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Re: EDUC LIBERAL
Publié : 18 oct. 2011 19:36
par BERNARD
A "ds"
1) Tout éducateur ne ferait-il pas, à un moment ou en un autre et sous différentes formes, du coaching ?
2) Nosu travaillons également avec nos intuitions, l'expression de sens, et l'analyse de l'attitude de l'autre, ses réactions...
3) Nous aussi nosu utilisons avant tout les points positifs avant de parler de "problème" ...
3) il faut que chacun trouve bien sa propre liberté de travail et son expression humaniste qui lui ressemble le plus.
Si je reprends vos arguments "ds", et pardonnez mon ton direct mais les financeurs n'en ont rien à fiche ! Ils ont raison parce qu'ils ne traduisent en rien de ce que réalise et fait un éducateur (libéral ou non)pour un bénéficiaire du social. Ce n'est pas à vous directement que je m'adresse "ds" vous l'avez bien compris mais à une majorité de travailleurs sociaux (moi y compris) qui font ce qu'ils peuvent pour répondre à la fois aux injonctions institutionnelles et aux véritables besoins des bénéficiaires. J'ai passé toute ma vie professionnelle comme cela avec des généralités de ce type, de la langue de bois qui tente laborieusement de démontrer ce que je réalisais dans mon activité d'éducateur ou de Chef de Service était essentiellement sous tendue par des pressions organisationnelles et managériales.
Après tout en me relisant, je me rends compte que ce n'est que ma vision et mes observations issues de ma seule expérience. Si d'autres professionnels sont en capacité de :
- 1) De faire à un moment ou en un autre et sous différentes formes, du coaching ?
2) De travailler également avec leur intuition, l'expression de sens, et l'analyse de l'attitude de l'autre, ses réactions...
3) D'utiliser avant tout les points positifs avant de parler de "problème" ...
3) Et de trouver leur propre liberté de travail et expression humaniste qui leur ressemble le plus.
Et bien qu'ils le témoignent en disant de quelle manière !
C'est pour cela que je propose la méthode du coaching comme outil d'accompagnement élaboré et construit. Une façon d'être plus crédible auprès des bénéficiaires et des financeurs. Si je heurte, titille ou provoque l'éducateur qui souhaite travailler en libéral. Tant mieux ou tant pis !
Quant "à vous rappeler à l'origine et l'histoire du coaching", je vous propose d'aller vous "promener" sur les sites très fournis des différentes Fédération de Coaching car je n'ai pas ce soir le temps (ni je pense l'envie) de vous délivrer un exposé. A moins que pour vous cette démarche ait une influence dans ce débat.
Re: EDUC LIBERAL
Publié : 19 oct. 2011 01:12
par Louise
Je n'ai pas la prétention de dire que mon expérience du travail d'éduc en libéral est la meilleure, juste apporter un témoignage. Je m'ennuyais en institution, la lourdeur administrative de celle-ci me pesait un peu plus chaque année, les collègues qui se la coulaient douce et étaient autant payés que ceux qui se bougeaient. En travaillant en libéral j'ai gagné une liberté, je suis payée si je bosse, si j'obtiens des résultats, sinon je perds de la crédibilité auprès de ceux qui me payent. Je peux refuser de travailler quand ce qu'on me demande de faire me parait n'avoir aucun sens pour le gamin. Je sais que je vais faire hurler dans les chaumières.
Vouloir travailler en libéral ce n'est pas seulement risquer de ne pas avoir un salaire fixe chaque mois, une progression à l'ancienneté, des rtt, c'est pouvoir rendre compte compte de son travail, en réclamer le paiement, sortir de la culpabilité de cette réclamation.
Re: EDUC LIBERAL
Publié : 19 oct. 2011 08:44
par BERNARD
A Louise,
Merci de ce "témoignage" de votre liberté, mais il ne dit pas de quelle manière vous intervenez. C'est néanmoins très responsabilisant que de rendre compte de son travail d'aide à la personne qui fait appel à vos compétences. Beaucoup plus humanisant me semble t-il que de rendre des comptes à un gestionnaire.
Re: educ lib
Publié : 19 oct. 2011 09:13
par kar1ne
exacte, les educs se tournent vers le libéral; pour plus de réalité, d'indépendance.
Est-ce normal de mettre place des projets, des aménagements, selon les demandes de l’économe, de la comptable, et non en fonction des besoins du patient. Tout cela parce qu'on est relation avec des comptables, des gestionnaires?
Est-ce normale de manquer de personnel éducatif mais d'embaucher des secrétaires pour faire de la paperasse à outrance.
Le manque de reconnaissance, l'appréciation des valeurs de l'éducateur a sa juste valeur sont mis à mal.
Ses comptes rendus sont remaniés, non pris en compte par les supérieurs, puis par les juges ou les instances concernées.
La preuve; regarder la place de l'éducateur dans un organigramme. Exemple parlant. Donc l'éducateur se prend en main et vise d'autre cieux!
Re:
Publié : 19 oct. 2011 11:00
par VG
Intéressant et combien vraie. La rentabilité est au détriment de la qualité. L’écrit prend de plus en plus de place au détriment de la relation, de la mobilisation des ressources de la personne. L’éducateur n’est pas une virtuose de l’écrit mais quelqu’un de terrain, qui croit encore dans ses facultés de mobiliser les énergies de la personne en difficulté.
Entre 30 et 40 situations à suivre en milieu ouvert, les rapports d’une dizaine de pages plus toutes les notes intermédiaires. Des enfants qui pourront lire , adulte, ce que nous avons écrit alors que la situation aura changé, de quoi blesser ces personnes à vie.
Nous sommes arrivées à la quadrature du cercle et cette gestion à la rentabilité des assos nuit à la qualité de l’aide apportée. C’est frustrant tant pour l’éduc que pour la personne en difficulté.
Je pense de plus en plus à tenter l’expérience du libéral et je ne suis pas la seule en vous lisant les uns et les autres.Reste à savoir comment? qui peut financer nos actions ? comment mobiliser des instances pour faire reconnaitre l'utilité public de ce que nous faisons dans le cadre libéral?
Je crois à la valeur de chacun, à son potentiel à évoluer positivement au travers d’outils de la psychosociologie.
Re: educ libéral, on l'a fait
Publié : 19 oct. 2011 12:22
par Florian
La question n'est pas de savoir si les éducs font du coaching, mais plutôt de mettre en lumière que parfois leur intervention peut avoir un rôle thérapeutique sans pour autant faire d'eux des thérapeutes.
Sur la question de l'éduc en libéral, je pense que c'est une fausse bonne solution. Certes, certaines associations (mais pas toutes) sont sclérosées par leur fonctionnement, certains éducs ne s'y retrouvent plus dans le travail qui leur est demandé, mais n'est-ce pas le politique qui est à la base de tout cela? Certaines associations arrivent mieux à résister que d'autres à cette pression politique, ce qui fait que le sens prime davantage à une logique gestionnaire. Qu'est-ce que cela changerait de passer en libéral? La pression politique reste la même! De plus, certains parlent de liberté, mais la liberté de faire quoi? Passer en libéral accentue pour moi la marchandisation du travail social. Elle transforme la relation éducateur/usager (nous devrions même dire sujet) en prestataire de service/client. De plus, elle est une réponse individuelle à un problème beaucoup plus large. Ce qui est bien révélateur de la façon de fonctionner actuellement: plutôt que de chercher des solutions collectives,de s'organiser, chacun se repli sur soi pour ouvrir sa petite boutique, sans vraiment changer les choses. Si ce n'est en transformant un métier basé sur une mission de service public à une logique de marché. Le remède est pour moi pire que le mal!
Re: educ libre
Publié : 19 oct. 2011 14:24
par kar1ne
Au moins le thème apporte des questionnements.
Le problème de la collectivité c'est que l'on régle des problèmes individuels par des réponses collectives.
Quand j'ai commencé comme éduc, on voulait de l'individualisme. Chaque patient avait sa chambre, s'achetait son mobilier, travaillait sur son budget...C'était le début de l'autonomie. La prise en compte de la parole et de l'envie de l'usager.
Mais le rouleau compresseur institutionnel est réapparu plus tard. LES lois sur la sécurité, les assurances pour tout ont surgit dans les projets. On devait choisir du mobilier collectif (aux normex iso 9)= perte d'humanité. Voilà un exemple parmi d'autres. Et qui doit suivre les instructions, au détriment des projets, des patients? L'éduc! en silence en plus.
Autre souci, un groupe monte un projet sportif, tout s'enchaîne, sauf que le budget n'est plus, il ne reste que de l'argent pour le culturel ! à dépenser même si il n'y a pas de demande.
Et puis a trop mettre d'intermédiaires, on abîme la créativité. un projet innovant qui transite par 3 niveaux hierarchiques pour être possible perd de son idée initiale, perd de sa valeur, il n' est quasi jamais gardé intacte. La collectivité oui mais pas au détriment de La personne.
Qui est au plus près de la personne en difficulté? L'éduc, c'est lui le porte parole des silencieux. Si on le fait taire: c'est la parole de l'usager qu'on n'entend pas.
Re: educ liberal
Publié : 19 oct. 2011 19:50
par BERNARD
Je trouve très bien la métaphore de la boutique. A mon sens, c'est une image très parlante. De mon point de vue, qu'un éducateur propose des prestations d'aide et d'accompagnement avec des méthodes et des techniques qu'il maîtrise parfaitement et avec lesquelles ils se sent en accord avec lui même ne peut qu'apporter de la qualité. Cela ne gêne plus de vendre mon coaching dans la mesure où je suis convaincu qu'il peut mobiliser les ressources et les capacités de la personne. Vendre mon coaching aux financeurs institutionnels est un projet que j'envisage. Un psychologue, un psychothérapeute, un ergothérapeute, un psychomotricien, un orthophoniste ouvre sa boutique pardon son cabinet sans se poser de questions relatives au paiement de sa prestation. Pourquoi un éducateur ne le ferait-il pas ? A lui de vendre aux collectivités son savoir faire afin qu'elles prennent en charge une partie du coût de sa prestation pour les personnes qui ne peuvent pas payer. La marchandisation du social n'est pas négative dès l'instant où elle permet d'être au plus près des besoins du bénéficiaire. L'éducateur est déjà dans cette proximité. Il perçoit souvent avec force émotionnelle les besoins de celui qu'on nomme "usager". Est-ce que "le vaste problème" est collectif et politique comme vous dites Florian. Je le pense , mais je ne sais pas traiter la question du social de cette manière. Je ne sais pas faire ! Je ne sais pas non plus si je vais contribuer à "changer les choses" mais en tout cas, je sais que le coaching est pour l'instant la réponse qui me convient pour transmettre du changement à l'égard d'une personne qui le souhaite.
Re:
Publié : 20 oct. 2011 00:35
par Florian
L'éduc n'est pas un thérapeute. Karine explique très bien en quoi le libéral ne peut répondre à la mission de l'éduc: "Qui est au plus près de la personne en difficulté? L'éduc, c'est lui le porte parole des silencieux." L'éduc est là au quotidien, contrairement au thérapeute libéral. On ignore tout de la durée d'un accompagnement. De plus, je ne trouve pas normal par exemple que le statut des médecins libéraux existent. Ils devraient être pour moi des salariés d'un service public de médecine. Cela leur éviterait de passer que 15min avec chaque patient pour faire du chiffre!!! Est-ce cela que l'on veut de notre métier?
Re: educ libéral
Publié : 20 oct. 2011 09:11
par BERNARD
"L'éduc, c'est lui le porte parole des silencieux."
Pour moi, un éducateur n'est pas un porte parole, il apprend ou invite à parler. Ce n'est pas à mon avis un espèce de leader ou de Sauveur de celui qui ne pourrait pas s'exprimer. Il aide et accompagne mais ne fais pas à la place de l'autre. Mais encore une fois je peux me tromper de route. Aujourd'hui, je prends d'autres chemins j'en avais assez de l'autoroute des idées,de la plainte et des généralités...je circule et je fais la promotion de mon coaching ! Si je peux me permettre Florian, faites en autant en prenant véritablement la direction du politique puisque cela semble votre souhait. C'est en marchant qu'on trace son chemin. Ceux qui vont au bout de leur démarche (ici la voie du libéral) témoignent de leur détermination à créer du changement d'une façon reelle. Je provoque sans doute mais je n'ai pas envie de faire autrement aujourd'hui. Bonne journée !