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Re:
Publié : 27 mars 2012 20:33
par Lucie2
Ah oui, Vince c'est tout à fait ça!! Sauf que je bosse dans la journée comme aide à domicile. Et comme disait Louis : bonjour le moral!! En effet, moi aussi je me lève à contre-coeur et de mauvaise humeur rien qu'à l'idée d'aller faire la boniche chez les gens!! Puis quand je rentre le soir, je passe ma soirée sur les sites des associations, de pôle emploi, et compagnie pour y trouver des annonces à 1H de route de chez soi... (Enfin, quand il y a des nouvelles annonces parce que parfois, ça bouge pas trop!)Mais je postule quand même en me disant que je n'ai plus rien à perdre... Parfois j'obtiens un entretien, alors je prends la route (coût de l'essence et de l'autoroute quand on gagne pas beaucoup d'argent, c'est pas top...) pour au final recevoir un appel le lendemain et entendre cette fameuse phrase "on n'a pas retenue votre candidature"!... Alors retour sur le site de pôle emploi...Bref, je suis une éducatrice au chômage...
Re:
Publié : 27 mars 2012 22:09
par Carole
Pour ce qui est des postes d'éduc ouverts aux personnes non diplômées, j'en ai vu qq uns (comme écoutant au 115), mais fort heureusement il reste des annonces où le diplôme est exigé...
Dans la même logique, la tendance à embaucher des educs (ou AS) sur des Contrats d'insertion (sensé être des tremplins mais qui ne sont que des contrats précaires) ou sur des CDI à 1oh/semaine.. (combien de CDI de 5,10 h faut il trouver pour arriver à une paye décente?)
Pour ce qui est du relai des médias sur la situation des éducs au niveau de l'emploi, il semble y avoir un abîme entre ce qui y est relayé et la réalité vécue. Par exemple, l'enquête Dress de juillet 2010(chercher sur moteur de recherche "les jeunes travailleurs sociaux presqu'à l'abri du chomage") nous dit en gros que 7 éducateurs sur 10 trouvent un CDI 3 ans après la formation et que pour 80% d'entre eux, cet emploi correspond à leur formation.. De même, sur des sites spécialistes de l'orientation, les formations en travail social sont décrites comme épargnant du chômage.
Tout cela ne peut qu'inciter les personnes à se former...Où est l'erreur??
Re:
Publié : 27 mars 2012 22:36
par Sofaya
Oui Carole en effet les médias, les écoles de formation nous renvoient autres choses que la réalité du terrain...je suis tombée sur un artible d'attant de mai 2011 sur les 6 secteurs qui embauchent le plus...et surprise on parle du social...hum ouai je m'interroge là ^^!
Vince, j'avoue que là tu me bats, je n'ai malheureusement moi que des réponses par mail du type: nous ne pouvons donner une suite favorable à votre candidature, nous vous remercions de l'intérêt que vous avez porté à notre structure, nous vous souhaitons bonne chance dans votre recherche d'emploi blablabla...je les connais par coeur au fur et à mesure j'ai l'impression que c'est des copier coller^^...mais non pourtant c'est pas toujours la même structure ^^...sinon le discours le plus cours c'est celui que tu n'as jamais quand tu attends une réponse désespérement...enfin le plus gros que j'ai eu un refus pour un poste 3 mois après ma candidature...la secrétaire devait faire le ménage ^^...une fois aussi on m'a renvoyé mon cv avec la lettre de refus ^^..(ça part d'un bon sentiment, mais concrètement on le prend très mal ^^)
Re:
Publié : 28 mars 2012 09:00
par Barbara
Je voulais juste intervenir en tant que cadre et recruteur. Je comprend votre désarroi mais vous vous en prennez aux directions de structure alors qu'elles font ce qu'elles peuvent avec ce qu'on veut bien leur donner.
Vous avez du entendre parler de la réduction de la dette publique ! Or, NOUS SOMMES FINANCE par cette même dette publique. Résultat, les établissements sont au régime sec !
Chaque année, les dépenses augmentent (coût de la vie, augmentation des carburants, du gaz, de l'électricité, ancienneté des salariés, etc) or, les augmentations annuelles des budgets des ESMS n'augmentent pas (loin de là) en proportion, donc CQFD il faut faire des économies si on veut continuer à vivre et ne pas licencier. Voilà la réalité. Les directions ont de plus en plus de boulot, la règlementation qui se durcit et invente tous les jours de nouvelles contraintes administratives, , le climat social difficile, les usagers avec de nouvelles problématiques et les financeurs de plus en plus omniprésents, dans le contrôle permanent.
Je pense qu'actuellement, le secteur vit une crise à tous les niveaux, se demande coment il va continuer à vivre, à quelle sauce il va être mangé (va-t-on finir comme l'hopital ?).
En tant que travailleurs sociaux, vous devez être conscients de ces changements et des problématiques rencontrées par les établissements.
En tant que directeur, on rencontre tous les jours des problèmes insolubles. Par exemple, j'ai plusieurs personnes en congés parentaux à temps partiels (20% par ci, 15% par là) que je ne peux pas remplacer, personne n'en veut (sauf des personnes non diplomées) car la législation du travail nous interdit de cumuler les contrats pour une seule personne. Je suis obligé d'avoir une multitude de remplaçants sur des contrats à très peu d'heure. Je vous assure que ça m'en... . Je préfèrerais recruter des personnes diplomées sans avoir à me poser toutes ces questions et je pense que c'est le cas de tous mes collègues.
Je suis dasn le secteur depuis plus de 20 ans (ES initialement) et je suis d'accord avec le constat que la dégradation date d'environ 5 ans.
Bon courage à vous.
Re:
Publié : 28 mars 2012 11:15
par Sofaya
Nous comprenons bien le problème rencontré par les structures Barbara, mais il y a toute fois des choses qui nous interpelles forcément sur la cohérence d'embauche!
Par ailleurs je comprends tout à fait qu'une structure est pris le partie d'engager des remplaçant de courte durée (vacataires souvent), pour remplacer des horaires qui n'intéresse aujourd'hui pas les éduc diplômés...j'ai moi même fait qlq vacation durant ma formation...après c'est à double tranchant finalement parce qu'on rentre et on accepte un certain système qui s'installe de plus en plus dans le secteur du social, par la dégradation de la reconnaissance du nos diplômes!
Nous savons que la plupart des structures jonglent avec le budget qui se réduit de plus en plus...je vous invite à aller voir un post où une collègue explique clairement que l'institut où elle travaille a pris le partit de faire bosser les éducs bénévolement pour concrétiser un projet...bénovolat plus ou moins forcé , plus que moins d'ailleurs!
On va dans des dérives qu'on finit par accepter pour préserver nos boulots et l'accompagnement engagé auprès des usagers...on devient un peu le dindon de la farce!
Alors que faire pour les éducs qui sont aujourd'hui au chômage, ce qui sont en cours de formation?
On nous annonce du boulot immédiat à la sortie...encore faut-il ne pas être exigeant accepté des cdd, des temps partiels, de travailler à 80km de chez soi...mais même en acceptant tout ça on ne trouve pas de travail...pas assez d'expérience en sortant de diplôme...c'est ça qui nous interpelle d'autant que les instituts embauchent des non diplômés...alors que faire?
Il est étonnant que les structures n'interpellent pas plus l'Etat...aujourd'hui on se retrouve dans une situation désastreuse pour le secteur social...et tout ce que relaient les médias c'est que le secteur embauche..nous nous formons donc dans une grande illusions de la réalité du terrain!
Aujourd'hui bon nombre de mes collègues se demandent (pour évidemment vivre , parce qu'il faut bien) s'il ne faut pas se reconvertir toute suite...mais après avoir passé 3 ans intense à se former à un boulot que l'on aime, il est vrai que la motivation n'est plus là...et puis que faire? une licence, un master supérieur? qui nous conduit à des postes de direction...peu se lançeraient là dedans quand on voit les problèmes existant...passer un autre diplôme avec la passerelle des domaines de compétences style: éduc de jeunes enfants ou assistante sociale pour multiplier ces chances de trouver un travail...les possibilités sont très limités, à moins de complètement sortir du social...et je crains que dans l'avenir beaucoup d'éduc quittent le secteur parce que déjà étouffé, blasé, et fatigué du système existant actuellement!
Re:
Publié : 28 mars 2012 12:47
par almerla
Bonjour,
Merci pour ton intervention Barbara. pour ma part, je le vois bien que les budgets son bien difficile à boucler. Et je pense que sur ce forum beaucoup d'entre nous nous nous rendons bien compte des changements et des nouvelles problématiques auxquels sont confrontés les institutions. Nous sommes les premiers a en subir les conséquences.
Je suis toujours étonnée de me côté, oh combien les travailleurs sociaux qui sont sur le même poste depuis 15 ans, n'ont pas vraiment conscience de ces changements. Ils souhaitent garder leur acquis et trouve cela étonnant que je n'ai pas de CDI encore, alors diplômé depuis quelques années déjà. Leur seul préoccupation est leur institution, pensant qu'eux seul sont en difficulté...à aucun moment mes collègues regardent de façon plus large et se rendent compte que le secteur va mal. Alors manifester, se regrouper....oui mais encore fait il que nos collègues en place porte aussi cette parole...et la je doute ( manque de conscience collective, secteur trop cloisonné, peur de perdre leur emploi....je ne sais).
Pour ma part, je fais un long remplacement en ce moment à temps partiel, même si ma direction on des projets "innovants" et que peut être je pourrais faire partie de ces projets.....je n'y crois pas vraiment....les financements manquent. Alors je cherche encore et encore.
Re:
Publié : 28 mars 2012 15:24
par Sofaya
Je ne pense pas que les éducs en poste ne voients pas les difficultés que l'on rencontre dans le secteur social en ce moment, ils y sont confrontés aussi tt journée: budget réduit, abandon de projet etc...seulement je pense qu'il y a aussi une certaine envie de préserver son poste....du coup peut être moins de revendications à cause de cela!
Mais il est certain qu'aujourd'hui notre métier est gouverné par des questions d'argent et de politique...le secteur a bien évolué depuis 5 ans...en rentrant en formation nous avions encore une abondance de poste malgré certaines choses qui commençaient déjà à bouger... on le perçoit déjà en faisant des stages, peu de structure d'accueil à cause de la gratification (budget réduit donc logique de ne pas le centrer là dessus )aujourd'hui 3 ans après on se retrouve face à une grosse difficulté à trouver du travail ou un poste fixe...
Re:
Publié : 28 mars 2012 16:12
par estiou
Nous sommes, je pense, bien conscients de la réalité vécue par les directions et les établissements...car nous avons tout le temps pour les analyser et nous y sommes confrontés à chaque demande de poste d'éduc. Moi ce qui me désole c'est qu'en tant que jeune diplomée au chomage, je n'ai aucun poids: je ne peux pas faire grêve, allez je peux encore manifester (youpi!), je ne peux pas faire valoir mes compétences car soit je suis inexpérimentée, soit trop cher, soit trop diplomée (par exemple lorsqu'on veut postuler sur un poste de ME)...et en même temps mon diplome ne vaut que BAC+2...cherchez les paradoxes ;o)
Et surtout les employeurs du social en effet se débrouillent avec la réalité des budgets, financements, réductions de poste....ils se débrouillent et s'en débrouillent mais j'ai bien l'impression que si eux aussi s'y mettait à faire bouger les choses pour faire changer ce système qui se dégrade et bien on pourrait peut-être avancer...mais comme aussi bcp d'éducs en poste et qui s'y accrochent, ils ne sont pas prêt à se battre pour faire entendre notre voix. Ils constatent, ils remontent aux décideurs ou aux financeurs, ils font avec le cadre législatif qui leur est imposé, ils disent "c'est bien dommage et ce n'est pas normal" "avant on ne travaillait pas comme ça" "les pauvres jeunes éducs diplomés je les plaint....mais jamais ils ne l'ouvre vraiment!!!!!!......mais c'est sur nous comprennons et nous allons bien sagement continuer à nous déprimer ou à nous révolter...tout en oubliant pas de rester branché sur nos CV, lettres que vous ne lirez certainement pas ou que vous rangerez sur la grosse pile qui trone dans votre bureau et nous répondrez une jolie lettre de refut type que vous envoyez (ou pas) à tous ceux qui ont eu envie de travailler, faire valoir, s'intégrer, s'engager dans votre établissement....!
Re:
Publié : 28 mars 2012 17:47
par Sofaya
Je comprends ton désaroi estiou, l'impression d'être impuissant face à tout ça...comme tu le soulignes il faudrait davantage de mobilisation de la part des institutions..parce que la réalité c'est que pour le moment ça touche les éducs au chômage demain ça touchera ceux en poste..et après c'est la mort des institut...et de l'accompagnement engagé auprès des usagers...
Si ils ne se battent pas pour nous, c'est pour eux également qui fo qui se battent, une structure existe de part ces employés, et les cadres qui la dirigent si demain on a plus assez d'argent pour tout ça...cela remet en cause son existence! elle a bo partir d'un besoin propre "apporter aide, soutient..., accompagner à des personnes fragilisés...la réalité c'est qu'elle est gouverné aussi par l'argent et son intérêt d'existence s'en voit moins important malheureusement face à ça...le social ne rapporte pas dans une société capitaliste comment continuer à le faire exister...oui on aura toujours besoin de personnes pour accompagner les publics les plus fragilisés ça c'est certain...mais on va réduire le personnel (plus d'heures de travail pour les personnes en poste), on va concrètement rendre l'accès aux structure plus difficile (temps d'attente plus important, places rares et chères), prendre des personnes moins diplômés qu'on formera sur le terrain..^(coût moins important)...ce n'est pas une théorie futuriste mais bien ce sur quoi on se dirige de plus en plus..
Dans une vision encore plus pessimiste....des structures payantes...concrètement ne pourront y aller que les personnes qui ont les moyens de la financer entièrement...bref un monde à l'envers!
Re:
Publié : 28 mars 2012 18:15
par Vince
Barbara... Ce que vous dites est juste mais je ne vois pas vraiment ce que ca change au problème. La réalité parle d'elle meme à savoir que des éducateurs spécialisés sont au chomage et que les écoles de formation nous ont leurrer et continuer de leurrer d'autres jeunes...
Estiou... Je ne suis pas tout a fait d'accord avec ce que tu as dis sur leur manque d'implication des jeunes diplomés à la situation.
Le social n'est plus ce qu'il était tout simplement... Aujourd'hui, le dialogue est de moins en moins possible avec la direction ou les cadres alors que dans notre métier l'échange est la base de notre métier.
Car il faut savoir que si tu bouscules les choses pour une cause juste peu de gens te suivront et surtout des centaines de personnes seront pretes a te remplacer dans l'heure.
Changement d'époque, changement de codes... il faut savoir s'adapter tout en se respectant soi meme c'est peut etre ca le plus dur aujourd hui au fond lol