Re: Silencieux, non, plutôt perso qu'echangiste!
Publié : 25 août 2008 14:10
Avé,
Pourquoi y-a-t-il nécéssité d'échanger, à partir d'écrits en exposant nos pratiques et nos opinions?
Je répondrais suivant mon approche (laquelle n'engage que moi).
Tout d'abord, je vois sur le terrain (depuis ma période de formation, stage et aujourd'hui en fonction), que le métier est de plus en plus individualisé.
Parce que socialement on est orienté vers des valeurs vantant le culte de la personnalité plutôt que celle du contrat social, parce que pour mener à bien un "dossier" on reste souvent persuadé que c'est à soit de traiter l'affaire de bout en bout, parce que l'excés de scientisation et le reccours massif à des savoirs appliqués comme des recettes, parce que l'absence de langue éducative (aussi imparfaite que celle des psy au regard des divers courants de pensées, ils ne sont pas plus unanimes que nous), parce qu'aucun mouvement social coercitif et subversif se fédère autour d'un projet commun pour l'ensemble de la Cité , parce que la désinformation est induite, parce que la facilité est la réponse que nous apportons chaques jours aux difficultés qui nous assaillent, et parce que le souvenir des "erreures" du passé nous motivent seulement à ignorer les dangers à venir (on ne vit plus que dans une sorte de présent bloqué), à cause de tous ces "parce que" de bien d'autres, que je ne developpe pas plus (je carricature, la réalité est sans doute bien plus cynique):
L'être ne se projète plus, ne fait plus l'effort de communiquer, ne modère plus ses ambitions au profit d'un meilleur partage.
Or l'échange écrit est un moyen pour lutter contre ces difficultés contre lesquelles individuellement on ne peut rien.
L'écrit offre une disctance vis-à-vis du sujet, il montre aussi les intentions (car qui ne fait pas de la propagande pour ses opinions?). Et individuellement je ne peux construire qu'à partir du moment où une autre personne me fait partager ses idées, surtout si elles m'interrogent (m'empechant de penser en rond, simpliste).
Le mot même d'ECHANGE devrait être à la base de notre job, comme de notre raison sociale (et pour tous les métiers, plutôt que "compétitif, meilleurs...").
L'échange permet de faire intervenir la pensée, sortir du seul cri primal, être dans une volonté d'avancer grâce à l'autre. S'il nous soutient, peut-être sommes-nous dans le juste, s'il nous infirme, peut-être avons-nous tort, peut-être nous comprend-t-il pas et alors faudrat-il recommencer avec une autre formulation?
Dans tous les cas l'écrit a cet avantage de marquer le temps, de livrer une idée à la merci d'autrui qui peut s'en saisir plus aisément que si elle était parole (car elle est potentiellement plus impulsive que l'écrit).
J'écris et je me relie par contrainte (je ne suis pas sur ce forum pour gueuler ma sensibilité mais faire progresser Ma pensée au contact des autres) ; parfois je change complètement mon texte parce que je le trouve inadéquat, d'autre fois bien qu'insatisfait je le laisse car il m'offre à réflechir par lui-même.
Quand, je parle à moins d'être dans un cabinet, je n'analyse pas de la même manière mes propos, je n'ai pas cette distance. Quant à discuter avec des collègues de boulot, je suis plus préocupé à rendre clair et productif mon intervention pour pouvoir me voir en train de dire.
Voilà ce que peut apporter pour moi l'écrit, et je m'adresse à vous en tant qu'éduc, donc ma langue est celle de l'éduc que je suis, elle n'est qu'empreinte/empruntée de psy, de socio, d'humanisme, de choix politiques. J'émet peut-être bon nombre d'éléments inéxacts à vos yeux, mais je témoigne de ma spécificité.
En créant accords/désaccords, en cela je suis dans l'échange et déjà à construire une identité éducative globale avec ceux qui participent activement ou passivement au débat.
L'échange s'inscrit autant dans des opinions que dans des images de pratiques (récits), une fois que le forum sera composé d'une majorité de propos d'éduc' de la sorte alors pourrons-nous commencer à nous faire une idée. Et peut-être même que nous réussirons à définir quelques principes qui sont l'essence du métier. Certain y sont arrivés, tel le référentiel métier d'éduc spé(je reste dans le monde de l'éducation spécialisé, car c'est celui que je fréquente principalement, mais je pense que les autres corps de métiers sont soumis plus ou moins aux mêmes contraintes, ME ASS AMP...).
A titre d'éxpériences, dans les formations une question emblématique de la difficulté de beaucoup trop de formateurs pour s'impliquer dans une réflexion associant la pratique (et pas que de la théorie): Un jour un gamin de la MECS vient me voir et me dis "je t'aime et toi". Doit-on répondre Oui ou Non?
J'aime cette question parce qu'il impossible de faire un choix radical entre le non et le oui : un peu comme l'éxpérience sociologique qu'impose le Joker en mettant en balance la vie des passagers de deux bateaux, chacun truffés d'éxplosif, et où s'ils veulent survivrent il ont 15 minutes pour saccrifier l'autre vaisseau (sachant que dans l'un il y des prisonniers et dans l'autres de simples à priori "bons"citoyens qui reste à bord?). La seule solution envisageable, est donnée par un prisonnier, au stigmate physique de montagne, il faut refuser le non-choix (il jette le détonateur dans la flotte).
[Cette question n'offre aucun choix, elle les impose, or pour avoir le choix je doit passer de l'état d'objet à celui de personne]
Alors le but de cette question?
Montrer que la réponse parfaite n'existe pas. Mais que des solutions, accompagnant la question, sont envisagées par chaque éduc, chacun répondant avec ses spécificités. Et les échanger c'est ce qui permet d'apporter SA réponse à une question, d'autant que cette réponse va s'inscrire dans une relation... Celui qui se limiterait à l'une des propositions serait dans un dogmatisme.
Or le seul moyen de remettre en cause toute forme de dogmatisme, depuis les religions, les sciences et les coutumes, c'est de les discuter.
eviltween (...) "quand j'échange je contribue à me transformer, autant que celui avec qui j'échange, mais surtout j'interviens sur mon environnement, le monde" (...)[Kurt Welliberg]
Pourquoi y-a-t-il nécéssité d'échanger, à partir d'écrits en exposant nos pratiques et nos opinions?
Je répondrais suivant mon approche (laquelle n'engage que moi).
Tout d'abord, je vois sur le terrain (depuis ma période de formation, stage et aujourd'hui en fonction), que le métier est de plus en plus individualisé.
Parce que socialement on est orienté vers des valeurs vantant le culte de la personnalité plutôt que celle du contrat social, parce que pour mener à bien un "dossier" on reste souvent persuadé que c'est à soit de traiter l'affaire de bout en bout, parce que l'excés de scientisation et le reccours massif à des savoirs appliqués comme des recettes, parce que l'absence de langue éducative (aussi imparfaite que celle des psy au regard des divers courants de pensées, ils ne sont pas plus unanimes que nous), parce qu'aucun mouvement social coercitif et subversif se fédère autour d'un projet commun pour l'ensemble de la Cité , parce que la désinformation est induite, parce que la facilité est la réponse que nous apportons chaques jours aux difficultés qui nous assaillent, et parce que le souvenir des "erreures" du passé nous motivent seulement à ignorer les dangers à venir (on ne vit plus que dans une sorte de présent bloqué), à cause de tous ces "parce que" de bien d'autres, que je ne developpe pas plus (je carricature, la réalité est sans doute bien plus cynique):
L'être ne se projète plus, ne fait plus l'effort de communiquer, ne modère plus ses ambitions au profit d'un meilleur partage.
Or l'échange écrit est un moyen pour lutter contre ces difficultés contre lesquelles individuellement on ne peut rien.
L'écrit offre une disctance vis-à-vis du sujet, il montre aussi les intentions (car qui ne fait pas de la propagande pour ses opinions?). Et individuellement je ne peux construire qu'à partir du moment où une autre personne me fait partager ses idées, surtout si elles m'interrogent (m'empechant de penser en rond, simpliste).
Le mot même d'ECHANGE devrait être à la base de notre job, comme de notre raison sociale (et pour tous les métiers, plutôt que "compétitif, meilleurs...").
L'échange permet de faire intervenir la pensée, sortir du seul cri primal, être dans une volonté d'avancer grâce à l'autre. S'il nous soutient, peut-être sommes-nous dans le juste, s'il nous infirme, peut-être avons-nous tort, peut-être nous comprend-t-il pas et alors faudrat-il recommencer avec une autre formulation?
Dans tous les cas l'écrit a cet avantage de marquer le temps, de livrer une idée à la merci d'autrui qui peut s'en saisir plus aisément que si elle était parole (car elle est potentiellement plus impulsive que l'écrit).
J'écris et je me relie par contrainte (je ne suis pas sur ce forum pour gueuler ma sensibilité mais faire progresser Ma pensée au contact des autres) ; parfois je change complètement mon texte parce que je le trouve inadéquat, d'autre fois bien qu'insatisfait je le laisse car il m'offre à réflechir par lui-même.
Quand, je parle à moins d'être dans un cabinet, je n'analyse pas de la même manière mes propos, je n'ai pas cette distance. Quant à discuter avec des collègues de boulot, je suis plus préocupé à rendre clair et productif mon intervention pour pouvoir me voir en train de dire.
Voilà ce que peut apporter pour moi l'écrit, et je m'adresse à vous en tant qu'éduc, donc ma langue est celle de l'éduc que je suis, elle n'est qu'empreinte/empruntée de psy, de socio, d'humanisme, de choix politiques. J'émet peut-être bon nombre d'éléments inéxacts à vos yeux, mais je témoigne de ma spécificité.
En créant accords/désaccords, en cela je suis dans l'échange et déjà à construire une identité éducative globale avec ceux qui participent activement ou passivement au débat.
L'échange s'inscrit autant dans des opinions que dans des images de pratiques (récits), une fois que le forum sera composé d'une majorité de propos d'éduc' de la sorte alors pourrons-nous commencer à nous faire une idée. Et peut-être même que nous réussirons à définir quelques principes qui sont l'essence du métier. Certain y sont arrivés, tel le référentiel métier d'éduc spé(je reste dans le monde de l'éducation spécialisé, car c'est celui que je fréquente principalement, mais je pense que les autres corps de métiers sont soumis plus ou moins aux mêmes contraintes, ME ASS AMP...).
A titre d'éxpériences, dans les formations une question emblématique de la difficulté de beaucoup trop de formateurs pour s'impliquer dans une réflexion associant la pratique (et pas que de la théorie): Un jour un gamin de la MECS vient me voir et me dis "je t'aime et toi". Doit-on répondre Oui ou Non?
J'aime cette question parce qu'il impossible de faire un choix radical entre le non et le oui : un peu comme l'éxpérience sociologique qu'impose le Joker en mettant en balance la vie des passagers de deux bateaux, chacun truffés d'éxplosif, et où s'ils veulent survivrent il ont 15 minutes pour saccrifier l'autre vaisseau (sachant que dans l'un il y des prisonniers et dans l'autres de simples à priori "bons"citoyens qui reste à bord?). La seule solution envisageable, est donnée par un prisonnier, au stigmate physique de montagne, il faut refuser le non-choix (il jette le détonateur dans la flotte).
[Cette question n'offre aucun choix, elle les impose, or pour avoir le choix je doit passer de l'état d'objet à celui de personne]
Alors le but de cette question?
Montrer que la réponse parfaite n'existe pas. Mais que des solutions, accompagnant la question, sont envisagées par chaque éduc, chacun répondant avec ses spécificités. Et les échanger c'est ce qui permet d'apporter SA réponse à une question, d'autant que cette réponse va s'inscrire dans une relation... Celui qui se limiterait à l'une des propositions serait dans un dogmatisme.
Or le seul moyen de remettre en cause toute forme de dogmatisme, depuis les religions, les sciences et les coutumes, c'est de les discuter.
eviltween (...) "quand j'échange je contribue à me transformer, autant que celui avec qui j'échange, mais surtout j'interviens sur mon environnement, le monde" (...)[Kurt Welliberg]