Re:
Publié : 09 juil. 2017 16:55
EH oui Lany c'est exactement ça: la famille d'accueil est devenue un service! les enfants accueillis connaissent leurs droits et ne manquent pas de les faire appliquer; bien sûr c'est normal, une évidence, mais j'ai pu voir ma mère vivre des choses tellement injustes qu'elle en est devenue procédurière parfois:
je m'explique, elle donnait l'argent de poche aux enfants placés à une date précise. Un jour un des enfants lui a demandé une paire de chaussures à presque 100 euros, ce qu'elle a refusé au motif que cet enfant avait déjà utilisé toute sa vêture et qu'elle lui avait déjà avancé sur la suivante pour payer une partie des vêtements de marque qu'il exigeait. Ma mère lui a proposé d'économiser son argent de poche pour les payer puisqu'il avait déjà 2 autres paires quasi neuves, ce n'était pas un besoin mais plutôt une envie. Ce jeune lui a fait la misère pendant 15 jours et à fini par aller se plaindre à son éduc que ma mère ne lui donnait plus son argent de poche depuis 3 mois pour le punir de quelque chose qui n'était jamais arrivé. Comme ma mère n'avait pas une super relation avec cette éduc, elle a du se justifier, nous demander ainsi qu'aux autres enfants placés qui avaient assisté à la remise de l'argent de poche au jeune en question afin que nous prouvions sa bonne foi. C'est quand même un monde! par la suite elle a mis un cahier en place sur lequel elle notait la date et le montant de l'argent de poche ainsi que la signature du jeune auquel elle le remettait, et elle y agrafait son ticket de retrait à la banque afin de se couvrir, c'est quand même dingue d'en arriver là, non?
Ce même jeune nous a fait des plans de dingue tout le temps qu'il était à la maison, il demandait des dérogations pour partir en vacances dans des pays étrangers car il disait que tant qu'il était mineur c'était "aux frais de la princesse" et au final, il est parti en croatie, en bulgarie, en espagne pendant que nous c'était camping en tente en France pour que les enfants placés dont personne ne veut soient aussi en vacances... ah et il partait même au ski alors que nous on n'y est jamais allé, et c'était un jeune qui faisait de l'équitation...toujours aux frais de la princesse comme il disait...et il a eu un scooter aussi...
Il y a bien sûr eu des jeunes avec qui nous nous sommes très bien entendus, leur vécu était pourtant terrible mais ils se sont intégrés et étaient reconnaissants de l'accueil qu'ils trouvaient chez nous, mais certains je les aurai bien sortis à coup de pieds au derrière tellement leur irrespect et leur insolence étaient inappropriés.
Et l'entourage, les profs, qui nous disent "ah c'est ton frère de coeur", je vomissais ce terme...
A 15 ans je suis parti vivre chez mes grands parents; j'éttouffais ce milieu, partager mes parents, subir des vols dans ma chambre, le manque d'intimité, la violence sur le chemin du collège, les ados qui te vannent en douce et qui une fois rentrés font leur enfant placé parfait alors qu'ils t'ont traité de fils de p*** sur le chemin en rentrant...je ne supportais plus, j'en voulais à mes parents d'accepter ça, ils disaient que je devais être tolérant, mais j'en avais marre de partager, quand on est ado on a besoin de se construire et je ne pouvais pas dans cette ambiance, je ne me sentais pas à ma place... cette decision de partir de la maison a été difficile à digérer pour ma mère et elle m'en a voulu je pense, mais ça lui a aussi ouvert les yeux je pense parce qu'il y a eu par la suite un évenement qui est venu chambouler tout le monde et ma mère s'est affirmée différement par rapport au service.
Enfin bref aujourd'hui je n'en parle plus avec mes parents, je ne viens chez eux que quand ils sont en week-end, je ne veux pas cotoyer les enfants placés, sauf un qui est là depuis 14 ans et qui fait partie de la famille mais les autres c'est hors de question. Pareil quand je les invite, je m'arrange toujours pour que ce soit une date ou il n'y a pas d'enfant placé, et si il y a un changement de dernière minute, je préfère annuler tant pis c'est dur mais c'est ainsi, je veux une vie à moi et même si c'est enrichissant de partager, d'être dans un mouvement d'ouverture d'esprit, de tolérance, d'acceptation et que ça a surement forgé en partie ma personnalité; j'ai trop vu les effets désastreux que les accueils peuvent avoir sur un enfant en construction, sur une vie de famille, pour vouloir que ça fasse partie de ma vie aujourd'hui...
Je ne sais pas si je suis clair, c'était ma vie, je me suis construit ainsi et aujourd'hui je sais que je ne veux plus de ça dans mon quotidien, pour mon avenir, et c'est quelque chose que je n'imposerai jamais à mes enfants (le jour ou j'en aurai)...
eh oui la vie est loin de la fiction sur france 2 ou tout le monde il est beau tout le monde il est gentil...
je m'explique, elle donnait l'argent de poche aux enfants placés à une date précise. Un jour un des enfants lui a demandé une paire de chaussures à presque 100 euros, ce qu'elle a refusé au motif que cet enfant avait déjà utilisé toute sa vêture et qu'elle lui avait déjà avancé sur la suivante pour payer une partie des vêtements de marque qu'il exigeait. Ma mère lui a proposé d'économiser son argent de poche pour les payer puisqu'il avait déjà 2 autres paires quasi neuves, ce n'était pas un besoin mais plutôt une envie. Ce jeune lui a fait la misère pendant 15 jours et à fini par aller se plaindre à son éduc que ma mère ne lui donnait plus son argent de poche depuis 3 mois pour le punir de quelque chose qui n'était jamais arrivé. Comme ma mère n'avait pas une super relation avec cette éduc, elle a du se justifier, nous demander ainsi qu'aux autres enfants placés qui avaient assisté à la remise de l'argent de poche au jeune en question afin que nous prouvions sa bonne foi. C'est quand même un monde! par la suite elle a mis un cahier en place sur lequel elle notait la date et le montant de l'argent de poche ainsi que la signature du jeune auquel elle le remettait, et elle y agrafait son ticket de retrait à la banque afin de se couvrir, c'est quand même dingue d'en arriver là, non?
Ce même jeune nous a fait des plans de dingue tout le temps qu'il était à la maison, il demandait des dérogations pour partir en vacances dans des pays étrangers car il disait que tant qu'il était mineur c'était "aux frais de la princesse" et au final, il est parti en croatie, en bulgarie, en espagne pendant que nous c'était camping en tente en France pour que les enfants placés dont personne ne veut soient aussi en vacances... ah et il partait même au ski alors que nous on n'y est jamais allé, et c'était un jeune qui faisait de l'équitation...toujours aux frais de la princesse comme il disait...et il a eu un scooter aussi...
Il y a bien sûr eu des jeunes avec qui nous nous sommes très bien entendus, leur vécu était pourtant terrible mais ils se sont intégrés et étaient reconnaissants de l'accueil qu'ils trouvaient chez nous, mais certains je les aurai bien sortis à coup de pieds au derrière tellement leur irrespect et leur insolence étaient inappropriés.
Et l'entourage, les profs, qui nous disent "ah c'est ton frère de coeur", je vomissais ce terme...
A 15 ans je suis parti vivre chez mes grands parents; j'éttouffais ce milieu, partager mes parents, subir des vols dans ma chambre, le manque d'intimité, la violence sur le chemin du collège, les ados qui te vannent en douce et qui une fois rentrés font leur enfant placé parfait alors qu'ils t'ont traité de fils de p*** sur le chemin en rentrant...je ne supportais plus, j'en voulais à mes parents d'accepter ça, ils disaient que je devais être tolérant, mais j'en avais marre de partager, quand on est ado on a besoin de se construire et je ne pouvais pas dans cette ambiance, je ne me sentais pas à ma place... cette decision de partir de la maison a été difficile à digérer pour ma mère et elle m'en a voulu je pense, mais ça lui a aussi ouvert les yeux je pense parce qu'il y a eu par la suite un évenement qui est venu chambouler tout le monde et ma mère s'est affirmée différement par rapport au service.
Enfin bref aujourd'hui je n'en parle plus avec mes parents, je ne viens chez eux que quand ils sont en week-end, je ne veux pas cotoyer les enfants placés, sauf un qui est là depuis 14 ans et qui fait partie de la famille mais les autres c'est hors de question. Pareil quand je les invite, je m'arrange toujours pour que ce soit une date ou il n'y a pas d'enfant placé, et si il y a un changement de dernière minute, je préfère annuler tant pis c'est dur mais c'est ainsi, je veux une vie à moi et même si c'est enrichissant de partager, d'être dans un mouvement d'ouverture d'esprit, de tolérance, d'acceptation et que ça a surement forgé en partie ma personnalité; j'ai trop vu les effets désastreux que les accueils peuvent avoir sur un enfant en construction, sur une vie de famille, pour vouloir que ça fasse partie de ma vie aujourd'hui...
Je ne sais pas si je suis clair, c'était ma vie, je me suis construit ainsi et aujourd'hui je sais que je ne veux plus de ça dans mon quotidien, pour mon avenir, et c'est quelque chose que je n'imposerai jamais à mes enfants (le jour ou j'en aurai)...
eh oui la vie est loin de la fiction sur france 2 ou tout le monde il est beau tout le monde il est gentil...