Re: de la légitimité de la VAE
Publié : 06 août 2006 21:55
Avé,
Comment est-il possible que des personnes qui se fondent sur une certaine idée de la cohésion professionnelle et de l'éthique à l'égard de l'humain (surtout en ce qui concerne celui dont on s'occupe) puissent se déchirer sur un sujet tel que "la légitimité de la VAE".
Au nom de qui et de quoi peut-on exercer un jugement du bien fondé de ce type d'accés à un diplôme?
Si c'est en tant que travailleur ou étudiant je crains que les propos ne se fondent plus sur des prétentions personnelles que collectives: la défense d'un titre que l'on estime avoir chairement payé. J'ai mérité mon DE pas le VAE, est-ce cela que je dois comprendre ou je me trompe?
Pourtant il me semble qu'à se focaliser sur un bout de papier qui ouvre droit à une fonction et une rémunération affairente, l'essentiel est laissé de côté: le DE ne garantie pas l'efficacité de l'éducateur, que le diplôme valide la voie directe classique ou celle de l'exception de la VAE. Je ne crois pas que le nouveau frais émoulu éducateur diplômé soit au top de son efficacité dans les quelques semaines qui suivent son premier emploi... Je crois même qu'il doit continuer d'apprendre et surtout en raison de sa responsabilité désormais qu'il va payer en cas d'erreur. Il serait je pense tout au moins aussi stupide de demander à un nouvel employé d'être à 100% (bien que ce soit souvent le cas) que de croire que le DE est la preuve évidente que l'on est un éducateur. Tout au long de sa carrière il va falloir le prouver, se relever aprés les gaffes, réfléchir autant sur les succés que les impasses, et surtout perpétuellement chercher à être encore plus efficace, car au final c'est avec la vie des autres qu'on joue.
Alors si cette responsabilité est sanctionnée d'un diplôme je ne pense pas qu'il faille croire que cela justifie d'un état, on devient ES on ne nait pas ES avec le DE. De même on peut posséder un plateau de connaissances théoriques et/ou pratiques on n'est pas pour autant le prototype parfait de l'éducateur encore faut-il savoir s'en servir, et c'est dans l'expérience qu'on s'apprend, qu'on se valide ou non ses savoirs, d'autant que les collègues et les supérieurs n'hésiterons pas à nous le faire savoir (sans oublier les usagers et leur entourage).
J'estime et cela n'engage que moi, que celui qui s'oriente par la VAE sur ce métier, a accumulé une expérience où il a appris de lui et des autres, et dans un tel cas il lui reste surtout à produire une reflexion et une analyse qui vont lui permettre d'évaluer son potentiel au regard du référentiel métier. A l'identique de celui qui en voie directe va devoir justifier un potentiel toujours en fonction du référentiel métier au cour du passage du diplôme, mais il aura été préparé pendant trois ans au cour d'une formation. Et c'est l'école qui décide de le présenter, pas le candidat qui s'auto proclamme compétant, et c'est pareil pour la VAE. Alors qui est plus à même de visualiser le potentiel de chaque candidat? Des formateurs. Ce serait bien que ce soient d'abord eux qui légitiment la VAE ou non, car il me semble que ce sont eux qui sont les dépositaires des éléments d'analyses et de savoirs validant ou non le DE (et pas forcément le métier).
Maintenant que d'un point de vue politique la VAE affaiblisse le diplôme d'éduc c'est une toute autre question que celle de la légitimité. Là je pense qu'il s'agit plus de savoir en quoi chacun risque d'être atteint et comment le métier va enregistrer cette "diplomation" dérogatoire. Toutefois j'ajoute que de plus en plus la formation s'individualise avec des parcours de formation personnalisé renforcant le fait que l'aspect collectif du métier a déjà pris un sérieux coup dans la gueule.
Cela m'inquiète plus que la venue au métier de personnes validant leur compétences au regard de la seule expérience de terrain puisqu'au final ils sont soumis aux mêmes conditions d'évaluation. Ce qui est plus ennuyeux c'est que la formation en voie directe permet un apprentissage verticale et horizontale: on reçoit des formateurs mais aussi des collègues et notemment surtout des stages. En multipliant les sites on multiplie les rencontres (structures, publics, méthodes de travail), on les confronte en formation, on obtient des retoutr de la part des formateurs. Et cet ensemble permet la création d'une identité personnelle mais aussi celle d'une promotion puisque par les échanges on accroit le capital du groupe et de tout un chacun. Or cela peut être questionné avec la VAE où les temps en communs sont extrèmement réduits.
Cependant le tableau que je dresse de la formation est hidyllique parce que notemment dans la mienne question échange la pauvreté atteint parfois le zero absolu (ce qui explique évidemment mon intérêt pour les forums du social). Chacun est pris dans son parcours de formation et les envies de partager sont à l'image de la société pro-individualiste de consomation: donc en fonction de ce que cela peut rapporter et de son immédiateté. L'investissment dans la formation, les lieux de rencontres ou les opportunités passent aprés son schéma personnel. Dans ce cas je ne vois pas en quoi la VAE vient faire pire, elle ne fait que reconnaitre que l'aspect collectif de la profession ne trouve pas forcément sa place en formation, là dessu je n'engage que mon expérience. Cela m'ennuie rellement, même sui ce n'est pas le sujet du débat, et que je trouve cela plus inquiétant et tellement transversal à d'autres sujets du forum: la mort de la cohésion entre gens de même métier (alors quant à ceux qui sont pas dans la même branche!).
Quand je réclammais le BAC+3 pour le DE ce n'était pas en reconnaissance des années passées en formation, mais plutôt afin de me permettre de réenclancher plus facilement sur des formations complémentaires voir me permettant une requalification ailleurs. La possibilité d'aller en FAC surtout que seule la licence est validée maintenant, c'est l'occasion de poursuivre sa formation dans un métier en constante progression (l'humain est illimité alors ce qui le concerne aussi). Et puis si je veux changer de voie je veux en conserver la possibilité (surtout dans des carrières aussi usantes). Réclammer une certaine image d'un diplôme en raison d'effort fournis pour moi cela se résume à un espoir de reconnaissance, or je ne crois pas qu'il faille choisir ce métier pour une telle raison même si probablement du point d vue de l'inconscient c'est bien ici que l'on cherche à guerir quelque chose. Mais exactement comme dans la relation que je maintient avec les personnes que j'accompagne il y a ce qui se passe au cour de celle-ci et le sens qui en est réfléchi. Et ce dernier n'est pas forcément toujours en rapport immédiat, combien de fois ais-je du taire ce que je savais parce que je pensais la personne n'était pas encore prète et surtout risquer de la faire souffrir inutilement. Cela je ne l'ai pas appris dans mes livres ou dans les discussions avec mes amis étudiants, je l'ai d'abord vécu en réel puis au travail.
Et je suppose que ce genre de considération les futurs VAE y sont probablement plus sensibles (entre autres choses) et cela est pour moi une satisfaction pour le métier car ils pourront peut-être faire passer ce genre de valeurs au-dessus de certaines dévelloppées en formation qui elles embrouillent plus qu'elles n'aident: la "distenciation" est un important concept qui ne prend de sens que lorsqu'il s'applique, or à trop vouloir le visualiser on le sort de son contexte et il pourrit la relation éducative.
De nombreuse fois en tant que remplaçant mes collègues employés CDI critiquaient les nouveaux diplomés et stagiaires ayant ce concept à la bouche (ironie du sort ils oubliaient ainsi que j'étais moi-même encore en formation). Ils me confaient que ces jeunes arrivaient tel des zombis-zorro sans avoir de ressentis avec le public parce qu'ils se terraient derrière la "distanciation", oubliant que l'on prend de la distance apres avoir créer une relation. Mais était-ce que leur faute (si elle est grave), quant à longueur de formation ce concept est présenté. Le fait de pousser l'intellectualisation outrencière d'un métier de la relation est me semble plus dangeureux par principe que de manquer de rationnalité tout en étant dans la relation, car on peut mettre du sens aprés mais pas avant d'avoir encontré. Enfin c'est mon partie pris.
La suite plus bas,
à vos yeux courageux!
Comment est-il possible que des personnes qui se fondent sur une certaine idée de la cohésion professionnelle et de l'éthique à l'égard de l'humain (surtout en ce qui concerne celui dont on s'occupe) puissent se déchirer sur un sujet tel que "la légitimité de la VAE".
Au nom de qui et de quoi peut-on exercer un jugement du bien fondé de ce type d'accés à un diplôme?
Si c'est en tant que travailleur ou étudiant je crains que les propos ne se fondent plus sur des prétentions personnelles que collectives: la défense d'un titre que l'on estime avoir chairement payé. J'ai mérité mon DE pas le VAE, est-ce cela que je dois comprendre ou je me trompe?
Pourtant il me semble qu'à se focaliser sur un bout de papier qui ouvre droit à une fonction et une rémunération affairente, l'essentiel est laissé de côté: le DE ne garantie pas l'efficacité de l'éducateur, que le diplôme valide la voie directe classique ou celle de l'exception de la VAE. Je ne crois pas que le nouveau frais émoulu éducateur diplômé soit au top de son efficacité dans les quelques semaines qui suivent son premier emploi... Je crois même qu'il doit continuer d'apprendre et surtout en raison de sa responsabilité désormais qu'il va payer en cas d'erreur. Il serait je pense tout au moins aussi stupide de demander à un nouvel employé d'être à 100% (bien que ce soit souvent le cas) que de croire que le DE est la preuve évidente que l'on est un éducateur. Tout au long de sa carrière il va falloir le prouver, se relever aprés les gaffes, réfléchir autant sur les succés que les impasses, et surtout perpétuellement chercher à être encore plus efficace, car au final c'est avec la vie des autres qu'on joue.
Alors si cette responsabilité est sanctionnée d'un diplôme je ne pense pas qu'il faille croire que cela justifie d'un état, on devient ES on ne nait pas ES avec le DE. De même on peut posséder un plateau de connaissances théoriques et/ou pratiques on n'est pas pour autant le prototype parfait de l'éducateur encore faut-il savoir s'en servir, et c'est dans l'expérience qu'on s'apprend, qu'on se valide ou non ses savoirs, d'autant que les collègues et les supérieurs n'hésiterons pas à nous le faire savoir (sans oublier les usagers et leur entourage).
J'estime et cela n'engage que moi, que celui qui s'oriente par la VAE sur ce métier, a accumulé une expérience où il a appris de lui et des autres, et dans un tel cas il lui reste surtout à produire une reflexion et une analyse qui vont lui permettre d'évaluer son potentiel au regard du référentiel métier. A l'identique de celui qui en voie directe va devoir justifier un potentiel toujours en fonction du référentiel métier au cour du passage du diplôme, mais il aura été préparé pendant trois ans au cour d'une formation. Et c'est l'école qui décide de le présenter, pas le candidat qui s'auto proclamme compétant, et c'est pareil pour la VAE. Alors qui est plus à même de visualiser le potentiel de chaque candidat? Des formateurs. Ce serait bien que ce soient d'abord eux qui légitiment la VAE ou non, car il me semble que ce sont eux qui sont les dépositaires des éléments d'analyses et de savoirs validant ou non le DE (et pas forcément le métier).
Maintenant que d'un point de vue politique la VAE affaiblisse le diplôme d'éduc c'est une toute autre question que celle de la légitimité. Là je pense qu'il s'agit plus de savoir en quoi chacun risque d'être atteint et comment le métier va enregistrer cette "diplomation" dérogatoire. Toutefois j'ajoute que de plus en plus la formation s'individualise avec des parcours de formation personnalisé renforcant le fait que l'aspect collectif du métier a déjà pris un sérieux coup dans la gueule.
Cela m'inquiète plus que la venue au métier de personnes validant leur compétences au regard de la seule expérience de terrain puisqu'au final ils sont soumis aux mêmes conditions d'évaluation. Ce qui est plus ennuyeux c'est que la formation en voie directe permet un apprentissage verticale et horizontale: on reçoit des formateurs mais aussi des collègues et notemment surtout des stages. En multipliant les sites on multiplie les rencontres (structures, publics, méthodes de travail), on les confronte en formation, on obtient des retoutr de la part des formateurs. Et cet ensemble permet la création d'une identité personnelle mais aussi celle d'une promotion puisque par les échanges on accroit le capital du groupe et de tout un chacun. Or cela peut être questionné avec la VAE où les temps en communs sont extrèmement réduits.
Cependant le tableau que je dresse de la formation est hidyllique parce que notemment dans la mienne question échange la pauvreté atteint parfois le zero absolu (ce qui explique évidemment mon intérêt pour les forums du social). Chacun est pris dans son parcours de formation et les envies de partager sont à l'image de la société pro-individualiste de consomation: donc en fonction de ce que cela peut rapporter et de son immédiateté. L'investissment dans la formation, les lieux de rencontres ou les opportunités passent aprés son schéma personnel. Dans ce cas je ne vois pas en quoi la VAE vient faire pire, elle ne fait que reconnaitre que l'aspect collectif de la profession ne trouve pas forcément sa place en formation, là dessu je n'engage que mon expérience. Cela m'ennuie rellement, même sui ce n'est pas le sujet du débat, et que je trouve cela plus inquiétant et tellement transversal à d'autres sujets du forum: la mort de la cohésion entre gens de même métier (alors quant à ceux qui sont pas dans la même branche!).
Quand je réclammais le BAC+3 pour le DE ce n'était pas en reconnaissance des années passées en formation, mais plutôt afin de me permettre de réenclancher plus facilement sur des formations complémentaires voir me permettant une requalification ailleurs. La possibilité d'aller en FAC surtout que seule la licence est validée maintenant, c'est l'occasion de poursuivre sa formation dans un métier en constante progression (l'humain est illimité alors ce qui le concerne aussi). Et puis si je veux changer de voie je veux en conserver la possibilité (surtout dans des carrières aussi usantes). Réclammer une certaine image d'un diplôme en raison d'effort fournis pour moi cela se résume à un espoir de reconnaissance, or je ne crois pas qu'il faille choisir ce métier pour une telle raison même si probablement du point d vue de l'inconscient c'est bien ici que l'on cherche à guerir quelque chose. Mais exactement comme dans la relation que je maintient avec les personnes que j'accompagne il y a ce qui se passe au cour de celle-ci et le sens qui en est réfléchi. Et ce dernier n'est pas forcément toujours en rapport immédiat, combien de fois ais-je du taire ce que je savais parce que je pensais la personne n'était pas encore prète et surtout risquer de la faire souffrir inutilement. Cela je ne l'ai pas appris dans mes livres ou dans les discussions avec mes amis étudiants, je l'ai d'abord vécu en réel puis au travail.
Et je suppose que ce genre de considération les futurs VAE y sont probablement plus sensibles (entre autres choses) et cela est pour moi une satisfaction pour le métier car ils pourront peut-être faire passer ce genre de valeurs au-dessus de certaines dévelloppées en formation qui elles embrouillent plus qu'elles n'aident: la "distenciation" est un important concept qui ne prend de sens que lorsqu'il s'applique, or à trop vouloir le visualiser on le sort de son contexte et il pourrit la relation éducative.
De nombreuse fois en tant que remplaçant mes collègues employés CDI critiquaient les nouveaux diplomés et stagiaires ayant ce concept à la bouche (ironie du sort ils oubliaient ainsi que j'étais moi-même encore en formation). Ils me confaient que ces jeunes arrivaient tel des zombis-zorro sans avoir de ressentis avec le public parce qu'ils se terraient derrière la "distanciation", oubliant que l'on prend de la distance apres avoir créer une relation. Mais était-ce que leur faute (si elle est grave), quant à longueur de formation ce concept est présenté. Le fait de pousser l'intellectualisation outrencière d'un métier de la relation est me semble plus dangeureux par principe que de manquer de rationnalité tout en étant dans la relation, car on peut mettre du sens aprés mais pas avant d'avoir encontré. Enfin c'est mon partie pris.
La suite plus bas,
à vos yeux courageux!