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Re: Entre
Publié : 24 mai 2005 22:05
par TheD
Interlude.
Un jour, j'aimerais beaucoup aller à la médiathèque avec Karen. Sa présence en ce lieu que je n'ai pas encore visité serait sans doute pour nous deux un moyen, pour elle, de "me" trouver. Peut être plus libre, je ne sais pas. Moi, si elle l'exprime un jour, et bien je ne saisis pas cela comme un débordement, mais comme le partage d'un moment sympa et souriant. Ca serait bien de connaître ces petites "joies" de vie. J'aimerais beaucoup beaucoup beaucoup... pour une fois. Et puis elle ne serait pas "embêtée" par des écrits qui dictent le comportement du travailleur social. Je comprends bien qu'elle pourrait se sentir alors "menacée", "non couverte" ou que sais-je...
En tout cas, je me projette de mettre le pied à nouveau dehors ce samedi à venir, je ne sais où. Peut être faire quelques croquis dans un parc, l'après midi. Je ne saurais indiquer l'endroit mais ça sera pour moi le moyen d'exprimer une petite entrevue, quelques mots, si Karen vient me faire un "coucou". Le problème, c'est qu'elle me verra autant silencieux, mais en mon fort intérieur je serai ravi pleinement d'être en sa présence. Je suis conscient qu'il lui faut ressentir ce petit quelque chose pour venir passer un moment avec moi. Pour le moment, je n'ai rien pour moi, pour lui faire naître cela, ça doit venir tout seul, ça doit aller de soi. C'est tout autant périlleux pour moi que de sortir. Mais, avec un carnet de croquis me sentirais-je plus moi même. Il y a une part de moi qui dit "mais c'est pas possible, que fais tu ? Tu ne la connais pas, c'est contre tes principes, etc..." mais je la ressens comme personne. Je me dis que nous pourrions nous entendre si j'arrive à éclater ma glace, à être "moi". Il me faut revenir en moi. C'est l'une de ces grandes rencontres dans la vie, ça serait dommage. J'ai pleins de choses à vivre, et ça serait bien de les vivre un peu avec elle.
Entre Temps...
Publié : 25 mai 2005 05:36
par TheD
Bonjour,
En ce moment je dors la nuit.
Cependant, je me lève expressément pour déposer ce message. Il m'est venu une pensée, un lot ressenti aussi de ce pourquoi cette personne, Karen, m'attire tant... car il s'agit, entre autres, de temps. Cette personne est vraiment énergique. Bon, ce n'est pas tout et puis ce n'est pas la réponse non plus. Mais elle ne vit pas dans le même temps que moi. Elle maîtrise son temps. Moi, ça fait longtemps que je suis "arrêté". Mais, au fond de moi je ne suis pas comme ça. Je suis quelqu'un de pensif, de posé, qui a besoin d'un espace pour "vagabonder", quelqu'un qui veut vivre dans un autre temps et lorsque je me trouve avec Karen, c'est un peu comme si temps à elle m'aspire. Je plonge dans son temps, dans son "pas le temps" en quelque sorte, dans sa vie à fond, et en fait ça me plait parce que j'ai envie de trouver le mien, d'aller non pas à son rythme mais ça m'encourage à trouver mon temps. Je me dis qu'en la fréquentant un peu, je pourrais peut être aussi lui apporter quelque chose. Ca serait un bel échange, je crois. C'est réellement dommage qu'on ne puisse davantage se voir. Mais, je lui écrirai. Ca m'ennuie un peu, parce que ça sera sans doute ouvert avant, ou que sais je, mit dans mon dossier. J'aimerais mieux m'expliquer envers elle.
Je vais te raconter une anecdote. Je crois que c'était au parc Leo Lagrange. J'avais cinq ans. Je faisais du vélo, je trottais souvent avec ma mère dans de plus petits parcs qui me laissait tant qu'elle me voyait. Avec mon père, c'était impossible et ça marque un peu, disons, l'un des problèmes de mon enfance mais là n'est pas le fond de cette anecdote. Dans ce parc leo lagrange, il y a une descente et puis un chemin qui fait le tour de la bordure d'un petit lac. C'était sans risque et en mon fort intérieur, je voulais la descendre. Mais en bref, la voix du père derrière me retenait, il fallait que je descende du vélo pour descendre cette petite pente vraiment à la portée des gosses, mais je subissais la projection des "peurs" de mon père. En fait, je l'ai compris beaucoup plus tard. Il n'avait pas peur pour moi, mais pour lui même. J'étais plus un "bout de lui" qu'autre chose. Tu me diras, c'est un peu ce que les parents ressentent envers leurs enfants, sans doute, mais pour moi un père ça "ouvre l'enfant au monde" et ça ne l'enferme pas dans ses peurs. Au contraire, un père doit dépasser ses peurs et apprendre de son enfant. Il s'apprend lui même ainsi. Enfin, j'ai beaucoup pensé à tout ça, et je ne prétends pas un jour avoir l'occasion d'être père et à vrai dire, ça serait quand même brûler de nombreuses étapes (mais j'apprends vite)... autant ne pas y penser. Voler de mes propres ailes, vivre un brin d'amour avec une personne que j'apprécie, ça serait déjà énorme. je ne suis pas en mesure de m'occuper de moi, en ce moment, ni même de donner envie dans la vie, à quelqu'un qui me plait, de trouver sa sympathie. Bah justement c'est surtout ce qu'elle doit éviter avec moi, mince ! Mais j'ignore ce qu'elle pense sous la peau du devoir. Je sais qu'elle doit me réduire, un peu, beaucoup sans doute, mais ce n'est pas si grave. Je suis un puit asséché. En sa présence, elle est une eau si douce, si dense.
Enfin, pour en venir à la conclusion que si c'était à refaire, je l'aurais dévalé cette pente. Et j'aurais bien appuyé sur les pédales. Le père hurlerait de son ignorance et je poursuivrais mon chemin, pour boucler la boucle, faire le tour et le père coursant pour mettre la dérouille, pas grave on carbure ! Avec l'adrénaline qui fait du bien.
C'est ça que j'ai perdu... l'adrénaline. Au fond, mes peurs ne sont plus des peurs, ce sont des peurs intellectuelles, plus vraiment ressenties. Il y a une envie, celle qu'on ressent dans le ventre, tout ça que j'aimerais retrouver. Bon, mon intention n'est pas de "salir le père", je le précise. Je parle de mon histoire avant tout.
Tu vois, aujourd'hui, je vois une pente et malgré les voix, je veux la dévaler. C'est la pente de la rencontre, de la vraie vie. La pente où l'on se risque quand on se dévoile, quand on se met en danger pour demander de lier amitié... et plus si affinité. Mais je commence à faire les choses à l'envers, complètement à l'envers.
J'en reviens pour finir sur le temps.
Elle est énergique, frontale, à la fois ouverte "professionnellement" et fermée "personnellement". Peut être que ça va trop vite pour elle et qu'elle ne peut me "voir".
Voilà, ce que je voulais noter. J'aimerais dire être conscient que je porte une histoire, qu'elle porte la sienne, mais que je m'en trouve au bout de mon histoire, au bord d'une autre histoire, la mienne à venir, pleinement. Aujourd'hui, physiquement je ne suis pas au mieux de ma forme. Mais ça fait parti de mes objectifs, manger un peu plus et reprendre une activité physique pour me "vider" mieux l'esprit afin qu'il se remplisse mieux à nouveau. Equilibre entre physique/mental, entre autres. Quand à des rencontres comme Karen, en moi, je ne pense pas en renouveler. En ce sens que nous sommes tous si unique, et que son être me dit tant. Tant que j'aimerais simplement stopper le temps, en sa présence.
Du coup, je ne sais pas si je vais me recoucher, zut... bon ce n'est pas grave.
Bonne journée.
Re: Entre
Publié : 25 mai 2005 13:41
par TheD
Bonjour,
Je ne sais pas trop comment m'y prendre pour expliquer "ma vie, ma mort", alors j'irai progressivement minimoi.
D'abord, en ce moment, j'aimerais dire que mon histoire d'enfance ne me tient plus. Mais, l'année dernière j'ai eu un retour d'un souvenir refoulé. Celui là même qui explique beaucoup de choses comme une réaction en chaine, dont je n'ai pu me libérer. Ce n'est pas ce qui m'a "atteint" dans l'âge adulte, mais je n'ai jamais pu être "moi" même, de toute façon, même en quittant le lycée à 18 ans pour suivre par correspondance (ce qui était une connerie car j'étais très mal, en bref je faisais "une dépression" mais personne ne voyait rien, étant donné qu'à la base, j'étais introverti, discret, silencieux).
J'en reviens donc. Bon, je voulais un peu raconter mais j'en sature. Disons que j'étais chez une nourrice "ravagée" avec son mari "brutal", ça résume. Il dérouillait ses trois gamines plus âgées que moi, de 5 à 8 ans sans doute, à la ceinture. Mais avec moi c'était autre chose, il me serrait la gorge avec. Quand la femme partait, le mari absent, les gamines "jouaient" avec moi, m'enfermant dans les wc, dans le noir, des choses comme ça. La femme ne supportait pas mon regard, faisait tout pour m'inculquer son éducation. Je crois qu'elle ne me frappait pas, mais c'était psychologique, à l'époque je sais qu'on pouvait me "mener à la barre" ainsi, je réagissais très bien parce que je me posais beaucoup de questions. Bon, j'abrège, et sans doute que d'autres choses m'échappent, mais c'est vraiment "le point A", ces premières années. Ensuite la vie n'avait plus vraiment la même couleur. Il y avait comme une répétition de la rencontre avec des "bourreaux", et chaque fois ça se passait dans un contexte particulier et difficilement "exportable"... mais toujours sous une "emprise" subie. Mince, ça m'embête un peu d'écrire ça, sachant que Karen pourrait me lire. Apparemment tu ne veux pas m'écrire par mail... ou tu ne peux.
A bientôt.
Re: Entre
Publié : 25 mai 2005 13:51
par TheD
J'aimerais préciser à Karen si elle me lit que je ne veux pas m'apitoyer sur mon sort, que mes sensations présentes sont différentes de tout ça et que j'aimerais un échanger autre chose avec elle, si un jour elle m'accorde un peu d'elle.
Re: Entre
Publié : 25 mai 2005 14:10
par TheD
Je n'avais pas lié mes difficultés à l'encontre de mes sentiments pour les exprimer avec cette histoire et ces trois gamines qui m'enfermaient dans le noir et leurs rires moqueurs derrière la porte, avant mes 5 ans. J'avais plus attaché ça à l'adolescence où je refoulais beaucoup de choses et subissais notamment durant deux années quelques demoiselles qui devaient probablement déverser leurs frustrations de midinettes. Disons que je ne "réagissais" pas, mais je ne m'y confortais pas non plus. Je vivais ça comme du harcellement. C'était très "brutal" pour moi.
Re: Entre
Publié : 25 mai 2005 14:23
par TheD
En tout cas, tu dois être déçue de moi, depuis le temps.
Re: Entre
Publié : 25 mai 2005 14:25
par TheD
Non, pour être déçu de quelqu'un il faut en attendre quelque chose. C'est vrai qu'il ne faut rien n'attendre pour justement éviter ça. Mais je le sais et je ne tiens plus à me décevoir moi même...
Entre tout...
Publié : 25 mai 2005 17:59
par TheD
Bah ce sont des mauvais épisodes, mais je te parlerai aussi de mes passions et des horizons possibles
Ca prend d'ailleurs de plus en plus d'espace dans mon esprit. Le grand "rangement" arrive et une nouvelle mise au point sur ma situation s'imposera. Parfait, car je m'y prépare. Je vis des phases de mélancolies mais mieux gérées. Le fait qu'il existe la possibilité pour moi d'écrire à Karen et de lui donner un peu à me découvrir, je vais l'utiliser. Ca me fera vraiment du bien de lui adresser des lettres au rythme de mes "actes de travail", et de mes pensées quotidiennes. En effet, j'ai beaucoup pensé au fait de ne pas tomber dans un harcellement de sa personne. Donc de déterminer les périodes d'écriture. Je m'indique alors de lui écrire uniquement lorsque j'ai à lui parler de l'avancée de mes projets. Je veux repartir sur de bonnes bases. Le fait est que personnellement, le "pro", "perso", c'est la même chose car j'utilise "la vie" pour définir l'essence de mes projets. Je pense que nous sommes tous un peu dans ce cas là, en ce sens que nous n'avons pas le bouton "on/off" implanté dans le crâne.
Tu me donnes envie de lui écrire et de lui donner autre chose qu'une personne "pas bien", donc de lui parler de "moi". Elle prendra ça sous son oeil professionnel sans doute, mais ce n'est pas grave. Je comprends qu'elle ne puisse partager les mêmes désirs que moi au bout du compte, ceux que je ressens pour elle. Peut-être me prend elle pour un pervers, ou bien une personne atteinte d'une psychose affective... moi je me pense simplement amoureux d'elle, c'est tout. Même si je travaille justement à enrayer mes troubles. Ce qui ne va pas, c'est ce décallage entre "moi" qui pense, et "moi" qui s'exprime (plutôt très mal), forcément car je ne parle pas beaucoup. Je sais pourtant comment je pourrais réguler tout ça, théoriquement, en utilisant quelques petites astuces psychologiques, mais la pratique m'envoie "à l'ouest"...
Entre l'être...
Publié : 25 mai 2005 21:12
par TheD
Il était une fois,
des lettres amoureuses d'une personne. Un être lisait les mots d'un autre. L'observation remplissait ce regard. Des mots se lançaient dans l'ampleur et la splendeur d'un monde réel, celui d'un être intérieur. L'iris s'adapte comme le parfum s'échappe de la beauté et ma main prenaient cette vapeur vraie. Elle était cette eau dans l'air qui venait perler au coin de mon écriture. Je ne comprenais plus. Je me sentais soudainement perdu et mon travail intérieur me semblait être voilé par les mots. Il me fallait écrire plus que des sentiments.
Amoureux de ses pensées nues, ici, une nudité à fleur de mots.
Mes lettres n'écrivaient seulement que pour lui partager une beauté, la sienne.
Entre mots...
Publié : 26 mai 2005 01:04
par TheD
C'est assez difficile. Je focalisais sur ce à quoi les autres focalisaient à propos de moi. Je m'échappais par le dessin mais j'en restais assez "malade". Le reste, je me suis fais mal un peu tout seul, devenu adulte, sans repères je subissais mon quotidien. Aujourd'hui, ça change un peu. Je veux m'en sortir et ne plus répéter les schémas d'échecs lors d'élaboration de projets mais des routes de sorties positives...
Lundi, j'ai dis de vive voix à Karen "je suis amoureux de vous" et même si elle m'a dit "Ca ne va pas être possible" puis est partie au galop, depuis, en moi ce n'est plus la même chose. C'est incroyable, j'ai à nouveau une forme "d'appréhension" en moi, une sensation profonde revenue dans le ventre. Ce que j'avais perdu depuis bien des années, cette montée de stress positive n'était plus en moi. Je n'avais plus beaucoup de ressentis et j'ai traversé une longue période "absente", sans affects, mon esprit se détachaient de plus en plus du corps. Il l'est toujours encore mais je "reviens", je dirais même que je viens. Je ressens quelques palpitations. Mes peurs sont plus attachées à l'intellect que ressenties alors j'ai tout un conditionnement à briser. Il s'est passé quelque chose en sa présence ce lundi passé, en moi, j'étais complètement nul mais vrai.
Toujours est-il, cette déclaration - fort maladroite est sans véritablement de lien préalable, sans construction "normalisée" entre deux personnes - m'a rendu quelque chose en moi. Je sens aussi que cette personne me procure quelque chose d'unique. Malheureusement, je ne pourrais pas vivre cette unicité avec elle apparemment. Et je le regrette, car c'est une singularité qui me parle au delà de tout mots. Mais, je ne veux pas développer de délire étéromaniaque. Je respecte ce qu'elle est. J'espère renouveler un jour mes avances pour elle, mais dans un cadre où je serai à même de répondre à ma propre vie. Disons que là, tout de suite, ce n'est pas le moment et puis non, je ne veux plus m'égarer ainsi.
Tu sais, Minimoi, si je devais te parler de "moi", je serais moi. Et si je serais moi, nul mot n'aurait été posé ici et ce "moi" n'en parlerait pas sur un forum tel que celui-ci. En d'autres mots, t'écrire de moi serait ne pas être moi ? Non, bien entendu que je suis qui je suis. Simplement un petit peu égaré, mais pleins de bonnes intentions. Je ne suis pas le destructeur, bien au contraire ce monde dans lequel je vis m'intéresse et "toi" m'intéresse aussi. J'ai passé ma période de parano, je pense. Ce moi qui t'écrit se donne le droit de changer de moi, mais au final il est "moi" perçu par les autres. C'est aussi un "moi" à trouver pour avancer. Je dois sortir de la pièce noire. Respirer un peu mieux aussi.
Alors bon, d'accord, qu'est ce que le moi ? Celui qui écrit est bien moi, allez on va dire ça, même si ça simplifie un peu la métaphysique, je suis après tout l'émergence de ma matière, la résultante de mes pensées, peut-être la fragmentation d'une conscience, va savoir. Je suis mon histoire si je le veux bien et sous ta lecture je suis un corpus, alors en définitif ça sera toujours un peu délicat de me situer, mais il faut se situer et je te ferai part de mon endroit. Ce sont des chemins à tracer, des bouts de rien pour former une part du tout. Peut-être aussi que je deviends ce que tu aimerais bien trouver... ce "moi" qui est pour "toi", et c'est très bien puisque ça permet l'altérité.
Bon. Je cesse mon illusion de te prendre pour quelqu'un d'autre, Minimoi. Tu seras ma lecture autant que moi sous la tienne. J'espère alors partager une authenticité sous la sincérité de nos échanges. De ces souvenirs laissés par une existence que nous laissons dans une mémoire morte informatique et qui 'renait sens' en notre présence. Une belle renaissance, j'espère.
A bientôt.