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Re: que faire? danger et refus de la personne agée
Publié : 31 janv. 2012 19:00
par lelie
bonjour
ce sujet m'interesse, je suis actuellement en troisieme année d'assistante de service social et j'aimerai pouvoir confronter mes points de vue. merci
Re:
Publié : 01 févr. 2012 11:29
par jf
Ce sujet est tellement douloureux que quand on en a l'expérience on a du mal même à l'évoquer même si les années ont passé.
Mes parents ont quitté leur domicile à un âge avancé pour le nôtre ( à 94 et 84 ans.)Il a fallu mettre en place une assistance (plusieurs aides soignantes se relayant dans la semaine, et des infirmiers assurant les toilettes) dispositifs coûteux non pris en charge à l'époque par les services sociaux, mais déductibles des impôts, sauf les toilettes prises en charge par le SS et mutuelle. grosses difficultés car les aides n'acceptaient que des horaires à leur convenance et voulaient être disponibles à l'heure du déjeuner et n'aidaient pas à la prise des repas même quand cela est devenu nécessaire.Je passe sur le fait que ma mère était très gênée que ce soit un homme qui assure sa toilette, mais il n'y avait pas moyen de faire autrement, l'infirmière ayant fait le "plein de ses malades attitrés".
Je devais prendre le relais le we car impossible de trouver une aide acceptant de travailler ce jour là.(je travaillais pendant la semaine) Ces aides n'étant pas des cordons bleus, mon père fin gourmet, n'était pas ravi de la cuisine qu'il n'était plus en mesure de faire lui même.Ma mère a fini par devenir anorexique.
comme vous pouvez l'imaginer, au fur et à mesure des années , leur état s'est dégradé,mais le médecin n'osait plus envoyer ma mère à l'hôpital car elle y était très mal accueillie.(et je suis persuadée qu'il préférait que les personnes âgées meurent chez elles). le cadre de santé qui supervisait le service des personnes âgées n'étant pas remplacée,il y avait beaucoup de laissez aller, les médicaments indispensables étaient donnés par une stagiaire élève de Bep, qui n'avait pas conscience de ses responsabilités, et j'ai retrouvé plus d'une fois les médicaments recrachés sous le lit. La baignoire de l'hôpital était noire de crasse et on s'étonnait après ça,que ma mère refuse vivement d'y être lavée.Pour mon père, lors d'une hospitalisation 'il avait 96 ans), ça a été pareil, le goutte à goutte s'étant bloqué,personne ne s'est donné la peine de le réparer malgré toutes les alertes que j'ai pu faire, et il s'est déshydraté toute une nuit. si bien que le médecin de l'hôpital m'a conseillé vivement le lendemain de le ramener sur le champ chez lui.
Si les personnes âgées sont traitées de cette façon là dans les maisons de retraite attenant aux hôpitaux,je crois qu'elles n'y font pas de vieux os.
Mon père a survécu jusqu'à la veille de ses cent ans à notre domicile,et lorsqu'il a quitté pour la dernière fois notre domicile, il avait bien conscience dans l'ambulance, qu'il n'y rentrerait plus.
Il y a été très mal pris en charge par des élèves infirmières débutantes qui ne connaissaient pas leur métier. Je l'entendais hurler de douleur lors des changes alors que les personnes de l'ephad qui venaient à domicile lors du dernier mois pour faire les toilettes étaient d'une compétence et d'un savoir faire parfait et certainement d'une délicatesse parfaite. Je suis persuadée qu'il aurait survécu quelques mois de plus s'il n'avait pas été hospitalisé et dans de meilleures conditions.
J'ai eu beaucoup de regrets de ne pas m'être opposée à son transfert à l'hôpital.
Re: que faire? danger et refus de la personne agée
Publié : 01 févr. 2012 19:22
par Florence
Bonjour,
C'est agaçant, il y a 2 "topics" ouverts avec le même titre !
Celui-ci et aussi
http://www.lesocial.fr/forums/read2.php ... 4&t=208854
En tous cas, ces situations ne sont pas simples, il n'y a pas de réponse unique, ou de réponse toute faite, le vieillissement des personnes âgées n'est pas uniforme ni universel.
Il faut s'efforcer de trouver la "moins mauvais solution", en fonction de la personne âgée, de son histoire de vie et de son entourage familial (ou non), de ses revenus aussi ...
Car comme le relate JF, le maintien à domicile coûte cher à la personne elle-même, il est rare que tout soit pris en charge, et les aides financières sont accordées au compte-gouttes.
Au final, il est plus facile de rester au domicile le + tard possible quand on a les ressources pour ...
Mais tout dépend des services que l'on peut mettre en place, des professionnels qui interviennent : il y a de bons et -hélas- de mauvais professionnels partout, aussi bien chez les aides ménagères ou auxiliaires de vie à domicile que chez les soignants qui interviennent en EHPAD ou en hôpital.
Re: que faire? danger et refus de la personne agée
Publié : 02 févr. 2012 18:16
par ASS hospitalière
Bonjour à vous.
Je me permets de me joindre à cet échange afin d'avoir vos conseils concernant un patient.
Ce dernier a la maladie d'Alzheimer et fugue constamment lorsqu'il se trouve au domicile. Il est hospitalisé dans une unité psychiatrique fermée. Malgré cela, il a réussi à trouver comment ouvrir la porte (le petit malin !!) et fugue du service.
Avant son hospitalisation, il vivait avec son épouse au domicile. Celle-ci rencontre d'importants problèmes de santé (phase terminale d'un cancer). Elle est dans le déni de sa maladie et de ses difficultés. Elle souhaite que son époux retourne au domicile. Elle pense pouvoir s'occuper de son mari. Cependant, le couple se met en danger à la maison (oubli d'eteindre le gaz par exemple).
Monsieur a pu bénéficier d'une place en EHPAD (cantou). Seulement, la place lui est passée sous le nez dans la mesure où son épouse a refusé catégoriquement qu'il entre en EHPAD. Le couple n'a pas d'enfants. Des nièces et neveux sont présents mais ne veulent pas prendre la décision sans l'accord de Madame.
Je vais demander au médecin du service de rencontrer l'épouse. Peut être qu'il arrivera à la convaincre car quand elle ne sera plus là, qui s'occupera de Monsieur ?
Un signalement ? J'y pense de plus en plus. Mais les délais sont longs. Monsieur n'est plus en capacité de prendre des décisions. Il est dans un stade très avancé de la maladie.
Un tuteur peut-il prendre une décision d'entrée en EHPAD si l'épouse est formellement opposée ?
Florence, si tu lis ce message, peux-tu me renseigner sur la sauvegarde de justice par déclaration médicale ? Je navigue sur le net ou dans les livres pour avoir des infos, mais ce n'est pas clair.
Si sauvegarde, il faudra un mandataire spécial (une association tutélaire dans ce cas) et le certificat médical d'un médecin expert est obligatoire. Cette démarche est-elle nécessaire ? La personne mandatée pourra t-elle décider "à la place" de Monsieur ?
Vos conseils sont les bienvenus. J'avoue que je ne sais pas trop quoi faire.
Merci de m'avoir lu.
Re: que faire? danger et refus de la personne agée
Publié : 04 févr. 2012 00:15
par Florence
Bonsoir ASS hospitalière,
Hélas, pas de solution miracle.
La décision ne peut être prise que conjointement par le couple, ou au minimum par madame, soutenu(e) par l'équipe médicale. Sauf si les médecins estiment que monsieur relève à nouveau d'une hospitalisation en psychiatrie, soit d'office (sur demande du Préfet ou du maire de son lieu de résidence) ou à la demande d'un tiers, qui pourrait être l'un des neveu/nièce si la conjointe ne s'y résoud pas.
Concernant le tuteur, celui-ci n'a AUCUN pouvoir de faire placer quelqu'un en EHPAD contre sa volonté ... sauf éventuellement sur décision du Juge des Tutelles. Cela prendra du temps, car le tuteur doit fournir suffisamment d'éléments sur la situation.
En attendant, la "solution" (même non satisfaisante) de l'hospitalisation en psychiatrie semble être la "moins mauvaise" solution. (en HO ou HDT, comme je le disais)
Il est alors possible de faire une déclaration de sauvegarde médicale. C'est un document que signe le médecin, attestant que la personne n'est pas en capacité de "pourvoir à ses intérêts".
Ce document permet de faire opposition aux banques ou organismes de crédit si monsieur en signe pendant cette période. Il permet également que le directeur de l'établissement prenne des mesures conservatoires, comme assurer le logement si ce n'est pas fait ...
Pour aller plus loin, il faut ensuite une sauvegarde de justice, avec désignation d'un mandataire. En parallèle, tu peux faire un signalement au procureur, accompagné du certificat d'un médecin inscrit sur la liste du proc' (disponible sur demande au Greffe du TI), en expliquant bien que madame n'est pas en capacité non plus de décider pour son époux. Un mandataire spécial associatif pourra alors être désigné, y compris en "urgence" (3 à 6 mois selon le Tribunal ?)
Cela permettra de gérer les biens de monsieur (ou du couple), d'aider à préparer les dossiers administratifs, régler les éventuelles dettes et/ou prévoir le devenir du logement du couple, etc ...
Mais encore une fois, le choix du lieu de vie appartient au majeur protégé, sauf décision médicale de maintien en psychiatrie (désormais confirmée par le Juge des libertés, dans les 15 jours qui suivent).
Le placement en EHPAD ne pourrait être que sollicité auprès du Juge des Tutelles ...
Re:
Publié : 04 févr. 2012 16:36
par Patapon
Bonjour,
Dans la situation évoquée par ASS hospitalière, le souhait du couple n'est-il pas simplement d'être ensemble ? Plus que de savoir qui a le pouvoir de quoi faire, et quels délais ca prendra, ne peut-on pas leur proposer de vivre ensemble dans une structure plus ou moins adaptée à la prise en charge médicale d'une dame en phase terminale et de son époux souffrant de troubles alzheimer ? Madame va mourir, pourquoi devrait-on lui enlever son mari ? Un long ou un moyen séjour par exemple. Dans notre SSR nous prenons souvent les conjoints avec, pour des durées plus ou moins longues.
Re:
Publié : 05 févr. 2012 12:35
par ASS hospitalière
Merci Florence pour toutes ces précisions.
Pour Patapon, effectivement, le souhait du couple est de rester ensemble. Ce que je comprend parfaitement.
Le souci est qu'il est hors de question que le couple intègre une structure (EHPAD)dixit Madame. Elle a mis en avant l'aspect financier à notre dernière rencontre. Ce que je comprend également.
Avant d'être hospitalisé dans le service où j'interviens, Monsieur était en SSR. Il a été hospitalisé en unité fermé car il fuguait constamment et se mettait en danger. Nous n'avons pas de structures (SSR) adaptées.
Je vais déjà demander au médecin de rencontrer la famille.
Merci pour vos conseils.
A bientôt.
Protection d'une personne âgée
Publié : 10 févr. 2012 08:34
par Virginie
Bonjour,
Je suis contente d'avoir trouvé ce forum car j'ai du mal à savoir ce que je dois faire dans le cadre d'une demande de protection pour mon père.
Mon père, âgé de 78 ans, est atteint du syndrome de Diogène, c'est-à-dire qu'il ne jette rien et accumule ainsi dans le temps des choses inutiles qui ont fini par encombrer sa maison. Certaines pièces sont inaccessibles et il faut enjamber des tas de détritus pour se frayer un passage dans les autres pièces. De plus, il vit sans eau depuis 3 ans, n'a plus de sanitaires, n'a pas de chauffage. Il vit dans une maison insalubre et refuse de la quitter. Au niveau de sa santé, il a une mobilité très réduite car il avance à tout petits pas et cherche des points d'appui pour ne pas perdre l'équilibre. Il lui arrive de tomber. Il a été suivi pendant plus de 2 ans par un assistant social mais mon père s'est imaginé que ce dernier agissait contre ses intérêts et a refusé toutes les solutions qui lui ont été proposées, à savoir un relogement provisoire pour permettre d'effectuer des travaux de réhabilitation de sa maison. Cet assistant social a donc transmis le dossier de mon père à la Mairie qui a, à son tour, transmis ce dossier au Cabinet du Préfet. Le Maire m'a envoyé un courrier me disant que le Cabinet du Préfet, l'Agence Régionale de Santé et la Mairie avait jugé souhaitable que la famille fasse une demande de protection pour mon père et le Maire m'invite à faire cette démarche pour la situation sociale inquiétante de mon père cesse au plus vite (ce sont ses propres termes). Ce courrier date du 6 septembre 2011.
Je n'ai encore rien fait car une assistante sociale de l'armée (mon père est un retraitée de l'armée) a déjà fait cette demande au mois de septembre 2011 auprès du Procureur de la République. Cependant, elle me demande de faire la même demande auprès du Juge des Tutelles car la situation est urgente et qu'elle n'a, à ce jour, aucun retour du Procureur.
Or, j'ai vu que pour faire une demande de protection, il faut obligatoirement produire un certificat médical circonstancié d'un spécialiste inscrit sur la liste établie par le Procureur de la République. Mon père est opposant et il n'ouvre sa porte à personne. Il ne sera donc pas possible que ce spécialiste puisse le voir.
Que dois-je faire ? Puis-je tout de même faire une demande de protection au Juge des Tutelles ou dois-je l'adresser au Procureur de la République car je n'ai pas le certificat médical obligatoire ?
J'ai en ma possession :
- Un protocole de soins pour un traitement à vie
- Un certificat des urgences pour un malaise atypique suite à une chute
- Une prescription médicale de transport mentionnant "Rééducation nécessaire - Maladie de Parkinson) et je sais qu'il ne fait pas cette rééducation.
- Le certificat médical de la demande d'invalidité datant du 7 juillet 2011 dans lequel, très curieusement, le médecin indique que mon père a un tuteur alors que ce n'est absolument pas le cas. Par contre, il est stipulé tous les problèmes de santé de mon père ainsi que ses conditions de vie et d'hygiène très précaires. Je précise que mon père a des revenus (2 retraites dont 1 de l'armée) et ses problèmes ne sont pas liés à un manque de moyens financiers.
J'ai aussi une plainte que mon père avait adressée à la Présidente du Conseil Général qui montre les incohérences de son discours et son manque d'autonomie.
Un conseil serait le bien venu et je m'excuse pour la longueur de mes explications.
Cordialement
Virginie
Re:
Publié : 10 févr. 2012 13:35
par b
Je ne me sens pas compétente pour régler un problème aussi difficile.
Dans un premier temps, ne pourrais tu pas louer une benne à ordures( pour une centaine d'euros) pour évacuer toi même avec des proches, les détritus et amoindrir les risques.
si évidemment il te laisse faire.
ce n'est certes qu'une solution provisoire et incomplète mais il faut bien commencer par faire quelque chose!
Re:
Publié : 10 févr. 2012 14:59
par Patapon
Bonjour Virginie,
Tu devrais néanmoins solliciter un médecin inscrit sur la liste du Procureur. Ca sera probablement 160€ pour pas grand chose, mais l'expert rendra au juge un certificat disant qu'il n'a pas pu procéder à l'expertise et ton dossier sera néanmoins complet. Sauf bien sûr que le Juge devra se prononcer avec très peu d'éléments en sa possession. Je te conseille donc de détailler la situation dans le formulaire de demande (exactement comme tu viens de le faire sur ce forum) et d'y joindre tous les documents que tu mentionnes.
Bon courage !