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Re:

Publié : 12 juil. 2012 15:30
par Profiler
"le pb c'est qu'à l'heure actuelle les étudiants qui sont sur liste d'attente ont eu artificiellement la moyenne"

C'est ce propos là qui me fait te poser la question! Si les jury prennent n'importe qui en liste complémentaire, on peut supposer que ceux qui sont sur liste principale sont aussi recruter n'importe comment! D'autant plus que le social n'attire pas grand monde, ce serait possible!

"je dois être la seule à avoir entendu parler d'étudiants qui se suicident"

En effet, c'est la première fois que j'entends parler du phénomène mais peut-être as tu des sources!!

Re:

Publié : 12 juil. 2012 15:46
par zoé
CC d'où tires-tu l'information sur le suicide des étudiants AS?

Re:

Publié : 12 juil. 2012 16:14
par cc
*Comment ai je entendu parler des étudiants qui se suicident ?
en discutant simplement avec des collègues nouvellement diplômées lors d'une formation interne à mon institution, 3 jeunes pro originaires de 3 écoles dans 3 région différentes avaient eu dans leur formation des suicides.
L'une d'elle était particulièrement marqué parce que plusieurs membres de la promo avaient tenté d'alerter l'école mais en vain, et qu'après le suicide l'école avait nié toutes responsabilités.

Voilà mes sources
Mais comme profiler n'en a jamais entendu parler ceci n'existe pas.
(c'est rassurant, encore une fois tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ).

Pourquoi les gens se suicident ils ? c'est surement une question complexe, avec de multiples variables.
Mais personnellement et ça n'engage que moi, je m'interroge sur cette formation qui remue, qui nous demande beaucoup, pour au final très peu de reconnaissance comme le disent vb et jeune diplômée , tant dans les stages, qu'une fois diplômée sur le terrain.

Ce n'est pas moi qui ai fait le lien entre étudiants sur liste d'attente et suicide mais deux des jeunes pro avec qui je discutais.

* Comme je ne suis pas complètement insensible, je me suis dit, tiens et si j'en discutais avec les formateurs terrain que je connais...Et là j'ai croisé des professionnels complètement désillusionnés ( sur 3 écoles différentes de la RP) qui m'ont tous dit recruter des gens qu'ils n'auraient jamais pris il y a encore 5 ans, qu'ils avaient conscience de mettre parfois les gens en difficulté mais qu'ils n'avaient pas le choix pour remplir les promos.

Alors je n'en fais pas une règle mais je dirais que j'ai là beaucoup d'éléments qui se recoupent, mais c'est peut être juste moi qui délire et tout va bien dans le meilleur des monde.

*En ce qui concerne les entretiens de recrutement, bien sur ils sont aléatoires et des erreurs sont toujours possibles dans les deux sens, mais là les formateurs recrutent consciemment des gens dont ils pensent ( à tort ou à raison) qu'ils n'ont pas le profil.

Re:

Publié : 12 juil. 2012 17:22
par vb
Je rebondis juste pour glisser que dans ma pratique pro depuis 15 ans ,j'ai entendu parler ou connu des Travailleurs Sociaux qui se sont suicidés et que très souvent l'attitude des institutions a été de nier toute implication, renvoyant systématiquement la cause du suicide aux problèmes personnels des gens, voire en niant la réalité de l'acte et en le transformant, parfois de manière très cynique en accident.

Après, pour en revenir aux étudiants, comment des formateurs qui ne croient plus à ce qu'ils font peuvent ils accompagner des étudiants en difficulté ? Et en même temps est ce leur rôle ?

Re:

Publié : 12 juil. 2012 19:16
par sarah
Ce problème de recruter "n'importe qui" (entre guillemets bien sûr) pour remplir les quotas est typique des écoles de la région parisienne où est-ce partout? Car quand je vois le nombre de personnes qui se présentent aux concours, je n'ai pas l'impression que les écoles aient du mal à recruter. J'ai peu de recul donc je me pose la question...

Re:

Publié : 12 juil. 2012 21:22
par Profiler
cc trois suicides sur des milliers d'étudiants, je ne vois pas en quoi on peut questionner le fait qu'ils étaient issue d'une liste d'attente mais bon.

Les milliers d'étudiants du social sont une partie de la société et DANS la société les gens se suicident donc en définitif il n'y a rien de surprenant là dedans.

"Ce n'est pas moi qui ai fait le lien entre étudiants sur liste d'attente et suicide mais deux des jeunes pro avec qui je discutais."

Pour tenir de tels propos ils ont dû en louper des cours!! C'est tellement réducteur, dixit Durkheim!!

Ensuite, concernant les formateurs, ils sont trois sur plusieurs dizaines donc ton panel est un peu trop restreint pour être le reflet de la réalité, on peut même pas envisager un ISIC!

Dans ma promo plusieurs nouveaux Bacheliers étaient sur liste principales et une Master sur liste d'attente, va savoir pourquoi!

Je sais pas si t'as lu "Relation d'Aide et Travail Social" de Joëlle GARBARINI mais il s'y trouve des témoignages d'AS confirmées qui pose vraiment question (le livre est sortis en 1999, y a plus de 10 ans).

A partir de là, je m'autorise à dire que la compétence et l'incompétence ne sont pas liées au recrutement mais possiblement à l'investissement des personnes (veille sociale comprise).

Re:

Publié : 12 juil. 2012 21:32
par Profiler
vb il n'est pas possible d'attribuer un suicide "uniquement" à une Institution sans éléments objectifs.

Autrement au sein de cette fameuse Institution on peut aussi supposer qu'il y avait des signes avant coureurs comme le burn-out (syndrome d'épuisement professionnel) et que les collègues, la hiérarchie enfin tous les niveaux ont une responsabilité dans l'acte posé!

Avant de prendre soin des autres il faut prendre soin de soi!

Re:

Publié : 12 juil. 2012 21:52
par vb
Pour répondre à Sarah, je crois que la question est qui sont les personnes qui se présentent aux concours , quelles sont leurs motivations?
Si le métier attire toujours autant ( ?) attire t il les personnes que les recruteurs recherchent ?

Dans ma promo une de mes copines avait passé le concours deux ans auparavant, on lui avait "non Mademoiselle, vous êtes bien trop jeune vivez d'abord"
Elle avait travaillé pdt deux ans et reconnaissait tout à fait qu'elle n'avait pas la maturité à ce moment là pour faire ce métier, elle a fait une super formation et se plait dans son job.
Aurait elle été aussi à l'aise si on l'avait recruté deux ans plus tôt pour remplir les quotas, c'est pas sur. Mais si l'école n'avait pas eu d'autres personnes à placer elle aurait surement été recruté quite à faire cette formation qui effectivement secoue pas mal bcp trop tôt pour elle.

De plus, l'absence de débouchés que décrivent de + en + de jeunes diplomés fait fuir des personnes avec un vécu parfois un peu duraille qui sont aussi svt de très bons pros, mais qui ont des objectifs concrets premiers comme remplir son frigo pour leurs enfants.

A cela se rajoute le DE qui est quand même assez éloigné de la réalité du terrain.
Et encore une fois j'entend toujours ce que moi même j'ai dit en arrivant sur le terrain :mais on nous demande tout ça pour ça...

Re:

Publié : 12 juil. 2012 23:40
par P
Pour répondre à Profiler

"il n'est pas possible d'attribuer un suicide "uniquement" à une Institution sans éléments objectifs."...
Sans éléments objectifs, non, mais avec si c'est possible. C'est pour cela que Renaut par exemple s'est retrouvé en cour de cassation.
Il y a des suicides qui sont imputables uniquement aux entreprises, aux institutions, même si ça te déplait ou t'effraie, et qui sont qualifié, dans ce cas précis par le legislateur, d'accident du travail.


'Autrement au sein de cette fameuse Institution on peut aussi supposer qu'il y avait des signes avant coureurs comme le burn-out (syndrome d'épuisement professionnel) et que les collègues, la hiérarchie enfin tous les niveaux ont une responsabilité dans l'acte posé!"

Merci de m'expliquer ce qu'est le burn out !!

Pour ta gouverne il ne s'agit que d'une seule fameuse institution mais de plusieurs : CG, service municipaux, entreprise privée avec une mission de service public.En discutant avec des collègues qui ont bossé ailleurs je découvre qu'ils ont eu aussi connaissance de faits similaires en scolaire et en hôpital.

Comme il ne s'agit pas que de gens que je connaissais personnellement, il m est donc difficile de connaitre le vécu de chacun. Maintenant quand la hierachie institutionnelle renvoie que une telle est tombée par la fenêtre parce qu'elle voulait faire les carreaux dans son bureau ou que une telle a fait juste une erreur dans sa prise de médicaments - du genre elle a confondu sa prise mensuelle avec sa prise quotidienne- moi j'appelle ça du cynisme.Et visiblement, il semble que toutes les institutions que j'ai cité ont réagit comme cela, sauf une.
Dans ce service ( municipal) la hierarchie a réagit en se montrant hyper à l'écoute des agents par la suite sans nier l'acte posé, même si il était trop tard pour l'ASS, et en mettant en place un groupe de soutien pour les collègues qui pouvaient ressentir tristesse et culpabilité, effectivement.


"Avant de prendre soin des autres il faut prendre soin de soi!"

c'est une très belle phrase et absolument fort juste en théorie.

Bienvenu sur le terrain et je te souhaite de toujours trouver des postes avec des collègues pleins de joie et de bonne humeur, une hierachie compétente et non pressurisée et des personnes reçues ni agressives, ni desespérées, ni trop demandeuses de prise en charge, des moyen d'action efficaces pour accomplir tes missions et des commandes institutionnelles qui ne soient pas dans le double band.
Cela dit, je le souhaite à tout le monde !

Re:

Publié : 13 juil. 2012 10:15
par Profiler
Le témoignage qui suit est sur le forum et il date de 2008, il y a donc 4 ans! Pour ce qui concerne la qualité des personnes sur liste d'attente.

"Auteur: Rose
Date: 05/06/2008 20:30

j'ai une mâitrise de sciences de l'éducation. Je suis sur la liste d'attente pour rentrer en école d'assistante sociale. j'ai commencé le caferuis en septembre mais je pense que je vais arrêter si je suis prise en école d'as. jE Suis actuellement coordinatrice dans une MAS mais ça ne me plait pas."

Pour P: C'est le syndrome d'épuisement professionnel, on en parle un peu partout y comprit en formation d'as, quand on aborde la relation d'aide (d'ou le prendre soin de soi pour prendre soin des autres). Tu trouveras la déf. de l'OMS et quelques éléments d'info sur ce lien :

http://www.passeportsante.net/fr/Maux/P ... sionnel_pm

Rien n'empêche un groupe d'as qui se sentent concernés par le sujet de faire une information co (au profit de leurs collègues) là dessus, étayé d'exemples concrets comme les tiens.

Sur le terrain, je pense prendre soin de moi car si je ne sais pas nager, je ne vois pas pourquoi je me jetterai à l'eau pour sauver une personne en danger.

Je suis consciente que je ne suis pas superwoman et que la fonction d'as ne fait pas de miracle. Pour exercer j'ai besoin que les pol' sociales soient favorables aux usagers, si ce n'est pas le cas je n'y pourrai rien.

Heureusement qu'il y a d'autres plaisirs dans la vie que le travail sinon vivre serait insupportable.