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Re: Entre
Publié : 23 sept. 2005 15:36
par TheD
Présent, mais absent de l'être.
Aucune présence,
vide de sans ; un sourire danse.
Et puis le contre sens, une langue à sang.
Jusqu'au fond du tuyau parmi les alvéoles, c'est le pli des roseaux pour ne céder au sol. La pleurésie emporte les vivants, comme le plus fort des chênes n'est rien dans un grand vent. L'harmonie des larmes aux cris, c'est la faux des âmes dans chaque vie. Tout emporte les rimes et empire les crimes, comme des notes sublimes échappées des abîmes.
Le destin des vivants se signe, et au suivant...
Re: Entre
Publié : 23 sept. 2005 19:03
par TheD
"(...)
- C'est tout à fait forcé ! dit-il.
- Envisage donc, repris je, ce que serait le fait, pour eux, d'être délivrés de leurs chaînes, d'être guéris de leur déraison, au cas où en vertu de leur nature ces choses leur arriveraient de la façon que voici. Quand l'un de ces hommes aura été délivré et forcé soudainement à se lever, à tourner le cou, à marcher, à regarder du côté de la lumière; quand, en faisant tout cela, il souffrira; quand, en raison de ses éblouissements, il sera impuissant à regarder lesdits objets, dont autrefois il voyait les ombres, quel serait, selon toi, son langage si on lui disait que, tandis qu'autrefois c'étaient des billevesées qu'il voyait, c'est maintenant, dans une bien plus grande proximité du réel et tourné vers de plus réelles réalités, qu'il aura dans le regard une plus grande rectitude ? et non moins naturellement, si, en lui désignant chacun des objets qui passent le long de la crête du mur, on le forçait de répondre aux questions qu'on lui poserait sur ce qu'est chacun d'eux ? Ne penses-tu pas qu'il serait embarrassé ? qu'il estimerait les choses qu'il voyait autrefois plus vraies que celles qu'on lui désigne maintenant ?
- Hé oui ! dit-il, beaucoup plus vraies !
- Mais, dis-moi, si on le forçait en outre à porter ses regards du côté de la lumière elle-même, ne penses-tu pas qu'il souffrirait des yeux, que, tournant le dos, il fuirait vers ces autres choses qu'il est capable de regarder, qu'il leur attribuerait une réalité plus certaine qu'à celles qu'on lui désigne ?
- Exact ! dit-il."
Platon, La République, Livre Vll, 514a-515e.
Re: Entre
Publié : 24 sept. 2005 01:11
par TheD
Ce soir, jusqu'aux oréoles,
au détour de chaque consonne ;
voyelles humides,
elle rougit.
à l'Amour, au jour de nuit.
Re: Entre
Publié : 24 sept. 2005 17:21
par TheD
Juste, je dépose ces mots qui furent écrits avant de rencontrer Karen. Pourtant, c'était loin de moi l'idée que de m'éprendre pour ce que je savais très bien, une pro du social qui exerce juste son travail sans implication personnelle, etc... mais ça s'est joué, vous le dis-je, en une seconde, au premier "regard", celui qui ne connait pas la finitude. Ensuite, cela ne faisait que confirmer ce que j'avais ressenti. Jusqu'au dernier entretien où je crois, ni elle ni moi, ne savions vraiment pourquoi nous étions là dans ce bureau, plus que d'être ailleurs, à nous parler infiniment.
--
Envie de vivre, vie d'être,
Envie de voir la vie paraitre,
Comme au grand jour qui se lève,
Comme l'amour qui se réveille.
Envie de voir, vie d'aimer,
Envie de croire, d'imaginer,
Ce que nous ferions si nous étions,
Ce que nous dirions dans un monde bon.
Mais tu n'es pas là,
"Nous" n'existe pas,
Et la vie continue,
Même si le monde ne tourne plus, ne tourne plus.
Envie de croire, vie de tout,
Envie de savoir être debout,
Quand tu passes sans nous apercevoir,
Quand je chasse toutes ses idées noires.
Envie de fuir, vie de rien,
Envie d'écrire juste un destin,
Deux êtres en maux de nuit qui se rencontrent,
Deux âmes en mots de vie qui se racontent.
---
Aujourd'hui, par rapport à mes ressentis, je me sens plus au clair avec moi même. J'essaie de ne plus être dans le besoin de m'écrire ici, ce n'est pas si évident parce que le dernier "au revoir" de Karen était, peut être un peu plus que du social. Je retiens l'image de cette femme qui doucement, monte les escaliers pour aller dans son bureau. Un instant, le dernier.
Re: Entre
Publié : 24 sept. 2005 17:48
par TheD
Humain, c'est personne,
sinon un refrain bien courant,
un chagrin dans l'esseulement,
un bambin sans évènement.
Ne me nommez plus jamais.
Re: Entre
Publié : 05 oct. 2005 18:29
par TheD
Mon air était absent. Je me trouvais seul, face à cet être omnichiant. Tout était d'un blanc, un cran sous la poussière de mes pensées ; mes pensées réverbéraient. Elles m'expliquaient sans doute le dégoût de ressentir, lorsque l'autre m'approuvait par petites touches comme pour me féliciter et encourager ma raison, cette impression d'administrer quotidiennement à autrui une parole laitale. Un poison qu'il fallait éliminer pour guérir l'organisme atteint, cette bouillie de cellules qui présentait un être non cru. J'en étais conscient jusqu'à celui dans son bureau - qui était si sûr de ses schèmes pour finalement constituer le juste corpus, à partir des mots miens, et composer à cet effet le bon antidote - qu'il me fallait puiser dans ses maux propres pour indiquer les signes tant attendus depuis longtemps, les siens propres. Ceux là même qui étaient avant nous, là, dans cette pièce folle. Lorsqu'on est plus enfant, on s'amuse comme on peut.
De la bouillie pour adulte pleine de veines, de chairs et d'os qu'il faut entasser comme on peut, qu'on doit scotcher de droits non dits et de devoirs imposés. Etonnant, pour des êtres qui en viennent à se nier eux-même, de leur apprendre à ingérer de la nourriture définie comme saine, à nouveau. C'est que la putain du diable, il la comprennent, eux. Les nouveaux fantômes, ceux là même qui sont le produit d'une société devenue intra caput, cognitiviste. Alors on cherche l'erreur, dans la complexité des uns pour tenter de comprendre la phénoménologie des paradoxes sociaux. Un peu partout, dans chaque ville, du pays où la liberté dit-on est le gain du peuple, èrent en leurs murs nocturnes des êtres humains moulés dans la bêtise translucide qui leur fait jour. C'est parce qu'ils existent qu'ils périssent. L'origine de ses fantômes est indicible mais commune, pour ne dire collective. C'est peut-être pour cela qu'il faut se laisser détruire, évaporer dans la cheminée sociétale. Être niés par la faute à pas de chance. Jusqu'à ne plus être cru car après tout, la folie présente justifie bien les échecs passés, n'est-ce-pas ?
Soudainement, parce que je pète les plombs, ma crédibilité ne porte plus aucune espèce d'importance. Pourvu que je sorte, pourvu que je sois. Et bien... il m'en a fallu du temps pour être perçu par autrui. Il faut faire une putain de dépression et se mettre en murs pour dire qu'on a voulu, tout comme une chargée de mission RMI, et bien nous aussi, être libres... de faire appliquer nos droits et d'assumer nos devoirs. Une putain de formation, c'est tout ce que je demandais. Une putain de formation du niveau de ma scolarité qui, si aujourd'hui ne me sert plus à rien, m'aurait permi d'user du droit de travailler. Cherchez l'erreur et dites moi si les murs mentent, donnez moi au moins une réponse si vous la connaissez.
- Dois-je vous dire que vous êtes fou ?
Ca, je ne m'en doutais point. Est-ce ma faute ?
- Non.
La folie est en nous, en tout à chacun. Elle est là, massive, et non démonstrative. Je crois que de nombreux responsables sont fous. Je crois que de nombreux actes administratifs déclenchent même cette part de folie qui existe en nous. Je crois que la folie, c'est l'expression de ce qui s'accroche à la vie.
Re: Entre passe...
Publié : 16 oct. 2005 21:12
par Personne
je la cherchais, sans me l'avouer; je chercher son nom quelque part sur ce site... de la même façon que mes yeux la cherche parmis la foule sans me demander si je veux la revoir, ou sans se demander ce qu'elle ferait de ce côté de la France... et puis voilà ces mots. je suis encore sous le choc mais une fois en meilleur état moral je reviendrais expliquer tout ça. "desfois que ça intéresse quelqu'un". (cesse de mentir: "desfois qu'elle tombe dessus".)
Re: Entre
Publié : 17 oct. 2005 01:09
par TheD
Bonjour,
Il me semble que ce message s'adresse à moi.
Notamment
"cesse de mentir: "des fois qu'elle tombe dessus".
J'aimerais savoir, en quoi percevez-vous un mensonge de ma part ?
Voulez-vous communiquer avec moi pour éclaircir certains points ?
Je ne demande pas mieux, mais en fait me suis un peu enfermé en moi, et certains textes comme écrits ou poèmes relèvent de la fiction. Ce qui peut donner l'impression d'un mensonge à vos yeux ?!
Demain je grand jour pour moi. CMP. Je m'y suis préparé, non dans la façon d'être car je tiens à être aussi spontané que possible. Je me suis parlé un peu tous les jours à voix basse, on verra bien comment j'articulerai mes phrases.
Je pense qu'on me parlera de son équipe, des possibilités, je crois qu'on essaiera d'établir des points de rencontres pour ouvrir mon système fermé, donc devenu chaotique.
Puisque : « dans un système fermé, l'entropie (son degré de désordre) ne peut pas décroître ».
Et au contraire, ça s'accroît au point de devenir un agrégat de réactions qui s'enchaînent et finissent par produire un être mécanique, un objet.
C'est surtout ce que je ne veux pas être. Mais comme vous le savez, je me suis identifié et devient peu à peu l'objet même de mes craintes.
Le mensonge serait un mensonge envers moi même ? Donc un manque d'honnêteté ? Pourtant, chaque jour de défriche en moi, vous savez, ce personnage que je percevais chez les autres. Cela ne m'a jamais intéressé de "jouer", de "faire semblant", je crois en effet comprendre la nuance, la percevoir pour saisir l'écoulement du néant, pour repousser la nausée du réel inconnu.
Je pense, simplement, que vous ne me connaissez pas, mais surtout que je me suis très mal exprimé jusqu'alors. Nous n'avons pas véritablement dialogué, la communication était vérolée, de ma faute pleine, par craintes de me fracasser contre la grande blanche, celle qui vient du futur pour débouler dans un passé, que je ne veux plus répéter.
Autrement, si vous souhaitez correspondre, oui, si vous le voulez. Je sais ce qu'il en est de votre profession et des limites, mais j'ignore certaines choses, comme tout le monde, et mon voeu de faire plus amples connaissances, lui, est réel.
Bien à vous, peut-être au revoir.
PS : votre Email n'est pas valide.
Re: Entre
Publié : 17 oct. 2005 11:15
par TheD
Bonjour,
J'ai téléphoné au CMP. Ca m'a permit de savoir que mon RDV est à 16 h 30 et non 10 h 30, car j'annonçais mon retard. Et puis ce coup de téléphone fut de bonne augure, alors. Et je me sens bien, pour l'instant.
"sans me demander si je veux la revoir"
En fait, je me suis demandé beaucoup de choses auquel je n'ai pas voulu répondre pour "ne pas déranger" et parce que je ne veux pas importuner, ce n'est pas facile et j'ai bien senti être, à un moment, "prier de bien vouloir dégager". Pas facile de vivre lorsqu'on ne souhaite pas que vous "passez la porte". J'ignore si vous me comprenez... si toutefois vous vous êtes retrouvée à mon côté.
j'ai laissé mon mail.
"Je perçois ce doute, ce frère de sang, qui par moment s'épaissit comme une croûte. Simplement, je crois qu'il ne faut pas l'arracher, elle va tomber d'elle même... peut-être."
Ce doute, c'est un peu la retrouvaille de moi et la vie, en dehors de toutes circonstances, de toutes présences. La réconciliation de moi et lui.
J'espère que vous vous sentez respectée, j'y tiens et en fait, ça fait parti de moi.
---
Thierry.
Re: Entre
Publié : 17 oct. 2005 11:31
par TheD
Bonjour,
Comme je vais un peu plus loin, je me suis renseigné à propos de "un nuage comme tapis" de
Erri de Luca. Et je me dis décidément, alors si c'est vous même, comme l'on s'entendrait bien...
Bonne journée !
