Bonjour,
Un lien qui me semble intéressant :
http://membres.lycos.fr/pch/portalier41297.htm
Quelques extraits :
"Notre postulat est que l’approche de cette sexualité va fonctionner comme l’analyseur de notre propre sexualité, c’est-à-dire que, quand je parlerai de la sexualité de la personne handicapée, en fait, il sera question de la sexualité des valides dans ce qu’elle comporte d’interrogations. Le handicap fonctionne alors comme le symptôme du valide."
"Dans le champ de la psychologie, depuis toujours et plus particulièrement à partir des travaux de Freud, on s’est intéressé à la sexualité. Pour ce qui concerne le handicap, c’est à travers le corps altéré que se pose la question du sexe. Jean Paul Sartre disait lui même dans « l’être et le néant » (1979 p. 457, 2ème édition Gallimard, Paris) :
« Dès qu’il y a le corps et qu’il y a l’autre, nous réagissons par le désir, par l’amour … ainsi pourrons-nous dire que le Pour-soi est sexuel dans son surgissement même en face d’autrui et que, par lui, la sexualité vient au monde »."
"la sexualité n’est plus une fonction de luxure, ni une nécessité à laquelle il faut se plier pour la procréation, ni un plaisir à prendre en compensation des charges et des difficultés de la vie, mais elle devient une tendance fondamentale de l’être humain qu’il soit handicapé ou non."
"Le regard de l’autre est attiré, non par la personne, mais par le handicap qui fait, en quelque sorte, écran à l’identification sexuée. Cette position a entraîné, pendant de nombreuses années, une sorte de tabou à traiter de la sexualité des personnes handicapées. La seule question qui retenait l’attention était de savoir comment éviter qu’ils ne se reproduisent, c’est-à-dire, qu’ici, sexualité rimait avec reproduction."
"Lors de nos études sur la sexualité des sujets privés de vue, nous avons été amené à étudier l’importance de paramètres comme l’olfaction, le toucher, le goût, comme des aliments majeurs de notre sexualité."
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TheD >> Note personnelle : Ce qui m'amène à ressentir que la sexualité serait une nécessité autant que la nutrition pour perdurer dans le monde. Comme la nourriture nous permet d'une part de vivre, mais d'autre part de l'apprécier... ici il me semble qu'il s'agit d'abord de vivre.
Pour noter un raccourci brutal, j'emploie un extrait de réflexion de Flaubert à Colet, à propos de la femme :
" « La femme ne sait pas séparer l’âme du corps. Elle est simpliste comme les animaux. -
Un satirique dirait que c’est parce qu’elle n’a que le corps » "
Ceci pour mettre le doigt sur ce parallèle évident entre la représentation encore émergente et erronée des sexes, à propos notamment de la "légalisation du sexe" versus sa "socialisation". Nous retrouvons aujourd'hui cette question (qui était autant écrite il y a quelques 150 années) en nos jours à propos des personnes handicapées.
Le fait notamment que le handicap physique et le handicap mental réduit dans les représentations la personne "au corps" plus qu'à l'esprit que ce corps produit.
Je saisis la complexité du problème dans le fait que la sexualité possède ce visage que nous abordons en relation avec l'autre d'une part, mais surtout grâce auquel notre propre visage existe. J'entends qu'il est possible d'assexuer autrui quelque soit son sexe, ne pas éprouver d'attirance particulière pour jouir avec un partenaire, mais est-il réellement possible de ne pas tendre soi même vers son propre plaisir ? Sans parler même de désir, ni de rapport à la séduction puisqu'il s'agit là du fond de la question qui aborde ce petit tabou de la masturbation. Tabou à mes sens inutile car il est question d'avantage de "vie sexuelle" enclaver par notre condition et participe activement à l'emergence de notre existence singulière. Il est question alors de la personnification individuelle nécessaire à la bonne marche collective. En effet, la psychologie admet qu'une personne "souffrante" (pour toutes raisons possibles, incluant le renoncement de soi) va transmettre inconsciemment son état aux personnes qui l'entourent. Cela fait parti de la dynamique de groupe. Une structure s'en trouvera "chargée émotionnellement" à défaut de pouvoir répondre à une demande, au fait même simplement de penser à la question...
Ne faut-il pas s'attacher à parler du sexe présent, donc parler d'une vie sexuelle présente (au delà du droit, car "nous sommes" avant d'avoir le "droit d'être" (dont l'absence d'une sexualité de la personne handicapée serait un voile projectif venant de la validité, de la "normalité, de la "personnification", je dirais de la socialisation légale) et de l'éventuelle souffrance qui en découle ?
Pas simple car les personnes dites "valides" souffrent elle mêmes à diverses degrés. Mais est-ce une "raison" ?
La société, le comportement d'un structure tient la personne handicaptée dans sa normalité sencée pour autrui. Donc agit comme il faut le penser plutôt que d'exprimer sa souffrance. Combien de personnes handicapées n'osent exprimer cette "demande" particulière car se sentent éventuellement honteuses ?
Si cette question n'est pas abordée par la personne, faut-il en parler ? Comment en parler ? etc...
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