Page 34 sur 69

Re:

Publié : 12 oct. 2011 22:42
par Tibo
Salut à vous, Camarades !

Ravi de voir qu'enfin, on ne parle plus d'éducation spécialisée, mais bien de coaching... ce qui n'a rien, mais rien à voir...

Merci de me donner raison depuis tous ces longs mois à défendre le fait qu'on ne parlait pas de la même chose...

Socialement,

Re:

Publié : 13 oct. 2011 08:24
par Johanne
Bonjour Nikita,
j'ai moi-même tenté l'expérience durant 2 ans,
je suis retournée vers l'associatif,
je suis sur toulouse et aimerais échanger avec toi,06 63 12 76 55
johanne.joly@laposte.net
Cordialement
Johanne

Re: éduc libéral ?

Publié : 14 oct. 2011 02:51
par BERNARD
"Ravi de voir qu'enfin, on ne parle plus d'éducation spécialisée, mais bien de coaching... ce qui n'a rien, mais rien à voir...

Rien à voir avec quoi de l'éducation spécialisée proposée par un "libéral" ?

Pour l'instant je n'ai absolument rien "vu" de ce qu'apporte une prestation d'un libéral. Essayons de sortir des généralités et des termes génériques vides de sens.
Que fait concrêtement un éducateur libéral ? Quelles sont ces techniques, ses modes d'intervention; ses process et ses outils ?
Le coaching est une technique d'intervention qui est trés élaborée pour conduire du changement chez une personne qui le demande. Celle qui ne formule pas de demande de changement exprime nécessairement celle-ci d'une autre manière. C'est tout l'art du coaching que de conduire une personne vers un objectif qu'elle s'est fixé selon son rythme, ses valeurs et ses besoins et non sous l'injonction d'une autorité administrative.

Re: educ

Publié : 14 oct. 2011 12:22
par kar1ne
Le problème, c'est la remise en question du statut, des missions, des objectifs...
Tant que les éducs ne se feront pas entendre, reconnaître pour ce qu'ils sont; cela n'évoluera pas.
D'où les gueguerres.
Une infirmière en libéral prodigue les même soins qu'une dans un hôpital. Un éduc en libéral se réferre aux même enseignements que son collègue en institution.Les référentiels et la théorie des unités de travail sont les mêmes
Un éduc fait du coaching aussi dans son métier de tous les jours. Désapprendre des schémas pour s'adapter et avoir un comportement "cohérent", C'est du coaching. Se fixer des objectifs, apprendre à mettre des mots à communiquer son malêtre est du coaching.

Re liberal:

Publié : 15 oct. 2011 00:08
par BERNARD
Je partage votre point de vue sur l'incapacité à témoigner de la pratique spécifique d'un éduc . Toutefois, vous semblez articuler cette pratique avec uniquement le référentiel de la formation initiale de l'éducateur spécialisé. Or j'ai sous les yeux ce référentiel en question. A son étude j'ai le sentiment d'une coque vide, de termes généraux qui reflètent peu le contenu véritable du travail éducatif d'accompagnement. Si un éducateur fait du coaching dans son travail quotidien alors qu'il le des démontre ! Désapprendre des schémas pour s'adapter et avoir un comportement "cohérent" sera du coaching dès lors que la personne accompagnée s'est fixé l'objectif d'avoir un comportement "cohérent" à condition de définir ce qu'est pour elle un "comportement cohérent" (au regard de ses valeurs et de ses besoins) Parler de son mal être est un objectif à partir du moment où c'est la personne qui le demande en fonction de ses attentes et de son projet de vie mais toujours en respectant ses envies et non celles de l'intervenant social. Le coaching est une démarche d'accompagnement précise et pointue. Cela exige une formation préalable ; sinon c'est du "pseudo-coaching" ou "coaching-sauvage". C'est comme si l'on disait que l'éducateur agit en psychothérapeute parce qu'il "écoute" un bénéficiaire.

Re: educ lib

Publié : 15 oct. 2011 09:50
par kar1ne
La formation préalable, d'accord. Tout à fait d'accord.
Après on peut faire dix d'études pointues comme vous dites, avant de s'occuper des autres, avant de vouloir être pro de la relation, du developpement perso il faut avoir fait un travail sur soi.

Comment s'en remettre à un professionnel si celui-çi n'est pas au clair avec lui meme, conscient de ses névroses ? ses angoisses, ses blessures... Dans quel but fait-il coach?

Re: educ lib

Publié : 15 oct. 2011 19:03
par BERNARD
Je ressens une pointe d'agacement voire de posture défensive dans votre façon de répondre. Mais je ne suis pas surpris je l'ai bien cherché en questionnant l'identité professionnelle de l'éducateur libéral. Vous me transmettez donc la balle en interrogeant mon identité professionnelle de coach. Je vous réponds d'abord en soulignant que je ne "fais pas coach", je suis coach ! C'est à dire que mon identité professionnelle de coach est en harmonie avec ce que je suis en tant qu'être humain et bien évidemment avec toute mon histoire sociale, familiale, culturelle et leurs lots de croyances aidantes et limitantes. Je prends conscience de mes blessures et de mes peurs en formation de coaching et en supervision. Ce qui est quelques fois très inconfortable mais je considère que c'est une exigence éthique que de réaliser ce travail dans la mesure où aider une personne à atteindre son objectif (chercher un travail, quitter son entreprise, arrêter de fumer, de boire, prendre soin de soi, prendre une décision...etc) passe d'abord par l'aider à repérer ses croyances limitantes (je suis nul, idiot, débile, vieux, petit, gros, maigre, trop lent, stressé..etc). De quelle manière ? La PNL propose un outil nommé "l'index de conscience" qui permet d'analyser une situation stressante en identifiant ce qui d'ordre factuel et objectif et ce qui appartient au domaine de la subjectivité et du ressenti. Cet outil permet de repérer que ce qui est dit ou agit dans une situation n'est en réalité qu'un réponse inadaptée à nos propres interprétations et donc d'agir de manière écologique pour soi et pour les autres. Je suis un peu long dans ma démonstration mais c'est pour démontrer que la pratique du travail social nécessiterait de s'appuyer sur des méthodes de ce type pour améliorer la qualité de la prestation fournie par l'éducateur. Je suis coach parce que j'ai "fait" l'éducateur pendant 33 ans dont 18 dans en tant que Chef de service éducatif (manager si vous préferez). En conséquence, je suis coach pour réparer aussi des erreurs commises tout au long de ma carrière professionnelle parceque je n'ai pas su écouter les besoins des personnes que j'ai accompagnées ou managées. Je suis coach parce que le coaching me permet de répondre à mon besoin de croire que toute personnes est porteuse de ressources et de potentialités. Je suis coach pour répondre à mon besoin de reconnaissance, d'appartenance, de croire en des valeurs, d'amour, liberté etc. Je ne trouvais plus cela dans ma fonction de travailleur social. Est-ce que le statut de libéral aurait changé cette réalité ? Je ne le crois pas. Ais-je répondu à votre question ?

Re: educ lib

Publié : 16 oct. 2011 11:20
par kar1ne
Soit, je m'exprimais de façon général.
Les métiers d'éduc, voir de chef de service ne soNt pas des fins en soit.Les contraintes font oublier la part humaine et relationnelle.
C'est évident me semble-t-il que l'on est besoin d'évoluer. Pourquoi aider les autres à tendre vers le changement et nous meme restés statiques et rigides, dans nos convictions rassurantes?

Le coaching, c'est un domaine interessant, je reste quand même certaine que le coaching s'est inspiré de la psychologie et du travail psycho- sociologique. Il y a un travail sur le mental mais aussi sur les comportements.

La psychanalyse me semble plus adéquate pour un réel travail sur soi, une connaissance de soi et ses acceptations.
Il n'y a aucune attaque par rapport au coaching, il y a juste un manque de reconnaissance (de celui-çi) et d'encadrement à envisager.

Re: educ libéral

Publié : 16 oct. 2011 20:21
par BERNARD
Bonsoir,

Merci d'entretenir le débat cela me permet d'argumenter ma démarche de transmission du coaching comme méthode d'intervention dans la pratique du travail social en libéral. Vous dites à propos du coaching "qu'il y a un travail sur le mental mais aussi sur les comportements." Je ne le crois pas dans la mesure où 90 pour cent du travail de coaching est baigné par l'intuition,les émotions et les ressentis. On utilise le dessin projectif, la métaphore et les symboles lorsqu'une personne a des difficultés à exprimer un objectif ou une situation qui crée de l'inconfort. En coaching on ne parle jamais "de problème" pour désigner une difficulté mais on propose de changer de regard sur la situation difficile en s'appuyant sur les points positifs et les ressources de la personne. Quant à savoir si "l'approche psychanalytique est plus adéquate pour une meilleure connaissance de soi." Je n'en sais rien puisque je n'ai pas effectué de travail d'analyse. Par contre, je suis persuadé que seule la personne qui a effectué cette démarche est en capacité de savoir si c'est écologique pour elle et les personnes qu'elle rencontre dans le cadre de sa vie personnelle ou professionnelle. Au regard de mes observations faites tout au long de ma carrière professionnelle dans le travail social, j'ai noté une qualité d'écoute plus affinée chez les éducateurs ayant réalisé ce travail d'analyse. J'ai même pensé longtemps que cela devait être un préalable incontournable pour occuper une fonction d'éducateur, puis les exigences gestionnaires et budgétaires m'ont laissé croire que l'aspect subjectif, affectif et intuitif de la pratique éducative étaient devenus secondaires voire accessoires. Mais au risque de paraître intégriste je pense toujours qu'un réel travail de connaissance de soi devrait être une démarche préalable à toute personne qui s'engage dans une activité d'aide et d'accompagnement d'autant plus dans le travail social. Reste à déterminer avec quelle approche. Psychanalyse, PNL, Gestalt, Analyse transactionnelle, systémie...etc. En tout cas je défendrai toujours les méthodes qui préservent les valeurs d'humanistes dans la la sphère sociale et médico-sociale. Les orientations actuelles prises par les "décideurs" sont très éloignées de ces condidérations. Si l'intervention libérale en travail social peut contribuer à retrouver plus d'humanisme, de clarté et de qualité je serais l'un des premiers à soutenir ce mouvement. C'est en tout cas le sens de ma démarche dans ce forum. Une manière de faire reconnaître le coaching social.

Re:

Publié : 17 oct. 2011 19:44
par ds
" le coaching social" ...

voilà une nouvelle expression ! cela voudrait-il dire qu'il y aurait plusieurs formes de coaching ? (le social et le vénal / le social et le "normal") ??

Je titille ... j'ai suivi vos échanges, forts intéressants.

Bernard, votre parcours semble très riche, foruni de diverses expériences.

Pourriez vous nous rappelez d'où vient le coaching ? Quelle est son histoire ?

Tout éducateur ne ferait-il pas, à un moment ou à un autre et sous différentes formes, du coaching ? sans pour autant avoir suivi un parcours initiatique long, fastidieux (et coûteux accessoirement ...!) ?
Nosu travaillons également avec nos intuitions, l'expression de sens, et l'analyse de l'attitude de l'autre, ses réactions...
Nous aussi nosu utilisons avant tout les points positifs avant de parler de "problème" ...

Le sujet est intéressant et je provoque volontairement.
Mais c'est surtout pour essayer de faire qu'il y a de la place pour tous, chacuns avec nos formations, nos expériences et surtout notre âme et conscience ! Pas besoin de démontrer que les autres feraient mieux en faisant ci ou ça ou en suivant telle formation...

Certes, des formations et travaux tels que la PNL, l'analyse transactionnelle, la systémie sont des points intéressants (auxquels j'ai participé) et qui paraîtrait nécessaire au bon exercice de tout éducateur. Mais comme vous le dîtes, les contraintes financières, budgétaires, de personnel ... font qu'il faut que chacun trouve bien sa propre liberté de travail et son expression humaniste qui lui ressemble le plus.