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Re: estime de soi

Publié : 26 févr. 2008 21:11
par Zitouna
Salut a toutes et a tous,

Merci Mily du fait que tu nous fait part de ta connaissance sur le sujet. Je suis en stage avec des adolescentes en foyer educatif et je realise mon projet d action educative sur l estime des soi au travers de seances d atelier de soins esthetiques et de bien etre. Ca peut paraitre con mais avec ces filles ca passe par là. Toute la partie theorique de mon sujet, Mily, tu me l a pre-mache.
Je reflechis aussi sur la question de notre propre estime de nous, nous en tant qu educ qui bossons avec un public domt l estime d eux meme est assez faible. Le mot revalorisation prend tout son sens avec des gones comme ca.
Je me dis que si on choisis le sujet de l estime de soi ce n est pas pour rien, en general... Je vous laisse mediter là dessus. Tchao
Je me dis que si on choisis ce sujet, ce n

Re: estime de soi

Publié : 01 mars 2008 11:13
par ded
salut à toutes....
Je vois que les idées ne manquent pas de fusionner ici, et je trouve ca enrichissant.
Pour ma part j'avance plutot bien dans ma réflexion, et je pense que ce forum y est pour quelque chose.
J'ai beaucoup parlé du quotidien comme support à la valorisation.En effet, on travil pas dans le quotidin mis avec le quotidien.
Mais là, je suis à la recherche d'un titre pour ce travail! Vous en êtes où vous dans votre écrit? Vous avez trouvé un titre??
Vous avez trouvez des oeuvres interressantes???

Pour répondre à Zitouna, je pense comme toi que si on a décidé de se pencher sur ce thème, ce n'est pas anodin. Je pense que ce travail reprèsente l'une de nos valeurs de professionnel.
On prend le résident comme une personne en tant que tel, qui a des sentiments, des émotions...Je pense que cette approche dans la relation fait partie de nous, de notre personnalité,de notre vision de voir notre métier.
Bonnes journée à vous toutes...

Re: estime de soi

Publié : 02 mars 2008 13:30
par m42
Salut a tous!!

C est vrai que ca fait plaisir d echanger comme ca sur un sujet qui nous parle vraiment!! Et puis ca permet de faire avancer notre reflexion.
Ded, je voulais te demander de quel livre de Gaberan tu parles dans lequel il evoque le fait de passer du vivre a l existence??
Ca m'interesse!!
Pour ma part, je n'ai pas avancé mon memoire car j'etais en vacances. Je me suis fait une petite coupure, histoire de souffler un peu!!
Et toi tu en es ou?
Pour ce qui est de mon stage, je termine le 7 mars. Et apres de retour en cours... on va avoir pas mal la pression je pense pour cette derniere ligne droite!!
La formation d'educ, non, j ne pense pas enchainer direct. Peut etre plus tard. Et toi?
Bon courage en tous cas pour les ecrits!!
a bientot

Re: estime de soi

Publié : 04 mars 2008 14:06
par zitouna
Salut,

m42 et les autres,

Pour répondre à ta question sur le bouquin de Gaberan qui parle "passer du vivre à l'exister", c'est "Cent mots pour être éducateur". C'est une bible pour nous qui sommes éducateurs en devenir. Je le recommande, moi j'y pioche souvent des trucs dedans. D'ailleurs, je recommande tout les bouquins de Gaberan, sans vouloir faire de la pub à mon formateur!!, car ils sont plein de bon sens et d'une aide inconditionnelle pour nous et nos écrits. Il y a donc "Moniteur Educateur, un professionnel du quotidien", qui est très bien aussi.

Tchao.

Re: estime de soi

Publié : 05 mars 2008 16:37
par zitouna
Salut

Comme je suis très intéressée par le sujet, je vous livre ce que j'avais trouvé, lors de mon précédent stage, sur l'estime de soi. Cela vient complété ce que Mily avait mis en ligne plus haut.

L’estime de soi correspond à une double nécessité pour l’individu : se sentir compétant et être reconnu par autrui. (la hiérarchie des besoins de Maslow)

•capacité à développer de l’amour envers soi même
•capacité à oser se faire confiance
•capacité à s’affirmer et à se positionner
•capacité à ne pas dépendre entièrement du regard des autres.

Cela s’opère à deux niveaux :
Si l’estime de soi augmente lorsque je le « mérite » (en ayant réussi à obtenir l’approbation sociale, à réaliser un projet gratifiant ou à tenir mes engagements), alors elle diminuera lorsque j’ai « faut » (suite à un rejet social, une mauvaise performance ou une attitude contraire à mon éthique)
On voit très vite que l’individu moyen sera sujet toute sa vie à des hauts et des bas incessants dans son « estime de soi », oscillant entre des états de béatitude où il se prend pour un dieu et des moments tragiques, où il se considère comme un ver de terre.

Il existe une alternative à cette « montagne russe » émotionnelle que constitue l’estime de soi : l’arrêt pur et simple de toute évaluation de soi, au profit d’une évaluation de ses comportements et de sa satisfaction personnelle.

Les seuls choses susceptible d’être évaluée concernant l’être humain ce sont leurs comportements. La personne n’est pas le comportement. Ce n’est parce qu’un individu agit stupidement qu’il est stupide.

Harter (1978) souligne l’aspect vital de l’approbation pour l’estime de soi de l’enfant, à la fois pour encourager certains comportements et comme source d’informations sur l’adéquation de ses performances. Ces renforcements positifs remplissent deux fonctions ; ils apportent de la stimulation et de l’affection, de même qu’ils favorisent le processus d’indépendance et de recherche de maîtrise.

Jusqu’à 3 ans l’enfant accorde plus d’importance à l’avis de ses parents ; puis peu à peu c’est l’approbation des paires qui va être recherchée (avec un paroxysme à l’adolescence).

Le « rang » de naissance semble également jouer un rôle sur l’estime de soi de l’enfant et du futur adulte : ainsi les cadets auraient une estime de soi légèrement plus basse que les aînés mais serait plus populaires et plus à l’aise en société. Les aînés, jouissent d’une estime de soi légèrement plus élevée, axée sur la performance.
(Miller et Naruyama 1976)


Les facteurs favorables à l’émergence de l’estime de soi sont un environnement stable, sécurisant réceptif aux attentes (sans pour autant confondre besoins et désirs).
Quelques règles d’hygiène relationnelles :
•percevoir que dans une relation, nous sommes toujours 3 : l’autre, moi, et la relation
•ne pas entretenir une collusion entre sentiments et relation : je t’aime toi, mais je n’apprécie pas ce que tu as fait.

En résumé l’estime de soi est une des composantes majeur dans la construction de tout être humain pour lui permettre de se relier au monde et de pouvoir vivre sa vie. Pour lui permettre également d’affronter avec plus de dynamisme avec ses propres ressources les différents écueils et difficultés qu’il aura à traverser tout au cour de sa vie. L’estime de soi est un élément majeur pour accéder à l’autonomie et éviter d’entretenir la dépendance affective (envers les autres) ou les addictions.

Re: estime de soi

Publié : 07 mars 2008 11:30
par m42
Et bah dis donc, ça c est de l'exposé!!!
C est sympa de nous faire part de tes connaissances théoriques..
Et dans ta pratique, comment repère tu qu'une personne a une faible estime d'elle meme, que mets tu en place pour la renforcer...??
Pour ma part, au niveau théorique, j'ai pas mal de bouquins très intéressants. Du coup, je t'avouerai que l'échange sur nos pratiques me permets plus d'avancer.
C est quand meme tres sympa de nous avoir apporter tes savoirs.
A bientot

Re: estime de soi

Publié : 08 mars 2008 09:14
par Mily
Pour faire plaisir à m42, voici une part de ma reflexion à ce sujet illustrée par quelques exemples concrets:
Pour ma part, j'ai fait se travail sur l'estime de soi suite à un stage auprès de femmes victimes de violences et un stage auprès de personnes alcoolo dépendantes et avant même de repérer le problème d'estime de soi, tu peux observer un sentiment de honte et de culpabilité. Il faut bien évidemment commencer par cela (notamment à travers l'écoute empathique).
La théorie relative à ces publics permet de mieux comprendre les problématiques liées à l'estime de soi (je vous la fait partager rapidement pour mieux comprendre):
Il y a un double mouvement de l’estime de soi, chez les femmes victimes de violences : C’est, en général une basse estime de soi qui pousse les femmes à tolérer la violence sans rien dire et la violence et les humiliations répétées et régulières altèrent son estime de soi. « Il arrive que l’agression sur l’estime de soi soit plus importante que l’agression sur la personne. » (« L’estime de soi, s’aimer pour mieux vivre avec les autres», André Christophe et François Lelord, éditions Retz 1971.)
L’alcoolisme est dû à une multiplicité de facteurs et de circonstances, on ne peut réduire la problématique de la personne alcoolique à une seule cause (il n'y a pas qu'un problème d'estime de soi, mais il reste cependant très présent).Une basse estime de soi peut pousser à boire de l’alcool: L’alcool peut aider à échapper à la vision critique que nous avons de nous-mêmes,l’alcool est un puissant désinhibiteur, Lorsque des personnes ont une basse estime de soi, elles éprouvent souvent des difficultés à agir et l’aspect désinhibiteur de l’alcool leur facilite le passage à l’acte.
Des personnes à basse estime de soi seront généralement plus influençables et souhaitant être conformes aux normes du groupe, elles adopteront plus facilement des conduites d’alcoolisation.

Ensuite voilà comment je vois les possibilités de Travail du moniteur-éducateur et les perspectives éducatives. (Les étapes essentielles):

1- Se retrouver, réapprendre le quotidien (accueil, temps pour se poser, se réappropier un nouveau rythme, temps de mémoire...)

2- l'observation , l'écoute et la relation de confiance.
Dans le cas des personnes alcooliques, par exemple, on connaît ce lieu commun qui dit qu’on ne peut pas faire confiance à un alcoolique, ou encore que la parole d’un alcoolique ne vaut rien du tout. Ceci est bien connu de la personne alcoolique elle-même.C'est pourquoi il est nécessaire de ne pas rester sur cette impression et d'instaurer une relation de confiance.
Le quotidien est révélateur de symptômes. Souvent on peut observer un manque de confiance en soi, un déficit au niveau de l’éducation des enfants, une tendance à se laisser assister, une grande fragilité psychologique, … L’observation de ces symptômes permet ensuite d’ouvrir des hypothèses et de mettre en place des projets.
Il faut savoir écouter pour renvoyer à l'autre une image aidante, sécurisante et structurante.La valorisation de soi passe par une bonne évaluation de soi de la part de la personne qui écoute.

3- Au quotidien : réapprendre à s’aimer.
Recréer des rythmes qui structurent la journée, se fabriquer un quotidien de tâches à accomplir représente une étape dans la reconstruction des usagers. Il est donc intéressant pour les éducateurs de partager un peu de ce quotidien avec les usagers, en privilégiant, le « faire avec », les entretiens, en les accompagnant dans certaines démarches administratives, médicales ou juridiques. Par exemple, les 1 ères fois que j'ai accompagné une femme victime de violences et malade du sida à des Rv (sécu, alphabétisation, ...), elle se présentait directement comme qq'un de malade et de fatigué, au fur et à mesure et en reprenant ça régulièrement avec elle, au bout de qq mois, elle se présentait de manière + positive ne parlant + ni de sa maladie, ni des violences, (d'ailleurs, curieusement elle n'était plus fatiguée !)
La valorisation des usagers dans l’accomplissement des actes de la vie quotidienne est selon moi primordiale. Le simple fait de respecter les quelques règles de vie, les horaires, … révèle un effort d’adaptation et d’investissement. Il est donc essentiel de signifier les choses et encourager les usagers dans leurs démarches et de pointer les changements positifs.
Il est également important de signifier les changements physiques, souvent révélateurs de l’image que les usagers ont d’eux-mêmes (ça, c'est quelque chose de souvent flagrant avec ces publics).

4-Un projet individualisé : se projeter dans l’avenir
Après le travail de mémoire, après le temps de réflexion il faut se tourner vers l’avenir. Dans ce temps de la maturation du projet, l’intervention du travailleur social se situe dans la facilitation de l’émergence et de la réalisation du projet de la personne accompagnée, dans le but de la laisser maître de sa propre histoire. Un accompagnement éducatif individualisé amène chaque usager à mieux se connaître, à prendre conscience de ses capacités et de ses limites, puis les exprimer et les travailler afin d’être mieux et de se rendre compte des avancées de sa situation, des améliorations et porter sur lui-même un regard positif qui sera renforcé par le regard du professionnel.

5-L’importance du groupe
- Les impératifs liés au groupe et à la vie en société. Même si dans un 1 er tps, certaines personnes souhaitent rester seules, , et s’isolent, cette étape ne peut durer qu’un temps, ils ont besoin d’aller à l’extérieur.
- Les activités qui favorisent l’estime de soi
À travers des activités, le moniteur-éducateur peut réaliser un travail de groupe d’expression et de création qui vise à agir sur les relations interpersonnelles. Il s’agit de développer l’estime de soi, de valoriser les relations interpersonnelles, d’éveiller les aptitudes et capacités latentes et de modifier la perception menaçante des autres. Pour ce faire toute une série de supports sont alors utilisés qui peuvent être par exemple la relaxation et les groupes de parole, mais aussi l’atelier d’écriture ou le journal de l’établissement, la peinture, la sculpture ou encore la cuisine.
Pour ma part, j'ai participé à des groupes de parole, participer à un atelier d'écriture/journal avec les personnes alcoolo dépendantes dont voici un extrait qui parle de lui même : « Toi qui lis ce message, toi qui a peut-être honte de ton image et de tes habitudes de boisson, dans ta solitude ou en réunion. Fais toi un objectif et ne sois pas négatif. Tu as envie de revivre, de renaître, alors regarde toi, tu es un humain et tu vas retrouver ton bien-être.
Tu dois espérer le bonheur, faire un bilan parce que tu es utile à toi même et aux autres et surtout, tu es unique.
Supprime cette haine envers toi-même et tu verras que tu gagneras contre tes idées noires, ta négligence et cet alcool qui te rend nerveux. Et si tu penses que c’est urgent, fais toi aider, tu n’es pas seul, et là, tu retrouveras ton humour, tes rires, ta joie de vivre, tu ne feras plus cette erreur de boire et reboire encore et toujours, tu chasseras tes mauvaises humeurs, tes violences, tes tristesses et tu seras heureux. C’est ça le bonheur. ».
J'ai également mis en place une activité de rencontres interculturelles avec les femmes. A travers cette activité, j’ai pu observer que le groupe donne de l’assurance aux personnes qui en font partie, grâce à lui, elles se sentent plus solides, elles envisagent de réaliser des performances dont elles se pensent incapables isolément.
- Besoin des autres et regard des autres :
Pour les personnes alcooliques, l’importance du groupe et des groupes de parole est indéniable. (cela reste par la suite présent avec les assos néphalistes comme "vie libre", "les alcooliques anonymes ...)Face à un alcoolique ou à une personne abstinente le regard des autres a également son importance, il encouragera ou influencera la personne dépendante dans sa démarche de soins et d’abstinence.
Le groupe le structure aussi à travers un mécanisme d’identification, de compétition et de miroir. Il renvoie à l’individu une image sociale de lui-même, image différente de ce que la personne ressent d’elle-même. Cette image conforte la personne dans un sentiment de sécurité ou, au contraire, elle l’oblige à changer, à s’adapter.

Pour conclure, c'est un travil parfois difficile et long même si parfois cela se conclue par des "échecs", mais plutôt intéressant. Si une autre chose que j'ai pu observer : souvent quand une personne a acquis + d'estime d'elle même , elle a souvent envie d'aider les autres, souvent, les femmes victimes de violence choisissent de s'orienter vers des formations d'aide soignante ou d'auilaire de vie et les personnes alcoolo dépendantes cherchent à témoigner ou à s'investir dans des associations d'anciens buveurs.

En espérant que cela pourra aussi vous aider, bon courage à tous et à toutes.

Re: estime de soi

Publié : 09 mars 2008 14:39
par m42
Merci Mily!!

Je trouve tres genereux de partager autant de ton experience sur ce forum!!
Il y a pleins de choses bien interessantes dans ce que tu dis, qui vont, je pense, m'aider à developper ma reflexion. Bien que le travail sur l'estime de soi est assez different suivant les publics avec lesquels on bosse. Dans tes experinces, je retrouve des choses que j'ai vécu avec les familles migrantes. Par contre, mon dernier travail avec les jeunes sourds se basait sur des temps et des actions assez différentes.
Actuellement tu bosse ou?
Merci encore...

Re: estime de soi

Publié : 10 mars 2008 09:12
par Mily
Salut,
Actuellement, je bosse dans un centre d'hebergement d'urgence qui accueille des hommes sans abri et effectivement, même si le travail sur l'estime de soi est présent, il se réalise encore différemment.
Bon courage à vous.

Re: estime de soi

Publié : 11 mars 2008 15:51
par ded
merci beaucoup mily d'exposer ton travail, comme tu l'a fait.
Tout comme toi, j'ai travaillé en stage auprès de femmes victimes de violence conjugale, et je me retrouve tout à fait dans ton écrit.
J'avais déjà écrit tout cela dans ma note de réflexion, et je trouve çà super de trouver quelqu'un qui a les mêmes observations.
Tu est ME?
Pour répondre à m42, gaberan c'est "me, un professionnel du quotidien". Mais tu peux aussi fouiner dans l'ouvrage de capul et lemay, y'a de quoi réfléchir.
M42, est se que tu parles de l'émergence de l'estime de soi? Du stade du miroir? Quelle ouvrages abordes tu?
bon courage à toutes