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Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 10:32
par Marylis
Bonjour Madame,

Si vous me permettez, je suis aussi éducatrice spécialisée et je suis désireuse de connaître ce que motive vos apprehensions par rapport aux éducs en général. Vous militez pour votre association.Je me suis intéressée et j'ai voulu aller sur votre site,n'étant pas dup avec l'informatique, je ne suis pas arrivé!.

Vous voulez bien nous illustrer avec des exemples??

A bientôt

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 10:55
par jerome (38 grenoble)
YO... Toutes ces histoires sont "surprenantes", mais non-orphelines, j'ai connu cela aussi... Dommage qu'il soit complexe de dire qui on est, donc de quel endroit on parle. Tout cela devrait cesser, je pense surtout aux abus concernant des personnes fragiles, déficients intelletuels, etc...
Simplement, c'est bas et dégueulasse...
Peut-etre a bientot
Jérome

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 12:36
par lefildarianefrance
Je n’ai jamais généralisé, je vous invite à relire mes précédents post.
Je parle de CERTAINS «éducateurs » et des familles que nous aidons, j’ai dit que :
Je travaillais avec la loi et non contre
J’ai même demandé à ce que l’on développe mes écrits, si ceux –ci n’étaient pas à la convenance des personnes fréquentant le forum !
J’ai même dit, que les bons pros étaient écartés du système ou qu’ils étaient tellement écœurés qu’ils en arrivaient à changer de métier.
Je me suis fait insultée par un éducateur à bout d’argument !
A ma connaissance, je suis le seul parent à dialoguer en direct sur ce forum !

Pour en revenir à votre question

Je n’ai aucune appréhension par apport aux éducateurs !
Nous ne sommes pas contre les éducateurs (dont certains sont formidables et remarquable) mais nous sommes contre la bêtise humaine.
Certaines personnes se disent supérieures et protégées par leur hiérarchie. Elles peuvent faire ce qu’elles veulent au détriment de l’ENFANT et de sa Famille.

Nous ne sommes pas contre l’accueil d’un enfant qui parfois semble nécessaire.
Quand l’accueil initial n’est plus d’actualité et a été résolu, il ne faudrait pas que cela perdure dans le temps en inventant ou créant d’autres situations qui n’ont aucun sens.
Un enfant ne pourra évoluer sur son lieu d’accueil qu’à 2 conditions :
- (1) qu’il sache pourquoi il est accueilli
- (2) qu’ils se rendent compte que ces parents sont aidés !

Vous me demandez des exemples ? J’en ai + de 1450.
Une récente situation que nous avons suivit pendant 10 mois ! (Septembre 2007 à juillet 2008)

Mme X vient nous rencontrer car il lui est impossible de reprendre son enfant et ne comprend pas pourquoi.
Voici la situation de la maman qui l a amené à confier son enfant à la protection de l’enfance.

Il y a 5 ans, abandonné par le père, se trouvant dans une situation de précarité (sans logement, sans travail, donc pas de revenu) demande de l’aide à la protection de l’enfance.
Un accueil administratif a été mis en place. Sa fille a été prise en charge par les services (jusque là tout va bien)
Par contre, La maman n’étant pas d’accord à rencontrer sa fille une fois par mois pendant une heure, l’éducatrice demande aussitôt un accueil judiciaire.
Motif: La maman ne collabore pas (Etonnant quand même)
En 5 ans la situation n’a pas bougé. Une heure de visite mensuelle. Ce qui fait que la maman n’a vu sa fille que 55 heures en 5 ans, ce qui fait 2 jours et demi plein !
Pourtant la situation de la maman a évolué. Mariée depuis 2 ans, Logement de 4 pièces, emploi, revenus assurés !
Malheureusement, elle ne peut reprendre sa fille. Pourquoi ?
Je vais vous passer tous les commentaires et démarches que nous avons fait ensemble (la maman et nous)
Ce qui fait que 10 mois plus tard, l’enfant est revenus définitivement au domicile de sa maman et de son beau père sans mesure d’A.E.M.O (Je remercie la directrice de la protection de l’enfance pour sa très grande compétence, qui a fait que la situation a pu avoir une fin)
Pour le nouveau juge, ce placement n’aurait jamais dû être aussi long !
Merci Marylis d’avoir ouvert un sujet ! Bonne journée à vous !

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 13:01
par Marylis
Bonjour Jerome,

Je suis d'accord avec toi, c'est pour quoi il faut effectivement le dennoncer. Le problème est plus complexe.

Je vais te raconter une situation que j'ai vécu:

Il y a quelques années, j'ai travaillé en CLIS (Classe d'Intégration Scolaire) pour une association parentale pour des enfants autistes. J'avais à ma charge ce groupe d'enfants et par l'utilisation d'une méthode on devait les aider à acceder à la lecture et à l'écriture. Il se trouvait que l'Institutrice qui travaillait avec moi, ne connaissais rien du tout de l'autisme donc je l'ai formé afin de travailler ensemble pour le bien des enfants.

Comme j'ai une formation précédente de kinési, il m'était facile de proposer des projets individualisés aux enfants en partant de leur corps. C'était ainsi que par des gestes de la vie quotidienne, je consellais les parents à s'en saisir des situations du quotidien pour aider leurs enfants, exo: développer la lateralité pour écrire.

Trois mois après, il y a eu la réunion de synthèse avec l'association et la directice de l'école... Il se trouvait que je ne pouvais pas placer un mot. Pourquoi? parce que je n'était pas responsable de la classe sinon l'Institutrice. C'était elle le porte parole du travail accompli en classe, alors que c'était moi qui l'organisais.

Un peu insatisfaite, j'ai demandé à cette collègue: quelle a été ta motivation pour travailler auprès des enfants autistes?...elle m'a répondu, monter de grade. Je sais que pour devenir Directrice d'un collège, il me faut une expèrience comme celle-ci. Je m'en sers de cette classe pour acceder à des fonctions plus importantes.- au moins, elle était sincère-

Comme j'avais le sentiment d'avoir été abusée, j'ai cherché à comprendre auprès de la directrice de l'association, la psychologue et le psychiatre le pourquoi du ce déni concernant les conditions de mon travail. Pourquoi je n'avais pas été prévénu lors de la signature de mon contrat??...sans réponse, on m'a trouvé caractériel et j'ai eu droit à un prèmier advertissement. Je demandais du matèriel éducatif pour travailler avec les enfants..., je commençais à avoir des refus.

Ne sachant pas quoi penser, je découvre au sein de l'établissement scolaire que je suis considérée comme "aide-éducatrice" et pas comme éducatrice spécialisée. Qu'il valait mieux se taire parcequ'ils avaient vue déjà, "d'autres" défiler et être remplacés sans problème.

J'étais deçue!!!... j'avais cru, je me donnais la peine de travailler un programme pour chaque enfant en fonction de leurs difficultés..., je formais l'Institutrice...quelques fois sur mon temps personnel et sur celle de mes enfants, parceque je trouvais mon métier passionnant, parceque j'étais encouragée par les parents, parceque je voyais les enfants évoluer et que je découvrais mes capacités de créativité et d'imagination.

Non, je rêvais!!!!j'avais besoin d'un minime de reconnaissance de la part de mon association. Je suis partie comme une malpropre.
L'Institutrice est en poste actuellèment en tant que directrice comme elle l'avait souhaité.

J'ai tant d'autres à vous raconter!!!

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 13:28
par Marylis
Bonjour à tous,

Je vous prie de m'excuser de ma façon d'écrire. Je commets beaucoup des fauts d'orthographe ce qui m'empêche pas de réflechir :oups!:

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 14:38
par sansan
Quel débat!! Je rentre d'un mois de transfert, mais les choses n'avancent pas...Certes il y a des abus, mais quand est-il pour les analyser et les prévenir!!!
Oui, parfois le maintien en placement de l'enfant peut sembler long, oui c'est une violence que l'on fait aux enfants (dans le monde merveilleux de Sandrine les enfants ne sont pas placés...), oui un profond sentiment d'injustice anime les parents qui se voient spolier de leur rôle...
Mais pour combien d'enfants le retour au domicile n'est qu'une suite de désillusions et de destructions!!
Travaillant dans une MECS depuis quelques années, il ne me semble pas que le retour au domicile dépendante de ma seule décision, c'est une décision qui incombe au juge uniquement...
Alors c'est vrai que certaines brebis sont écartées à cause de loups qui maltraitent les enfants...Mais que faire?...
Fil d'ariane, vous avez la solution??? Aidez les quelques éducateurs et travailleurs sociaux motivés et investis dans leurs fonctions la cherche depuis si longtemps...Aidez-nous!!

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 15:26
par lefildarianefrance
Marylis

L'orthographe est secondaire.

Pour répondre à sansan:

Nous travaillons sur les situations d'accueil abusif!

Vous dîtes que c'est une situation qui incombe au juge. Alors premettez moi de ne pas être d'accord avec ça. Tout le monde sait que le juge s'occupe de 400 à 450 dossiers. Il fait confiance aux travailleurs sociaux pour le suivit de cet enfant. Donc si les rapports sont mensongers, le juge validera les décisions prises par les travailleurs sociaux Que l'on ne me dîtes pas que c'est inexacte, j'ai assez parlé à des juges pour connaître le principe.
C'est pour cette raison que la cour d'appel est là, c'est pour pour une contre décision prise précédemment par un confrère.

Vous me dîtes: que faire ?
Si j'ai la solution ?

Une petite question !
Pourquoi êtes-vous éducatrice ?

Par contre, je ne m'inquiète pas du tout pour les éducateurs et travailleurs sociaux motivés et investis dans leurs fonctions, ils font déjà un excellent travail Ils n'auront pas besoin d'aide.

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 16:18
par Marylis
LEFILDARIANEFRANCE,

Mme,
C'est en nous apportant des exemples que vous pouvez contribuer à la réflexion de notre pratique éducative.
En effet, une fois que l'enfant est sortie du système, nous avons du mal à évaluer les effets de la prise en charge. Pour information, dans un service, l'éducateur n'agit pas seul. Il y a une équipe derrière lui, composée par plusieurs collègues et un psychologue.

Bien sûr, lors de la prise en charge, l'éducateur référent est responsable des questions qu'il se pose à propos de l'enfant, des moyens qu'il se donne pour accomplir ses objectifs, du regard qu'il porte sur l'enfant et des écrits qu'il fourni à l'ASE ou au juge.

Je pense que votre engagement peut nous permetre à avoir cette prise de conscience et donc remmetre en question nos pratiques éducatives.

Sachez que dans notre domaine, il y a beaucoup des gens qui font fonction d'éducateur mais qui n'ont pas forcement ni la formation ni la maturité affective pour exercer cette profession.

Cette situation devient de plus en plus fréquente en raison des problèmes budgetaires et de la politique sociale. C'est à votre organisme d'exiger une qualité des services.
C'est, par votre présence aux forums et au sein des associations concernées par la protection à l'enfance que vous pouvez faire bouger les choses.

Pouvez vous nous apporter un autre exemple?

Pour sansan,

Je sais bien, que tu as l'impression que les choses n'évoluent pas mais... comme tu le dis, c'est en évoquant tous ces exemples que justement nous pouvons les analyser et les prevenir.

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 02 sept. 2008 22:07
par lefildarianefrance

J’interviens déjà dans des formations d’éducateurs et directeurs, dans des colloques et autres….

Ce que je reporte n’est qu’à l’appréciation de la personne qui veut l’entendre.
Mais à cela, il faut qu’elle soit consciente qu’un fossé sépare le parent du professionnel. Et comment faire pour que cela change ?
Chacun sur ça rive ? Il suffit d’y installer la passerelle de la confiance.
______________________________________________________________________

Tous les parents qui ont repris leur enfant (quelque soit son âge) devraient suivre une thérapie familiale.
L'enfant a des questions à poser à ses parents sur son accueil (le pourquoi, du comment) et les parents doivent expliquer à l'enfant comment ils en sont arrivés là ! Car, bien souvent ils n'ont pas les mots adéquats à l'enfant.
Sans cette thérapie, le retour peut-être catastrophique et malheureusement, on revoit des enfants et des parents retourner à la case départ.
Je sais que certains professionnels préconisent cette thérapie , mais n'étant pas dans la même situation que nous "anciens parents d'enfants placés" la portée de leurs mots ou conseil n'auront pas le même effet. Alors que l'idée est la même !

Si la confiance s’installe dès le départ entre le parent et le professionnel, vous pouvez être assuré d’un bon résultat, même après le retour de l’enfant.

"On entend souvent les parents dire :
Je n’ai pas confiance en l’éduc. ! Au départ on fait toujours confiance, on est un peu naïf. On pense qu’il va nous aider, mais en fait, non, il déforme tous nos propos et ça nous porte préjudice.
Alors maintenant on ne dit plus rien, on dit que tout va bien, alors que tout va mal !"

C'est ça qu'il faut éviter.


Quand l’AEMO est terminée, les enfants comme les parents sont lâchés dans la nature (je me comprends quand je dis ça) ils devraient pouvoir, en cas de question, retéléphoner à leur éduc pour faire le point et obtenir des réponses !
Ce que nous appelons un bon suivit. L’éduc. n’aurait pas cette angoisse en ce demandant, si le retour qu’il préconise va bien se passer.

Au Fil d’Ariane France
Les parents dont les enfants sont retournés chez eux, nous côtoient toujours, et, à la moindre alerte, nous appelle. Nous les recevons et remettons ensemble les choses dans leur contexte.
Une psychologue est à leur disposition sur RDV téléphonique ou physique.
En attendant d’être reçu par la psy, les parents peuvent appeler nos écoutants ! Qui juge l’urgence de la situation ! Quelques fois la demande du parent est moindre, mais le fait d’avoir appelé, il se sent vite rassuré ! Il y a eu une écoute (ce qui est très important)

Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?

Publié : 03 sept. 2008 08:52
par Baleste
Et bien, pour un forum qui devait s'arrêter, voila que ca chauffe. Et c'est tant mieux.

Bon, on ne va pas revenir sur la manière dont j'ai posé la question : je sais que j'ai été lapidaire, donc, fatalament maladroit.
en tout cas la parole se débloque et c'est tant mieux.

Je vais être un peu rapide car je dois partir assez loin et j'ai de la route à faire.

A propos des juges : qu'ils décident ou non (placement, tutelle etc...) de toute manière il est clair qu'ils ne peuvent pas travailler de manière absolument efficace. Ils sont en général surchargés de dossiers (je connais les tutelles, par exemple. Parfois un millier et plus de dossiers... Combien de temps pour écouter une personne, pous "peser" un cas ???)... Et là, les abus... bonjour !!!

Pour les placements qui durent. Je me souviens que -jeune éduc spé- à mon deuxième poste (déjà) j'avais été suffoqué qu'un directeur prolonge une prise en charge d'une année parce que il y avait le prix de journée et le gamin n'était pas trop perturbant (au moins ce dirlo était loyal)... En d'autres termes : l'argent allait rentrer sans trop nous fatiguer...

Pour Maryliss : le nombre de fois où on se fait "piquer" son travail par des gens parvenus qui se moquent des handicapés comme de l'an quarante est incalculable !!!
Ca m'est arrivé personnellement l'an dernier, encore. J'avais monté une GROSSE opération pour faire passer un CAP à des travailleurs handicapés. Qui ont réussi ! et mon Dg m'a carrément volé l'idée et surtout "la gloire" (pour lui, car pour moi c'était plutot le plaisir) du résultat. Il a organisé remise des titres, photos dans la presse etc... et il n'y en avait que pour lui, qui au départ, ne soutenait même le dossier de financement (pourtant garanti) par le conseil général enthousiaste...
Un an après, comme tu le vois, ca me bouffe encore....

Encore pour maryliss : n'hésites pas à raconter tes anecdotes. Tes exemples...

Pour tous : y-a-t-il un moyen d'imprimer ce qui est écrit dans les forums. Je ne désespère pas d'en faire une publication. (j'ai déjà été édité, mais pas dans le cadre de mon métier)...

A dans quelques jours. Bonne fin de semaine...