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Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 09 oct. 2008 11:10
par Ecoicam
Heu...Alors, Aristote, Montaigne, Pascal, Rousseau,... et accessoirement Freud, Weyergans, Cyrulnik et les autres se seraient plantés ?
Perso, je viens de lire "Un merveilleux malheur" et j'ai trouvé assez probant le fait de "tisser sa résilience" par l'écrit.
Peux-tu m'expliquer quels sont les neurologues qui infirment cette hypothèse ? J'irai les lire, promis.
A ciao.
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 09 oct. 2008 14:02
par Carthman
Bonjour Eco,
Non, c'est Breuer qui crée la méthode cathartique, freud suivra puis l'abandonnera, en abandonnant l'hypnose, au profit de la psycho-analyse.
Aristote quand il crée le concept de katharsis parle de purgation esthétique de l'émotion pendant la vision d'un spectacle. Cette purgation permet au spéctateur de ne pas être terroriser comme si il vivait la séquence lui meme. Rien a voir avec la délivrance des symptômes hystériques comme la voulu Breuer.
C'est notamment Cyrulnik qui affirme ce que j'ai écrit plus haut. Va falloir lire un peu plus qu'"un merveilleux malheur". "Tisser sa résilience" n'a rien a voir avec raconter ses petites histoires de taf. Faudrait qu'en même relativiser.
On ne résilie pas en ressassant ses malheurs, on est pas tuteur de résilience en ne regardant que le problème des gens.
D'ailleurs tu devrais t'intéresser à la question du "discours alentours" développé par Boris C et faire le parallèle avec le sujet de ce forum.
Abonne toi à "cerveau et psycho", le sujet revient de temps en temps, il me semble.
Les émotions ont leur siège dans l'amigdale en lien avec l'hypocampe (siège pricnipal des souvenirs).Se rappeler ses malheurs active ses deux glandes. Chercher un moyen de se sortir de la situation dans laquelle je suis est plus du ressort de cortex préfrontal, car il s'agit la d'une haute fonction du cerveau.
Dire à quelqu'un : Raconte moi tes malheurs ça va te faire du bien. Ne lui sert à rien. Ce discours alentours social et culturel ne tient plus. C'est comme si je décidais de te faire peur pour te rassurer.
Si on considère qu'avoir peur permet une catharsis alors tu devrais te sentir mieux après. En fait bien sur que non, la peur ne sert qu'a te mettre en éveil physiologique pour soit te cacher, te défendre ou attaquer.
Si on continue à prendre la peur comme exemple émotionnel, la peur se nourrit d'elle mème jusqu'a ce qu'un nouvel élément rassurant celui là arrive. Elle se nourrit tellement d'elle même que si on la stoppe pas elle devient panique. C'est l'élément rassurant qui va permettre l'accalmie, non pas le fait d'avoir eu peur.
Ce qui permet de trouver une solution, c'est les éléments de la solution. Pour éteindre un feu vouloir savoir pourquoi il a eu lieu et ou est l'allumette qui l'a allumé , semble inadéquat. En revanche, connaître la nature du feu et trouver le bon extincteur semble plus adéquat.
Si on reprend ce que tu dis, je ne sais pas ci tout ce beau monde s'est planté mais ce que je sais ce qui était vérité hier est erreur aujourd'hui, ainsi va la science.
Ce que je sais aussi à part pour les deux derniers il n'avait pas vraiment accès aux méthodes d'investigation cérébrale d'aujourd'hui. Si ça aurait été le cas penses-tu qu'ils auraient dit les mêmes choses qu'ils ont dit dans leur vies respectives?
Et pour finir croire que ce forum puisse être le lieu d'une quelconque catharsis, moi je veux bien, mais j'attends de voir si les gens se sentent mieux après l'avoir lu. Est-ce ton cas?
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 09 oct. 2008 18:19
par Eco
Est-ce que cela m'aide de savoir si d'autres ont galéré : oui.
Est-ce que ça m'aide à prendre du recul : non.
Ce qui m'aide, c'est écrire des vraies petites histoires sur ce qui est arrivé. Mais, tu l'as bien senti, je dois faire attention à ne pas "histériser" mon récit. Je m'explique, le récit donne une première version, mais il n'est jamais objectif, il ne reflète que mon point de vue et la décharge émotionnelle que j'y met fait plutôt peur à mes proches quand je leur refile le "cadeau". Ceci-dit, lorsqu'il s'agit d'abus évidents, il sert de témoignage. D'autres, à la relecture, peuvent s'en servir pour y dégager une problématique, (pas la mienne, car tout le monde s'en fout), mais le pourquoi ce genre de truc est arrivé dans une institution et le comment on pourrait faire pour que ça se déroule autrement. C'est pour cela que je ne souhaite aucunement dénigrer notre travail d'éducateur (et je suis désolée si les choses ont pu être entendues comme telles), mais je souhaite que ces témoignages aident d'autres à se sentir moins seuls et à pouvoir mettre en oeuvre leurs propres outils cathartiques (moi c'est l'écriture, mais d'autres la méditation, le Tao, la peinture, le chant, le sport...) pour retrouver la tête froide et agir en conséquence.
Je suis d'accord avec toi : l'écriture est une souffrance car à la relecture je souffre une deuxième fois. Mais déposer ses papiers dans un petit endroit, regarder le bloc sans avoir peur et se dire "c'est là", ça m'aide. Je crois que c'est ce vieux fou de Jacques Lacan qui disait : "pour ne pas que ça cesse de ne pas s'écrire". Bien à toi. Ciao!
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 11 oct. 2008 19:16
par Baleste
Une petite note en passant : je viens de lire le livre de Marie-Cecile Renoux.
Comment ne pas être d'accord ?
Notre système (en particulier associatif) montre bien ses limites... Il y a encore du boulot.
J'aurais aimé qu'on gratte un peu plus, en particulier dans le cas de la séparation des fratries. Une de mes premières révoltes d'éducateur a été causé par l'interdiction faite à un garçon de seize ans, qui se faisait du souci pour ses deux soeurs plus jeunes, et voulait aller les rencontrer (ils étaient tous les trois placés dans des établissements différents).
Quelle image se faisaient les éducateurs de la famille pour interdire de visite un ado auprés de ses deux soeurs, d'autant plus que c'était la seule famille qui leurs restait...
J'ai aussi lu le compte rendu du colloque du "Fil d'Ariane"... (il n'était pas question que je m'y rende malgré l'invitation de sa présidente. Simplement parce que je n'ai pas les moyens financiers de traverser la France comme cela). L'histoire de la pédopsy qui interdit à une enfant de monter sur les genoux de son père est stupéfiante, révoltante et -c'est vrai- banale dans la sottise caricaturale quotidienne de certains travailleurs sociaux.
"Tu ne montes pas sur les genoux de ton père, ce n'est pas ton mari..." Il y a vraiment de quoi tomber à la renverse et se méfier ensuite de tous les éducateurs...
Je dois dire franchement que pour moi, tomber sur quelqu'un d'aussi sot, qui empecherait mes enfants ou mes petits enfants de monter sur mes genoux, ce serait une manière de me mettre en danger. En effet, ma réaction (physique et immédiate) dépasserait surement mes paroles... Après, bonjour les dégats!! Non, non, je ne plaisante pas...
Allez, à plus tard, peut-être...
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 14 oct. 2008 21:26
par Maryse
oui, ca peut aider d'écrire. Se dire "c'est là", ca peut calmer, permettre de se réapproprier son calme, sa propre estime etc...
Alors, l'écrire... Mais comment ? j'cris chaque soir mon "cahier d'observation" Jusqu'où puis-je aller ?
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 16 oct. 2008 14:01
par Baleste
Bon, on va relancer un peu ce débat. gentiment. Sans frite.
"dire à quelqu'un raconte..; " ca peut faire du bien, surtout si on précise "tu peux raconter..."
Je relève qu'en ce moment, ce n'est pas la préocuppation du moment; il y a la rentrée, et les forumes du genre "résultats d'içi ou là..;" "peut-on s'arrêter un an ?" "Que faire de ma licence?," fleurissent. Et c'est bon signe. il y a des gens qui souhaitent entrer dans la corporation. il y a sans aucun doute moyen de préparer une relève tout à fait à la hauteur.
Hier, j'ai croisé, dans maville, les premières années de l'école d'infirmières. Les "bizuths" qui vendaient du papier hygiènique pour se faire un bal ou un graillou. cette rencontre a été magnifique. Ces petites jeunes filles resplendissaient de joie malgré l'exigeance des études qu'elles entreprennent et la difficulté de leur futur métier. Optimiste, cela m'a rendu !
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 20 oct. 2008 13:13
par Baleste
Allez, Zeugmwoman, Catrhmwoman et carthasiwoman,un petit effort. Nous allons bien arriver aux 300 messages sur ce forum...
Tiens si tu me parlais des maisons de retraite : il va y avoir une trés bonne émission de télé. En caméra cachée... Faut-il que nous soyons arrivés bien bas pour utiliser la caaméra cachée afin de voir ce qui se passe...
de mon temps, caméra cachée, c'était plutot candide caméra...
Ah, et puis, il y a Dolto, ce soir sur la une. D'habitude je ne regarde pas la télé mais ce soir...
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 20 oct. 2008 18:50
par louli
là, Baleste, tu fait peine à voir.
si c'est d'atteindre les 300 messages qui t'interesse, il faut t'adresser à hortefeux, il est très fort sur les quotas.
ton forum se meurt de sa belle mort, pas d'acharnement thérapeutique, laisse le partir.
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 22 oct. 2008 10:43
par Baleste
tu faiS
(2° personne du singulier).
pour le forum, il s'agit juste d'un pari.
Re: Y-a-til des abus surprenants chez certains éducs ?
Publié : 22 oct. 2008 10:49
par Baleste
Je reviens deux minutes plus tard, juste après avoir pris le temps de lire les nouveaux forums.
Prenez "juste cinq mois et déjà!dans le doute.." Hallucinante, cette souffrance, alors que cette ES débute juste. Dans quel état sera-t-elle dans cinq ans ? Voilà en fait, ce qui m'inquiète vraiment face aux abus et à la violence...
La plupart des forums étalent ainsi un doute et une souffrance qui, en elles-mêmes, sont des abus...