Re:
Publié : 09 déc. 2012 20:02
@nath
J'aimerais m'immiscer et tu vas voir que j'ai un constat pire que le tien. Je trouve que ce boulot est très souvent une insulte à l'intelligence et du fo*utage de gueule institutionnalisé.
"Personne en situation de handicap" qui abolit l'espèce de tension existentielle (être humain amputé d'une partie, problème corps / esprit et j'en passe) de la personne handicapée comme le nom commun issu d'un participe passé l'indique. L'intervenant d'une institution partenaire qui te raconte pour la trentième fois cette année que "la personne est au centre du dispositif". Je parie que vu les genders studies qui sont dans le vent en ce moment que l'on remplace "sexe" par "genre" comme on a remplacé "MST" par "IST". Est-ce que sérieusement on attend d'un psy, d'un confident, qu'il soit dans une posture "d'écoute active?" Personnellement, si on écoute, ça me suffit amplement.
C'est peut être un peu littéraire, mais qu'on noie le langage dans la com', la culture dans le socio-culturel, et l'extension du domaine de la prévention me donne l'impression d'être vieux avant l'heure. L'autre fois, je faisais une recherche d'emploi et j'ai vu "médiateur de transports en commun" alors qu'il me semble qu'un vigile pourvu d'une matraque ferait l'affaire. Tout ça c'est le social
Mais c'est aussi ca : L'an dernier, j'ai travaillé comme ASS du personnel pour 600 agents, appartenant à 3 institutions différentes. Ma chef était géniale, elle m'a confié les clefs d'un bureau et d'une voiture de service et je traversais plusieurs régions pour voir des agents. Parfois, mon boulot consistait juste à expliquer pourquoi ils se sentaient mal quand on modifiait leurs conditions de travail, et que oui, les catégories C aiment leur taf, cette amitié un peu virile qui passe par des engueulades mais qui sont plus saines que nos espèces de prises de becs en réunion se prolongeant sur 10 mois. Je ne voyais mes collègues qu'une fois par mois, on se faisait des bouffes, on racontait des co*neries car on profitait de ces moments ensemble. J'ai été reçu lors de vad par des gens qui m'obligeaient presque à boire un coup de vin ( que je refusais tout le temps), j'ai écouté les vieux de la DDE parler du bon temps où ils chopaient des biches noyées par les fleuves pour faire des barbecues.
Quand c'était trop "just" parce que les agents étaient trop dans le caca après 10 SOFINCO, je collaborais avec une CESF des CG qui était contente qu'on l' appelle sur des situations où leur technicité était nécessaire. Parfois, j'allais voir des veuves dont les maris venaient de se suicider au travail, je poussais une gueulante parce que les cas de harcèlements étaient trop bien cachés, et j'avais l'appui de mes collègues qui ne m'ont jamais pris pour une buse parce que j'étais jeune professionnel. Les RH me prenaient pour une buse, mais le jour où il y a eu un accident grave du travail, qu'il n'y avait pas d'agents de prévention, pas de médecins ni de psy, c'est l'assistant social qu'ils ont mandaté pour prendre la température, faire un débriefing. Alors tu vois, j'étais payé au SMIC, mais je renquillerais demain parce que des postes qui correspondent à tes attentes existent : je vouais les arrangements entre l'administration et les syndicats, je jouais le rôle d'expert etc...
Alors voilà, le social c'est aussi ça, et ça existe. J'espère ne pas passer ma vie là-dedans pour les raisons citées ci-haut, mais tout n'est pas à balancer dans la formation et le boulot.
J'aimerais m'immiscer et tu vas voir que j'ai un constat pire que le tien. Je trouve que ce boulot est très souvent une insulte à l'intelligence et du fo*utage de gueule institutionnalisé.
"Personne en situation de handicap" qui abolit l'espèce de tension existentielle (être humain amputé d'une partie, problème corps / esprit et j'en passe) de la personne handicapée comme le nom commun issu d'un participe passé l'indique. L'intervenant d'une institution partenaire qui te raconte pour la trentième fois cette année que "la personne est au centre du dispositif". Je parie que vu les genders studies qui sont dans le vent en ce moment que l'on remplace "sexe" par "genre" comme on a remplacé "MST" par "IST". Est-ce que sérieusement on attend d'un psy, d'un confident, qu'il soit dans une posture "d'écoute active?" Personnellement, si on écoute, ça me suffit amplement.
C'est peut être un peu littéraire, mais qu'on noie le langage dans la com', la culture dans le socio-culturel, et l'extension du domaine de la prévention me donne l'impression d'être vieux avant l'heure. L'autre fois, je faisais une recherche d'emploi et j'ai vu "médiateur de transports en commun" alors qu'il me semble qu'un vigile pourvu d'une matraque ferait l'affaire. Tout ça c'est le social
Mais c'est aussi ca : L'an dernier, j'ai travaillé comme ASS du personnel pour 600 agents, appartenant à 3 institutions différentes. Ma chef était géniale, elle m'a confié les clefs d'un bureau et d'une voiture de service et je traversais plusieurs régions pour voir des agents. Parfois, mon boulot consistait juste à expliquer pourquoi ils se sentaient mal quand on modifiait leurs conditions de travail, et que oui, les catégories C aiment leur taf, cette amitié un peu virile qui passe par des engueulades mais qui sont plus saines que nos espèces de prises de becs en réunion se prolongeant sur 10 mois. Je ne voyais mes collègues qu'une fois par mois, on se faisait des bouffes, on racontait des co*neries car on profitait de ces moments ensemble. J'ai été reçu lors de vad par des gens qui m'obligeaient presque à boire un coup de vin ( que je refusais tout le temps), j'ai écouté les vieux de la DDE parler du bon temps où ils chopaient des biches noyées par les fleuves pour faire des barbecues.
Quand c'était trop "just" parce que les agents étaient trop dans le caca après 10 SOFINCO, je collaborais avec une CESF des CG qui était contente qu'on l' appelle sur des situations où leur technicité était nécessaire. Parfois, j'allais voir des veuves dont les maris venaient de se suicider au travail, je poussais une gueulante parce que les cas de harcèlements étaient trop bien cachés, et j'avais l'appui de mes collègues qui ne m'ont jamais pris pour une buse parce que j'étais jeune professionnel. Les RH me prenaient pour une buse, mais le jour où il y a eu un accident grave du travail, qu'il n'y avait pas d'agents de prévention, pas de médecins ni de psy, c'est l'assistant social qu'ils ont mandaté pour prendre la température, faire un débriefing. Alors tu vois, j'étais payé au SMIC, mais je renquillerais demain parce que des postes qui correspondent à tes attentes existent : je vouais les arrangements entre l'administration et les syndicats, je jouais le rôle d'expert etc...
Alors voilà, le social c'est aussi ça, et ça existe. J'espère ne pas passer ma vie là-dedans pour les raisons citées ci-haut, mais tout n'est pas à balancer dans la formation et le boulot.