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Prise en charge Alzheïmer
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chaffia
Re: Prise en charge Alzheïmer
bonjour remy actuellement je suis en unite d alzheimer il y a eu un nouveau resident ce dernier pose un probleme dans l unite .ce patient est calme mais quand il ce sent agresser il frappe il a blesse deux residents.une des familles veut porter plainte . la famille retire la plainte si on enferme le resident le medecin lord d une reunion avec l equipe medical a exposer le ca de ce resident la seule solution c etait de l enfermer dans sa chambre. sinon le placer dans une unite psychiatrique. on sait si ce resident est place il vont le chouter avec des traitements ce n est pas la solution je voulais savoir comment tu agirais toi si tu avait un resident comme celui la
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Rémy
Re: Prise en charge Alzheïmer
Bonsoir Chiaffa,
Il faudrait que tu m'en dises un peu plus sur ce résident : est-il agressif envers le même résident ou n'importe lequel; a quel moment son agressivité se déclenche, plutôt le matin, le soir ou n'importe quand; quelle était la personnalité antérieure de ce résident?
L'agressivité est pulsionnelle, elle est le reflet d'un narcissisme perturbé, d'une perturbation de l'image de soi, c'est une réaction naturelle.
Une stratégie efficace est souvent une stratégie de diversion.
Elle nécessite une triple connaissance:
- Le parcours de vie, ou l'amamnèse : Le recueil de données à l'entrée du résident est une étape incontournable. Un entretien avec la famille, réalisé par des membres de l'équipe pluridisciplinaire, essaie de mettre en lumière les événements marquants de la vie du résident, de la naissance à l'entrée en institution.
Les événements de vie sont classés chronologiquement avec une notation de la charge affective sur une échelle de zéro à dix (hiérarchie de Prémac). Par exemple, à 45 ans monsieur Dupont à eu la légion d'honneur (charge affective positive cotée 8 par la famille), à 50 ans il a perdu sa femme (charge affective coté 9 par la famille), etc...
- Le diagnostic: Là aussi , indispensable quand à l'évaluation neuropsychologique. Trop souvent, on lis sur les dossiers: démence sénile. Ce qui ne veux rien dire, et surtout ne sert à rien. Véritable obstacle à la prévention des comportements agressifs et perturbateurs (CAP ou comportements d'agitation pathologique), le manque de diagnostic sérieux en France, à l'entrée en institution est un domaine où l'on doit sérieusement se mettre au travail. Peut-on soigner sans connaître?
- L'évaluation des capacités restantes: domaine de prédilection des ergothérapeutes, malheureusement trop rares en établissement, cette évaluation peut être faite en équipe (AS, Infirmière, Kinésithérapeute). Le principe général reste de ne pas faire à la place du résident.
A partir de ces données, si par exemple un patient crie lors de la toilette intime, rendant le soin impossible ou désagréable, l'équipe recherche dans l'échelle de Reisberg dans quelle mémoire rétrograde se trouve le patient. Elle choisi dans les événements de la vie les événements à charge positive forte (7 et plus), et aborde le patient en utilisant ces événements. Suivant le stade d'évolution de la maladie, il est souvent plus facile d'utiliser la mémoire procédurale, plus stable dans le temps. Par exemple, présenter un objet familier au patient, objet de l'époque concernée, et lui demande de "faire avec".
Ce type de méthode, ou le soignant plonge dans l'espace-temps du patient donne des taux de réduction de CAP de 90%. Il évite les situations proches de la maltraitance (bain forcé et autres), et diminue dans des proportions importantes les SEPS (syndrome d'épuisement professionnels des soignants, ("ou burn out").
Ceci n'est qu'un exemple des outils canadiens, il en existe d'autres pour les autres types de démences, les AVC, les troubles de la personnalité, qui font appel aux techniques comportementales, aux techniques empathiques.
Enfermer le résident dans sa chambre n'est vraiment pas la solution idéale, dans notre institution, c'est INTERDIT !
Nous avons accueilli une résident il y a peu une dame qui reçoit un ttt constaud le matin pour éviter sa très forte agressivité. Certes, quand il n'y a plus aucun recours non médicamenteux, on est obligé comme tu le dit à "chouter" le résident...Mais ce que l'on gagne d'un côté, on en retire de l'autre : risque de chute accru par exemple...
J'en reviens sur le cas que tu décris : observes-le bien : et procures-toi le document de Daniel Taillefer sur le plongeon rétrograde (âge virtuel du résident par rapport à son âge réel) : en fonction de ses données, tu pourras faire correspondre une fourchette d'âge virtuel et à l'aide de l'histoire de vie du résident, essayer de comprendre les différentes étapes...Exemple : en fonction de son comportement, tu peux remonter à un âge virtuel de 16 ans par exemple...
Voilà, je sais que c'est un peu compliqué, mais j'espère que tu y verras un peu plus clair.
Je le répète, il est interdit d'enfermer un résident à clé dans sa chambre : on majore rapidement l'angoisse de celui-ci ! Et l'agressivité s'en trouve aussi majorée...Je le répète aussi, quand tu auras fait tout ce qui était possible à ton niveau et à celui de l'équipe, on pourra malheureusement ne plus faire autrement que de lui administrer un traitement pour faire diminuer chimiquement son agressivité.
Cordialement,
Rémy
Il faudrait que tu m'en dises un peu plus sur ce résident : est-il agressif envers le même résident ou n'importe lequel; a quel moment son agressivité se déclenche, plutôt le matin, le soir ou n'importe quand; quelle était la personnalité antérieure de ce résident?
L'agressivité est pulsionnelle, elle est le reflet d'un narcissisme perturbé, d'une perturbation de l'image de soi, c'est une réaction naturelle.
Une stratégie efficace est souvent une stratégie de diversion.
Elle nécessite une triple connaissance:
- Le parcours de vie, ou l'amamnèse : Le recueil de données à l'entrée du résident est une étape incontournable. Un entretien avec la famille, réalisé par des membres de l'équipe pluridisciplinaire, essaie de mettre en lumière les événements marquants de la vie du résident, de la naissance à l'entrée en institution.
Les événements de vie sont classés chronologiquement avec une notation de la charge affective sur une échelle de zéro à dix (hiérarchie de Prémac). Par exemple, à 45 ans monsieur Dupont à eu la légion d'honneur (charge affective positive cotée 8 par la famille), à 50 ans il a perdu sa femme (charge affective coté 9 par la famille), etc...
- Le diagnostic: Là aussi , indispensable quand à l'évaluation neuropsychologique. Trop souvent, on lis sur les dossiers: démence sénile. Ce qui ne veux rien dire, et surtout ne sert à rien. Véritable obstacle à la prévention des comportements agressifs et perturbateurs (CAP ou comportements d'agitation pathologique), le manque de diagnostic sérieux en France, à l'entrée en institution est un domaine où l'on doit sérieusement se mettre au travail. Peut-on soigner sans connaître?
- L'évaluation des capacités restantes: domaine de prédilection des ergothérapeutes, malheureusement trop rares en établissement, cette évaluation peut être faite en équipe (AS, Infirmière, Kinésithérapeute). Le principe général reste de ne pas faire à la place du résident.
A partir de ces données, si par exemple un patient crie lors de la toilette intime, rendant le soin impossible ou désagréable, l'équipe recherche dans l'échelle de Reisberg dans quelle mémoire rétrograde se trouve le patient. Elle choisi dans les événements de la vie les événements à charge positive forte (7 et plus), et aborde le patient en utilisant ces événements. Suivant le stade d'évolution de la maladie, il est souvent plus facile d'utiliser la mémoire procédurale, plus stable dans le temps. Par exemple, présenter un objet familier au patient, objet de l'époque concernée, et lui demande de "faire avec".
Ce type de méthode, ou le soignant plonge dans l'espace-temps du patient donne des taux de réduction de CAP de 90%. Il évite les situations proches de la maltraitance (bain forcé et autres), et diminue dans des proportions importantes les SEPS (syndrome d'épuisement professionnels des soignants, ("ou burn out").
Ceci n'est qu'un exemple des outils canadiens, il en existe d'autres pour les autres types de démences, les AVC, les troubles de la personnalité, qui font appel aux techniques comportementales, aux techniques empathiques.
Enfermer le résident dans sa chambre n'est vraiment pas la solution idéale, dans notre institution, c'est INTERDIT !
Nous avons accueilli une résident il y a peu une dame qui reçoit un ttt constaud le matin pour éviter sa très forte agressivité. Certes, quand il n'y a plus aucun recours non médicamenteux, on est obligé comme tu le dit à "chouter" le résident...Mais ce que l'on gagne d'un côté, on en retire de l'autre : risque de chute accru par exemple...
J'en reviens sur le cas que tu décris : observes-le bien : et procures-toi le document de Daniel Taillefer sur le plongeon rétrograde (âge virtuel du résident par rapport à son âge réel) : en fonction de ses données, tu pourras faire correspondre une fourchette d'âge virtuel et à l'aide de l'histoire de vie du résident, essayer de comprendre les différentes étapes...Exemple : en fonction de son comportement, tu peux remonter à un âge virtuel de 16 ans par exemple...
Voilà, je sais que c'est un peu compliqué, mais j'espère que tu y verras un peu plus clair.
Je le répète, il est interdit d'enfermer un résident à clé dans sa chambre : on majore rapidement l'angoisse de celui-ci ! Et l'agressivité s'en trouve aussi majorée...Je le répète aussi, quand tu auras fait tout ce qui était possible à ton niveau et à celui de l'équipe, on pourra malheureusement ne plus faire autrement que de lui administrer un traitement pour faire diminuer chimiquement son agressivité.
Cordialement,
Rémy
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nadine
Re: Prise en charge Alzheïmer
J'aimerais savoir s'il exsiste une formation de gymnastique douce pour personnes agées.Merci
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fifi
Re: Prise en charge Alzheïmer
Bonjour Nadine,
Je peux te proposer un livre que je trouve très bien . On y trouve schémas, photos, conseils et recommandations :
Animations pour les personnes âgées 400 exercices pratiques et ludiques aux éditions Lamarre.
Bonne soirée
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laetitia
Re: Prise en charge Alzheïmer
bonjour remy,j ai lu tout ce que vs avez ecrit sur ce site ,cela est tres interessant ,je commence la formation lundi et je me demande comment ce passe le df1 j ai deux enfants et deja 34 ans j ai peur d avoir du mal a suivre.merci de me repondre si tu as le temps bien sur.
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Rémy
Re: Prise en charge Alzheïmer
Bonjour Laetitia,
Je suis désolé de te répondre par la négative car je suis de l'ancienne mouture, les modules sont pour moi étrangers à ma formation précédente.
Bon WE
Rémy
Je suis désolé de te répondre par la négative car je suis de l'ancienne mouture, les modules sont pour moi étrangers à ma formation précédente.
Bon WE
Rémy
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benallal
Re: Prise en charge Alzheïmer
bonsoir je travail aupres de malade alzheimer comment faire face en cas dagressivité merci
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mayor
Re: Prise en charge Alzheïmer
Bonsoir Rémy, je ne sais pas si tu reçois tous mes mails ? je t'e ai envoyé plusieurs sans réponse ! mais j'imagine que tu n'as pas le temps de répondre à tout le mond. Je commence les cours lundi et je suis pationnée par ce que je fais dans mon travail. Je suis avec des personnes âgées le matin, atteinte de la maladie d'alzheimer ou en fin de vie, et, l'après midi je m'occupe d'un adulte handicapé (trisomique). Si tu veux bien, j'aimerais rester en contact avec toi pour échanger nos expériences et que tu puisses me donner des conseils. Dis moi franchememnt si cela ne te pèse pas de trop ? D'avance je te remercie.
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Rémy
Re: Prise en charge Alzheïmer
Bonjour,
L'agressivité est pulsionnelle, donc, si elle arrive, laisse-la s'exprimer, observe bien le résident, son comportement, de la façon dont son agressivité se manifeste (envers lui ou envers les autres résidents ou les soignants).
Dans tous les cas, l'agressivité est une perturbation du narcissisme (de l'estime de soi FREUD)
Mais attention, contrairement à la violence (BERGERET) l'agressivité a tendance à faire mal volontairement.
Cela peut aussi être en rapport avec sa personnalité antérieure (nous avons eu dans notre service une résidente qui était chef de service en néonatalogie et qui menait les équipes à "la bagette"...Cette résidente était très agressive ensuite)
mais l'agressivité peut être interne : approche du soir et de la nuit,La dépendance: qui peut être ressentie comme un état plus ou moins tolérable.
L’image du corps vieillissant: période fragilisante où l’équilibre narcissique est constamment menacé où il y a perte des facultés donc moins conforté dans son identité et donc plus sur la défensive…
Quand se manifeste l'agressivité?
Tout changement dans l’environnement immédiat du malade peut déclencher une conduite agressive.
Le matin : comportements agressifs liés à l’intervention du soignant (toilette, change, habillage), mal supportée donc vécue comme agressive...--> passer le relais si besoin.
Le soir : C’est une motivation interne: sentiment d’insécurité, d’angoisse. C’est une peur externe projetée vers l’intérieur (pas d’intervention externe)
C'est une non maîtrise d'un vécu douloureux qui peut être l'expression de la situation et d'un profond désarroi.
Dans tous les cas, la communication douce et la capture sensorielle sont de mises :
Se mettre d'abord en distance sociale : 3 à 7 m puis se rapprocher progressivement tout en communiquant. Regarder toujours la personne lors de ce processus et ne pas montrer ses propres émotions d'éventuel désarroi.
J'espère avoir répondu à ta question
Bon dimanche,
Rémy
L'agressivité est pulsionnelle, donc, si elle arrive, laisse-la s'exprimer, observe bien le résident, son comportement, de la façon dont son agressivité se manifeste (envers lui ou envers les autres résidents ou les soignants).
Dans tous les cas, l'agressivité est une perturbation du narcissisme (de l'estime de soi FREUD)
Mais attention, contrairement à la violence (BERGERET) l'agressivité a tendance à faire mal volontairement.
Cela peut aussi être en rapport avec sa personnalité antérieure (nous avons eu dans notre service une résidente qui était chef de service en néonatalogie et qui menait les équipes à "la bagette"...Cette résidente était très agressive ensuite)
mais l'agressivité peut être interne : approche du soir et de la nuit,La dépendance: qui peut être ressentie comme un état plus ou moins tolérable.
L’image du corps vieillissant: période fragilisante où l’équilibre narcissique est constamment menacé où il y a perte des facultés donc moins conforté dans son identité et donc plus sur la défensive…
Quand se manifeste l'agressivité?
Tout changement dans l’environnement immédiat du malade peut déclencher une conduite agressive.
Le matin : comportements agressifs liés à l’intervention du soignant (toilette, change, habillage), mal supportée donc vécue comme agressive...--> passer le relais si besoin.
Le soir : C’est une motivation interne: sentiment d’insécurité, d’angoisse. C’est une peur externe projetée vers l’intérieur (pas d’intervention externe)
C'est une non maîtrise d'un vécu douloureux qui peut être l'expression de la situation et d'un profond désarroi.
Dans tous les cas, la communication douce et la capture sensorielle sont de mises :
Se mettre d'abord en distance sociale : 3 à 7 m puis se rapprocher progressivement tout en communiquant. Regarder toujours la personne lors de ce processus et ne pas montrer ses propres émotions d'éventuel désarroi.
J'espère avoir répondu à ta question
Bon dimanche,
Rémy
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sylvie
Re: Prise en charge Alzheïmer
bonjour rémi, je viens de découvrir ce site par hasard, n'étant pas une pro d'internet! je suis AMP depuis peu, bien que j'ai53 ans, je travaille en ehpad depuis 6ans, dans le secteur cantou. Je trouve que tu as de supers idées, tu es hyper motivé, continue. Je recherche un EHPAD pour faire un stage, dans un cantou, top modèl, le notre étant encore dans ses débuts, si tu peux m'aider, merci.