Re: La Fête des Mères
Publié : 16 avr. 2006 14:34
EJE depuis 3 ans, je ne pense pas que faire participer les enfants de moins de 3 ans à la féte des mères aie un sens pour eux. Et ce n'est pas selon moi une vue d'esprit de l'adulte, mais réellement un enjeu psychologique : je me place donc du point de vue strictement psychologique. Ses propos ont fait l'objet d'une de mes fiches professionnelles que je donne à mes collègues.
"En crèche, il est de coutume de fêter, avec les enfants, les papas et les mamans. Il n’y a pas d’âge pour faire la fête. Mais là où les choses deviennent plus problématique c’est lorsque se pose la question de faire un cadeau au papa et à la maman. Faire un cadeau c’est avoir une intention pour l’autre, l’intention de faire plaisir.
Les enfants de moins de 3 ans ont-ils réellement envie de faire plaisir à papa et à maman avec un cadeau fabriqué de leurs mains ? On aimerait le croire. Encore faut-il que ce cadeau ait été réellement fabriqué de leurs mains. C’est loin d’être toujours le cas.
Ont-ils donc les capacités psychiques pour intentionnellement faire un cadeau ?
Cette délicate intention qui est de faire des cadeaux n’a pas de sens pour l’enfant de moins de 3 ans. Elle ne peut pas avoir de sens sur le plan culturel car elle n'a même pas encore de sens sur le plan psychologique.
Pour qu’un enfant de moins de 3 ans accepte de faire plaisir, il faut qu’il comprenne qu’il est une personne à part entière. Avant 3 ans je ne sais pas que « je suis ». Je construit mon "MOI".
En dessous de 3 ans, je ne peux pas donner ce qui m’appartient, car ce qui m’appartient fait partie de mon être. Si je donne ce cadeau, qui m’appartiens, c’est comme si je donnais un peu de ma personne.
Vers 2 ans, les enfants se disputent souvent pour la possession d’un jouet. Mais en fait c’est leur identité en construction qu"ils défendent.
L'enfant en disant non, en ne "voulant pas" et en s'oposant à l'adulte ou aux autres enfants, s'affirme.
Il n’est donc pas rare de voir l’enfant se mettre en colère pour garder le cadeau alors que l’animatrice le presse pour qu’il le donne à sa mère. L'enfant de 2 ans est au sommet de la crise d'opposition et il lui est difficile de donner, même à sa mère.
L'enfant grandit sur le mode de l'OPPOSITION. Comment l'enfant pourrait-il vouloir donner son "dessin" alors qu'il est foncièrement égocentrique par nature et en pleine crise d'opposition !
Comment l’enfant accède au processus volontaire de donner ?
Le premier cadeau que l’enfant ACCEPTE de donner à sa mère, et non ce n’est pas le joli petit cœur en carton ou les fleurs, se sont ses selles, ses matières fécales !! Et ce n'est pas rien !! Puisque les selles font parties de son coprs !!
Bien sur c’est moins charmant. Et pourtant c’est parce que je veux faire plaisir à maman que j’accepte de faire sur le pot et donc de donner mes selles.
Que c'est bien de voir maman contente quand j'ai fais caca dans le pot !! Surtout qu'après elle me fait un calin !!
Le premier acte de faire plaisir est donc un acte très intéréssée pour l'enfant, c'est donnant, donnant. C'est le fait de marchander qui rend d'ailleurs l'acte de donner possible : je donne mon caca pour avoir un calin, un bisou...! A l'inverse pour s'opposer à sa mère il ne fera pas dans le pot quand elle le lui demande !!
A 3 ans, faire plaisir est une expérience que je vais donc pouvoir renouveler mais sur un autre mode que celui du donnant,donnant, celui de la propreté. Pourquoi donner sur un autre mode que celui de la propreté ? Parce qu'à 3 ans je suis propre !!
A 3 ans, je sais que je peux faire des choses tout seul (le fait d'aller aux toilettes tout seul est un grand pas en avant), que j’ai des capacités, surtout si j’ai reçu des encouragements. J’en tire une certaine fierté d’être.
Désormais, je donne, à la personne que j’aime, ce dont je suis FIERE, c'est à dire les choses que j'ai faites TOUT SEUL : un dessin, une peinture, un collier de perles. A 3 ans l'enfant c'est décentré, détourné de lui même, il est moins égocentrique. Il se tourne vers les autres. Le fait d'étre propre lui donne aussi plus de liberté d'actions et d'assurance. Il donne pour faire plaisir aux autres, sans chercher forcement à en retirer quelque chose. Le fait d'avoir fait tout seul est déjà en soi une grande satisafction. Donner est donc plus désintéréssé. L'acte de donner pour faire plaisir prend donc toute sa signification."
Selon moi il faut accompagner, l'enfant, l'encourager dans ses acquisitions et non lui imposer un fait culturel qu'il n'est pas en mesure de saisir.
Il faut faire attention aux enfants qui selon moi sont conditionnés à de telles pratiques. J'ai vu par exemple un enfant de 2 ans faire un dessin pour maman, alors que ce même enfant est par ailleurs dans un processus d'opposition !!
Comment cela est-il possible ?? Parce que l'adulte est souvent dérrière lui pour lui dire " fait un dessin pour maman" ! Ou la maman de dire " tu vas faire de jolis de jolis dessin pour maman à la crèche...". L'enfant est parfois conditionné. Il faut en prendre conscience.
Je rejoins tout à fait les propos de Mimi : cela fait plaisir à certains collègues de faire un cadeau pour la fête des mères. Moi je n'en fais pas. Mais je ne dissuade cependant pas mes collègues de faire des cadeaux pour la fête mères. Cela ne m'empêche nullement de leur dire ce que j'en pense et de me positionner.
Je pense qu'il faut respecter ses collègues et les choix de chacun. Dans une équipe, chacun à ses arguments, qui sont aussi valables les uns que les autres. A chacun de les défendre, c'est à dire d'être en accord avec soi même et avec ses idées sans les imposer. C'est ce qui permet d'ouvrir le débat et de mener à la réflexion selon moi. Une structure qui ne "réfléchit" pas c'est une structure qui stagne.
Alors continuons à réfléchir et à débattre dans nos crèches et nous avancerons.
"En crèche, il est de coutume de fêter, avec les enfants, les papas et les mamans. Il n’y a pas d’âge pour faire la fête. Mais là où les choses deviennent plus problématique c’est lorsque se pose la question de faire un cadeau au papa et à la maman. Faire un cadeau c’est avoir une intention pour l’autre, l’intention de faire plaisir.
Les enfants de moins de 3 ans ont-ils réellement envie de faire plaisir à papa et à maman avec un cadeau fabriqué de leurs mains ? On aimerait le croire. Encore faut-il que ce cadeau ait été réellement fabriqué de leurs mains. C’est loin d’être toujours le cas.
Ont-ils donc les capacités psychiques pour intentionnellement faire un cadeau ?
Cette délicate intention qui est de faire des cadeaux n’a pas de sens pour l’enfant de moins de 3 ans. Elle ne peut pas avoir de sens sur le plan culturel car elle n'a même pas encore de sens sur le plan psychologique.
Pour qu’un enfant de moins de 3 ans accepte de faire plaisir, il faut qu’il comprenne qu’il est une personne à part entière. Avant 3 ans je ne sais pas que « je suis ». Je construit mon "MOI".
En dessous de 3 ans, je ne peux pas donner ce qui m’appartient, car ce qui m’appartient fait partie de mon être. Si je donne ce cadeau, qui m’appartiens, c’est comme si je donnais un peu de ma personne.
Vers 2 ans, les enfants se disputent souvent pour la possession d’un jouet. Mais en fait c’est leur identité en construction qu"ils défendent.
L'enfant en disant non, en ne "voulant pas" et en s'oposant à l'adulte ou aux autres enfants, s'affirme.
Il n’est donc pas rare de voir l’enfant se mettre en colère pour garder le cadeau alors que l’animatrice le presse pour qu’il le donne à sa mère. L'enfant de 2 ans est au sommet de la crise d'opposition et il lui est difficile de donner, même à sa mère.
L'enfant grandit sur le mode de l'OPPOSITION. Comment l'enfant pourrait-il vouloir donner son "dessin" alors qu'il est foncièrement égocentrique par nature et en pleine crise d'opposition !
Comment l’enfant accède au processus volontaire de donner ?
Le premier cadeau que l’enfant ACCEPTE de donner à sa mère, et non ce n’est pas le joli petit cœur en carton ou les fleurs, se sont ses selles, ses matières fécales !! Et ce n'est pas rien !! Puisque les selles font parties de son coprs !!
Bien sur c’est moins charmant. Et pourtant c’est parce que je veux faire plaisir à maman que j’accepte de faire sur le pot et donc de donner mes selles.
Que c'est bien de voir maman contente quand j'ai fais caca dans le pot !! Surtout qu'après elle me fait un calin !!
Le premier acte de faire plaisir est donc un acte très intéréssée pour l'enfant, c'est donnant, donnant. C'est le fait de marchander qui rend d'ailleurs l'acte de donner possible : je donne mon caca pour avoir un calin, un bisou...! A l'inverse pour s'opposer à sa mère il ne fera pas dans le pot quand elle le lui demande !!
A 3 ans, faire plaisir est une expérience que je vais donc pouvoir renouveler mais sur un autre mode que celui du donnant,donnant, celui de la propreté. Pourquoi donner sur un autre mode que celui de la propreté ? Parce qu'à 3 ans je suis propre !!
A 3 ans, je sais que je peux faire des choses tout seul (le fait d'aller aux toilettes tout seul est un grand pas en avant), que j’ai des capacités, surtout si j’ai reçu des encouragements. J’en tire une certaine fierté d’être.
Désormais, je donne, à la personne que j’aime, ce dont je suis FIERE, c'est à dire les choses que j'ai faites TOUT SEUL : un dessin, une peinture, un collier de perles. A 3 ans l'enfant c'est décentré, détourné de lui même, il est moins égocentrique. Il se tourne vers les autres. Le fait d'étre propre lui donne aussi plus de liberté d'actions et d'assurance. Il donne pour faire plaisir aux autres, sans chercher forcement à en retirer quelque chose. Le fait d'avoir fait tout seul est déjà en soi une grande satisafction. Donner est donc plus désintéréssé. L'acte de donner pour faire plaisir prend donc toute sa signification."
Selon moi il faut accompagner, l'enfant, l'encourager dans ses acquisitions et non lui imposer un fait culturel qu'il n'est pas en mesure de saisir.
Il faut faire attention aux enfants qui selon moi sont conditionnés à de telles pratiques. J'ai vu par exemple un enfant de 2 ans faire un dessin pour maman, alors que ce même enfant est par ailleurs dans un processus d'opposition !!
Comment cela est-il possible ?? Parce que l'adulte est souvent dérrière lui pour lui dire " fait un dessin pour maman" ! Ou la maman de dire " tu vas faire de jolis de jolis dessin pour maman à la crèche...". L'enfant est parfois conditionné. Il faut en prendre conscience.
Je rejoins tout à fait les propos de Mimi : cela fait plaisir à certains collègues de faire un cadeau pour la fête des mères. Moi je n'en fais pas. Mais je ne dissuade cependant pas mes collègues de faire des cadeaux pour la fête mères. Cela ne m'empêche nullement de leur dire ce que j'en pense et de me positionner.
Je pense qu'il faut respecter ses collègues et les choix de chacun. Dans une équipe, chacun à ses arguments, qui sont aussi valables les uns que les autres. A chacun de les défendre, c'est à dire d'être en accord avec soi même et avec ses idées sans les imposer. C'est ce qui permet d'ouvrir le débat et de mener à la réflexion selon moi. Une structure qui ne "réfléchit" pas c'est une structure qui stagne.
Alors continuons à réfléchir et à débattre dans nos crèches et nous avancerons.