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Mi-soumis

Publié : 06 oct. 2005 16:03
par cooljazz
Bonjour,

Qu'il s'agisse des femmes, des hommes, des noirs, des handicapés, etc... il y a toujours cette ambivalence entre les évolutions incontestables que chaque groupe a subit et la situation générale qui reste globalement la même: les noirs restent les plus pauvres, les plus touchés par le chômage et les plus emprisonnés (aux Etats-Unis par exemple), les femmes restent moins bien payées (et traitées) que les hommes et l'on fait des exemples d'individus dont le parcours incarne (soi-disant) la réussite (la distinction surtout): La femme chef d'entreprise, l'arabe présentateur TV, l'homme EJE... Alors que si le débat avait vraiment eu lieu et les consciences évolué, ces questions ne devraient plus se poser. Et 3% de la population mondiale de dominer sur les 97% restant depuis des siècles (ce rapport me rappelle quelque chose).

Je reviens à mon idée de société raciste dont on connait les pratiques de discrimination à l'embauche que les femmes rencontrent aussi bien que les personnes d'origine étrangère ou que les hommes dans des professions « à tradition féminine »; Raciste, sécuritaire et paternaliste puisque visiblement il est difficile voire impossible de ne pas se poser de questions sur les motivations d'un homme à s'occuper de jeunes enfants, même lorsqu'il s'agit des siens!

Je n'ai pas l'habitude des forums de discussion et j'hésite à m'adresser directement aux personnes ou à l'ensemble, cela donnera peut-être un mélange confus. Je vais à la fois rester proche du sujet et m'en éloigner mais quelques phrases que j'ai relevées me donnent envie de réagir:

Le message (troublant) de Karine tombe à pique et s'inscrit tout à fait dans la discussion. On en revient à la question du couple que j'évoquais: Cela aurait semblé plus « normal » à Karine que son compagnon ne fasse pas les tâches dont elle nous parle. C'est qu'il les fasse qui est surprenant! C'est incroyable comme on peut rester enfermé dans nos préjugés, même envers les personnes qui nous sont les plus proches. Peut-être est-il possible d'avoir un avis sur la question avant d'y être confronté... et d'en parler? Karine, t'occuperais tu de toutes les tâches ménagères sans broncher si ton homme n'y prenait pas part?

Ce dont parle Emie me paraît très important. Elle a raison de préciser qu'un modèle de réussite est une illusion, mais pas que nous l'avons tous plus ou moins. Il faut prendre conscience que tous les gens qui n'ont pas de travail ne sont pas malheureux (à ce sujet, je conseille le film de Pierre Carles: « Attention, danger travail ») Bien sûr, c'est différent en ce qui concerne l'argent car s'il manque, les choix se restreignent mais posons-nous la question différemment : Si je ne mange pas à ma faim, préfererais-je que l'on me fasse un beau chèque ou disposer d'un potager? J'écris cela de manière provocante pour répondre à l'affirmation « il faut de l'argent »à laquelle j'oppose celle-ci « Nous avons besoin de manger ».

Ainsi, je ne suis profondément en opposition avec les propos d'Emie concernant nos désirs: Non, nous n'avons pas tous les mêmes désirs, qu'il s'agisse de sexualité, de vie de famille, d'ambition professionnelle ou d'argent... D'accord le système m'impose beaucoup de choses mais certainement pas mes désirs. Il ne m'oblige pas non plus à me noyer dans la masse et à ne pas rester qui je suis, ou plutôt devenir ce que je deviens. Le débat est bien là: Nous ne sommes pas nécéssairement « soumis » car nous avons le choix d'être insoumis mais nous devons bien-sûr en mesurer les conséquences.

Une fois encore, j'élargis la question de la place de l'homme dans la société à tous les individus et à la stigmatisation dont nous sommes tous l'objet. La place de chacun n'a de sens qu'en regard de celle des autres, préoccupation dont l'individualisme croissant nous éloigne peu à peu. « Je pense d'abord à mon bien-être avant de pensé à celui des autres ou même de celui de la planète ».

J'essaierai de rester un peu plus dans le sujet dans un autre message, à bientôt.

Re: homme EJE

Publié : 07 oct. 2005 15:45
par fred
Cooljazz,

Cette stigmatisation, dont tu évoques l'omniprésence (à juste titre) n'est-elle pas nécessaire ? Un peu comme une protection, un temps d'observation... Je ne pense pas que nous soyons capable de tout accepter, tout de suite, tout le temps...
Cependant, je rejoins ton idée lorsque la stigmatisation devient une finalité dans les rapports sociaux et ainsi entrave l'ouverture (d'esprit ?) à de nouveaux composants de la vie de tous les jours.

Il ne sera pas facile de bousculer des us datant de quelques vingtaines d'années.

Personnelement, je serai curieux d'avoir un aperçu de tranches d'age des personnes se disant "rétissantes" à la pratique d'hommes auprès de jeunes enfants en comparaison avec des personnes se disant "favorables".

A bientôt de vous lire.

Re: homme EJE

Publié : 07 oct. 2005 19:25
par Fabio
Salut à tous.
Je suis EJE depuis 1 an en crèche collective. Je suis heureux que des etudiantes s'intèressent à ce sujet car cela prouve qu'une réflexion s'installent petit à petit sur la place des hommes EJE. Je pense que c'est plus a vous éducatrice de vous positionner par rapport à cette question car vous représenté 98% de la profession, c'est donc vous qui pouver changer les mentalités.
Je suis rentrer dans cette voie professionnelle car je pensai réellement que en tant qu'homme j'avai quelque chose à apporter de différent et de primordial aux enfants et aux parents.
Mon expérience professionnel me fai dire que être un homme dans cette profession n'est pas un handicap, mais peut être un avantage. Déjà au concour d'entrée à l'école, puis au niveau emploi, j'ai commencé le lendemain de la fin de ma formation. Le fait d'être un homme m'a favorisé pour cette embauche et on me l'a bien fait comprendre. La structure avait fai ce choix, car il y avait des problèmes au niveau des EJE dans cette équipe.
Auprés de l'équipe j'ai été trés accepté et elle avai émi le souhait de travailler de préférence avec un homme. Il s'agit de professionnelle auxiliare en fin de carrière. Je pense que mon intégration a été favorisé par mon sexe. Au niveau des enfants elles reconnaissent l'importance d'un modéle masculin et s'en réjouissent. Une collégue a dit a l'une de nos directrice qu'il fallait une présence masculine dans chaque équipe et que cela favorisait les contact et les relations dans une équipe.
Au niveau des parents, au début j'ai senti un certain étonnement de la par des mére, et de la curiosité de la part des péres. Mais trés vite une relation de confiance c'est installé et je pense que j'ai une approche différent que mes collégues par rapport aux parents.De plus le contact avec les péres est trés intéressant, ils me posent beaucoup de question concernat leurs enfants, et ils se dirigent peut être plus vers moi pour échanger. La présence masculine dans une équipe favorise je pense la place des péres dans une structure, ils se sentent plus en confiance, cela favorise leur investissement.
Pour certaine mére seul, notre présence est trés positive pour leurs enfants, notamment les petits garçons.
Au niveau des enfants, je travaille dans un groupe de 2 - 3 ans. Je suis devenu un référent pour eux. les hommes font les mêmes tâches que les femmes mais de manières différentes. d'ailleur les enfants font vite la différence entre pro homme et femme et il ne demande pas la même chose. Les collégues mon confié que au niveau de l'autorité, ma présence se ressentait.
Personnellement j'apprecie enormement m'on travaille et je ne l'échangerai pas pour un boulo typiquement masculin. Même si les pro de la petite enfance son peu reconnu socialement, il s'agit d'un boulot intéressant et enrichissant et nous sommes de vrai travailleurs sociaux, et c'est sa qui me motive : le partenarait, accompagner les enfants et les parents, former...
Je suis disponible pour répondre à vos question et échanger avec vous sur ce théme et d'autres concernant la petite enfance.
Merci pour votre inérêt.

Re: Mi-soumis

Publié : 07 oct. 2005 21:49
par karine
bonjour cooljazz, merci de réagir à mon témoignage même si troublant... pour répondre à ta question oui, si mon ami n'aurait rien fait j'aurai "gueulé". En relisant ce forum, je me demande comment ils viennent ces préjugés, comment ils perdurent, un élément de réponse me vient en me rappelant les maintes fois où ma mère m'a "chanté" :"ça ne vaut rien un homme, on ne peut pas compter sur eux... ça ne sait rien faire... ", et les maintes fois où mon père a abandonné ses initiatives ménagères de peur de se faire reprocher de les avoir mal faites. c'est dans ce type de contexte, je pense, que les préjugés se pérennisent. L'éducation aurait alors ce risque, ce défaut.
Moi je reste convaincue que ces préjugés peuvent disparaître dans la mesure où l'enfant,adulte en devenir, apprend, par l'EDUCATION à avoir une réflexion critique propre à lui même, qu'il lui permette de ne pas se fier à ce qu'on lui raconte mais par ce qu'il vit, ce qu'il expérimente lui même. Notre travail éducatif se situe là aussi, si nous souhaitons éliminer ces préjugés qui entravent les positionnenemnts de chacun dans notre société.
Merci de continuer cette discussion
Karine (je me demande si j'ai été claire?)

Re: homme EJE

Publié : 07 oct. 2005 22:05
par mickaella
merci Antoine , Fred et Fabio...
Je suis en plein dans la finition (avec difficulté) de mon enquête socio donc j'ai peu de temps pour réagir, à plus tard...

Re: homme EJE

Publié : 07 oct. 2005 22:08
par karine
bonjour cooljazz, merci de réagir à mon témoignage même si troublant... pour répondre à ta question oui, si mon ami n'aurait rien fait j'aurai "gueulé". En relisant ce forum, je me demande comment ils viennent ces préjugés, comment ils perdurent, un élément de réponse me vient en me rappelant les maintes fois où ma mère m'a "chanté" :"ça ne vaut rien un homme, on ne peut pas compter sur eux... ça ne sait rien faire... ", et les maintes fois où mon père a abandonné ses initiatives ménagères de peur de se faire reprocher de les avoir mal faites. c'est dans ce type de contexte, je pense, que les préjugés se pérennisent. L'éducation aurait alors ce risque, ce défaut.
Moi je reste convaincue que ces préjugés peuvent disparaître dans la mesure où l'enfant,adulte en devenir, apprend, par l'EDUCATION à avoir une réflexion critique propre à lui même, qu'il lui permette de ne pas se fier à ce qu'on lui raconte mais par ce qu'il vit, ce qu'il expérimente lui même. Notre travail éducatif se situe là aussi, si nous souhaitons éliminer ces préjugés qui entravent les positionnenemnts de chacun dans notre société.
Merci de continuer cette discussion
Karine (je me demande si j'ai été claire?)

Re: homme EJE

Publié : 08 oct. 2005 12:31
par Cédric
Bonjour à tous! Je suis moi - même EJE en 2ème année de formation, et je laisse un petit message pour signifier que la discussion dans ce forum est très intéressante. Ce que je remarque surtout (car je suis chaque message avec attention), c'est qu'il y a certes 98% de femmes dans la profession, mais pas dans ce forum, ou les hommes sont quand même pas mal présent: c cool les mecs! Merci beaucoup à toutes et à tous de parler de ce sujet. Je vous ferai remarquer aussi que c'est le sujet où il y a le plus de messages, ce qui montre l'intérêt d'en parler. Voila c'etait juste un petit clin d'oeil... au passage! Merci et continué!!!

Re: homme EJE

Publié : 08 oct. 2005 23:28
par mickaella
merci Cédric, je vois que finalement il y a des hommes sur ce forum, c'est rassurant !!

Je réfléchis beaucoup au message de Karine sur les préjugés qui peut être seraient pérenniser par l'éducation, j'essaie de fouiller dans ma mémoire afin de savoir pourquoi je suis si ouverte à la présence des hommes dans la petite enfance : Est-ce parce que mon père a tenu un rôle très "aidant" auprès de ma mère et elle un rôle très réceptif à son "aide", aide ne me convient pas je dirais plutôt complémentaire.
enfin bref je réfléchis tout haut excuser moi, mais il semblerait vraiment que l'éducation y soit pour que l'éducation y soit pour quelque chose. Je continue en silence à réfléchir et on se tient au courant. ;) :lol2:

Re: homme EJE

Publié : 09 oct. 2005 12:17
par un peu de socio
MOTS CLES :

Identité : Ce par quoi une personne, un groupe (familial, professionnel…), un peuple se reconnaissent eux-mêmes et se voient reconnus par les autres. Elle permet à la personne ou au groupe de se situer en fonction de multiples catégories sociales ou culturelles, mais aussi de se singulariser par opposition et différenciation.

Le fondement de l’identité professionnelle : l’identité se construit et se renforce à partir des interactions entre l’individu et son environnement (C.DUBAR). En effet, il faut que la profession soit reconnue par la société, qu’elle soit perçue comme pertinente par rapport à des besoins récents et que les réponses qu’elle est en mesure d’apporter soient perçues comme satisfaisantes.

Rôle : modèle de comportement imposé par la société à des individus ou adopté par des personnes ayant le même statut.

Re: homme EJE

Publié : 09 oct. 2005 14:35
par mickaella
je suis en pleine lecture et je voulais vous faire partager un passage du livre de CHAPLAIN et CUSTOS LUCIDI, Les metiers de la petite enfance, des professions en quête d'identité :
C'est un petite annonce parue dans le Figaro (pas de date) rubrique "gardes d'enfants"/"employes de maison": Demandons EJE pour s'occuper d'un enfant de 18 mois et un de 4 ans. Fonctions :
-etre la maman de celui de 18 mois,
-aller chercher à l'école celui de 4 ans,
-assurer les tâches ménagères,
-assurer les bisous en attendant le retour de maman et papa. Salaire proposé : SMIC.horaire : 8h-19h.
bon ben je vais digérer ma lecture, on en reparle...