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Re:
Publié : 15 nov. 2009 13:40
par val
A José,
Je viens de relire en transversal les posts qui alimentent plusieurs aspects, la place de l'es,la formation, le chômage etc....force est de constater qu'il y a des vérités, à mon sens, dans chacun de ces posts. Et la vérité parfois ça fait mal à entendre, il faut arrêter effectivement de nous cacher derrière certains de nos acquis. Il me semble qu'une des compétences primordiale demandée à l'ES est de savoir/pouvoir se remettre en question, soi et bien sûr sa pratique, et bien sûr que cela va de soi avec l'évolution actuelle du travail social et des politiques. Se remettre en question, s'adapter et surtout savoir rester humble et cela ne veut pas dire justement "ne plus rien dire", au contraire il faut plus que jamais affirmer nos convictions et ce qui fait que nous avons choisit ce métier. Moi je l'avoue, ce qui me fait peur, ce sont les pensée parfois "uniques", limite formatage des sorties de formation....mais pas que... Très fraîchement diplômée ES, j'ai un parcours de formation et une expérience plutôt atypique, qui je pense sont une richesse. Cela fait une dizaine d'année que je travaille dans le social et médico-social sans diplôme en travail social (formation initiale autre) et je n'ai jamais "galérée" pour travailler (sur 2 départements différents) Car il me semble que le diplôme et une formation "classique", j'ai mon bac, je fais 3 années de formation éduc spé, j'ai mon diplôme et ça roule... mouai... attention JE NE GENARALISE PAS, c'est simplement ce que j'ai constaté durant ma pratique. Il y a autre chose d'important il me semble, c'est un peu d'expérience de la vie et surtout de soit et de notre rapport aux autres et au monde. Aujourd'hui je suis aussi en recherche emploi, je suis loin d'être désespérée et je m'étonne toujours quand je lis que pour certains que c'est la galère pour trouver un emploi depuis des mois et des mois. N'y aurait-il pas là autre chose à chercher en soit plutôt que de rejeter systématiquement la faute à l'autre (employeur, politique, institution....le mauvais temps!...)? Je ne minimise pas le contexte actuel, qui est certes déplorable sur bien des points. Mais au bout d'un moment quand "ça marche pas" peut être faut -il se poser des questions.... Je suis bien d'accord avec José lorsqu'il dit que les travailleurs sociaux devraient plus "écrire, parler, témoigner, transmettre et diffuser leur pratique", c'est comme cela que nous pourrons nous affirmer: agir en pensant. N'oublions pas qu'en tant qu'ES il est aussi de notre mission de faire ce travail de recherche, me semble t-il? ET DES ES COMPETENTS IL Y EN A!!!! j'en ai croisé durant mon chemin et qui ont sût m'éclairer mais je dois dire qu'il s'agissait de personnes avec expérience professionnelle et de la vie. Des ES formatés il y en a aussi malheureusement c'est très politiquement "TENDANCE" . Bref ,moi je veux avant tout garder mon optimisme (mis à mal parfois....), car le jour où je n'y croirai plus, ma place auprès des personnes que nous accompagnons n'aura plus lieu d'être. A ce jour j'ai encore des convictions, des désirs à susciter, à transmettre, j'aime mon métier et j'en suis fière, et j'en parle... "Tout entendre et tout dire", ne jamais se taire sur les dysfonctionnements, c'est aussi possible, même si les chemins sont parfois tortueux et qu'on en paie parfois le prix. C'est pas grave, il est toujours possible de continuer, d'aller voir ailleurs, de se bouger soit et sa pensée. A tous les posts des travailleurs sociaux désespérés de ces échanges : A nous aussi de nous bouger et de décider de ce que nous voulons que soit notre métier.
Re:
Publié : 22 nov. 2009 22:34
par JOSE
Bravo pour ton témoignage Val que je partage en grande partie...
Mon post interroge les ES pour l'avenir et j'ai un peu d'inquiètude pour eux....
Bien sûr qu'il en existe de très bons.... mais il existe de nombreux qui sont en "décalages" avec les réalités.....
Re:
Publié : 23 nov. 2009 09:54
par val
bonjour,
l'avenir..... à nous de faire en sorte de nous en accommoder, voire de le construire. Nous sommes tous responsables des publics que nous accompagnons, de nos actes, pensées, et bien sûr avant tout de ce qui fait que je suis une personne "libre". Une fois le constat posé que "tout va mal", que faisons nous pour tenter d'améliorer les choses ? J'ai été surprise parfois par le manque de désir d'agir sur les choses, évènements, environnement, institutionnel. Des éducs "râleurs", pseudo-contestataire, j'en ai croisé mais bizarement sont toujours dans l'institution qu'ils dénonce/déboîte de façon psycho-rigide, sans aucune ouverture de co-construction. Et tout ça parce que les conditions de travail et la convention sont plutôt confortables.... Déplorable.... Comment est-il possible de mettre en pensée et en actes ses convictions lorsque un éduc n'a connu qu'une seule et unique structure, les mêmes et uniques résidents (avec lesquels ils viellissent ensemble....), les quasi-similaires activités, depuis plus de 20 ans....? J'en reviens à : c'est toujours plus confortable de rejeter la faute à l'autre. La décision finale nous reviens individuellement. En tant qu'être libre, je suis en mesure de faire mes propres choix, et prendre les décisions en accord avec ce que je suis... J'ouvre peut être un autre débat, mais qui me semble tout aussi pertinent car une des premières questions à nous poser/reposer en tant que transmetteur est tout simplement : pourquoi je veux, pourquoi j'ai choisis ce métier ? quelles sont mes valeurs, qui suis -je pour prétendre proposer à l'autre de partager un bout de sa vie? sachons rester humbles devant la souffrance de l'autre.....
Sinon aujourd'hui il pleut et c'est la faute à personne si je n'ai toujours pas de travail à ce jour ! C'est juste que "moi", je ne suis pas trop motivée pour l'instant, et j'ai donc DéCIDé de me délecter d'autres nourritures à ce jour qui satisfont ma curiosité à appréhender la complexité de l'être humain!
Bonne journée à tous !
val
Re:
Publié : 23 nov. 2009 11:21
par Rita
OK, Val.
Moi, au bout de trois longues années de chômage je suis plus que motivée pour trouver du chômage, car la précarité c'est usant à force. J'enchaîne les CDD, tous les CDD que je trouve, même ceux qui ne me plaisent pas.
Si par bonheur je fini par signer un CDI dans un secteur qui me plaît, hé bien oui, j'y resterai jusqu'à la retraite pour ne plus prendre le risque de connaître la précarité.
Mais si tu veux on en reparlera quand tu auras quelques années de chômage derrière toi...
Le pire c'est que sur le fond je suis d'accord avec toi, mais, excuse moi, quand on est dans la galère on fini par s'asseoir sur ses convictions, on ne pense plus, on ne milite plus, on essaye juste de garder la tête hors de l'eau.
Aujourd'hui les éducs sont en danger de disparition, alors oui, ils doivent certainement s'adapter, mais je pense que cela ne suffira pas, ils vont tout simplement être remplacés par d'autres corps de métier, comme c'est déjà le cas.
Re:
Publié : 24 nov. 2009 10:00
par mat
Bonjour josé,
Sans te manquer de respect, je pense que la discussion entre toi et les éducs sans fin.
En toi, josé, j'ai l'impression de reconnaitre le chef de service qui a la science infuse et qui n'accepte surtout pas la remise en question par un éducateur, poste que tu as pourtant occupé auparavant.
Pourtant, un éducateur doit se battre actuellement car la plupart de nos directeurs et de nos chefs de services sont prêts à bafouer le code du travail et l'humanisme pour faire évoluer le travail social.
Et oui, le travail social est rendu à un tournant et on lui impose une nouvelle dynamiqe.
Bravo José continues comme ça... Tu vas surement motivé beaucoup d'éducateurs à ne pas devenir chef de service car eux savent pour qui ils travaillent à la différece des cadres éducatifs qui travaillent uniquement dans une logique de gestionnaires...
Re:
Publié : 24 nov. 2009 11:03
par val
bonjour Rita,
juste quelques petites précisions par rapport à ta phrase : "mais si tu veux on en reparlera quand tu auras quelques années de chômage derrière toi", alors je veux bien en reparler ! Sans rentrer dans les détail de ma vie personnelle, comme beaucoup très certainement j'ai connu la galère, et il n'y a pas de galère plus noble qu'une autre, me semble t-il (et oui....), le chômage (et oui.....) mais je ne suis jamais resté sans travailler (et oui...) tout simplement parce que j' ai osé prendre des chemins de traverses quand mes choix peinaient à se mettre en oeuvre(et oui...) l'aventure et parfois ses déconfitures (sociales, professionnelles, psychologiques..., j'ai expérimenté (et oui....), je ne suis pas une novice dans la vie (hélas, ou heureusement...), des moments de dépits (et oui....), de découragement (et oui....),de peur (ah la peur...et oui...) parce que se retrouver sans rien, ou avec si peu, ça vous apprend la vie....Simplement moi, depuis de très, très longues années, ceci m'a appris à me battre,et depuis je fais de ma vie un défit. Les chemins de traverses sont bien plus formateurs que les autoroutes, mais cela est juste mon humble avis. Ce que je veux simplement dire, c'est que nous avons tous notre histoire, notre perception et notre vision de la vie, de nos priorités. Peut être que nous différons sur le fait que je ne considère pas un emploi en cdi comme une fin en moi, que ma "sécurité", je la place ailleurs. Et je ne "mal-juge" aucunement ton point de vue."LA GALERE" : nous ne faisons pas ce métier par hasard, ce n'est pas un scoop ! Peut être que je fais partie de ces "vilains petits canards", qui n'avaient rien pour eux au départ de leur vie, mais qui ont appris à rester contemplatifs et qui se délècte des petits détails de la vie, même si celle ci est parfois restée vide de toute nourriture. Je ne souhaitais pas par mon post précédent minimiser la question du chômage, du statut des éducs, non loin de là.... je suis une des premières concernée par la question.
Chacune de nos histoires de vie est unique, les blessures sont nôtres et pas de comparaison futile... voilâ Rita, quelques livraisons limites intimes, et finalement ce qui est important c'est que sur le fond nous soyons d'accord... ? Je te souhaite de trouver ce que tu cherches, et j'èspère sans jamais en oublier tes convictions et ce pour quoi tu te bats. Et moi je continue ma lutte dans mon désir de contemplation de la vie...car c'est bien cela que j'ai envie de partager avec les personnes que j'accompagne....
val
Re:
Publié : 24 nov. 2009 16:21
par lys
Bonjour à vous tous,
Il est certain que dans notre profession les choses bougent de plus en plus et que l'on va vers un changement profond du travail social.
Je suis assez d'accord avec José même si c'est un peu provocateur.
Il faut continuer à se former, a apprendre un peu plus sur ce que font ailleurs nos collègues ce qui n'empêche en rien de continuer à militer ensemble. mais là, est un autre débat.
adaptez-vous ?
Publié : 24 nov. 2009 17:18
par habitus
Bonjour
Tous ces discours sur la nécessité de s'adapter, de se former en permanence que je lis ici et là, pour faire ses preuves d'éducateur spécialisé en quête d'emploi m'attristent dans le sens où beaucoup d'entre nous ont visiblement bien intériorisés les valeurs de l'individu "autonome" et entreprenarial diffusées depuis de longues années par les catégories politiques dominantes. Je suis également en mal d'emploi, même pour des remplacements occasionnels, depuis l'obtention de mon DEES en juin 2009. Et pourtant, j'ai un gros bagage derrière moi en termes de formation universitaire, d'expériences profesionnelles, de publications qui pourraient me faire espérer que je puisse trouver comme tout un chacun, un poste d'ES dans le vaste champ de l'éducation spécialisée. Il n'est pas toujours simple de migrer vers d'autres région lorsque l'on a une vie de famille, une maison à payer. Alors malgré moi,pour tenter de sauver ma peau, je "casse la baraque" : je postule aussi sur des postes de ME parce que le contexte de restiction budgétaire, celui du retard des départs en retraite,etc... ne sont ni favorables pour moi ni pour beaucoup d'autres depuis leur sortie de formation d'éduc. Et puis, dans cette conjoncture de raréfaction des postes, il y aurait beaucoup à en dire sur les entretiens d'embauche qui prennent parfois la forme d'un jeu de dupes et de simulacre quand on sait que les candidats pressentis sont parfois cooptés à l'avance dans les grandes associations d'employeurs. La conjoncture n'est pas bonne mais le meilleur argument pour avancer dans le débat collectif serait de trouver des données statistiques sur l'évolution du rapport à l'emploi des ES et des ME depuis ces dix dernières années. Cela permettrait, pour avancer dans la discussion, de tempérer les ardeurs paternalistes des uns ("il faut vous adapter", "vous former", "prendre des responsabilités", etc...)et de sortir des discours personnels du type "moi, j'ai réussi à trouver du boulot parce que je sais qu'il faut être comme ci, comme ça).
Re:
Publié : 25 nov. 2009 01:26
par José
A mat,
Non je n'ai pas la science infuse. Au contraire, je pense que les ES pourraient apporter davantage, ce qui n'est pas le cas... et je réintère, même si c'est un brin provocateur : les ES se trompent de cible en attaquant le CDS et/ou le Directeur. Il faut voir ce qui se "joue" actuellement et il ne faut pas trop rêver. Il existe maintenant des appels d'offre, les assos se positionnent dessus pour "vivre". Dans le secteur de la formation et de l'insertion par exemple, certaines institutions reconnues dans un département depuis des années se sont faites ratrapées par le secteur marchand !!! Alors la politique de l'autruche ça a du bon... un temps !
Sur ce forum, on parle des ES au chômage,ça ce n'est pas de ma faute mais je pense amener des éléments contextuels qui expliquent les problèmes. Soit on pense que c'est idiot, soit on se dit "faut bouger". Pour l'instant, globalement, ça ne bouge pas. Alors, chacun est acteur, et de sa formation et de sa carrière professionnelle. Pour info, je n'ai aucun pb dans mon équipe : elle comprend et avance. Elle me respecte et je la respecte. Et je souhaite aussi que certains TS évoluent pour devenir CDS par exemple. Ah, oui, j'oubliais, j'ai une équipe pluridisciplinaire.... et les ES ont plus de difficultés à s'y retrouver au nom de l'identité professionnelle. Allez savoir pourquoi ? Alors que nous sommes tous embarqués dans le même bateau. Je constate seulement une meilleur adaptation de certains corps de métiers : CESF (de même niveau que les ES) par exemple. Les CESF qui travaillaient jusqu'à présent uniquement dans certains secteurs commencent à élargir leurs champs d'action. Un certain ABALEARD a écrit sur la professionnalisation des CESF... je ne suis pas persuadé que sa théorie s'applique aux ES !!!
Re:
Publié : 25 nov. 2009 11:48
par mélanie
diplomée depuis juin 2006, actuellement au chomage depuis 3 mois dans la région rhone-alpes...Je partage le point de vue d'"habitus" ; ce serait pertinent d'avoir des données quant au devenir des educs depuis 10 ans, ceux qui sont remplacés (les retraités), ceux qui ne le sont pas, ceux qui se reconvertissent, ceux qui deviennent CDS etc
Alors, qui se lance dans une étude sociologique?
