de mon passé. Mais outre cela, je mange un peu plus régulièrement. Ca va mieux. Et puis je me concentre peut être plus sur les impératifs économico-sociaux...

Karen, elle se trouve plus loin, en moi. Je parviens à prendre cette distance. Je me pose encore beaucoup de questions à propos du CI, mais cependant je ne veux pas renvoyer l'image d'un profiteur. Je refuse donc le AAH et on verra à la prochaine suspension du rmi. En tout cas, sans doute ferais je des démarches pour tenter de me rendre autonome dans le quotidien. Je suis à bout de vivre dans les conditions qui s'imposent...

Nullement envie de passer par le CMP. Compte tenu de la politique actuelle, compte tenu que des "gens comme moi" pourrait être marqués au fer rouge... j'aimerais laissé un dossier psychiatrique le plus "blanc" possible. Même si mes débordements m'ont fait un peu remarqué, ce n'est pas si grave en moi, c'est de l'amour et chez moi, Karen reste une très belle rencontre :)

J'aimerais glisser cette image, ligne ci dessous à copier coller dans la barre d'adresse du navigateur :

http://img368.imageshack.us/img368/928/thed4ex.jpg

destinée spécifiquement à Karen. Voilà... pour les quelques nouvelles.

Bien à vous,
Thierry.

Re: Entre

Publié : 19 sept. 2005 03:23
par TheD
La vie nous rêve, la mort nous enlève.

Alors puise en nous d'autres eaux noires comme autres mots pour tenir le coût... face à ceux là même qui se donnent un prix, celui là même qui nous confronta un jour avec la dure réalité d'outre eux mêmes, ces ventilateurs, ces fans qui se croient vivants marqués du symbole de toutes les modes synthétiques, jusqu'à se croire si hors du moule qu'ils en oublient comment échapper à sa conformité.

"Maman, t'as pas 100 euros ?" "Sinon j'existe pas !" "Si je mets ça on va me tuer !" "Comment je vais faire pour me moquer des bouffons si je suis pas tendance ?"

Le rêve. Celui là même qui brûle la société dans sa propre extinction. J'ai vu un vieux, un ermite, un sage assit sur sa pierre. Le chemin fut long, mais l'autre s'en moquait bien de ce détail, il l'était tout autant pour lui même. Il semblait être un seul corps dans la matière qui le représentait. Sa barbe n'était plus lavée, mais un air presque devenu agréable s'en dégageait. Ses yeux faisaient mine de ne rien savoir, mais il était bougre. Il me voyait très bien.

"Ne dis rien, je sais pourquoi tu es là..."

Il me présente plusieurs objets dont chacun était magique.
Un miroir, un coffre, une dague, une plume, une gourde contenant de l'eau plate.

"Chaque objet possède ses principes, ils sont là parce que tu es là. Mais un seul d'entre eux t'accompagnera et fera foi de celui que tu es."

Alors, l'idée me passait ; au fond je n'avais rien demandé. J'étais juste échoué, comme lui, écrasé dans l'ennui et dont les rêves tranquillisaient ce corps impur d'incapacités. Dont le rêve principal était celui d'un train.

Dans lequel "je me trouve".
Il roule à vitesse grande et un peu comme dans un bus, je suis dans le premier wagon et je vois le tout devant par delà la vitre du conducteur. Et puis sortant d'un virage qu'une moyenne butée ne pouvait nous laisser le présager, un autre train arrive face au notre à vitesse égale, sur la même voie, dans la direction contraire. L'impact est inéluctable et puisqu'il faut plusieurs centaines de mètres pour stopper une telle course, aucun des "deux conducteurs" de l'un et l'autre train ne prennent la décision de freiner puisque nous sommes certainement morts. Les gens autour de moi "conscients de leur existence finie" paniquent sévère. De mon présent éteint dans mon esprit, je reste calme mais alors cette pensée dans un réel émoi : "Et merde. Tu n'as rien pu faire de ta vie, il y avait tant de choses encore au delà de ce voyage à vivre. Et c'est déjà..."

Vois-tu, il y a deux rêves devant toi, me dit sûrement le vieux. Mais tu luttes contre la normalité, tu ne la laisses pas avoir gain de cause, parce que tu ne souhaites pas communiquer avec la norme, causer avec elle.

Et là, vraiment, j'avais envie de lui mettre une rouste à ce vieux schnoque qui n'y connaissait rien de ma vie, qui avait même oublié la sienne, un pauvre fou. "T'as gueeeeeeule" criait en moi une voix contre ce vieux champignon sur la pauvre pierre contaminée "t'as gueule le vioc !"...

Mais de ces yeux presque les miens, il ne disait rien et ces objets étaient tout autant présents. Il me fallait les détruire sauf un...

Un miroir, merci je m'étais déjà dévoré la tête de toute la Terre...
Un coffre, et quels objets ne seraient que des fortunes à posséder et/ou à offrir... ?
Une dague, pourfendre mes ennemis passés ?
Une plume, créer et pouvoir aussi rétablir la vérité ?

Une gourde contenant de l'eau plate. En tout cas, la soif était bien présente.

Et j'avais soif.

Re: Entre

Publié : 20 sept. 2005 00:09
par TheD
Soirée bleue, caresses, indécence. Teintée de soul, éteinte dans une ambiance jazz. Serré contre une vie. Contre corps, ne plus penser. Petite frise fantasque. Le genre de soirée agréable, sous les affinités.

Puis il y a une phrase qui me revient, parvenue (peut-être) à l'aimée.

"Soit, en me rendant là où je dois être pour vivre (...)"

Comme un devoir être, oui parce qu'il existe celui là. Pour être vivant, il faut s'y rendre, et pour cela il faut rêver. Quant au principe de réalité, ça fait longtemps que j'ai décroché. Mais mon vouloir est d'y venir vraiment. Se sentir bien dans ses basks et ne plus rater les rencontres.

Comment doté d'une seule conscience et d'un seul corps puis-je atteindre le bonheur du monde ? Impossible, il faudrait lutter contre la douleur pour soulager celle des autres.

Alors, les rêves. Ces illusions de jeunesse. Moi, pas même un individu, ni moins un citoyen. Tout juste une personne, oui, personne amoureux de quelqu'un, oui, quelqu'un bel et bien indifférent, oui différent de ma compréhension. Pourtant elle s'intêresse à toutes choses comme moi, pourtant elle se pose aussi des questions dans ce monde, comme moi, pourtant elle est touchée par le tout Autre, comme moi. Elle est douce, pleine de tendresse si bien gardée, simple, d'une véritable gentillesse ce qui n'est pas courant. Sans arrières pensées, mais consciencieuse. Juste. Une femme très intelligente, cette intelligence qui sait trouver la main de l'âme pour parler. Bordée d'humour et de vécus. Elle me lance ce désir de voyager, avec elle. Et puis de travailler au bout d'un PC portable, sans jamais plus aucun mur.

Mais elle ne représente pas mes rêves...

Les rêves, ils commençaient à s'enfouir, ils étaient tus depuis mes 19 ans, cela fait donc exactement 10 ans.

Aujourd'hui...
ou comment devenir un légume nombriliste en 10 chapitres.

J'ai plusieurs pistes et plusieurs choses m'ont choqué lorsque j'ai découvert une chose, suite à mon dernier écrit pour Karen. Oui, quelque chose qui a une relation avec ce qu'on nomme le syndrome d'asperger et cela correspond avec l'un de mes passages pour karen :

"(...) C'est à dire la «connexion» dans mon esprit du geste, si vous voulez, les capacités de mon cerveau droit ce sont «éveillées» (éteintes depuis mes 19 ans, âge du premier «bouleversement» véritable alors je ne réalisais pas vraiment ce qui m'arrivait). Et je puis vous dire que je ne tiens pas à «lâcher» cela de si tôt. Cet éveil dans mon esprit pour projeter, dans une approche plus technique mais très émotive (...)"

Du coup, je ne sais plus trop où me situer en relation à cela. Aphasie, Asperger, peut être même une schyzophrénie simple, ça me troue vraiment le derrière ! Plus ça va, plus je me colle tous les maux c'est vraiment n'importe quoi, cela n'a plus de sens. Mais aller au CMP, c'est prendre un risque politique à venir. Car nous serons individuellement fichés et qui nous gouvernera ?! Le secret médical n'en sera plus un, et "le droit de rémission" n'en sera plus. Enfin, il faut que je laisse ma parano de côté, c'est saoulant. En plus, j'aimerais vraiment aller mieux et ne plus jamais reproduire une si forte rencontre comme avec Karen. Je suis toujours intimement convaincu, lorsque je me trouverais vraiment, d'être son homme, pour ainsi noter. Et de vivre ensemble, de voir chacun ce que l'autre fait, aussi. Mais bon... ce n'est sûrement qu'une impression.

Re: Entre

Publié : 20 sept. 2005 22:39
par Princesse lili
La faculté de penser peut devenir tellement douloureuse parfois : elle me fait parfois suffoquer et hurler de douleur en mon for intérieur.
Compter et recompter sans cesse :tel est mon quotidien. Je ne suis pas folle moi non plus ,je souffre d 'arithmomanie, un trouble obsessionnel compulsif qui m 'angoisse et me gêne souvent dans ma vie sociale.
Cette maladie m' oppresse et je cache mon mal-être depuis 20 ans à mon entourage car personne ne comprendrait.Si je me confie à toi ce soir THED, c'est parce que je pense que nous souffrons tous les deux; chacun différemment peut-être.....
J'ai souvent envie de fermer les yeux et ne plus songer à rien mais cela m'est impossible.

Re: Entre

Publié : 21 sept. 2005 03:30
par TheD
Bonjour,

Arrives tu à exercer une profession ?

Pour ma part, entre autres je suis atteint d'un trouble obsessionnel compulsif depuis environ l'âge de 15 ans, je me suis lontemps gratté le cuir chevelu à sang, et aujourd'hui, même si j'ai "appris" à minimiser cet acte, ça continue encore. C'est évidemment une conséquence, non un point de départ. Ce trouble ne s'en arrête pas là, mais je n'ai pas envie de fournir plus de détail. Certain qu'un psy saurait déjà jusqu'où ça va.

A savoir quand même que je parviens à contrôler ce geste en situation sociale. Mais plus les contacts sociaux augmentent, et plus dans mon intimité je me gratte la tête. Je ne sors plus du tout, je ne me gratte plus trop la tête... mais ce n'est pas seulement lié à cela, il y a une grande part psychique qui a prit le relais dans mon mal, dans le sens où d'autres troubles, d'autres dépendances se sont formulées.

Je pense que c'est symboliquement pour atteindre "ma personne", creuser à la source du bien. Hors, je sais pourtant ne pas être clivé, vois tu, donc non dangereux, fort heureusement. J'essaie de me dire que cela n'empêchera pas de rendre possible une histoire. La mienne, si une autre voudra bien se raconter.

Ton mal me parle, en tout cas. J'imagine l'épuisement intellectuel, les ressources que cela doit prendre, aussi la rage de ne pouvoir qu'en dépendre, finalement.

Je suis capable de lire tes ressentis, de recevoir ta lecture...

Bien à toi,
Thierry.

Re: Entre

Publié : 21 sept. 2005 11:19
par Princesse Lili
Il m' arrive souvent de croiser des gens dans la rue et de me dire "peut-etre qu'ils comptent aussi en ce moment"!
J'ai besoin de vérifier aussi que tout est rangé et d'avoir le contrôle mais je ne peux réellement y parvenir puisque ma névrose prend le dessus:tout un paradoxe.......
Lorsque j'étais enfant, je craignais sans cesse que mes proches souffrent,qu'il leur arrive malheur:j'accomplissais alors des rituels pour me rassurer mais le soulagement ne durait pas longtemps:il me fallait sans cesse recommencer.
J'ai l'impresssion que ma névrose évolue en changeant de forme mais je ne peux m'empêcher de compter.
Cette maladie fait partie intégrante de mon être et je parviens à travailler depuis quelques années.Je m'attache beaucoup aux gens même si la solitude reste mon amie la plus chère.
Princesse Lili

Re: Entre

Publié : 21 sept. 2005 12:33
par Princesse Lili
J'ai essayé d'en parler à un collègue de travail en qui j'avais confiance mais j'ai décelé à temps son manque de compréhension : il n'a en fait pas compris ma démarche qui n'avait que pour but de me confier.Je me sens plus seule que jamais face à ma névrose et j'espère pouvoir me confier à toi Thed.
Princesse Lili.....

Re: Entre

Publié : 21 sept. 2005 13:41
par TheD
Bonjour,

En ce moment je suis acculé contre le fait de me rendre obligatoirement au cmp, sinon c'est l'hospitalisation par demande d'un tiers. Mon paradoxe à moi c'est à la fois de vouloir sortir, avancer, parler à des gens, si possible autre que "professionnels" - et dans le même je me suis barricadé, je ne sors pas, ne vois plus personne, me sens mal à l'aise. Je veux vivre et mourir, dans le même temps. Je peux accepter un suivi psychiatrique par le cmp mais c'est me déplacer qui pose problème. De plus mes proches n'ont pas de véhicule, j'arrive seulement à prendre l'itinéraire pour aller rencontrer Karen, tout du moins son lieu de travail. Puisqu'elle doit certainement ne plus penser à moi. Quoi que je ne le crois pas, dit-on qu'une "communication" ne "commence pas" et ne "termine jamais" entre deux personnes. Ainsi, dans ce système ouvert, entre Karen et Moi, il n'y aura jamais de fin, prit sous cet angle. Vois-tu.

Tu vois, je luttais contre cette idée depuis si longtemps - j'en avais touché timidement mot à Karen - que j'en suis là. Cependant, mon humeur est relativement stable ; je suis surtout chronicisé, sans "crise". Juste des phases mélancoliques, par moment intenses. Enfin, je sais que Karen est en congé, cette semaine, et mon coeur l'accompagne. Elle me change complètement, sans le savoir. Dans le bon sens...

Personnellement, le net fut ce moyen de "parler de mes problèmes". Parce que je refuse le soutien "d'aidants naturels", de mes proches, pour ne pas les plomber. J'ai une "micro autonomie" qui me permet d'être très supporté.

Ce n'est pas difficile, je pense être une personne, dans l'intimité, très agréable à vivre. Je m'intéresse à de nombreuses choses dans la vie, simplement parce que j'aime la vie. Ce qu'elle m'a offert, ce moyen de la connaître au moins de tout ses instants, durant mon si bref passage... éphémère. Alors, je cultive une certaine philosophie, je m'intéresse à ouvrir les champs fertiles, ces horizons, un projet de vie. J'essaie de reconstruire mon esprit, en construisant le monde, l'univers, en le dotant de ma compréhension. Comme un échange... il m'a donné la vie, je lui donne un esprit. Et nous sommes un, chaque un, pour ne noter instanton. Au fond, c'est un peu magique ! Et c'est ça, devenir un "trou blanc", laisser jaillir de soi la lumière, en tenant compte des ombres qu'elle projette, toujours.

Enfin, sache simplement que j'ai un peu de mal à tenir une relation régulière, à travers une correspondance. Ca provoque en moi une forme d'accumulation, et j'ai encore du mal avec la répétition des événements, l'habitude, les rituels qui s'installent entre les relations, pour ne parler d'interdépendance. Je me sens trop "libre" de ce que les relations impliquent. Cela parait "anormal" à un "ami" par exemple, de ne plus le contacter durant plusieurs semaines, mois... pourtant, c'est ma façon de vivre. Et pourtant, je respecte beaucoup les personnes, j'aime mon prochain, vraiment. Et pour la première approche véritable, je suis allé trop loin avec Karen. Je me dis que nous sommes, dans nos êtres, très proches l'un de l'autre. Nous avons un peu ce regard commun. Une façon d'être.

Tu as été accompagnée/suivie pour ces troubles ? As tu accepté ?

Thierry.